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	<title>commentaires.com &#187; suisse</title>
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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>Avions de combat: des manoeuvres suspectes</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 07:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Les derniers développements de ce qu'il faut bien appeler - une nouvelle fois - l'affaire des avions de combat, ne sentent vraiment pas bon. C'est même un peu trop cousu de fil blanc pour être honnête.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Les derniers développements de ce qu&#8217;il faut bien appeler &#8211; une nouvelle fois &#8211; l&#8217;affaire des avions de combat, ne sentent vraiment pas bon. C&#8217;est même un peu trop cousu de fil blanc pour être honnête.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Premier acte: une agence de communication (vraisemblablement) fait courir la rumeur, bien entendu invérifiable, auprès des médias, de politiciens et de militaires choisis: la procédure d&#8217;évaluation des avions de combat aurait été biaisée en faveur du Gripen suédois. Facile: sur ce genre de sujet, la presse s&#8217;emballe avec ravissement: ça va saigner, des têtes vont tomber! Du côté des militaires, les uns &#8211; comme l&#8217;actuel commandant en chef &#8211; défendent le choix du Conseil fédéral, tout comme la Société suisse des officiers, qui considère que &#8220;le type d&#8217;avions choisi dispose des qualités techniques et opératives dont ont besoin les forces aériennes modernes.&#8221;  Et puis il y a les autres, comme l&#8217;ancien commandant en chef, qui disent pis que pendre du chasseur suédois, et chantent les beautés du Rafale sur leur petite harpe.</span> <span style="font-size: medium;">Le demi-conseiller fédéral qui fait office de ministre de la défense est invisible, comme d&#8217;habitude.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Deuxième acte: Dassault, ou plus vraisemblablement l&#8217;Elysée soi-même, proposent à la Suisse une offre canon, à la manière des industriels chinois: prix cassés (de toute façon les avions de combat ne sont pas des équipements produits selon des critères économiques), libre accès aux bases aériennes françaises et aux zones de tir (aussi pour les FA-18?), tout est bon pour arracher, à la hussarde, la signature des Suisses au bas d&#8217;un contrat, et la rupture des engagements pris avec les Suédois. Et revoici opportunément l&#8217;ancien chef de l&#8217;armée, qui répète que le Gripen est nul, et que le Rafale est tout ce qu&#8217;il nous faut!</span><br />
<span style="font-size: medium;">On connaît le problème du point de vue de la France: le Rafale est un gouffre à milliards, que personne dans le monde ne veut acheter, malgré des années de marchandages à prix cassés. Ce qui, entre parenthèses, n&#8217;est pas très rassurant d&#8217;un point de vue militaire. L&#8217;enjeu? Des centaines d&#8217;emplois, puisque la fabrication du Rafale pourrait s&#8217;arrêter, faute de débouchés. Il est évident que pour le président sortant, l&#8217;enjeu vaut bien une offre au-dessous de la ceinture &#8211; par rapport à celle des concurrents suédois et européen.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Provisoirement, cette opération de déstabilisation est un succès:  le doute a été semé, chez les décideurs comme dans la population, toujours chatouilleuse à l&#8217;égard de ce type de dépense. Autre succès: on ne sait toujours pas qui, en Suisse, tire les ficelles de ce jeu de marionnettes, autrement dit, qui arrose. Reste que la messe n&#8217;est pas dite: pour sa défense, la Suisse a certes besoin de facilités d&#8217;entraînement pour ses pilotes &#8211; ce que la Suède offre aussi -, mais prioritairement d&#8217;avions qui correspondent à ses besoins, tactiques comme financiers. Cela doit rester le critère numéro un, on n&#8217;achète pas des avions de combat pour faire une bonne affaire.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Les enjeux politiques sont tels qu&#8217;il masquent les enjeux économiques et militaires. Nous sommes au coeur de l&#8217;Europe, soumis à d&#8217;intenses pressions de tous côtés: faut-il s&#8217;aliéner les Allemands en achetant Français ou Suédois? Faut-il se fâcher avec les Français en achetant l&#8217;Eurofighter ou le Gripen? Il serait peut-être sage de s&#8217;intéresser à l&#8217;infinie panoplie des avions de combat&#8230; américains! Pressions pour pressions, cela soulagerait peut-être nos banques et notre ministre des finances.</span></p>
