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	<title>commentaires.com &#187; suisse</title>
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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>Et revoilà le débat européen!</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 06:14:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Faut-il que le creux de l’été soit creux, pour qu’on nous ressorte un poussif débat européen, à l’image d’une vieille radio fatiguée qui recycle ses émissions du printemps...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Faut-il que le creux de l’été soit creux, pour qu’on nous ressorte un poussif débat européen, à l’image d’une vieille radio fatiguée qui recycle ses émissions du printemps&#8230;</p>
<p>Il y a quelques jours, <strong><em>La Première</em></strong> nous a offert un accrochage courtois mais ferme entre Doris Leuthard, présidente de la Confédération, et un journaliste de la chaîne. Récitant le chapelet pro-adhésion obligatoire dans tous les médias, ce dernier ne cessait de ressasser le refrain selon lequel «les bilatérales sont à bout de souffle», «l’Europe est fatiguée de la Suisse», et qu’il fallait donc «passer à autre chose, par exemple, l’adhésion».  Mme Leuthard eut beau lui répliquer fermement qu’il était bien le seul à penser cela («Ce n’est pas l’avis du Conseil fédéral, ce n’est pas l’avis de la Commission européenne»), il n’en démordit pas. Dame, on ne change pas ainsi de religion!</p>
<p>Ce dialogue acidulé est à l’image du débat européen que bon nombre de politiciens, en mal de propositions novatrices, tentent maladroitement de raviver. Certes ils disposent d’un avantage massif, sous la forme de l’appui compact et systématique des médias, qui n’hésitent pas à utiliser les ficelles les plus grossières, voire les plus mensongères. Par exemple, venir affirmer que la Suisse est «humiliée» lorsqu’elle reprend le droit européen à la carte, alors qu’il serait «digne» de se le voir imposer sans possibilités de recours, est assez fort de café. En effet, vouloir faire croire aux Suisses qu’après une adhésion, sous une forme ou sous une autre, la Suisse aurait son mot à dire dans l’élaboration du droit européen, est une vaste plaisanterie. Elle serait la vingt-septième roue du char, loin derrière les décideurs de la France-Allemagne, et ne pèserait d’aucun poids. Par contre, on ne la raterait pas comme contributeur massif au financement de l’usine à gaz.</p>
<p>Les fanatiques de l’adhésion prennent en réalité un risque considérable à relancer ce débat à quelques mois des élections fédérales. D’abord parce que d’ici là, rien ne peut être formellement relancé, et encore moins décidé. Quelle que soit l’agitation ambiante, le Conseil fédéral ne prendra, sagement, aucune initiative dans un contexte préélectoral. Donc, on n’assistera, au mieux, qu’à un grand brassage de vent, parfaitement stérile. C’est d’autant plus vrai que le courant adhésionniste, dans la population, est en berne. Même les jeunes sont hostiles à une telle démarche. On comprend nos concitoyens: l’Europe va mal, la Suisse va bien, pourquoi donc devrait-elle se saigner aux quatre veines, et sacrifier ce qui fait sa spécificité et sa prospérité?</p>
<p>Quel paradoxe, tout de même! Dans l’Union européenne, une bonne partie de la population nous envie – il suffit d’écouter, non pas les politiciens, mais les citoyens des pays de l’UE: parfois, on se surprend à penser qu’ils exagèrent, quand même! Mais rien n’y fait: en Suisse, la coterie politico-médiatique continue à rêver une UE qui n’existe pas, s’estime meurtrie de ne pas avoir un passeport européen, s’indigne de ne pas pouvoir infliger à notre population une TVA à 20%, et un droit européen aussi monumental que tatillon – raison pour laquelle il n’est pas vraiment appliqué: la statistique des directives restées lettres mortes dans certains pays, comme l’Italie, est monumentale.</p>
<p>De toute façon, il est objectivement clair que les Suisses ne sont pas prêts à liquider leurs droits populaires, et la démocratie directe. C’est un obstacle massif et incontournable, sur lequel viendront encore longtemps se fracasser les rêves de carrière européenne de nos politiciens aux dents longues.</p>
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		<title>Blocher, les ricaneurs, les moralistes</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 16:16:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Il aura 70 ans le 11 octobre, n’a jamais été aussi jeune. Là où d’autres s’assoupissent, il veille. Au cœur de l’été, il lance une offensive. Une initiative anti-adhésion. Oui, Christoph Blocher tient une forme d’enfer, comme il sied au diable, d’ailleurs il est le diable, le sait, en joue, et des entrailles du néant, brille de mille feux. Bref, Blocher fait du Blocher : c’est dans ce rôle qu’il excelle.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p>Il aura 70 ans le 11 octobre, n’a jamais été aussi jeune. Là où d’autres s’assoupissent, il veille. Au cœur de l’été,  il lance une offensive. Une initiative anti-adhésion. Oui, Christoph Blocher tient une forme d’enfer, comme il sied au diable, d’ailleurs il est le diable, le sait, en joue, et des entrailles du néant, brille de mille feux. Bref, Blocher fait du Blocher : c’est dans ce rôle qu’il excelle.</p>
