<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>commentaires.com &#187; soci&eacute;t&eacute;</title>
	<atom:link href="http://www.commentaires.com/tag/societe/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.commentaires.com</link>
	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
	<lastBuildDate>Tue, 27 Jul 2010 10:50:04 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.1</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Anglicismes et français, un faux débat</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/anglicismes-et-francais-un-faux-debat/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/anglicismes-et-francais-un-faux-debat/ #comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 08:17:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3387</guid>
		<description><![CDATA[Président de l’Association «Défense du français», le conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig part en guerre contre l’hégémonie de l’anglais dans notre langue, et la Confédération lui emboite le pas. C’est un peu ridicule, et surtout parfaitement vain!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Président de l’Association «Défense du français», le conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig part en guerre contre l’hégémonie de l’anglais dans notre langue, et la Confédération lui emboite le pas. C’est un peu ridicule, et surtout parfaitement vain!</p>
<p>Une langue se transforme en permanence – sauf les langues mortes, évidemment –, mais ce n’est jamais sous l’impulsion de l’Etat ou de quelque académie savante. C’est l’usage qui façonne, enrichit ou appauvrit les langues, pour le meilleur et pour le pire. Le français n’a jamais échappé à la règle, qui regorge de mots empruntés à l’arabe, à l’italien, à l’espagnol, à l’allemand, à l’anglais, autant d’emprunts et d’assimilations qui font, au final, la richesse de notre langue.</p>
<p>Il est vrai pourtant que l’anglais effectue, depuis quelques années, une percée spectaculaire dans la langue de tous les jours des francophones. La faute en particulier à notre statut de consommateurs avides de biens et de services de haute technologie, inventés et développés aux Etats-Unis et en Asie. La faute aussi au fait que partout dans le monde, l’anglais s’impose comme langue universelle – aux côtés du dollar, monnaie universelle.</p>
<p>Ces deux évolutions sont probablement imparables. Une troisième, en Suisse, pourrait en revanche être évitée: c’est la tendance des entreprises à rédiger des publicités ou des messages en anglais de circonstance, par quoi on entend un anglais fabriqué tout exprès pour un marché déterminé, mais qui n’est pas de la vraie langue anglaise. Les grands opérateurs téléphoniques sont devenus des spécialistes de ces messages affichés en format mondial, souvent vides de sens, mais qui se veulent accrocheurs parce que, croit-on, les gens sont flattés qu’on s’adresse à eux en anglais. Il faut mentionner encore la paresse des grands groupes commerciaux, qui jugent plus intelligent d’afficher le mot «sale» que le mot «soldes» devant leurs magasins.</p>
<p>Il y a un aspect détestable dans les thèses de M. Baettig: «L’anglais, proclame-t-il, c’est la langue des techniciens et des marchands (…), l’anglais véhicule des valeurs qui ne sont pas les miennes.» Voilà donc qu’on invente le racisme linguistique! Cette saillie est d’une grande sottise. Une langue en tant que telle ne véhicule pas de valeurs, ni n’est spécifique à des corporations particulières, et d’ailleurs on ne voit pas pourquoi il faudrait mépriser les techniciens et les marchands!</p>
<p>Manifestement, M. Baettig ne connaît pas l’anglais, le vrai, celui des grands auteurs britanniques et américains. Qu’il lise quelques pages d’Oscar Wilde, de Joseph Conrad, de David Lodge ou de John Irving, qu’il déguste des films avec l’inoubliable George Sanders (la plus belle diction du cinéma anglais, par exemple dans <em>The Picture of Dorian Gray</em>, d’Albert Lewin (1945), et il découvrira une langue riche, subtile, musicale, souvent difficile, qui n’a rien à voir avec la caricature que s&#8217;en font ceux qui ne se donnent pas la peine de la connaître.</p>
<p>Cela dit, on veut bien que la Chancellerie fédérale se fende de lexiques visant à remplacer des expressions anglophones par des constructions françaises, mais c’est perdu d’avance, et pour une raison simple: la langue anglaise possède un génie particulier pour résumer en un mot court et percutant des concepts complexes. Or on voit bien, dans les tentatives faites pour  trouver une formule équivalente en français, que ça ne marche pas: il faut faire des périphrases compliquées et peu naturelles, en utilisant obligatoirement plusieurs mots. Dès lors, l’échec est programmé.</p>
<p>Le vrai combat pour la langue française n’est pas dans la chasse à des anglicismes bien pratiques, mais dans l’usage de sa richesse au quotidien, dans le respect de ses règles et du mot juste. Et là, il y a un monumental chantier pour l’école publique, et pour tous ceux qui font profession de s’exprimer. La langue française sera défendue lorsque les journalistes arrêteront d’aligner les contresens («vous n’êtes pas sans ignorer…», «c’était sans compter avec… »), et lorsque les politiciens cesseront de brandir des <em>problématiques</em> au lieu d’empoigner les <em>problèmes, </em>et qu’ils arrêteront enfin de vouloir les <em>solutionner</em>. N’y aura-t-il pas un conseiller fédéral ou un conseiller d’Etat pour leur dire, comme Clémenceau: «Nous voulons bien essayer de <em>solutionner</em> votre problème, mais il faudrait d&#8217;abord nous l&#8217;explicationner.»</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/anglicismes-et-francais-un-faux-debat/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Burqa or not burqa?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/burqa-or-not-burqa/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/burqa-or-not-burqa/ #comments</comments>