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		<title>Où vont vos primes d&#8217;assurance-maladie</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/ou-vont-vos-primes-dassurance-maladie/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 09:45:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[ On a peu parlé en Suisse romande du scandale de la caisse-maladie CPT/KPT et c'est dommage, car cette affaire est exemplaire des défauts du système actuel. On y voit clairement que les primes que paient les assurés, avec difficulté, finissent souvent dans les poches d'administrateurs et de politiciens stipendiés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>On a peu parlé en Suisse romande du scandale de la caisse-maladie CPT/KPT et c&#8217;est dommage, car cette affaire est exemplaire des défauts du système actuel. On y voit clairement que les primes que paient les assurés, avec difficulté, finissent souvent dans les poches d&#8217;administrateurs et de politiciens stipendiés.<br />
Tout commence en 2006. Les dirigeants de la caisse bernoise CPT/KPT – dont les clients étaient par le passé les employés de la Poste et de la Confédération – ont acheté pour eux-mêmes, et proposé aux employés, des actions de la société à un cours de 28 à 40 francs.<br />
A la mi-mai 2010, la CPT/KPT et Sanitas discutaient de la possibilité de fusionner, ce qui devait conduire à la création du troisième groupe de caisses-maladie de Suisse, avec 900&#8217;000 assurés. Peu avant la fusion prévue, la caisse CPT/KPT proposait aux détenteurs de ces actions de les racheter à un prix de&#8230; 600 francs pièce! Si le processus était allé à son terme, les membres du conseil d&#8217;administration, parmi lesquels deux conseillers nationaux (!), auraient gagné en moyenne un million de francs chacun, tandis que les employés-actionnaires auraient réalisé une plus-value moyenne de 100&#8217;000 francs.<br />
Heureusement la FINMA, l&#8217;autorité de surveillance des marchés, qui avait la CPT/KPT dans le collimateur depuis quelques temps, a mis le holà. La fusion n&#8217;a pas eu lieu, et la magouille des administrateurs a fait long feu. Dans une décision du 11 janvier, la FINMA a sanctionné sèchement les responsables de la caisse pour de «graves violations d&#8217;obligations». Selon l&#8217;autorité de surveillance en effet, le conseil d&#8217;administration a violé «des devoirs de diligence et de loyauté» en fixant le prix des actions issues du programme de participation des collaborateurs.<br />
Ce n&#8217;est pas tout: la FINMA a aussi débusqué un autre lièvre; non content de toucher des honoraires fixes et des bonus, tous les membres du conseil d&#8217;administration, sauf un, ont touché encore des versements pour des contrats de mandat. Mais quels mandats ? En réalité, ces versements n&#8217;étaient justifiés par aucune prestation supplémentaire non couverte par leurs honoraires fixes ! De simples cadeaux, donc.<br />
Les sanctions imposées par la FINMA aux anciens dirigeants de la CPT/KPT sont impitoyables, et s&#8217;assortissent d&#8217;une plainte pénale pour gestion déloyale: le président Walter Bosch et le vice-président Bernhard Liechti se sont vus interdire d&#8217;exercer toute activité dirigeante dans le domaine financier pendant quatre ans, et se sont vu confisquer les émoluments acquis dans le cadre de contrats de mandat depuis 2009.<br />
Cette affaire est exemplaire dans la mesure où elle montre qu&#8217;une partie des primes d&#8217;assurance-maladie est détournée à des fins autres que les prestations d&#8217;assurances, au travers d&#8217;une comptabilité secrète, pour payer généreusement une nuée d&#8217;administrateurs, et défrayer des politiciens aux ordres pour le temps passé en séances et gueuletons. A garder en mémoire, en attendant la votation sur la caisse unique</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Genevoiseries pour les Nuls</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 09:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Imaginez une ville, au bout d’un lac. Une police qui ne veut pas obéir. Des transports qui ne fonctionnent pas. Un magistrat qui part en piste et réveillonne avec un sonore fracas. Tout le monde qui gueule. Et pourtant, la vie qui va. C’est Genève.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p>Imaginez une ville, au bout d’un lac. Une police qui ne veut pas obéir. Des transports qui ne fonctionnent pas. Un magistrat qui part en piste et réveillonne avec un sonore fracas. Tout le monde qui gueule. Et pourtant, la vie qui va. C’est Genève. Il y a ceux qui adorent, j’en fais partie. Et ceux qui n’en peuvent plus. Ils rêvent du bouton rouge : allez, juste se faire plaisir, Hiroshima, on appuie, et puis basta, ne plus jamais entendre parler de ces emmerdeurs. Liquidée, Genève, napalmisée. Il n’y aurait plus qu’à reconstruire, dans le style champêtre de l’arrière-pays savoyard. Avec des bars PMU. Et des églises.<br />