<p>Dans son combat contre l’Union européenne, le vieux lion est parfaitement clair, cohérent, il a défini une stratégie à très long terme, s’y tient contre vents et marées, se contrefout de ce qu’on dit de lui. Il est debout. Il se bat. Les aigris, les ratiocineurs ricanent. Ou font la morale. Ils ne savent faire, à peu près, que cela. Pendant ce temps, lui, dans un terrain qu’il étudie depuis quarante ans et dont il connaît chaque anfractuosité, conquiert patiemment des positions, les tient, progresse. Il n’est pas Masséna, ni Joffre, ni Nivelle : contrairement aux apparences, il est loin d’être l’homme des grandes offensives. Il serait plutôt celui de la guerre de position, tranchée après tranchée. Il n’a pas peur du temps qui passe.</p>
<p>Je les entends encore, ceux qui l’annonçaient comme mort au soir du 12 décembre 2007, suite au pronunciamiento parlementaire qui avait combiné sa perte. Il aurait fallu ne plus jamais parler de lui, dissoudre jusqu’à la mémoire de ce qu’il avait été. Eh bien non, le fauve est toujours là. Le vrai chef de l’UDC c’est lui. Le diapason des prochaines élections fédérales, c’est lui qui le tient. Et alors que Pascal Couchepin, qui avait cru judicieux de le traiter de Duce, somnole dans d’improbables conseils de fondation, il se trouve, lui, au cœur du dispositif de bataille pour octobre 2011. La politique est un démon. Son démon à lui, simplement, doit être plus puissant que d’autres.</p>
<p>Et puis, ils ont été quelques-uns, depuis sa mort, à tout entreprendre pour sa résurrection, un véritable comité de soutien. M. Steinbrück, en Allemagne. M. Woerth, en France, ah Monsieur Woerth, sublime allié, l’homme dont chaque péripétie fait grimper encore un peu plus les intentions de vote UDC à l’automne de l’an prochain ! L’autre allié, en Suisse, étant évidemment Christian Levrat, jamais meilleur ami de Blocher que lorsqu’il embrasse, avec ardeur et dévotion, ce que beaucoup, dans le peuple suisse, perçoivent comme le parti de l’étranger. Se sont-ils donné le mot, MM Steinbrück, Woerth et Levrat pour que le parti de Blocher s’en aille allègrement flirter, d’ici moins de quinze mois, avec la barre des 30% ?</p>
<p>Dès ce soir, sur les ondes, je vous le donne en mille, vous entendrez parler de lui, comme le chantait si divinement Barbara. On le raillera. On le vilipendera. On trouvera trente-six mille arguments pour pulvériser son initiative anti-adhésion. Mais son nom, maintes fois, sera prononcé. Et sa figure, avec une récurrence d’éternité, resurgira. À ses ennemis, il faudrait peut-être la croix, ou quelques gousses d’ail, le tressautement d’un Vade Retro, ou alors le napalm, on brandit les armes qu’on peut. Quand ils les auront toutes utilisées, en vain, il leur restera les ultimes bottes de Nevers où ils sont passés maîtres : le ricanement et la morale.</p>
<p>Alors ricanez, Messieurs. Moralisez. Et rendez-vous en octobre 2011.</p>
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		<title>L’Hebdo et Guisan: la réplique des historiens</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 20:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[«Monsieur le rédacteur en chef,
L’article publié par M. Patrick Vallélian, dans votre magazine le 17 juin 2010 sous le titre «Les accords secrets entre Guisan et la France» parle, à propos des révélations qu’il contient, d’une «bombe» alors qu’il s’agit, tout au plus, d’un pétard mouillé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> (Nous avons mentionné dans un autre <a href="http://www.commentaires.com/suisse/histoire-un-revisionnisme-qui-salit" target="_blank">article</a> la lettre adressée à </em>L’Hebdo<em> par les historiens Jean-Jacques Langendorf  et Pierre Streit. Malgré son intérêt évident, elle n&#8217;a pas été publiée. La voici donc. – Réd.)</em></p>
<p>«Monsieur le rédacteur en chef,<br />
L’article publié par M. Patrick Vallélian, dans votre magazine le 17 juin 2010 sous le titre «Les accords secrets entre Guisan et la France» parle, à propos des révélations qu’il contient, d’une «bombe» alors qu’il s’agit, tout au plus, d’un pétard mouillé. En effet, l’histoire de ces contacts a été largement évoquée par des historiens comme Edgar Bonjour (1970), Georg Kreis (1976), Willi Gautschi (1989) et Jacques Engeli (2006) sans parler de Bernard Barbey qui, dans son livre Aller et Retour (1967) raconte dans le détail les contacts qu’il a pris, sur l’instigation du Général Guisan,  avec les plus hautes autorités militaires françaises afin de mettre sur pied une collaboration militaire franco-suisse, indiquant dans sa préface que Guisan, dès la fin du service actif, l’avait encouragé à publier ces pages. Bonjour, dans son <em>Histoire de la Neutralité</em>, souligne qu’à partir d’octobre 1939 une étroite collaboration militaire s’était établie entre la Suisse et la France. Le texte de l’historien bâlois nous fournit tous les détails sur les formes revêtues par cette dernière, ne laissant rien à désirer par rapport à ceux de M. Vallélian. D’ailleurs, pendant la guerre déjà, des voix critiques se sont élevées pour s’interroger sur la légitimité d’une telle coopération. Elles n’ont jamais tari depuis.</p>
