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	<title>commentaires.com &#187; l&#8217;invit&eacute;</title>
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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>Guerre des affiches: la liberté d’expression malmenée</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 05:50:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[Le débat politique ou, à Zoug, la liberté religieuse sont menacés par des esprits frileux abusant de leur pouvoir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 class="articletitre1"><span style="color: #800000;">Jean-Daniel Delley*<br />
</span></h3>
<p><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><span>Le débat politique ou, à Zoug, la liberté religieuse sont menacés par des esprits frileux abusant de leur pouvoir.</span></p>
<p class="cartoucheArticle">La liberté d’expression s’arrête-t-elle aux frontières de l’opinion dominante? On pourrait le croire à observer les interdictions édictées par plusieurs autorités communales. Lausanne et d’autres villes <span style="color: #000000;">refusent</span> à l’UDC d’exposer sur le domaine public son affiche en faveur du oui à l&#8217;initiative contre les minarets; de grands éditeurs ont aussi décidé de fermer leurs colonnes à cette publicité. Zoug fait de même à l’encontre de la campagne des libres penseurs qui veulent afficher leur doute quant à l’existence de Dieu.</p>
<p>Si la liberté d’expression, en tant que droit fondamental de l’être humain, mérite un protection particulière, elle connaît certes des limites que fixe le code pénal et d’autres normes. En particulier elle ne peut véhiculer l’incitation à la haine ou à la discrimination, pas plus que la calomnie.</p>
<p>Mais les arguments avancés par les censeurs de l’affiche sur les minarets et de celle des libres-penseurs n’ont rien à voir avec ces limites. Ni la peur du scandale invoquée par les autorités zougoises, ni le respect des religions auquel fait référence la Commission fédérale contre le racisme, ni la crainte pour l’image du pays ne peuvent justifier une limitation de la liberté d’expression dans le cadre étroit du code pénal. Même si certains rêvent d&#8217;aller plus loin: on sait que l&#8217;Organisation de la conférence islamique (56 Etats) et le Vatican, dans le cadre de l’ONU, ont entrepris une campagne concertée pour faire assimiler les critiques à l&#8217;égard des religions à de la discrimination, une stratégie habile pour criminaliser la contestation.</p>
<p>Lorsque la démocratie directe est en jeu, comme dans le cas de l’initiative anti-minarets, une telle stratégie est particulièrement dangereuse. Elle peut conduire à anesthésier le débat politique et à déléguer à des instances qui n’en ont pas la légitimité, en l’occurence les exécutifs communaux, le pouvoir de définir les contours de la liberté d’expression sous prétexte de gestion du domaine public. Car la jurisprudence du Tribunal fédéral (affaire du Mouvement raélien suisse) admet qu’une ville peut interdire des affiches même si elles ne tombent pas sous le coup du code pénal. Pour prévenir cette dérive, il faut impérativement ajuster les réglementations locales aux exigences du plein exercice de la liberté d&#8217;expression dans le cadre du débat politique.</p>
<p>Et c&#8217;est à la loyale qu&#8217;il s&#8217;agit de combattre l&#8217;initiative anti-minarets.</p>
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<p><a href="http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/10204.shtml"> <!--[endif]--></a></p>
<p class="MsoNormal"><span><a href="http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/10204.shtml">* Domaine public</a></span></p>
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		<title>Demain, une nation de gagne-petit?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/demain-une-nation-de-gagne-petit/ </link>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 07:30:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>