Mais voilà, Genève est là. Elle s’est construite comme elle est, au fil des siècles, plantée là, entre Salève, Jura, Môle, Voirons, et tout au fond, le Mont-Blanc. Elle rêve d’une traversée du lac, seul moyen d’avoir enfin une ceinture périphérique qui désengorgerait la ville de dizaines de milliers de pendulaires. Mais elle n’est pas fichue d’envoyer à Berne un projet qui tienne la route. Alors, Berne dit non, disant pourtant oui à des trucs aussi capitaux que le contournement du Locle. Alors, comme Berne a dit niet, Genève gueule. Ah, ça, on sait faire. Ça bronze les amygdales. Ça tue le temps, dans les bouchons. Genève rouspète, sport national, mais rien n’avance.<br />
Heureusement, il y a les flics. Une ministre absolument pas faite pour le job, on l’a juste mise là pour qu’elle ne dérange pas. Un syndicat arrangeant comme une meute de pitbulls. La République bafouée par une Garde prétorienne, à cause de la faiblesse de la ministre. Un sujet d’engueulades dans les bistrots, les taxis. Ah, ça, on sait faire. Taxis ? Enfin, ceux qui avancent, parce qu’aujourd’hui, plus rien ne bouge. A Genève, ne vous avisez pas de monter dans un bus : il vous amènera exactement à l’endroit opposé. Ou ailleurs. Ou nulle part. Dans les bus, on gueulera sec. Ça, on sait faire. C’est Genève.<br />
Alors, pour nous sortir un peu de ce labyrinthe d’enfer, un ministre s’est mis en tête d’aller réveillonner dans les toilettes d’une boîte de nuit. Ça nous a distraits, un moment. Une vraie story, avec le pouvoir, la femme fatale, le barman, l’autodestruction d’un destin, la nuit bleue, l’année qui passe, la vie qui va. Pour une fois, les Genevois n’ont pas gueulé. Juste phosphoré, imaginé, reconstitué. Pas un coiffeur, pas un débit de boisson, pas un tram (en panne) où on n’en parlait pas. L’Affaire !<br />
On a les affaires qu’on peut. Le Valais a eu Savro, la France Dreyfus, Nixon Watergate. A Genève, on a l’affaire du ministre qui va aux toilettes. Et on en parle ! Et on en oublie les flics qui grinchent, les bus au point mort, les tramways nommés déserts, les études PISA, la ministre dépassée par les événements. Et on le contemple, tout là-bas, le Mont-Blanc. Ce seigneur, si beau, et si paisible.</p>
<p><em>Le Nouvelliste</em></p>
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		<title>L&#8217;islam, comme une obsession</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/sommes-nous-obsedes-par-lislam/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 07:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[ Il y a une quinzaine d'années, les médias ne parlaient guère de l'islam, pas davantage d'ailleurs que les piliers du Café du Commerce. Aujourd'hui, l'islam a pris une place quasi obsessionnelle dans notre quotidien médiatique, et c'est le signe évident d'un malaise. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Il y a une quinzaine d&#8217;années, les médias ne parlaient guère de l&#8217;islam, pas davantage d&#8217;ailleurs que les piliers du Café du Commerce. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;islam a pris une place quasi obsessionnelle dans notre quotidien médiatique, et c&#8217;est le signe évident d&#8217;un malaise.<br />
Un peu dépités, les journalistes nous montrent jour après jour la progression fulgurante des islamistes radicaux ou relativement radicaux dans les pays du Margheb, dans une ambiance de gueule de bois. Où sont les jeunes blogueurs, les <em>twitteurs</em> enthousiastes qui avaient changé la face du monde? Les médias occidentaux s&#8217;étaient intéressés à eux non pas parce qu&#8217;ils faisaient la révolution, mais parce qu&#8217;ils utilisaient les réseaux sociaux. Dérisoire vision des choses, par le petit bout d&#8217;une lorgnette incapable de s&#8217;intéresser au fond des choses.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Si on s&#8217;était intéressé au fond des choses, plutôt qu&#8217;à la bulle irisée des réseaux sociaux, on aurait peut-être vu que, derrière cette façade naïve, des forces bien moins sympathiques étaient à l&#8217;oeuvre, attendant leur heure, l&#8217;heure de prendre le pouvoir. Aujourd&#8217;hui, elles y sont: en Egypte, les trois quarts des élus appartiennent aux Frères musulmans et aux salafistes, qui remodèleront les institutions selon leurs bon vouloir, et on a tout lieu de craindre que la dictature de Moubarak cède la place à une dictature religieuse, dans laquelle les droits individuels, la liberté religieuse et le statut des femmes feront l&#8217;objet de révisions radicales.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Ce même lundi matin, nos médias nous parlent aussi des menées des salafistes en Tunisie, qui sèment la terreur dans les universités et s&#8217;emploient, déjà, a ramener les enseignantes et les étudiantes derrière un mur de tissu, avant de les renvoyer à la maison. Là aussi, on n&#8217;entend plus guère les blogueurs de l&#8217;année passée, soit que nous ne nous intéressions déjà plus à eux, soit que des barbus les aient convaincu qu&#8217;ils feraient mieux de marcher droit.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Ce lundi matin encore, un journal nous informe des projets grandioses de Nicolas Blancho, qui s&#8217;emploie à créer une société islamique parallèle en Suisse, avec ses propres lieux de rencontres et de loisirs, une mosquée géante, ses propres magasins, ses propres écoles, ses réseaux divers – en clair, tout ce qu&#8217;il faut pour que les musulmans ne s&#8217;intègrent pas harmonieusement à la société suisse.</span><span style="font-size: medium;"><br />