<p>En ce qui concerne les affirmations de M. Alain-Jacques Tornare,  on peut se montrer surpris. Selon lui, si les troupes françaises du front nord-ouest ont été battues, entraînant l’effondrement de la France, c’est parce qu’elles ont dû se passer des divisions retenues à l’est et destinées à venir éventuellement au secours d’une armée suisse trop faible pour contenir une attaque de la  Wehrmacht contre son territoire ! Donc, si la France a été vaincue, c’est la faute à la Suisse ! Interrogé après la défaite par une commission d’enquête, le général Georges, commandant en chef du front nord-est, a répondu qu’en raison des bonnes communications ferroviaires avec le front du nord-ouest, «il n’y avait aucun inconvénient  à ce que j’eusse conservé ces divisions, notamment pour un appel des Suisses.» D’ailleurs quel rôle auraient-elles pu jouer dans une armée, reflet de l’avachissement de tout un pays,  dépassée par l’initiative, l’inventivité et l’agressivité allemandes? A ce propos, il serait bon que M. Tornare relise, ou lise,  les propos classiques (1941) de l’historien français Marc Bloch (fusillé par les Allemands) dans son livre <em>L’Autopsie d’une défaite.</em><br />
Je vous prie d’agréer, Monsieur le rédacteur en chef, mes salutations distinguées.»</p>
<p>Jean-Jacques Langendorf<br />
Institut de stratégie et des conflits-Commission française d’histoire militaire, Paris</p>
<p>Pierre Streit<br />
Directeur scientifique , Centre d’Histoire et de Prospective militaires, Pully</p>
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		<title>Histoire: un révisionnisme qui salit</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 16:44:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[La commémoration du 50e anniversaire de la mort du Général Guisan a donné lieu à des  célébrations émouvantes et dignes. Elles ne pouvaient évidemment pas aller sans quelques coups bas colatéraux: Guisan est un mythe trop vivace, trop ancré dans la mémoire collective pour qu’on  s’en prive. C’est ainsi que L’Hebdo, par trois fois ce printemps, relayant la démarche d’historiens estampillés «critiques» a entrepris de «casser le mythe».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><em><span style="font-size: small;">(Cet article aurait dû paraître dans </span></em><span style="font-size: small;">L&#8217;Hebdo</span><em><span style="font-size: small;">, qui nous l&#8217;avait commandé en guise de réplique à la campagne de dénigrement (non moins de trois articles) menée par l&#8217;hebdomadaire ce printemps contre le Général Guisan. Finalement, il n&#8217;a pas été publié, pas davantage d&#8217;ailleurs que la réplique cinglante de l&#8217;historien Jean-Jacques Langendorf  aux prétendues &#8220;révélations&#8221; du magazine.  Voulait-on éviter de froisser le mentor de </span></em><span style="font-size: small;">L&#8217;Hebdo</span><em><span style="font-size: small;">, l&#8217;historien Hans-Ulrich Jost? En tous les cas, cette censure est regrettable, puisqu&#8217;elle s&#8217;assimile à un refus du débat historique).</span></em></p>
<p>La commémoration du 50<sup>e</sup> anniversaire de la mort du Général Guisan a donné lieu à des  célébrations émouvantes et dignes. Elles ne pouvaient évidemment pas aller sans quelques coups bas colatéraux: Guisan est un mythe trop vivace, trop ancré dans la mémoire collective pour qu’on  s’en prive. C’est ainsi que <em>L’Hebdo</em>, relayant la démarche d’historiens estampillés «critiques» a entrepris de «casser le mythe», pour faire «jaillir la vérité» et «faire un indispensable travail de mémoire».</p>
<p>Un travail de mémoire se justifie pour faire venir au jour une réalité cachée inavouable, en particulier des crimes contre l’humanité, et qu’on a toujours niés. Appliquer les mêmes critères à l’histoire suisse pendant la IIe Guerre mondiale n’a guère de sens, dans la mesure où il n’y a rien de volontairement caché ou d’inavouable dans celle-ci. Bien sûr, et les travaux des historiens au cours des décennies passées, parmi lesquels ceux de la Commission Bergier, ont apporté un éclairage plus précis, et parfois moins flatteur il faut bien le dire, sur les acteurs de cette période et les décisions qui ont été prises, dans un contexte très tendu souvent – ce qu’on se plaît à occulter.</p>
<p>Il reste que cette ambition proclamée de «briser les mythes» ressortit dans la plupart des cas à ce qu’on pourrait appeler un révisionnisme malveillant: il ne s’agit pas d’une démarche scientifique visant à une meilleure connaissance de l’Histoire, mais de procès idéologiques <em>a posteriori</em>.  Des historiens engagés et des procureurs improvisés s’acharnent à juger les comportements des acteurs de l’époque à l’aune de la morale d’aujourd’hui, sans tenir compte du contexte – ce qui est un non-sens absolu. Or, c’est exactement ainsi que procèdent ceux qui s’acharnent à salir Guisan: n’était-il pas antisocialiste? N’a-t-il pas manifesté, à une époque, de l’admiration pour Mussolini? N’était-il pas un petit peu antisémite?</p>