		<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Peter Brabeck, président de Nestlé, a jeté un gros pavé dans la mare en assurant que son entreprise ne pourrait pas accepter un contrôle des salaires par l'Etat. Il a aussi fustigé la démission des autorités face aux pressions étrangères.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Peter Brabeck, président de Nestlé, a jeté un gros pavé dans la mare en assurant que son entreprise ne pourrait pas accepter un contrôle des salaires par l&#8217;Etat. Il a aussi fustigé la démission des autorités face aux pressions étrangères.</p>
<p>Il l&#8217;a certes fait avec l&#8217;élégance nécessaire, mais le message n&#8217;en est pas moins clair: &#8220;Nous serions amenés à nous demander si la Suisse est toujours, pour nous, le lieu le plus approprié.&#8221; Ce qui veut dire que Nestlé a déjà répondu à cette hypothétique question&#8230;<br />
Cette douche froide vient à point nommé calmer les ardeurs des partisans d&#8217;une économie surveillée et encadrée par l&#8217;Etat. Pour les idéologues de gauche, qui n&#8217;exercent pas de responsabilités économiques, il est évidemment facile d&#8217;aligner des principes égalitaires comme des noix sur un bâton, ça ne mange pas de pain. On appelle communément cela de la démagogie (version noble), ou du populisme.<br />
Pour un chef d&#8217;entreprise, c&#8217;est une question qui, au contraire, soulève des enjeux vitaux. Les idéologues de gauche ignorent délibérément le fait que les entreprises se battent dans un contexte concurrentiel non seulement au niveau des produits et services, mais aussi au niveau des dirigeants et des cadres. Or c&#8217;est précisément la qualité de ceux-ci qui fait qu&#8217;une entreprise aura du succès, ou pas.<br />
Les patrons connaissent beaucoup mieux l&#8217;âme humaine que les idéologues de gauche. Ils savent que les individus, même les idéalistes, sont sensibles à la valorisation non seulement de leur travail, mais de leur personne, que constitue une rétribution élevée. Et c&#8217;est pourquoi les patrons se battent, à coups de millions, pour tenter de convaincre les meilleurs à changer d&#8217;entreprise.<br />
Vouloir casser ce système, c&#8217;est choisir délibérément la médiocrité, et condamner les entreprises suisses à se contenter de dirigeants &#8220;cheap&#8221;, dans tous les sens du terme. Il n&#8217;y a pas besoin d&#8217;être très intelligent pour comprendre que dans un contexte concurrentiel mondial, c&#8217;est condamner à mort la prospérité helvétique, et donner un gros coup de pouce au chômage.<br />
Le problème des idéologues de gauche &#8211; qu&#8217;on retrouve naturellement aussi bien au parti socialiste (rose et vert) que dans les médias -, c&#8217;est qu&#8217;ils veulent du sang, un an après le début de la crise. Ils exigent des têtes, une vengance, et trépignent de rage en voyant qu&#8217;au contraire le monde financier a surmonté la crise, que les affaires repartent, avec bénéfices, bonus et compagnie.<br />
Bien sûr, ils n&#8217;ignorent pas que tout le monde en profite, mais peu leur chaut: ce dont ils rêvent, c&#8217;est d&#8217;une Suisse dans laquelle il n&#8217;y aurait plus que des gagne-petit, beaucoup de pauvres, une Suisse éreintée dans laquelle ils trouveraient enfin une justification à leurs théories post-marxistes, voire une parcelle de pouvoir.<br />
On espère que les Suisses auront la lucidité de balayer les initiatives populaires, présentes et à venir, qui viendront leur proposer de devenir tous pauvres, juste pour assouvir la haine de quelques-uns contre les Brabeck et autre Vasella, qui n&#8217;en font pas moins jour après jour notre richesse, quoi qu&#8217;on puisse penser de leur salaire.</p>
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		<title>C&#8217;est une bête politique qu&#8217;il nous faut</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/cest-une-bete-politique-quil-nous-faut/ </link>
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		<pubDate>Fri, 14 Aug 2009 09:45:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>