De tout cela, on peut tirer deux conclusions provisoires. La première, c&#8217;est que les peuples des pays du Maghreb aspirent non pas à un mode de vie moderne dominé par la liberté des individus, comme nous l&#8217;avions cru naïvement, mais à une société fondée sur la tradition et la discipline, sous le signe de la charia; c&#8217;est un choix démocratique particulièrement clair, nous devons en prendre acte et le respecter tout en restant critiques, et ravaler nos espoirs de voir la démocratie et les droits de l&#8217;homme submerger le monde.</span><span style="font-size: medium;"><br />
La deuxième conclusion, c&#8217;est que nous devons veiller, en Suisse, à ce que la communauté musulmane, plutôt modérée et discrète dans sa majorité, ne soit instrumentalisée par ceux qui rêvent de construire leur petit califat personnel entre les Alpes et le Jura. Il faut au contraire tout faire pour que les musulmans vivant dans notre pays soient convaincus d&#8217;appartenir à une communauté cohérente et unie, où ils ont une place comme les autres, dans le respect des autres.</span></p>
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		<title>Grâce aux Vert&#8217;libéraux, la gauche vaudoise va gagner</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 08:59:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Donc, les Vert'libéraux (libéraux?) lâchent la droite et font alliance avec le centre mou. Autrement dit, ils assurent la majorité à la gauche au Conseil d'Etat, tout en privant le troisième parti du canton de toute représentation au gouvernement. C'est l'art de trahir son camp, au nom d'une pureté politique naïve, mais assurément dévastatrice.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Donc, les Vert&#8217;libéraux (libéraux?) lâchent la droite et font alliance avec le centre mou. Autrement dit, ils assurent la majorité à la gauche au Conseil d&#8217;Etat, tout en privant le troisième parti du canton de toute représentation au gouvernement. C&#8217;est l&#8217;art de trahir son camp, au nom d&#8217;une pureté politique naïve, mais assurément dévastatrice.<br />
Manifestement, les Vert&#8217;libéraux ont contracté ce qu&#8217;on appelle désormais dans le canton de Vaud le «virus Derder», du nom du conseiller national libéral-radical que les Vaudois ont cru devoir élire, et qui s&#8217;est mué en exorciste officiel du parti – pour la plus grande rage du parti, d&#8217;ailleurs&#8230; – et qui désormais bat la campagne, la torche à la main, prêt à brûler quiconque s&#8217;alliera avec l&#8217;UDC, autrement dit le Diable.<br />
On peut estimer que l&#8217;arrivée d&#8217;une majorité de gauche au Conseil d&#8217;Etat, voire au Grand Conseil, n&#8217;a pas d&#8217;importance et qu&#8217;en somme, il n&#8217;y a pas le feu au lac&#8230; C&#8217;est évidemment une erreur considérable, dont la première conséquence sera de faire payer aux Vaudois encore davantage d&#8217;impôts qu&#8217;ils n&#8217;en paient déjà, et ils en paient beaucoup; en échange, ils seront couverts de crèches, a promis Mme Gorrite (Ah! Les crèches, c&#8217;est comme les places de parc, on n&#8217;en a jamais assez pour parquer nos gamins!), ils y perdront aussi quelques libertés, notamment sur la plan économique, car la gauche règne volontiers par l&#8217;interdiction, la restriction et la contrainte – pour notre bien, cela va de soi!<br />
Alors bien sûr, après, la droite se lamentera, dira qu&#8217;elle n&#8217;a pas voulu ça, et jouera pendant quatre ou cinq législatures le jeu pathétique de l&#8217;opposition stérile et inefficace, parce que dépourvue de majorité, comme elle le fait depuis longtemps à Lausanne, par exemple.<br />
En ce sens, l&#8217;opposition vertueuse à toute alliance tactique – et la politique n&#8217;est que tactique – est proprement suicidaire pour la famille libérale et conservatrice, puisque les artisans de sa défaite se recrutent en son sein, ces modernes Cathares qui préfèrent renoncer au pouvoir plutôt que de s&#8217;engager. Machiavel et Sun-Tzu doivent s&#8217;en retourner dans leur tombe&#8230;<br />