		<pubDate>Sat, 26 Jun 2010 20:19:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3381</guid>
		<description><![CDATA[Pourquoi n'avons-nous pas le courage de la clarté? La Belgique (la première à être claire et courageuse) et la France interdisent pendant qu'en Suisse on tergiverse. Certains journaux vont même jusqu'à mettre longuement en scène une femme qui se dit enfin libérée depuis qu'elle porte la burqa!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>ULI WINDISCH</p>
<p>Pourquoi  n&#8217;avons-nous pas le courage de la clarté? La Belgique (la première à  être claire et courageuse) et la France interdisent pendant qu&#8217;en Suisse  on tergiverse. Certains journaux vont même jusqu&#8217;à mettre longuement en  scène une femme qui se dit enfin libérée depuis qu&#8217;elle porte la burqa!</p>
<p>Certaines  responsables politiques françaises d&#8217;origine nord-africaine et  musulmane parlent  carrément de totalitarisme et d&#8217;islamofascisme à  propos de l&#8217;imposition de cette burqa. C&#8217;est bien du statut de la femme  qu&#8217;il s&#8217;agit.</p>
<p>La burqa, même si elle est minoritaire, est le  signe, le symbole, le révélateur qui doit nous mettre en garde contre  une vision du monde machiste et totalitaire de la pire espèce. Oui, les  associations en lutte contre ce genre de pratiques ont raison de crier  très fort contre notre laxisme et notre indifférence, qui ne sont en  fait que mépris.</p>
<p>Aucun argument contre l&#8217;interdiction ne tient:  elles le porteraient de leur plein gré? Elles seraient libres? Chez nous  la liberté ne signifie pas encore soumission. Au Canada un père et son  fils viennent d&#8217;être condamnés à la prison à vie parce qu&#8217;ils ont tué  leur fille/soeur qui refusait de porter le voile islamique.</p>
<p>L&#8217;interdiction  serait inapplicable? Il est vrai que l&#8217;application pourra poser des  problèmes. Ce n&#8217;est pas une raison pour ne pas donner un signe clair. Ce  qui justement manque. Retire-t-on les lois parce qu&#8217;elles ne sont pas  complètement et toujours applicables?</p>
<p>Qui récupérera la situation  si cet objet avilissant et stigmatisant se développe dans l&#8217;espace  public? Ce ne seront pas ceux qui luttent depuis toujours pour les  libertés mais bien ceux qui pourront prospérer grâce à la stigmatisation  croissante qu&#8217;entraînera l&#8217;extension de cet objet liberticide.</p>
<p>Il  y a aussi tous ceux qui nous disent qu&#8217;il y a des sujets beaucoup plus  importants. Toujours la même rengaine, pour ne pas agir quand cela  devient gênant pour la bienpensance.</p>
<p>Enfin, n&#8217;est-il pas  inadmissible de s&#8217;affubler d&#8217;un voile, en plus avec le sourire et essai  de justification de la part d&#8217;une ministre devant un  dirigeant  islamiste totalitaire qui réprime, torture et exécute au vu et au su du  monde entier? Les premières révoltées étaient celles qui DOIVENT le  porter.</p>
<p>L&#8217;autoriser c&#8217;est encore faire le jeu de pays qui viennent  au secours de ce tissu en cherchant à nous faire le coup de  «l&#8217;intolérance de l&#8217;Europe»! et demain sans doute, une nouvelle fois, de  notre «racisme» et «islamophobie»!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/burqa-or-not-burqa/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jacques Neirynck: l’astrologie au Karcher…</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/jacques-neirynck-l%e2%80%99astrologie-au-karcher%e2%80%a6/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/jacques-neirynck-l%e2%80%99astrologie-au-karcher%e2%80%a6/ #comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 May 2010 13:19:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3294</guid>
		<description><![CDATA[C’est un livre décapant, solide et roboratif. «Profession menteur»*, de Jacques Neirynck, dynamite les charlatanismes qui envahissent notre quotidien, de l’astrologie à la numérologie, en passant par la voyance et… la publicité!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD<br />
</span>C’est un livre décapant, solide et roboratif. <em>«Profession menteur»*,</em> de Jacques Neirynck, dynamite les charlatanismes qui envahissent notre quotidien, de l’astrologie à la numérologie, en passant par la voyance et… la publicité!</p>
<p>Sans surprise, c’est Elisabeth Teissier, qualifiée de «faussaire du futur», qui fait principalement les frais de cet essai, puisqu’elle occupe une place particulièrement visible sur le marché – c’en est un: en France, l’astrologie génère un chiffre d’affaire d’un milliard d’euros, cinq fois plus que les montant alloués à la recherche en astronomie… Avec une rigueur toute scientifique, Jacques Neirynck démonte le système Teissier, une habile construction qui mêle un flou artistique calculé dans les prévisions (peu de précision dans les dates ou les lieux), un «bombardement en tapis» qui fait que dans la masse des prédictions, il s’en trouvera forcément une qui se réalise plus ou moins, tout en faisant oublier les autres, là est l’astuce. Il y a encore la falsification des prédictions, qui lui permet de revendiquer <em>a posteriori</em> l’annonce d’un événement.</p>
<p>S’en tenant aux chiffres, Jacques Neirynck a voulu vérifier si les 80 à 90% de réussite que revendique Mme Teissier sont exacts. Hélas ! Un test conduit à l’Université de Nice – très en pointe dans l’analyse des phénomènes prétendus paranormaux ­– a montré un taux de réussite un peu moins bon que celui d’un ordinateur choisissant des dates aléatoires, soit 7 événements sur 22, contre 8 pour l’ordinateur. Le décryptage des prévisions qui ne se sont pas réalisées pour 2007 est d’une lecture très jouissive, d’autant qu’il est suivi de la liste des événements marquants qui… n’ont pas été prédits! Enfin, on s’amuse franchement à relire les prédictions de Mme Teissier pour 2008: «Une année bénie, parce que génératrice, hormis à la fin de l’année, plus ambiguë. Stabilisation, innovations et découvertes scientifiques sont dans l’air.» Le 15 janvier, les Bourses mondiales plongeaient, générant la crise financière que l’on sait…</p>