		<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[La Confédération dispose déjà d'un très grand nombre de hauts fonctionnaires. Au Conseil fédéral, il faut autre choses, des hommes et des femmes engagés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>La Confédération dispose déjà d&#8217;un très grand nombre de hauts fonctionnaires. Au Conseil fédéral, il faut autre choses, des hommes et des femmes engagés.</p>
<p>Le feuilleton de l&#8217;été tricoté de toutes pièces par les médias et les partis politiques débouche sur une belle pétaudière. Le <em>coming out</em> (politique s&#8217;entend) d&#8217;Urs Schwaller ne fait qu&#8217;ajouter à la confusion. Racoleur, d&#8217;accord avec tout le monde, romand ou alémanique selon les besoins, le Fribourgeois est un PDC typique: il bouffe à tous les râteliers car la fin électorale justifie les moyens. Alors même que ce parti n&#8217;a objectivement aucune légitimité à disposer de deux sièges au Conseil fédéral.</p>
<p>En cela, Schwaller plaira sans doute aux commentateurs, qui n&#8217;ont souvent pas de convictions politiques claires, entendez qu&#8217;ils ont donc une ligne de centre gauche. Tout l&#8217;été, on a entendu des appels pour que soient présentés des candidats idéologiquement souples, prêts à travailler sur les dossiers les plus difficiles sans &#8220;oeillères&#8221; ni préjugés, bref, des parangons de consensualité efficace, et pour tout dire, des politiciens apolitiques.</p>
<p>Ce genre d&#8217;attitude, c&#8217;est exactement ce qu&#8217;on attend d&#8217;un haut-fonctionnaire, mais surement pas d&#8217;un homme ou d&#8217;une femme politique. Dans un exécutif, un élu est là pour prendre des décisions, participer à la définition des objectifs à long terme, convaincre le parlement et le peuple, orienter et surveiller le travail de l&#8217;administration.</p>
<p>Cette charge considérable implique que ledit élu ait des idées claires, des convictions fermes, et une appartenance assumée à un système de valeurs dans lequel le citoyen peut facilement se reconnaître, ou au contraire le rejeter. Bref, il nous faut une bête politique, plutôt qu&#8217;une femme ou un homme &#8220;de dossiers&#8221;.</p>
<p>Or que voit-on parmi les candidats &#8211; à l&#8217;exception du Genevois Christian Luscher, qui n&#8217;a malheureusement aucune chance? Des gens qui, se conformant aux injonctions des médias, gomment leur appartenance politique et idéologique, jurent qu&#8217;ils ne pensent qu&#8217;aux &#8220;dossiers&#8221;, et piaffent d&#8217;impatience de pouvoir se mettre à gouverner dans une harmonie radieuse, entre gentils, comme dans l&#8217;iconographie naïve des témoins de Jéhovah.</p>
<p>La Suisse devra faire face demain à des problèmes de taille, tels que la réforme en profondeur du système de santé &#8211; une usine à gaz si complexe que personne n&#8217;ose vraiment s&#8217;y colleter -, mais encore la dégradation dramatique de l&#8217;environnement, une explosion démographique effarante, une dégradation constante de la sécurité publique, les pressions brutales de l&#8217;Union européenne et des Etats-Unis&#8230; Croit-on vraiment qu&#8217;il suffira d&#8217;être un homme ou une femme &#8220;de dossiers&#8221; pour faire face à ces vents mauvais ?</p>
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		<title>Justice inique face aux criminels de la route</title>
		<link>http://www.commentaires.com/l-invite/justice-inique-face-aux-criminels-de-la-route/ </link>
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		<pubDate>Sun, 11 Jan 2009 20:08:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>
		<category><![CDATA[chauffards]]></category>

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		<description><![CDATA[Vendredi 9 janvier 2009 à Genève, la justice a encore rappelé que le fait de tuer sur la route à la suite de prises de risques extrêmes et délibérées est un acte assimilé à un délit de « gentleman ». ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><strong><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 11pt; font-weight: bold; font-family: Arial;">Michaël Cordier*</span></span></strong></span></h3>