<p>Pour appâter l’auditeur, on accrédite la thèse que l’Histoire telle qu’on la connaît relève d’un vaste mensonge ou d’une machination, la «bourgeoisie» ayant construit un mythe pour cacher la vérité. L’historien lausannois Hans-Ulrich Jost est un spécialiste du genre, détracteur quasi officiel de Guisan, en qui il voit un représentant du “totalitarisme suisse” (!). Le plus désolant est que cet historien d’extrême-gauche est devenu l’interlocuteur obligatoire, sinon unique, des journalistes romands depuis… une quarantaine d’années, et le maître à penser de nombreux historiens formés à l’Université de Lausanne.</p>
<p>Ce que j’aimerais dénoncer, c’est la méthode manipulatrice utilisée aussi bien par ces historiens que par les journalistes qui les écoutent. Un exemple édifiant nous en est donné dans le film,<em> </em>au demeurant estimable, de Felice Zenoni, <em>Le Général</em>. A un moment donné, un <em>historien critique</em> susurre fielleusement: «Je sens chez Guisan un relent d’antisémitisme». L’historien sait parfaitement que, sortie du contexte historique, sa petite phrase aura un effet dévastateur sur l’image de Guisan, et c’est bien là-dessus qu’il compte: le grand public, en 2010, ignore que dans les années 30, l’antisémitisme était largement répandu en Suisse, notamment dans les campagnes – rapport aux marchands de bétail. Le célèbre article de Marcel Regamey, «Défie-toi du Juif»,  en 1932, était emblématique d’un sentiment populaire très répandu, et qui d’ailleurs perdurera après la guerre. Un historien intellectuellement honnête prendrait la peine de rappeler ce contexte socio-culturel, essentiel à la compréhension des faits, et qui relativise la gravité de son propos. La démarche qui consiste au contraire à le sortir délibérément de son contexte, pour aggraver le jugement moral que l’auditeur ne manquera pas de porter, est un procédé grossier. Au passage, rappelons que des hommes tels que Constam, Commandant de corps, Dolfuss, Divisionnaire, ou Mayer, premier adjudant du Général, étaient Juifs…</p>
<p>La même désinformation sévit autour du Réduit. Je ne suis pas loin de penser que certains intellectuels contemporains auraient préféré que la Suisse connaisse les affres de la défaite, de l’occupation, des représailles, des exécutions, des déportations de Juifs et de la famine – histoire de punir la «bourgeoisie», sans doute. Le Réduit ne fut ni une trahison de l’armée, ni un abandon de la population. En réalité, ce dispositif était le seul et unique moyen de préserver la Suisse de la guerre. En 1939, l’armée suisse, mal préparée, n’avait aucune chance de contenir une offensive allemande sur le Plateau: on n’arrête pas des vagues de blindés, appuyés par l’aviation, avec des fusils, fussent-ils excellents, et de bons tireurs. Cinq à sept jours, c’est ce qu’aurait duré notre armée, avant d’être taillée en pièces, comme l’a été l’armée française.</p>
<p>Guisan l’avait bien compris, lui qui ne jurait que par le terrain. Face à une armée surpuissante, conduite par des généraux jeunes et audacieux (les Rommel, Guderian, von Rundstedt&#8230;), la meilleure et la seule défense réside dans l’occupation d’un terrain difficile – les Alpes –, où les blindés sont peu utilisables. Et puisque Guisan avait pour mot d’ordre: «Tenir à tout prix, jusqu’au bout», il fallait s’en donner les moyens, plutôt que de sacrifier les hommes sur la Glatt et la Menthue. Car tenir les Alpes, c’était tenir les passages alpins, dont la destruction volontaire aurait été catastrophique pour les Allemands. Nous avions là un argument majeur, justifiant parfaitement la stratégie du Réduit.</p>
<p>Le 14 mai 1940, les Suisses ont cru que c’était leur tour, un vent de panique a soufflé sur le pays, les habitants de Bâle fuyaient leurs maisons. De telles flambées d’angoisse se sont reproduites jusqu’à la fin de la guerre, tandis que, les hommes mobilisés, les femmes faisaient tourner le pays. Nos grands-parents ont fait du mieux qu’ils ont pu, y compris dans l’accueil des réfugiés, dans un contexte que ceux qui les jugent aujourd’hui du haut de leur suffisance dédaigneuse n’auraient probablement pas supporté.</p>
<p>Voilà pourquoi certaines démarches prétendument historiques me mettent en colère, voilà pourquoi je n’accepte pas que des bobos confits dans leur confort traitent nos grands-parents de salauds, et s’acharnent à salir la mémoire d’un Guisan qui a su, lui et lui seul, donner confiance aux Suisses, et leur insuffler l’esprit de résistance, lorsque le monde craquait de partout.</p>