En s&#8217;alliant avec un centre par définition indéfini et versatile, qui donne à l&#8217;électeur l&#8217;illusion trompeuse qu&#8217;on peut faire de la politique sans faire de politique, les Vert&#8217;libéraux témoignent qu&#8217;il y a chez eux abus de langage: on ne peut pas se revendiquer du libéralisme, tout en se mettant au service des ambitions de la gauche.<br />
Cette démission face aux responsabilités politiques est très décevante et surtout, elle «grille» sottement le (bon) candidat de ce parti au Conseil d&#8217;Etat: dans la configuration voulue par les Vert&#8217;libéraux, on regrette beaucoup, mais il est inutile de voter pour lui.</p>
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		<title>Le rôle du diable</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/le-role-du-diable/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 08:13:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Imaginons, une seconde, que le conseiller national ayant eu vent de l’affaire Hildebrand  (via une indiscrétion de la banque) n’ait pas été Christoph Blocher, bête noire absolue de nos beaux esprits, mais un élu lambda, bien centriste, bien poli, n’élevant jamais la voix, bien rasé. Imaginez que ce fût un Dick Marty : on ferait révérence, bien aplatie, devant le courage du chevalier blanc.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DÉCAILLET</span></h3>
<p>Il faudrait enseigner l’affaire Hildebrand dans les écoles de journalisme. Comme un exemple extraordinaire d’inversion des rapports de responsabilité. D’un côté, le président d’une banque nationale empêtré dans une affaire où ses fonctions publiques et ses choix d’investisseur privé peuvent électriquement se toucher, ce qui est au mieux une lourde incurie, au pire une collusion d’une rare gravité. De l’autre, un conseiller national ayant contribué à ce que la chose, manifestement d’intérêt public, et même national, soit connue de tous. Et, pendant des jours, jusqu’à la démission du premier, on tombe sur qui, à bras raccourcis? Sur le second! Oui, on l’a fait jusqu’au dernier moment, tant qu’on pouvait. Oui, on a réinstallé Blocher dans son rôle taillé sur mesure: le rôle du diable. Oui, la majorité des éditorialistes de ce pays, désolé Chers Confrères, sont désespérants.<br />
Imaginons, une seconde, que le conseiller national ayant eu vent de l’affaire (via une indiscrétion de la banque) n’ait pas été Christoph Blocher, bête noire absolue de nos beaux esprits, mais un élu lambda, bien centriste, bien poli, n’élevant jamais la voix, bien rasé. Allez, disons un gentil PLR, un gentil PDC, ou même un gentil Vert. Dans ce cas-là, le messager, tout le monde s’en foutrait comme de l’an 40! Imaginez que ce fût un Dick Marty: on ferait révérence, bien aplatie, devant le courage du chevalier blanc. Mais là, l’aubaine ! Le colporteur, le délicieux petit salopard, c’est Blocher ! Ah, les belles étrennes, ah le somptueux cadeau de début d’année: le Mal absolu, la main dans le sac.<br />
Alors, pendant des jours, on n’a pas parlé «d’affaire Hildebrand», mais «d’affaire Blocher-Hildebrand», voire «d’affaire Blocher !». On a tout cherché, dans tous les sens, pour exonérer le patron de la BNS de la moindre charge possible. A l’inverse, on a défini comme cible unique «l’élu ayant enfreint la loi». On s’est fait juriste, procureur, exégète du juste et du rigoureux. Tout cela, pour mieux oublier Hildebrand lui-même, évidemment victime, l’Agneau, d’une cabale. Et cela a failli marcher. Jusqu’au jour où l’intéressé lui-même, acculé par les siens pour des raisons qui restent d’ailleurs à éclaircir, a quitté le navire. Et même là encore, on a crié à la victime, l’homme d’honneur cédant à la meute. Et jusqu’à la présidente de la Confédération lui réitérant, peu auparavant, sa confiance. Ah, le délicieux petit monde! Ah, la douce Confrérie! Je te tiens, tu me tiens, et la barbichette est reine, souveraine. Tellement bien, entre soi! Surtout, qu’on ne vienne pas nous déranger. Ni Blocher, ni personne! Qu’on nous laisse, entre nous, couler des jours paisibles. Nous qui sommes du côté du Bien. Dans la neige immaculée de nos consciences.</p>
<p><em>Le Nouvelliste</em></p>
<p><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;"><br />
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		<title>«La femme de César ne doit pas être soupçonnée&#8230;»</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:52:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette célèbre formule, par laquelle Jules César justifia la répudiation de sa deuxième épouse, Pompeia Sulla, s'impose dans l'affaire Hildebrand: que la femme du Président de la Banque nationale suisse réalise une juteuse opération sur devises, à trois semaines de la fixation du cours plancher du franc par rapport à l'euro, ne peut que susciter des soupçons de délit d'initié. Et provoquer, au final, la chute de son mari.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium; color: #800000;"><strong>PHILIPPE BARRAUD</strong></span></p>