<p>Sur le plan historique, Neirynck rappelle le statut de l’astrologie au fil des millénaires, qui se nourrit d’animisme, de polythéisme, de magie, de pouvoir politique de droit divin. Encore nos lointains ancêtres d’il y a 10&#8242;000 ou 30&#8242;000 ans avaient-ils l’excuse de ne pas connaître la mécanique céleste. Mais aujourd’hui, on sait que le ciel des astrologues n’a plus rien à voir avec le ciel réel – argument qui devrait, à lui seul, couper les ailes aux parasites de l’astrologie. Malheureusement, les croyances irrationnelles primitives ont la vie dure: «Spontanément les hommes sont animistes et ils ne s’élèvent au niveau de la raison que par l’éducation et la réflexion. Les dupes de l’astrologie n’y sont pas encore arrivé et constituent parmi nous une tribu fossile».</p>
<p>Pour Jacques Neirynck, toutes les pratiques divinatoires sont à mettre dans le même sac, puisqu’elles reposent toutes sur un bric-à-brac d’arguments plus absurdes les uns que les autres. La numérologie est en un bon exemple, puisqu’elle prétend tirer des enseignements définitifs à partir de manipulations totalement arbitraires des chiffres. La voyance ne mérite guère plus de considération, puisqu’elle vise à soutirer de l’argent en disant aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre: le discours de celui qui consulte permet au «voyant» d’orienter le sien dans la direction souhaitable. Ce peut être un discours de pur bon sens, mais aussi un discours fondé sur l’exploitation de la faiblesse. Au passage, le scientifique vaudois rappelle le passionnant concours lancé par l’Institut de zététique de l’Université de Nice, doté de 200&#8242;000 euros: pouvait emporter le chèque celui ou celle qui parviendrait à réaliser un acte paranormal dans des conditions scientifiques. 264 candidats se sont succédés en quinze ans, des tordeurs de cuillères à distance aux sourciers, mais personne n’a réussi!</p>
<p>Pourquoi des êtres doués de raison et bardés de culture succombent-ils au «barnum» des Teissier et consorts? Selon Jacques Neirynck, nous avons tous besoin de nous consoler d’un constat qui nous fait peur: c’est que la nature est soumise à des lois imprescriptibles et invariables, qui ne supportent aucune exception, plutôt qu’à la volonté d’êtres surnaturels. Face à cette réalité implacable et effrayante, «nous continuons à préférer l’inquiétude vague d’un inconnu flou. (…) En dotant les phénomènes naturels et les incidents de notre vie d’une intention cachée, la légende désagrège l’angoisse de l’existence. L’astrologie est à l’astronomie ce que la superstition est à la religion. La divination est à la science ce que l’homéopathie est à la médecine, un placebo.»</p>
<p>Mais la religion, précisément? Mme Teissier a demandé (exigé?) un espace dans <strong><em>L’Illustré</em></strong> pour répondre à Jacques Neirynck – après tout, ses apparitions en première page du magazine rapportent pas mal. Elle en reste au niveau des insultes, puisqu’une réfutation fondée est impossible. Perfidement, elle insinue que l’auteur, démocrate-chrétien et donc, en principe croyant, n’est de ce fait pas plus crédible qu’elle. Elle a sans doute mal lu le livre. Neirynck y explicite clairement la différence: «Dans un discours religieux sérieux, la vie éternelle doit être annoncée comme une espérance, non comme une certitude. Toute spéculation, prévision ou précision à son sujet relèvent de la manipulation psychologique.» On ajoutera qu’entre croire en Dieu et croire en Mme Teissier, il y a tout de même une différence…</p>
<p>Ce livre, vraiment excellent car très documenté, ne détournera sans doute pas grand monde des charlatans, tant la crédulité générale est forte, et promise à un bel avenir. Pour l’auteur en effet, l’effacement des religions offre le champ libre à la superstition, puisque la nature humaine à horreur du vide spirituel. Et de conclure, désabusé: «Dans une civilisation qui a produit la Sixtine, la Passion selon Saint Matthieu et le Soulier de Satin, la création culturelle est maintenant limitée à l’apologie hypocrite de la violence, à l’extase pornographique, au culte de la laideur, à l’appât du gain. Le spirituel n’alimente plus le culturel, qui n’inspire plus le politique, qui ne contrôle plus l’économique. (…) La crédulité des incroyants n’a pas de limite: plus c’est invraisemblable, plus ils y croient».</p>
<p><em>* Editions Favre, Lausanne.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/jacques-neirynck-l%e2%80%99astrologie-au-karcher%e2%80%a6/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Bons sentiments et gros sabots</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/bons-sentiments-et-gros-sabots-coloniaux/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/bons-sentiments-et-gros-sabots-coloniaux/ #comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 May 2010 16:35:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3288</guid>
		<description><![CDATA[ Dans Le Matin, un célèbre hôtelier valaisan, Art Furrer, raconte comment il a été choqué de voir des enfants porter les bagages de son groupe d’alpinistes vers le Daulaghiri, au Népal. C’est juste pour gagner leur vie, Monsieur!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Dans <strong><em>Le Matin</em></strong>, un célèbre hôtelier valaisan, Art Furrer, raconte comment il a été choqué de voir des enfants porter les bagages de son groupe d’alpinistes vers le Daulaghiri, au Népal. C’est juste pour gagner leur vie, Monsieur!</p>