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		<title>Villeneuve, son lac, ses racailles</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 08:38:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un personne sévèrement tabassée dans le Chablais! Cette fois, c’est d’un sexagénaire qu’il s’agit, grièvement blessé par un groupe d’ados sur les quais de Villeneuve. Pour rien, pour une remarque, alors que sa fille se faisait importuner. Et ça recommencera demain. On parie?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>PHILIPPE BARRAUD</h3>
<p>Encore un personne sévèrement tabassée dans le Chablais! Cette fois, c’est d’un sexagénaire qu’il s’agit, grièvement blessé par un groupe d’ados sur les quais de Villeneuve. Pour rien, pour une remarque, alors que sa fille se faisait importuner. Et ça recommencera demain. On parie?</p>
<p>Ce nouveau fait divers ne surprendra pas la population locale: ces jeunes, dont certains sont requérants d’asile tout comme leurs parents, sèment la terreur dans la région depuis longtemps. Vols, cambriolages, déprédations, agressions… leur champ d’activité est large. Les commerçants les connaissent bien, s’organisent tant bien que mal en effectuant des surveillances réciproques, mais ne parlent plus que sous le sceau de l’anonymat, par peur de représailles.</p>
<p>Il faut dire que cette bande, à géométrie variable, cultive la violence sans états d’âmes, sachant bénéficier d’une large impunité, grâce à son jeune âge. Dans un cas que nous connaissons, la police a même fait la morale à un commerçant un peu énervé (il y a laissé des dizaines de milliers de francs, depuis le temps), qui aurait dû faire preuve de compréhension pour «ces jeunes qui n’ont rien».</p>
<p>Plus grave, et c’est ce qui explique leur inquiétude, les commerçants savent aussi que les parents des plus actifs «couvrent» les vols commis par leurs enfants, se font facilement menaçants, et… déposent plainte systématiquement contre ceux qui osent encore déposer plainte!</p>
<p>On est typiquement dans ces cas de figure où la loi protège davantage les criminels que les citoyens ordinaires. La police tente d’appliquer des lois que des avocats s’empressent de contester, lesquels trouvent hélas presque toujours une oreille complaisante auprès des juges. On ne s’étonnera pas, ensuite, que les policiers ne croient plus à leur boulot, et finissent par se contenter du minimum syndical: lorsque les juges torpillent systématiquement votre travail, vous n’allez pas aller chercher de nouveaux désaveux!</p>
<p>Il serait peut-être temps que la classe politique se préoccupe de ces problèmes de sécurité, et pas seulement dans les discours. Il n’est tout simplement pas normal qu’une petite bande de voyous pourrisse la vie de toute une région, quelques soient les raisons invoquées pour ne pas agir, et même si effectivement le Code pénal des mineurs est totalement dépassé. Ces jeunes et leurs parents ont fait la preuve de leur incapacité totale à s’intégrer. Dès lors, pourquoi leur statut de requérant n’a-t-il pas encore été réglé? Pourquoi n’ont-ils pas été expulsés de Suisse? Combien d’années pourront-ils encore profiter cyniquement d’un absurde système qui, de recours en recours, vide la loi de sa substance?</p>
<p>Il faut rappeler aux politiciens qu’ils jouent leur crédibilité dans ce genre d’affaire. Et qu’ils n’apaiseront pas la colère populaire en disant que «c’est plus compliqué qu’on ne croit».</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un 18 juin de honte et de dégoût</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/un-18-juin-de-honte-et-de-degout/ </link>
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		<pubDate>Sat, 26 Jun 2010 21:12:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour la France et le monde en guerre, l'Appel du 18 Juin 1940 apparut comme une première lueur d'espoir, et un sursaut de dignité. Pour la Suisse, le 18 juin 2010 clôture la semaine de tous les déshonneurs.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Pour la France et le monde en  guerre, l&#8217;Appel du 18 Juin 1940 apparut comme une première lueur  d&#8217;espoir, et un sursaut de dignité. Pour la Suisse, le 18 juin 2010  clôture la semaine de tous les déshonneurs.</p>
<p>On ne mesurera jamais  assez la force morale et la foi qu&#8217;il a fallu à Charles de Gaulle pour  donner, le 18 juin 1940, le signal de la résistance à l&#8217;envahisseur:  dans une complète solitude à Londres, accueilli d&#8217;abord avec méfiance  par les Anglais, condamné à mort, dégradé et déchu de la nationalité  française par son propre pays, il n&#8217;en croit pas moins à ce que lui  dicte sa conscience. Et il ose. «Moi, général de Gaulle&#8230;» Combien de  Français, à l&#8217;ombre mortifère du maréchal, se sont-ils dit, à l&#8217;époque:  «Non mais qui c&#8217;est çui-là, pour qui qu&#8217;y se prend?»</p>
<p>De Gaulle ne  cherchait pas à plaire, il ne cherchait pas les honneurs, ni ne courrait  le consensus: investi d&#8217;une mission limpide, le jeune général  s&#8217;affirmait déjà en homme d&#8217;Etat. Septante ans plus tard, c&#8217;est bien ce  qui nous manque le plus. Vendredi dernier sur La Première, Me Marc  Bonnant soulignait cette cruelle carence: là où la Suisse aurait besoin  d&#8217;hommes (ou de femmes) d&#8217;Etat, nous n&#8217;avons que de consciencieux  fonctionnaires de niveau cantonal.</p>