<p>Vendredi 9 janvier 2009 à Genève, la justice a encore rappelé que le fait de tuer sur la route à la suite de prises de risques extrêmes et délibérées est un acte assimilé à un délit de « gentleman ». La fondation RoadCross milite activement depuis plusieurs années pour que les chauffards soient traités par la justice comme de vrais criminels. Une initiative populaire allant dans ce sens doit être lancée au printemps.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">2 ans d’emprisonnement avec sursis de 5 ans : voilà ce dont a écopé l’homme qui a tué Tamara (17 ans) dans la nuit du 5 au 6 mai 2007 sur l’autoroute A1 entre Genève et Lausanne à hauteur de l’échangeur du Vengeron. Ce soir là, Tamara et sa famille, elles, ont été condamnées à jamais. Le fautif faisait la course contre un ami à une vitesse estimée entre 154 et 224km/h sur un tronçon limité à 80km/h lorsqu’il a percuté par l’arrière une voiture qui roulait normalement. Ivre, ce chauffard a pris la fuite après l’accident à bord du véhicule de son complice, sans porter secours aux victimes, tout en prenant le soin de retirer les plaques d’immatriculation de son propre véhicule détruit. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">5 ans de retrait de permis et à peine plus de 40&#8242;000 francs de dédommagement (tort moral et enterrement) sont venus compléter la sentence; c’est probablement tout ce qui est susceptible de faire réfléchir le fautif, mais c’est plutôt maigre en regard de la gravité des actes commis. Quant au complice, il a été gratifié de 180 jours-amende avec sursis. On assiste là à une vraie mascarade judiciaire en somme. Dans la voiture conduite par la mère de Tamara, 6 passagers étaient assis au lieu des 5 autorisés. Sans ceinture, Tamara n’avait que très peu de chance de réchapper de la violence de l’accident. L’erreur de la mère n’est cependant pas de nature à atténuer les fautes commises par le chauffard et par son complice. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">Cet exemple inique est représentatif de la douceur actuelle du système judiciaire à l’encontre des criminels de la route. Des sanctions plus fortes auraient au moins le mérite de faire comprendre aux chauffards la gravité de leurs actes et d’en dissuader de nouveaux. L’important n’est pas de condamner à des peines maximales, mais bien de fixer des peines minimales offrant la certitude de l’emprisonnement lorsque des comportements volontaires et extrêmement dangereux conduisent à la mort ou à des lésions corporelles graves. L’initiative populaire de RoadCross, soutenue par des membres de tous partis politiques, tente d’élaborer des instruments efficaces pour lutter contre ce petit nombre de conducteurs à l’origine de quantité de drames humains sur nos routes.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;"> * Animateur de RoadCross<br />
</span></span></p>
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		<title>Le petit jeu des sondages bidon</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Dec 2008 11:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[ALBERT TILLE &#8211; DOMAINE PUBLIC
Quand 24 Heures se prête aux manipulations dans sa quête de l&#8217;attention du public
La question du jour du plus grand quotidien vaudois fait un tabac. Chaque lecteur de 24 Heures peut se prononcer sur une question d’actualité. Un clic de souris sous la rubrique «sondage» du site www.24heures.ch, et le tour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 class="articletitre1"><span style="color: #800000;">ALBERT TILLE &#8211; DOMAINE PUBLIC</span></h3>
<h4 class="cartoucheArticle">Quand <em>24 Heures</em> se prête aux manipulations dans sa quête de l&#8217;attention du public<a href="http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/10001.shtml"></a></h4>
<p class="txtstd">La question du jour du plus grand quotidien vaudois fait un tabac. Chaque lecteur de <span style="font-style: italic;">24 Heures</span> peut se prononcer sur une question d’actualité. Un clic de souris sous la rubrique <span style="font-style: italic;">«sondage»</span> du site <a href="http://www.24heures.ch/" target="_blank">www.24heures.ch</a>, et le tour est joué. Le journal publie le lendemain le résultat chiffré de cette consultation. Ainsi, le 4 décembre on peut lire que sur 1177 lecteurs qui ont donné leur avis 58% disent non à l’extension de la libre circulation à la Roumanie et la Bulgarie. Le graphique qui illustre ce résultat saute aux yeux et ne peut laisser le lecteur indifférent. Il provoque instinctivement satisfaction ou mauvaise humeur. C’est tout bon pour l’attrait du journal. Belle opération commerciale donc, mais information biaisée.</p>