<p>Les étonnements du Valaisan sont étonnants: toute personne ayant fait des randonnées au long cours en Asie a vu des porteurs mal équipés, parfois frêles, parfois très jeunes, parfois âgés: en Inde, en Malaisie, au Népal ou au Pakistan, le portage est un métier à part entière, un source de revenu indispensable pour une partie de la population, qui n’a pas d’autre activité économique à sa disposition. Dans certaines régions du Népal, c’est même le monopole d’une ethnie, les Tamang, qui se font une fierté de l’accomplir sans broncher, des charges énormes sur le front, de père en fils et en fille, de la même manière que l’ethnie Sherpa pratique le métier de guide – sans jamais faire de portage. Ce métier ne n’exerce pas que pour les touristes, puisque les humains et les yaks constituent le seul moyen de transport dans des vallées dépourvues d’infrastructures routières, et où l’hélicoptère coûte bien trop cher.</p>
<p>Il est incontestable que pour le visiteur occidental, la vision de porteurs à peine plus lourds que la charge qu’ils ont sur la tête ou les épaules est pénible. Enfants ou vieilles femmes, chaussés de tongs même dans la neige, vêtus de haillons, ils portent des paquets informes et passent la nuit entre deux cailloux dans un froid glacial, tandis que les touristes sont bien au chaud dans leurs tentes.</p>
<p>Au début on a honte, on s’insurge, on voudrait «faire quelque chose». Mais avec l’expérience, on se dit qu’il faut d’abord essayer de voir où on met les pieds, et se demander si notre intervention de nanti, ponctuelle et vite oubliée, fera autre chose que des dégâts. C’est une expérience personnelle qui m’a amené à cette prudence. Lors d’un trek dans la Vallée de Khumbu, nous avions parmi nos porteurs un jeune garçon qui effectuait sa première expédition – et il n’était pas peu fier de pouvoir enfin faire comme son père, ses frères et ses sœurs. L’ambiance parmi les porteurs était très enjouée malgré la dureté de la tâche, le froid mordant et l’altitude (plus de 5&#8242;000  mètres).</p>
<p>Ce garçon avait développé une sérieuse infection sur un pied, purulente et pestilentielle, qui le faisait beaucoup souffrir. Estimant qu’il était inhumain de le laisser continuer, nous avons demandé au <em>sirdar</em>, le chef local de l’expédition (un Sherpa), de renvoyer le jeune Tamang dans son village. La réaction fut unanime: tant le gosse, ulcéré par notre proposition, que le <em>sirdar</em> et notre guide français, répondirent catégoriquement non: s’il retourne au village, il ne portera plus jamais, plus personne ne voudra l’engager, il sera la honte de sa famille et subira l’opprobre général.</p>
<p>Au temps pour nous! Nous n’avons donc pas insisté, avons soigné avec succès son pied à coup de pommade antibiotique, et lui avons donné des souliers de montagne. Il ne les a jamais portés, soucieux de les garder en bon état pour les revendre à son retour au village: les cadeaux des touristes offrent un bon moyen de gagner un peu d’argent.</p>
<p>La leçon à tirer de ce genre d’épisode est une leçon d’humilité, une sorte de mode d’emploi élémentaire pour l’usage du monde. Nous débarquons, bardés de nos certitudes, de nos conventions onusiennes et du statut quasi divin de nos propres enfants, dans des sociétés dont nous ignorons tout, des sociétés pauvres mais très complexes et fortement hiérarchisées, où chacun doit jouer son rôle, où la survie économique de la communauté dépend du travail de tous les individus qui la forment, enfants, adultes et vieillards. Oui, dans de nombreux endroits du monde, les enfants doivent travailler – tout comme les enfants devaient travailler dans nos sociétés il n’y a même pas cent ans, dans les usines, dans les mines, dans l’agriculture.</p>
<p>En voulant imposer dans les pays pauvres de grands principes qui ne fonctionnent que dans des sociétés prospères, sans offrir les moyens d’en assurer l’application, nous nous comportons de manière littéralement coloniale: ignorance crasse des rouages et des complexités de l’organisation sociale (redoutable en Asie!), mépris des usages indigènes, mépris de la culture locale, ignorance de l’économie et des besoins des gens… Si nous voulons vraiment empêcher le travail des enfants, alors il faut construire et financer des écoles, mais surtout, à plus long terme, leur assurer un emploi, dans des vallées où il n’y jusqu’ici qu’une seule industrie qui marche: le portage à dos d’homme.</p>
<p>Au nom de nos bons sentiments, nous pensons avoir le droit d’écraser des sociétés en situation précaire avec nos gros sabots, ou plutôt nos gros souliers de montagne. Je me demande si, parfois, ce n’est pas nous qui devrions avoir honte, de si peu nous intéresser à la complexité des régions que nous visitons.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/bons-sentiments-et-gros-sabots-coloniaux/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>On ne doit pas s&#8217;excuser d&#8217;être chrétien</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/on-ne-doit-pas-sexcuser-detre-chretien/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/on-ne-doit-pas-sexcuser-detre-chretien/ #comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 19:23:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3227</guid>
		<description><![CDATA[Peut-on imaginer que dans une faculté de théologie, la foi intime des professeurs ne doive pas se manifester, car elle pourrait apparaître comme une sorte de provocation, une incongruité? Absurde! direz-vous. Et pourtant: c'est bien ce qui se passe à la faculté de théologie de Genève, dont le pasteur Shafique Keshavjee vient de claquer la porte.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Peut-on imaginer que dans  une faculté de théologie, la foi intime des professeurs ne doive pas se  manifester, car elle pourrait apparaître comme une sorte de provocation,  une incongruité? Absurde! direz-vous. Et pourtant: c&#8217;est bien ce qui  se passe à la faculté de théologie de Genève, dont le pasteur Shafique  Keshavjee vient de claquer la porte.</p>