<p>La pique est cruelle mais, à  l&#8217;issue d&#8217;une semaine où la Suisse s&#8217;est couchée par deux fois, elle est  encore polie. Nous nous sommes donc aplatis devant un dictateur, avec  Micheline Calmy-Rey dans le rôle de Pétain serrant la main du Führer.  Puis nous nous sommes aplatis devant les Etats-Unis, avec le Parlement  fédéral dans le rôle de l&#8217;empereur à Canossa*, bien attentif à ne pas  laisser le dernier mot au peuple. C&#8217;est bien connu, le peuple n&#8217;entend  rien aux grandes affaires: Silence, le peuple!</p>
<p>Ainsi, en cette  funeste semaine, nous avons trahi allègrement plusieurs valeurs  fondamentales qui font que la Confédération tient debout. Comme la  sécurité du droit: maintenant, grâce à la rétroactivité, on pourra vous  condamner pour un délit qui n&#8217;en était pas un à l&#8217;époque des faits.  Comme le secret bancaire, et le respect des contrats: nous avons livré  des clients d&#8217;UBS à la police fiscale des Etats-Unis, alors qu&#8217;on les  avait assurés d&#8217;une totale confidentialité, garantie moralement par la  réputation de la Suisse. Espérons qu&#8217;ils feront payer très cher cette  trahison devant les tribunaux américains.</p>
<p>Cette semaine, ce 18  juin, nous laisse un sentiment de honte et de dégoût.</p>
<p><span style="font-size: x-small;">*  «L&#8217;expression «aller à Canossa» est une formule idiomatique pour  désigner le fait de s&#8217;agenouiller devant son ennemi.» (source:  Wikipédia)</span></p>
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		<title>Quand Broulis et Longchamp sauvent l’honneur</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jun 2010 21:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[D’ici quelque temps, donc, un tribunal d’opérette, ne devant son existence qu’à la volonté de revanche d’un clan tyrannique, statuera, quelque part en Prusse, sur les conditions de l’arrestation d’Hannibal Kadhafi.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>PASCAL DECAILLET</p>
<p>D’ici quelque temps, donc, un tribunal d’opérette, ne devant son existence qu’à la volonté de revanche d’un clan tyrannique, statuera, quelque part en Prusse, sur les conditions de l’arrestation d’Hannibal Kadhafi.</p>
<p>Il est salé de constater avec quelle obédience devant le fait accompli une grande partie de la classe politique, non seulement accepte sans sourciller le jugement futur de ce corps étranger sur nos affaires internes, mais de surcroît le sacralise. Comme si l’instauration de cette « Cour » était due à autre chose qu’à un accord signé pistolet sur la tempe, avec un régime preneur d’otages. On a le pli et la génuflexion faciles, en Suisse. Sans parler de ce président du Grand Conseil genevois plus obsédé à recenser les « boulettes » de son canton qu’à ouvrir les yeux sur les horreurs d’un régime.</p>
<p>Dans ce climat d’inversion des responsabilités, il faut saluer la courageuse position de la Conférence des gouvernements cantonaux. Présidée par Pascal Broulis, cette instance renouvelle son soutien à Genève. Et regrette amèrement que la Confédération, par-dessus la souveraineté genevoise, soit allée signer des accords impliquant ce canton. La Suisse, rappelait hier soir Pascal Broulis, n’est pas une nation, mais une Confédération. En matière de police, jusqu’à nouvel ordre, les compétences y sont cantonales.</p>
<p>À saluer, aussi, le combat de François Longchamp, président du gouvernement genevois, pour défendre l’honneur et la dignité de son canton dans cette affaire. En matière de paiement de rançon (utilisons, une fois, les mots exacts), le radical n’a strictement aucune intention de se laisser impressionner par la veulerie de Berne, il a mille fois raison.</p>
<p>Quant aux conditions mêmes de l’arrestation d’Hannibal Kadhafi, si décriées, de son promontoire douillet, par Guy Mettan, je défie tout lecteur de ce texte d’aller appréhender un homme soupçonné de graves violences sur ses gens de maison, entouré de gardes du corps armés, en sonnant sagement à sa porte, et en lui brandissant poliment un mandat d’amener.</p>
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		<title>Pour qui roule Guy Mettan ?</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 06:44:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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Dans l’interminable affaire Kadhafi, il n’est pas très aisé de saisir le jeu du président du Grand Conseil genevois, Guy Mettan.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p>Dans l’interminable affaire Kadhafi, il n’est pas très aisé de saisir le jeu du président du Grand Conseil genevois, Guy Mettan.</p>
<p>Pourquoi ce dernier, certes suivi pas une nette majorité, a-t-il voulu le huis clos, vendredi soir, lorsqu’il s’agissait d’examiner une motion du MCG, dont on peut après tout discuter, déclarant « persona non grata » Hannibal Kadhafi. Le ton aurait pu monter ? Et alors ! Le ton monte, bien souvent, dans les débats parlementaires. On aurait pu vexer les Libyens ? Et alors ! Vexer des preneurs d’otages, qui nous ont pourri la vie pendant deux ans, c’est si grave ?</p>