<p>Cette célèbre formule, par laquelle Jules César justifia la répudiation de sa deuxième épouse, Pompeia Sulla, s&#8217;impose dans l&#8217;affaire Hildebrand: que la femme du Président de la Banque nationale suisse réalise une juteuse opération sur devises, à trois semaines de la fixation du cours plancher du franc par rapport à l&#8217;euro, ne peut que susciter des soupçons de délit d&#8217;initié. Et provoquer, au final, la chute de son mari.<br />
En achetant 512&#8217;000 dollars le 15 août, puis en les revendant après la dévaluation du franc par rapport à l&#8217;euro – qui a boosté le dollar -, Mme Hildebrand a réalisé une plus-value à cinq chiffres. On nous explique que ce sont des <em>peanuts</em> en regard des revenus et de la fortune du couple. Possible, mais la question n&#8217;est évidemment pas là. Il n&#8217;est pas absurde de penser que la dévaluation du franc en préparation ait été évoquée à l&#8217;une ou l&#8217;autre occasion autour de la table familiale. Après tout, Mme Kashya Hildebrand n&#8217;est pas une femme au foyer vouée aux trois «K» <em>(Kinder, Küche, Kirche)</em> qui définissaient autrefois la ménagère alémanique. C&#8217;est une ancienne <em>trader </em>reconvertie dans le marché de l&#8217;art international, et donc une femme qui connaît parfaitement les mécanismes monétaires – et les plus-value parfois colossales qu&#8217;offre le marché des devises, lorsqu&#8217;on sait s&#8217;y prendre, et qu&#8217;on dispose de capitaux ou de leviers importants.<br />
Personne ne peut prouver que Mme Hildebrand ait reçu des informations confidentielles de la part de son mari, mais personne ne peut prouver le contraire. Et on ne voit pas au nom de quelle confiance aveugle M. Pascal Couchepin pouvait, sur <em>La Première</em>, exclure radicalement cette hypothèse. Ni comment Mme Widmer-Schlump pouvait argumenter que «dans les circonstances de crise actuelle», M. Hildebrand devait rester à son poste ! Curieuse conception de la responsabilité, dont on serait dispensé en cas de crise&#8230;<br />
Dans d&#8217;autres pays, les biens de personnes exerçant des fonctions politiques ou économiques de premier plan, et de leurs proches immédiats, sont gérés provisoirement par un trust, dans lequel les propriétaires des biens n&#8217;ont pas de droit de regard. C&#8217;est une solution un peu contraignante, surtout pour les proches qui exercent une activité économique. Mais c&#8217;est le prix à payer pour que le soupçon ne vienne pas empoisonner le climat politique, et pour que la rumeur ne puisse pas affaiblir les personnes concernées. C&#8217;est à ce prix que la femme de César ne peut être soupçonnée.<br />
Nul doute que la classe politique et les organes de la Banque Nationale Suisse tireront rapidement les conclusions qu&#8217;impose cette affaire.</p>
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		<title>La faute au Diable</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:30:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Au-delà de M. Hildebrand, qui tire aujourd'hui les leçons de l'affaire, c'est sur l'état de la presse suisse qu'il convient, une nouvelle fois, de s'interroger.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p>Nous n&#8217;étions pas très nombreux, pendant ces quelques jours de Fêtes, à refuser d&#8217;inverser le principe de gravité entre un président de Banque nationale ayant utilisé des informations à fins privées, et un conseiller national (nécessairement le Diable, puisque honni de toute la presse suisse, ou presque) ayant contribué à rendre l&#8217;affaire publique. Que le président du PLR suisse, Fulvio Pelli, ait déclaré qu&#8217;il aurait fait la même chose, ne fut strictement relevé par personne. Comme s&#8217;il y avait des choses qu&#8217;on peut entendre, ou dire, d&#8217;autres non.<br />
Au-delà de M. Hildebrand, qui tire aujourd&#8217;hui les leçons de l&#8217;affaire, c&#8217;est sur l&#8217;état de la presse suisse qu&#8217;il convient, une nouvelle fois, de s&#8217;interroger. Ces lames de fond d&#8217;unanimité. Ce refus de regarder en face certaine réalités. Et vous allez voir: dès cet après-midi, ils vont dire que le pauvre M. Hildebrand a dû jeter l&#8217;éponge sous la méchante pression. Et que tout est, une fois de plus, la faute au Diable. Désespérant.</p>
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		<title>La Première glisse vers l&#8217;infotainment. Dommage&#8230;</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/la-premiere-glisse-vers-linfotainment-dommage/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 13:49:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[ 