<p>«Shafique», comme chacun  l&#8217;appelle, est un personnage hors du commun, et très populaire bien  au-delà du Pays de Vaud. Théologien brillant, excellent vulgarisateur &#8211;  ses livres sont traduits dans plus de vingt langues -, il est aussi un  homme de terrain, et donc sensible aux aléas de l&#8217;existence des  paroissiens, dont il a eu sa part cruelle (la mort d&#8217;un enfant).</p>
<p>Mais  si sa voix est très douce, son discours est à l&#8217;image de ses  convictions, ferme et assuré. Pour lui, il est des principes sur  lesquels un chrétien ne doit pas transiger, fût-ce par égard pour  l&#8217;autre. Or le drame des protestants &#8211; c&#8217;en est un &#8211; est qu&#8217;ils croient  devoir toujours s&#8217;effacer devant l&#8217;autre, comme si l&#8217;affirmation, même  discrète, de sa foi, allait être reçue comme une insulte, ou une  négation de la personne qui se trouve face à lui. Bien entendu, toute  idée de prosélytisme est perçue comme particulièrement grossière.</p>
<p>C&#8217;est  précisément ce que dénonce le pasteur Keshavjee, puisque même au  niveau d&#8217;une faculté de théologie protestante, la visibilité de la foi  du professeur devient une difficulté. Cela procède, selon lui, d&#8217;une  véritable perte d&#8217;identité chrétienne de la théologie, au profit d&#8217;un  enseignement neutre de savoirs «désengagés». C&#8217;est cette perte délibérée  d&#8217;identité qui a transformé l&#8217;histoire biblique des écoles en un cours  de culture générale politiquement correct, et les facultés de  théologie protestante en facultés d&#8217;histoire et de philosophie, qui  négligent la formation d&#8217;hommes de terrain. Un bon exemple de cette  volonté d&#8217;effacement est donné par le fait que l&#8217;Université de Genève a  renoncé à demander que le futur professeur chargé d&#8217;enseigner la  tradition protestante soit&#8230; de tradition réformée!</p>
<p>Les  chrétiens, dans quelques années, seront minoritaires en Europe. Demain,  ils devront lutter pour survivre, et ce sombre pronostic vaut pour les  catholiques comme pour les réformés. Ecoutons donc Shafique: «On ne peut  pas renier quelque chose de fondamental, et pour un chrétien, ce sont  ses convictions chrétiennes.»</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/on-ne-doit-pas-sexcuser-detre-chretien/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Eglise catholique face au désastre</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/leglise-catholique-face-au-desastre/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/leglise-catholique-face-au-desastre/ #comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2010 10:46:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3218</guid>
		<description><![CDATA[L'acharnement dont fait l'objet l'Eglise catholique, suite aux révélations d'abus pédophiles qui se multiplient en cascade, a quelque chose de suspect. Comme si on voulait aller bien au-delà de l'objet du scandale, et viser l'institution elle-même, et son chef, Benoît XVI.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>L&#8217;acharnement dont fait l&#8217;objet l&#8217;Eglise catholique, suite aux révélations d&#8217;abus pédophiles qui se multiplient en cascade, a quelque chose de suspect. Comme si on voulait aller bien au-delà de l&#8217;objet du scandale, et viser l&#8217;institution elle-même, et son chef, Benoît XVI.</p>
<p>Le fait est que toutes sortes de groupes et de mouvements ont intérêt à en rajouter. On trouve des gens animés par un vieux fond d&#8217;anticléricalisme désuet, des intégristes de l&#8217;athéisme toujours aussi agressifs, et des médias qui se complaisent dans le registre destructeur, convaincus que toute autorité est par essence malfaisante. C&#8217;est comme si l&#8217;on voulait jeter le discrédit non pas sur quelques individus dévoyés, mais sur l&#8217;institution toute entière, et ceux qui la servent. Tous pédophiles?</p>
<p>Il faut tout de même remettre l&#8217;église au milieu du village, si on ose cette expression. Dans la société, le 99,9 % des pédophiles ne sont pas des prêtres, mais des citoyens lambda d&#8217;apparence respectacle, honnêtes travailleurs, voire bons pères de famille qui, dans la plupart des cas, abusent d&#8217;enfants qui leur sont apparentés. On le sait, la majorité des abus sexuels sur des enfants se produit dans le cadre familial. Ainsi, il y a infiniment plus de &#8220;tontons abuseurs&#8221; que l&#8217;Eglise catholique n&#8217;a connu de prêtres dans toute son histoire. Donc, méfions-nous de l&#8217;effet médiatique grossissant, qui stigmatise la pointe de l&#8217;iceberg et ignore tout le reste. Il n&#8217;en reste pas moins, faut-il le dire, que les abus commis par un détenteur d&#8217;autorité, qui plus est morale, sont d&#8217;une gravité particulière, puisque la victime est en état de sujétion ou de dépendance, et croit pouvoir faire confiance.</p>
<p>Curieusement, si les médias &#8220;mettent le paquet&#8221; pour recueillir &#8211; ou susciter &#8211; les témoignages et les dénonciations de prêtres pédophiles, ils s&#8217;intéressent beaucoup moins aux abus qui sont commis dans d&#8217;autres institutions religieuses, comme les écoles coraniques ou les monastères bouddhistes. Etonnant, non? Chaque année, dans ces institutions, des milliers de gamins, venant souvent de milieux très pauvres, sont &#8220;pris en charge&#8221; par des adultes qui ne sont pas tous de purs esprits. Or curieusement, on ne parle jamais de cela. Sans doute l&#8217;enquête journalistique est-elle trop difficile, mais plus vraisemblablement, il est probable que le scandale ne prendrait pas.</p>