<p>À voir l’empressement du président du Parlement genevois à ménager les Libyens, et la même opiniâtreté à charger Genève (les « quatre boulettes » égrenées la semaine dernière sur Radio Cité), on se demande si Guy Mettan a bien compris qui était l’agresseur, et qui l’agressé, qui méprisait le droit, et qui le respectait, qui étaient les preneurs d’otages, et qui les victimes.</p>
<p>Très présent dans les milieux internationaux de Genève, où il jouit d’ailleurs d’un carnet d’adresses remarquable, Guy Mettan, au nom du refus de l’ethnocentrisme, a-t-il bien intégré que malgré les « boulettes », nous étions, nous les Suisses, un vieille démocratie et un remarquable Etat de droit n’ayant absolument pas à rougir en comparaison internationale. Et que nos chers partenaires libyens, qu’il tient tant à ménager, sont, eux, sous la coupe d’une caste et d’une clique faisant strictement ce qu’elle veut, au mépris du droit ?</p>
<p>Pourrait-t-on attendre du premier citoyen du canton qu’il se soucie un peu plus de ses administrés, un peu moins de son carnet d’adresses ?</p>
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		<title>Le temps des couleuvres est terminé. Place aux rétorsions contre la Libye</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 06:10:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Suisses n’ont pas fini de mesurer l’ampleur de la victoire du clan Kadhafi, et par conséquent l’ampleur de leur déshonneur. Les rançonneurs de Tripoli vont maintenant beaucoup s’amuser du spectacle des règlements de compte, indispensables hélas, entre autorités suisses.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Les Suisses n’ont pas fini de mesurer l’ampleur de la victoire du clan Kadhafi, et par conséquent l’ampleur de leur déshonneur. Les rançonneurs de Tripoli vont maintenant beaucoup s’amuser du spectacle des règlements de compte, indispensables hélas, entre autorités suisses.</p>
<p>La libération du dernier otage suisse en Libye est un soulagement, mais suscite dans le même temps une immense frustration. C’est la victoire de l’arrogance sur l’Etat de droit, le triomphe des méthodes de gangsters, face à des politiciens qui se cramponnent à des principes diplomatiques qu’ils sont les seuls à respecter.</p>
<p>Une fois de plus, la Suisse s’est couchée devant plus brutal qu’elle. Une fois de plus, la Libye arrive à ses fins crapuleuses, en prenant des otages (souvenons-nous du sort effroyables des infirmières bulgares), puis en les libérant contre des rançons colossales – soyez assurés que nous ne connaîtrons jamais les vrais chiffres. S’il se vérifie que l’Etat de Genève a bien versé une rançon de deux millions de francs à Hannibal Kadhafi, alors ce serait une faute politique majeure. D’abord, que l’on sache, aucun tribunal n’a attribué une quelconque indemnité au fils du tyran; ensuite, ce serait reconnaître de facto une culpabilité complète des autorités genevoises dans cette affaire !</p>
<p>Et comme si la couleuvre n’était pas assez grosse, il faut encore avaler cet absurde tribunal arbitral en Allemagne où, n’en doutons pas, on mettra en scène le procès de la Suisse, bien entendu condamnée d’avance. Il ne serait pas surprenant que les Libyens aient dicté, dans une clause secrète du document présenté par Micheline Calmy-Rey, le verdict du tribunal.</p>
<p>Mais le temps des couleuvres et terminé. Les otages sont de retour en Suisse, il est temps de reconquérir notre honneur perdu. Et cela passe par un inévitable règlement de comptes, en Suisse et entre autorités suisses. Il faudra en passer par une grande lessive, aussi bien pour savoir exactement pourquoi nos autorités ont systématiquement fait tout faux, que pour pouvoir un jour tirer un trait sur cette affaire, grotesque de bout en bout. Pour une fois, la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire serait totalement justifiée.</p>
<p>Sur le plan extérieur, le Conseil fédéral doit s’empresser d’enterrer l’accord signé à Tripoli, ou à tout le moins traîner les pieds, et empêcher la mise en place d’un tribunal d’opérette, inventé pour plaire à Kadhafi et humilier, une fois de plus, la Suisse. Bien sûr, on doit respecter ses engagements. Mais lorsque ceux-ci sont arrachés sous la contrainte, avec des otages à la clé, ils n’ont aucune valeur. La Suisse doit donc se sentir libre, et nullement engagée par ce traité.</p>
<p>On nous dira que les milieux d’affaires s’impatientent, que la Libye est un marché juteux. Nous répondons que les coûts politiques de l’accès à ce marché sont beaucoup trop élevés. Chaque entreprise qui investit dans ce pays et y envoie des délégués, fait courir à la Suisse le risque évident de nouvelles prises d’otages. Or, la Suisse à montré qu’elle était incapable de faire face à ce genre de banditisme d’Etat. Par conséquent, les exigences des milieux d’affaires sont excessives. Moins il y aura d’argent suisse en Libye, mieux la Suisse s’en portera.</p>