Un lecteur de Commentaires.com a laissé, à la suite d'un article de Pascal Décaillet, un commentaire tout à fait percutant sur ce qu'il faut bien appeler une dérive de l'information à la RSR, où le divertissement prend une place de plus en plus encombrante.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Un lecteur de <em>Commentaires.com</em> a laissé, à la suite d&#8217;un<a href="http://www.commentaires.com/suisse/christoph-et-les-oies-blanches" target="_blank"> article</a> de Pascal Décaillet, un commentaire tout à fait percutant sur ce qu&#8217;il faut bien appeler un déclin de l&#8217;information à la RSR, où le divertissement prend une place de plus en plus encombrante.<br />
Analysant les prestations de <em>Forum</em>, M. David Rouzeau constate que <em>«à certains égards, ces journalistes de la RSR, réalisant pourtant une émission qui pourrait être sérieuse, informative, argumentée, d’un bon niveau intellectuel, se laissent très souvent aller à des analyses superficielles, gentillettes, où on fait des sourires à tout le monde. C’est de l’analyse-divertissement. On fait croire qu’on analyse, mais en fait, on reste bien-pensant et on gave les braves auditeurs d’une bouillie de bas ou moyen niveau plutôt que de chercher à expliquer les choses le plus profondément possible, avec des dialogues constructifs, argumentés, logiques, rigoureux, informés. C’est le rôle du journaliste, comme du philosophe platonicien, de hausser le niveau du raisonnement.»</em><br />
Dialogues constructifs&#8230; L&#8217;auteur touche là à un travers exaspérant des journalistes de radio et de télévision, qui ne s&#8217;intéressent pas aux réponses que les invités apportent à leur question, mais seulement à l&#8217;effet qu&#8217;elle produit, et qu&#8217;ils écoutent avec ravissement dans leur casque. Logiquement alors, ils relancent l&#8217;interlocuteur sur un tout autre sujet, à peine a-t-il formulé une demi-phrase d&#8217;une réponse qui promettait d&#8217;être intéressante.<br />
Celles et ceux qui ont écouté <em>La Première</em> entre le 24 décembre et le 6 janvier ont pu faire un constat révélateur: ils ont été accablés de rediffusions, plus ou moins bien ciblées d&#8217;ailleurs, parce que dans le service public, on est comme dans l&#8217;administration publique: tout le monde est en vacances, l&#8217;actualité et l&#8217;auditeur passent au second plan. Les vacances, c&#8217;est sacré – on nous resservirait presque Léon Blum&#8230; Ce qui fait qu&#8217;à écouter <em>La Première</em>, on se demande parfois si on n&#8217;a pas basculé par inadvertance vers une de ces radios tonitruantes où tout le monde se tutoie et gagne des cadeaux, et qui servent à farcir la tête d&#8217;auditeurs distraits de publicités crétines. Tiens, cela fait penser à la TSR, qui enchaîne les séries américaines comme des perles sous prétexte que le peuple le réclame.<br />
La passion de l&#8217;information et de l&#8217;actualité devrait être chevillée au coeur des journalistes, et des rédacteurs en chef bien entendu (mais ils sont aussi en congé sans doute), avant les sacro-saintes vacances. Autres temps, autres moeurs: je me souviendrai toujours avec admiration (et tristesse pour la victime) d&#8217;avoir vu Jacques Pilet virer séance tenante un journaliste qui refusait de repousser ses vacances pour partir en reportage, le jour où le Mur de Berlin s&#8217;écroulait. Ce n&#8217;était pas rien, on en conviendra. Pilet avait évidemment raison. Aujourd&#8217;hui, il se retrouverait aux Prud&#8217;hommes&#8230;<br />
L&#8217;information, en 2012 comme au siècle passé, devrait être sacrée dans une institution comme la SSR, puisqu&#8217;elle jouit d&#8217;un monopole écrasant et de ressources illimitées. A cet égard, le journal de la mi-journée de<em> La Première,</em> le <em>12.30</em>, joue à fond la carte détestable de l&#8217;<em>infotainment</em>. C&#8217;est ainsi que la plupart du temps l&#8217;auditeur a le sentiment que l&#8217;actualité était particulièrement pauvre, vu la maigreur des sujets, ou alors que la RSR manquait cruellement de journalistes: après avoir expédié quinze minutes d&#8217;actualité écrémée, l&#8217;animateur nous endort avec des promotions culturelles, et conclut – obligatoirement – par l&#8217;interview interminable, «dans nos studios parisiens», de quelque auteur français publiant un livre sur un sujet de société à la mode chez Albin-Michel (oui, c&#8217;est presque toujours chez Albin-Michel, il y a sûrement un <em>deal</em> là-dessous&#8230;). En revanche, vous n&#8217;entendrez jamais un auteur romand publiant chez un éditeur romand, bien trop ringard sans doute, et la SSR n&#8217;a pas pour vocation de soutenir la culture locale. Ou bien?<br />
Ecoutons encore M. Rouzeau, qui parle d&#8217;or: <em>«C’est pitoyable quand on voit l’auto-satisfaction dégoulinante qui trop souvent appert. En cela, je partage avec M. Décaillet, et je sais que beaucoup de gens ont les mêmes sentiments, une certaine nausée face à cette mauvaise soupe journalistique. Que ces journalistes fassent mieux. Qu’ils se bougent. Leur métier pourrait être noble, mais cela demande plus d’efforts de leur part pour qu’ils soient à la hauteur de cette noblesse. En l’état, le compte n’y est pas ou trop souvent pas.»</em><br />