<p>Il faut dire que la pédophile n&#8217;a pas toujours été regardée comme une abomination. Au XXe siècle (même sur la fin !), nombre d&#8217;écrivains, de photographes, de chanteurs et d&#8217;artistes divers se sont construit une notoriété certaine dans ce registre, avec des oeuvres qui aujourd&#8217;hui suscitent le dégoût. Pendant longtemps, l&#8217;homme le plus riche d&#8217;Allemagne, Friedrich Alfred Krupp, a pu abuser un nombre incalculable de jeunes Italiens à Capri, à l&#8217;Hôtel Quisisana, au vu et au su de tout le monde, puisque des photos de ces orgies circulaient. L&#8217;hôtel, aujourd&#8217;hui, mentionne Krupp parmi les grands personnages qui ont fréquenté ses suites et contribué au développement touristique de l&#8217;île, aux côtés de Hemigway, Tom Cruise ou Jean-Paul Sartre&#8230;</p>
<p>Retour à l&#8217;Eglise catholique. Les conseilleurs, qui savent tout mieux que personne, enjoignent le Vatican de supprimer l&#8217;obligation du célibat des prêtres, et le tour sera joué. Comme si les prêtres pédophiles se rabattaient sur les enfants, faute de pouvoir se marier ! Sans doute la possibilité donnée au prêtres de pouvoir se marier, comme ils ont pu le faire jusqu&#8217;au XIIe siècle, résoudrait un certain nombre de problèmes, à commencer par le recrutement de séminaristes. Mais pour le reste, cela n&#8217;a rien à voir: la pédophilie est une déviance sexuelle, qui résulte notamment de l&#8217;incapacité d&#8217;un adulte à développer des relations affectives normales, y compris sexuelles, avec d&#8217;autres adultes. Par conséquent, un individu frappé de cette déviance, qu&#8217;il soit laïc ou religieux, ne résoudra pas son problème dans le mariage avec un femme.</p>
<p>Le plus urgent pour l&#8217;Eglise est de reconnaître les crimes qui ont été commis et de tenter de les réparer. Mais surtout, elle doit tout mettre en oeuvre pour éviter que de telles horreurs ne se reproduisent à l&#8217;avenir, et c&#8217;est là un chantier considérable. Mais c&#8217;est seulement ainsi qu&#8217;elle pourra réparer les dommages incalculables faits à son image, et donc par conséquence à son autorité morale et spirituelle.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/leglise-catholique-face-au-desastre/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>11</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Que peut tolérer l&#8217;Etat de la part des journalistes?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/que-peut-tolerer-letat-de-la-part-des-journalistes/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/que-peut-tolerer-letat-de-la-part-des-journalistes/ #comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Apr 2010 12:22:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3215</guid>
		<description><![CDATA[Les conversations téléphoniques de la police sont-elles à la libre disposition du public? Sinon, comment les journalistes du Matin se sont-ils procuré cet enregistrement? La police a-t-elle perquisitionné dans les bureaux du Matin pour le savoir?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>PIERRE-GABRIEL BIERI*</p>
<div id="_mcePaste">
<p>Le 11 mars dernier, à la prison d&#8217;Orbe, un détenu dangereux, condamné à vingt mois de prison notamment pour voies de fait, vol et lésions corporelles, et qui avait déjà défrayé la chronique en 2008 en se barricadant sur un toit, a mis volontairement le feu à sa cellule. Conformément aux directives relatives à cette catégorie de détenus, les gardiens ont attendu l&#8217;arrivée des gendarmes d&#8217;élite (DARD) pour ouvrir la porte. Entretemps, le prisonnier est mort asphyxié.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">
<p>La presse et les milieux de gauche – l&#8217;avocat du détenu est aussi député socialiste – ont saisi cette occasion pour organiser une campagne intensive d&#8217;accusations contre la police et le service pénitentiaire.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">
<p>Le 16 avril, le journal <strong><em>Le Matin</em></strong> a publié, toujours dans le but d&#8217;accuser les autorités, une retranscription complète, minute par minute, des communications téléphoniques de la centrale d&#8217;engagement de la police cantonale le soir de la mort du détenu.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">
<p>Cette publication déplaisante pose un certain nombre de questions – dont on se doute qu&#8217;aucun journaliste ne les abordera.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">
<p>Les conversations téléphoniques de la police sont-elles à la libre disposition du public? Sinon, comment les journalistes du <em><strong>Matin</strong></em> se sont-ils procuré cet enregistrement? La police a-t-elle perquisitionné dans les bureaux du <strong><em>Matin</em></strong> pour le savoir? A-t-elle interrogé les journalistes qui ont publié cette transcription, ainsi que leur rédacteur en chef? L&#8217;avocat du détenu disposait-il de cet enregistrement? Les autorités font-elles le nécessaire pour déterminer l&#8217;origine de cette fuite? S&#8217;il s&#8217;avère que celle-ci provient d&#8217;un fonctionnaire de la police cantonale, qui enquêtera à ce sujet?</p>
</div>
<div id="_mcePaste">
<p>Est-il par ailleurs légal de diffuser le contenu des conversations téléphoniques de la police? Dans le cas contraire, les journalistes concernés et leur rédacteur en chef seront-ils inculpés? S&#8217;ils ne sont pas inculpés, doit-on en conclure que la loi ne s&#8217;applique pas de la même manière à toutes les catégories de personnes, ou que l&#8217;Etat tolère que certaines professions se considèrent au-dessus des lois?</p>
</div>
<div id="_mcePaste">
<p>Face à toutes ces questions que personne ne pose et qui restent sans réponse, on s&#8217;étonne et on s&#8217;inquiète de n&#8217;avoir entendu, de la part des autorités, que des excuses.</p>
</div>
<div>