<p>Dans cette crise, on à souvent reproché aux acteurs suisses de n’avoir pas pris la mesure du sens de l’honneur des Libyens. Désormais, il est temps que les Libyens apprennent que les Suisses aussi, ont le sens de l’honneur, et qu’on ne peut pas impunément le fouler aux pieds. La Suisse, aujourd’hui, non seulement peut, mais doit, prendre des mesures de rétorsion face à la Libye et à ses intérêts en Suisse.</p>
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		<title>Les deux millimètres et les bagages</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 05:34:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Notre otage est enfin de retour. Près de sept cents jours loin des siens, dans l’incertitude qui apparaît souvent comme la plus cruelle des tortures morales. Max Göldi, qui face à la caméra, a su toujours faire preuve d’une très grande dignité. Max Göldi debout quand d’autres s’exprimaient en courbettes et sourires indécents.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">BLAISE AUGSBURGER</span><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;"><span style="color: #ff0000;"><br />
</span></span></h3>
<p><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;">Notre otage est enfin de retour. Près de sept cents jours loin des  siens, dans l’incertitude qui apparaît souvent comme la plus cruelle des  tortures morales. Max Göldi, qui face à la caméra, a su toujours faire  preuve d’une très grande dignité. Max Göldi debout quand d’autres  s’exprimaient en courbettes et sourires indécents. Aussi, un travail de  mémoire devra impérativement être entrepris pour d’une part louer  l’attitude remarquable de Messieurs Hamdani et Göldi durant toute la  durée leur épreuve  et d’autre part inviter, s’ils n’ont pas la dignité  de le faire eux-mêmes, Madame la Conseillère fédérale Calmy-Rey et  Monsieur le Conseiller fédéral Merz à quitter le Conseil fédéral au plus  vite. Mémoire… Rappelons-nous. Les deux millimètres… « Nous sommes à  deux millimètres de la résolution de l’affaire » nous souriait Madame  Calmy-Rey. Des rencontres improbables, notamment avec l’un des fils du  Colonel Kadhafi, à Davos, en 2009, dont on se demande encore le rôle  exact qu’il pouvait bien jouer dans l’organigramme labyrinthique en  vigueur à Tripoli. Et ce sourire satisfait, toujours, encore. Deux  millimètres&#8230; Expression ridicule qui métamorphosait une grave crise  internationale, comme jamais la Suisse moderne n’en a connu, en simple  règle de géométrie qui s’est bien vite avérée très variable par la  suite. Avons-nous avancé d’un millimètre ou avons-nous reculé de trois  ou de cinq ou de plus de millimètres encore ? Comment de telles  assertions indécentes furent-elles reçues par les familles et les  proches de nos otages. Que d’espoirs assassinés ! Et toujours cette  incertitude, la pire des tortures. Car l’incertitude, elle, ne se mesure  pas !</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;"> Et puis les bagages ! Animé davantage de l’âme d’un Wilkenried en  goguette, voilà que notre Président d’alors, Monsieur Merz, s’en va tout  seul à Tripoli, présenter les excuses de la Suisse au grand Berbère et  revenir seul mais avec les bagages de nos deux otages. Peut-on imaginer  pareille humiliation ? Oui, imaginons Messieurs Sarkosy, Obama et  consorts revenir avec uniquement les bagages… Inimaginable. Cela  signifierait la déroute complète des négociations menées par leurs  diplomates, moins affûtés par conséquent qu’un quelconque homme  d’affaire qui se doit de connaître comment parler et agir avec des  interlocuteurs de cultures différentes afin de conclure des contrats  dans les règles. (Mon père qui exerça ce métier dans les années  cinquante et soixante au service de notre industrie horlogère le savait  et me l’apprenant, il m’a permis de découvrir les diverses subtilités et  richesses des cultures humaines).</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;"> Mais voilà, Monsieur Merz, lui, est revenu avec les bagages. Nos otages  en Libye ne disposaient sans doute pas beaucoup d’affaires personnelles  et voilà que notre Président les en prive, croyant une libération  imminente. Droit de mémoire. Notre Président déclara alors qu’il jouait  sa tête par cette action en fin de compte tellement oiseuse dans sa  sotte vanité.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;"> Il était évident qu’il ne fallait pas exiger la démission de ces deux  conseillers fédéraux alors que notre dernier étage désespérait  d’incertitude dans les geôles du Maître du désert. C’était les lui  offrir sur un plateau et nourrir son orgueil.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana,Helvetica,Arial;"> Mais maintenant, tout a changé. Notre otage est de retour. D’autres  doivent s’en aller. Si Madame Calmy-Rey et Monsieur Merz n’en tirent pas  eux-mêmes les conclusions en démissionnant, il faudra rappeler à la  première qu’elle est à deux millimètres de la porte de sortie et au  second que ses bagages sont prêts et qu’il partira avec eux.</span></p>
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