Il est certain en tout cas qu&#8217;avec des moyens comparables, des journalistes moins anesthésiés par le confort feraient des choses formidables, de l&#8217;information intelligente et de première qualité. Mais il y faut du travail, et de l&#8217;expérience – si mal récompensée d&#8217;ailleurs: les <em>p&#8217;tits jeunes</em> sont systématiquement mis en avant, question d&#8217;image sans doute, forcément limités par leur inculture et le manque d&#8217;expérience précisément, tandis que les journalistes expérimentés se livrent à des activités ménagères diverses, peu productives mais coûteuses, en <em>back office</em>. Donc oui, décidément, <em>La Première</em> peut et doit mieux faire en matière d&#8217;information, avec moins de bling-bling et davantage de profondeur.<br />
Mais au fait, pourquoi <em>Commentaires.com</em> critique-t-il <em>La Première</em> en particulier, et les autres médias en général ? Mais parce que personne d&#8217;autre ne le fait, tout simplement! C&#8217;est un tabou inébranlable dans les rédactions, par lequel on nous a souvent fermé le caquet: «On ne critique pas les confrères !» On le devrait pourtant, les médias ne jouissent pas de l&#8217;immunité, que l&#8217;on sache. D&#8217;ailleurs, pour tout vous dire, ces critiques sont discrètement appréciées à l&#8217;interne&#8230;</p>
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		<title>Christoph et les oies blanches</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 08:33:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans notre pays, la Suisse, le président de la Banque nationale est soupçonné de délit d’initié. C’est énorme. Et, vu sa fonction, c’est gravissime, si les reproches se voient confirmés. Or, depuis que l’affaire a éclaté, dans nos médias, que voit-on, qu’entend-on ? Qu’il y aurait en Suisse un immonde personnage. Et que ce dernier ne serait pas M. Hildebrand, mais un conseiller national nommé Christoph Blocher. Parce que révélant l’affaire, il aurait trahi un «secret de fonction».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: medium;">Dans notre pays, la Suisse, le président de la Banque nationale est soupçonné de délit d’initié. C’est énorme. Et, vu sa fonction, c’est gravissime, si les reproches se voient confirmés. Or, depuis que l’affaire a éclaté, dans nos médias, que voit-on, qu’entend-on ? Qu’il y aurait en Suisse un immonde personnage. Et que ce dernier ne serait pas M. Hildebrand, mais un conseiller national nommé Christoph Blocher. Parce que révélant l’affaire, il aurait trahi un «secret de fonction».</span><br />
<span style="font-size: medium;">Cette inversion des responsabilités – la mise en avant de l’une (dont je ne prétends pas qu’elle soit inexistante) pour mieux camoufler l’autre, ou l’alléger, ou l’esquiver, est incroyablement révélatrice de la pensée unique de l’immense majorité de la presse suisse face à tout ce qui concerne Christoph Blocher. Il faut qu’il soit le diable, il le faut rhétoriquement, sémantiquement, presque littérairement. Même lorsque le diable, hélas pour sa légende noire, ça n’est pas lui. </span><br />
<span style="font-size: medium;">Car enfin, cette surexcitation des éditorialistes sur la « violation » dont serait coupable l’ignoble Blocher en rappelle une autre: l’antienne, mille fois ramenée, lorsqu’il était aux affaires (2003-2007) de ne point respecter la loi, «l’Etat de droit». Argument qui servit de prétexte, le 12 décembre 2007, pour avoir sa peau. Et qui a tant réjoui son rival, Pascal Couchepin.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Et personne, ou si peu, ne se pose la question suivante: entre la «violation» du secret de fonction, et un président de Banque nationale qui aurait profité de ses informations pour spéculer sur des monnaies, où se situe l’échelle de gravité ? Réponse : de façon écrasante, elle se situe à la charge de M. Hildebrand.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Mais nos oies blanches, soudain puristes de la forme juridique, préfèrent inverser. Et ainsi, selon les journaux, on nous parle «d’affaire Blocher-Hildebrand», voire «d’affaire Blocher». Pour conclure, une question: ces cris effarouchés, nos belles âmes les auraient-elles poussés si la révélation de l’affaire n’émanait pas de leur pire ennemi, leur absolue bête noire, mais d’un conseiller national lambda, venant d’un gentil parti ? Allez, disons comme ça, à tout hasard, un élu propre sur soi, bien rasé, convenable, bien silencieux et bien discret, du PDC ?</span></p>
<p></span></span></p>
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