<p><em>* La Nation</em></p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/que-peut-tolerer-letat-de-la-part-des-journalistes/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>13</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Faut-il sauver le Soldat Gallaz ?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/faut-il-sauver-le-soldat-gallaz/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/faut-il-sauver-le-soldat-gallaz/ #comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Apr 2010 14:39:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3194</guid>
		<description><![CDATA[Elle est bien touchante, cette mobilisation en faveur de la rubrique de Christophe Gallaz dans le Matin-Dimanche. Mais ne joue-t-on pas à se faire peur?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Elle est bien touchante, cette mobilisation en faveur de la rubrique de Christophe Gallaz dans le <strong><em>Matin-Dimanche</em></strong>. Mais ne joue-t-on pas à se faire peur?</p>
<p>A lire certains commentaires sur <a href="http://www.facebook.com/group.php?v=wall&amp;gid=10150144053065398" target="_blank">Facebook</a>, on pourrait croire que c’est la dernière lueur d’intelligence qui s’est éteinte dans la presse romande. Surtout, on suggère que Gallaz a été remercié à cause du contenu de ses billets. De là à parler de censure et de chasse aux sorcières, il n’y a qu’un pas. Ce serait assurément un faux pas.</p>
<p>Reprenons calmement. Il y a dans les médias romands des dizaines de chroniqueurs. Ils savent qu’ils jouissent d’un immense privilège, mais ils savent aussi que ce privilège est par définition temporaire, c’est la règle du jeu. Certes, dans les rédactions, il y a bien des chroniqueurs à vie, dans le domaine culturel en particulier, qui se cramponnent à leur rubrique artistique, littéraire ou cinématographique pendant des décennies, aussi inamovibles que des cheminots de la SNCF  – tant pis pour les jeunes journalistes, voire tant pis pour les lecteurs…</p>
<p>Christophe Gallaz a certes joui de son espace dans le <strong><em>Matin-Dimanche</em></strong> pendant un nombre impressionnant d’années, ce qui contribue à l’émotion suscitée chez les gens de son âge (et du nôtre) par son départ: c’est un peu le grand tilleul familier du jardin qui disparaît, la tasse de boldoflorine au soir d’un dimanche pluvieux. Mais les médias sont ainsi faits que personne n’y est indispensable, les signatures succèdent aux signatures, et c’est plutôt bien ainsi. Bien sûr, si notre presse était diverse et dynamique, Gallaz aurait déjà trouvé asile dans d’autres colonnes. Mais comme notre presse n’est pas diverse, qu’elle est dirigée par des comptables plutôt que par des gens cultivés, et qu&#8217;il n’y a plus de concurrence, cela ne s&#8217;est pas produit – autant qu&#8217;on le sache.</p>
<p> C’est assurément dommage mais, plutôt que de jouer les victimes consentantes, et de laisser l’intelligentsia bobo lui dresser un monument victimaire un peu dérisoire, Christophe Gallaz ferait mieux de faire cesser ce cirque, de redresser le menton, et d’adopter la philosophie de Christian Constantin: «Tu te démerdes !» Cela lui aurait évité l’humiliation de se voir offrir un blog par Ariane Dayer, cadeau royal quand on y pense, alors que tout un chacun peut disposer instantanément d’un blog sur <strong><em>Le Matin</em></strong>…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/faut-il-sauver-le-soldat-gallaz/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mozart, qu’as-tu bien pu faire pour mériter un tel mauvais sort ?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/mozart-qu%e2%80%99as-tu-bien-pu-faire-pour-meriter-un-tel-mauvais-sort/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/mozart-qu%e2%80%99as-tu-bien-pu-faire-pour-meriter-un-tel-mauvais-sort/ #comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Apr 2010 14:02:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3173</guid>
		<description><![CDATA[Triste spectacle samedi 27 mars lors des Coups de Cœur d’Alain Morisod.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">BLAISE AUGSBURGER</span></h3>
<p>Triste spectacle samedi 27 mars lors des <em>Coups de Cœur</em> d’Alain Morisod. On peut bien admettre le retour sur scène de vieilles gloires qui s’offrent ainsi un vertige faustien d’une seconde et «éternelle» jeunesse. Leurs chansons évoquent si bien ce fameux temps d’avant nos vingt ans, insouciant et acnéique. Certes, l’on ne peut que s’apitoyer sur certaines de ces idoles qui semblent n’avoir chanté qu’un seul tube durant une carrière aussi invisible qu’improbable, dans de lointaines provinces, de fêtes patronales en chambres d’hôtel déprimantes. Etre atterré par le recours systématique au play-back qui veut qu’une chanson est toujours fredonnée de la même manière, malgré le poids des ans. Sourire de dépit face à l’incontournable groupe de <em>«Schlager»</em> à la poésie toute sucrée à la sauce tyrolienne. Et s’énerver de la performance d’un Obispo qui semble déjà très vieux comparé à d’autres. Mais tout cela est de bonne guerre, les <em>Coups de Cœur</em> d’Alain Morisod étant l’une de nos plus fameuses institutions. Lovée dans une atemporalité douce-amère qui nous sauve des excès du <em>«talk show»</em> à la française. On est romand et on s’y sent bien. Et à voir la joie simple et conviviale d’un public tout acquis à la cause, on se dit que l’on ne peut imposer à tous d’aimer Bach, Haydn, Beethoven, Neil Young et Mozart…</p>
<p>Mozart ! Et là, tout à coup, le charme suranné est rompu. «Mozart, l’Opéra Rock» ! Un cauchemar ! Mozart assassiné ! Quatre freluquets baveux aux sexes incertains, formatés «Star Academy», nous abreuvent du poison saumâtre et infâme d’une impéritie vocale absolue. Et comble du pire, le plus minet d’entre eux nous révèle que c’est lui qui interprète le rôle de Mozart dans cette soupe insipide; Mozart, qu’il apprécie par ailleurs parce qu’il a composé de bien belles musiques. Ce n’est pas le chaînon manquant entre le singe et l’homme qui plastronnait d’inanité devant nos yeux médusés, mais bien celui entre l’amibe et le diplodocus. Et le fait qu’il connaisse Mozart constituait plutôt une circonstance aggravante.</p>
<p>Le philosophe Gilles Lipovetsky a nommé notre époque l’ère du vide. Face aux  gesticulations des tristes énergumènes de «Mozart, l’Opéra Rock», cette qualification trouvait sa plus parfaite démonstration. Triste époque que la nôtre qui récupère et recycle à tout va. Qui piétine et abêtit. Qui brise des diamants trop purs par peur de son reflet. Ce soir-là, c’est Mozart qui s’y colla. En d’autre temps, ce furent Victor Hugo (Notre-Dame de Paris) et Shakespeare (Roméo et Juliette) qui firent l’objet de cette entreprise d’anéantissement via des comédies musicales racoleuses, sinistrement sirupeuses. Ère du vide. Le nombril comme unique horizon. Ego de pseudo artistes incapables de transcender, durant toute une vie de médiocrité, les douze notes qui firent le génie d’Amadeus.</p>
<p>Dans une précédente chronique de <em><strong>Commentaire.com</strong></em>, Olivier Delacrétaz s’en prend à juste titre aux «pédagogistes» vaudois quant à leur obsession de réformer sans cesse un système scolaire qui serait trop inégalitaire à leurs yeux. L’on comprend mieux l’un des objectifs de cette obsession: parvenir à abrutir tellement l’enfant qu’il comprendra le dilemme cornélien comme étant uniquement le choix à devoir faire entre deux marques de soda étasuniens et Mozart comme le personnage «géniâââl», «tellement si hyper beau», d’un opéra rock post-moderne et non pas cet obscur musicien qui jouait de la guitare électrique et du piano quand grand-papa était encore un bébé.</p>
<p>Cher Alain Morisod, on veut bien que tu nous resserves Dave, Stone et Eric Charden, Sheila et les Rubettes. Mais oublie les promotions – certainement très lucratives – de spectacles qui s’apparentent à des crimes envers l’intégrité culturelle de l’humanité.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/mozart-qu%e2%80%99as-tu-bien-pu-faire-pour-meriter-un-tel-mauvais-sort/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Comment le Japon attaque la biodiversité</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/comment-le-japon-detruit-la-biodiversite/ </link>
		<comments>http://www.commentaires.com/societe/comment-le-japon-detruit-la-biodiversite/ #comments</comments>
		<pubDate>Fri, 26 Mar 2010 13:50:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.commentaires.com/?p=3126</guid>
		<description><![CDATA[ La conférence de la CITES de Doha s’achève sur un désastre pour la biodiversité. Mais sur un triomphe pour le commerce international, et pour le Japon, principal artisan de la disparition des espèces marines. Le Japon nous rejoue à l'échelle des océans un remake du sac de Nankin, et ce n’est pas à son honneur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>PHILIPPE BARRAUD</h3>
<p>La conférence de la CITES de Doha s’achève sur un désastre pour la biodiversité. Mais sur un triomphe pour le commerce international, et pour le Japon, principal artisan de la disparition des espèces marines. Le Japon nous rejoue à l&#8217;échelle des océans un remake du sac de Nankin, et ce n’est pas à son honneur.</p>
<p>On se demande bien à quoi peut servir une commission internationale comme la CITES, vouée en principe à la protection des espèces menacées, lorsqu’elle se contente d’approuver les exigences du commerce international. Les décisions prises à Doha sont particulièrement consternantes, notamment en ce qui concerne les espèces marines.</p>
<p>Voir cette commission se coucher devant les exigences irresponsables du Japon ou de… la Libye laisse pantois. Le premier, depuis des décennies, nargue la communauté internationale en pratiquant la chasse à la baleine, alors que ces mammifères sont protégés, mais personne ne songe à seulement dénoncer cette violation caractérisée du droit international. A Doha, le Japon a obtenu de pouvoir continuer à massacrer le thon rouge et les requins, dont les populations se sont pourtant effondrées.</p>
<p>Pour les industriels japonais, la capitulation sans conditions de la CITES ouvre des perspectives économiques brillantes. En effet, plus une espèce est rare, plus elle est chère, c’est bien connu. C’est pourquoi moins il y aura de requins, de thon rouge, de baleines ou de tigres, plus les commerçants s’enrichiront. La timbale reviendra évidemment à celui qui vendra le dernier requin à un restaurateur de prestige.</p>
<p>Du dernier moa tué par les Maoris en Nouvelle-Zélande, au dernier arbre abattu par les habitants de l’Ile de Pâques, en passant par la mégafaune exterminée par nos lointains ancêtres des âges glaciaires, le scénario est toujours le même: la raréfaction d’une espèce utile à l’homme entraîne de manière automatique la surchasse de cette espèce, car cela rapporte gros, et logiquement, elle provoque sa disparition.</p>
<p>En ce sens, la conférence de Doha est un désastre dans la mesure où, par son laxisme, elle encourage la surchasse et la disparition d’espèces fortement menacées. Sans que personne ne sache d’ailleurs quelles seront les conséquences de ces diverses disparitions.</p>
<p>Il faut s’interroger sur le fonctionnement de cette institution, dont l’indépendance est suspecte, et dont les procédures ont quelques relents totalitaires: ainsi, la Libye a réussi à empêcher autoritairement tout débat sur le thon rouge! Le fait est que la CITES paraît en porte-à-faux flagrant par rapport à l’opinion publique, plutôt acquise aux arguments d’un Nicolas Hulot ou d’une Jacques Perrin, qu’à la prospérité insolente des massacreurs nippons.</p>
<p>Malheureusement, dans ce domaine aussi, on sait qui commande.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.commentaires.com/societe/comment-le-japon-detruit-la-biodiversite/ /feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