<p>Le sondage d’opinion à vocation scientifique interroge un échantillon représentatif de la population. Rien de tel avec la question du jour de <strong><span style="font-style: italic;">24 Heures</span></strong> qui n’est qu’un sondage bidon. Première distorsion fondamentale: le lecteur  particulièrement  touché par la question prend l’initiative de répondre. Ce libre choix dans la participation aboutit à  une surestimation évidente des opinions militantes. A ce défaut de base vient s’ajouter une très facile manipulation. Il suffit à un parti politique ou une quelconque organisation d’inviter ses membres à voter pour faire  pencher la balance. Un sujet sur l’école peut mobiliser, selon la question posée une association de parents d’élèves ou un syndicat d’enseignants. L’association des EMS défendra  avec succès le bon renom des maisons de retraite. La réglementation du port d’armes subira le tir nourri de Pro Tell. Le journal <strong><span style="font-style: italic;">24 Heures</span></strong> n’ignore évidemment pas les défauts du système et sa grande vulnérabilité face aux manipulations mais ne renonce pas pour autant à une rubrique attractive. Le <span style="font-style: italic;">«sondage»</span> sur la libre circulation est peut-être le coup de trop. Il na pas passé sans vague dans la rédaction. Avec une franchise qui l’honore, et sans doute le feu vert de la rédaction en chef, le journaliste Emmanuel Barraud nous apprend  que le secrétaire général de l’UDC a mobilisé ses troupes pour infléchir le sondage, imitant ainsi les socialistes lausannois. Le journal constate qu’il <span style="font-style: italic;">«sert malgré lui de porte-voix à l’UDC»</span>. Vraiment malgré lui? Il suffirait à <strong><em>24 Heures</em></strong> de renoncer à ses sondages bidon pour retrouver son indépendance.</p>
<div class="txtstd">Article paru dans <em><strong></strong></em><a href="http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/10001.shtml" target="_blank"><em><strong>Domaine Public</strong></em></a></div>
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		<title>Trop de lynx ? Vraiment ?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/l-invite/Trop_de_lynx___Vraiment__/ </link>
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		<pubDate>Thu, 25 Sep 2008 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[Madame la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro se fait du souci pour les quelque lynx qui peuplent, pacifiquement, les Alpes vaudoises. Au point de vouloir en diminuer le nombre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Madame la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro se fait du souci pour les quelque lynx qui peuplent, pacifiquement, les Alpes vaudoises. Il est normal qu’en tant que « ministre » de notre environnement elle assume la responsabilité de la sauvegarde de la faune vaudoise, y compris celle de ce carnivore. Car il y a de quoi être inquiet: de l’avis unanime des spécialistes, les effectifs de ce super(be) prédateur ne sont pas encore suffisants pour assurer sa survie dans les Alpes, notamment pour des raisons génétiques (consanguinité). La situation reste donc précaire.<br />
Ce n’est pourtant pas là qu’il faut chercher l’inquiétude de la Conseillère d’Etat. Elle a fait savoir par communiqué de presse sa préoccupation: il y aurait en fait trop de lynx dans notre canton, ils occasionneraient des dégâts parmi les moutons et le gibier! Et de se féliciter, par ailleurs, que les effectifs du félidé accusent une diminution de 3 individus lors des derniers comptages! De son côté, le conservateur vaudois de la faune (… et des lynx!) estime nécessaire d’ «euthanasier les animaux en sureffectif » (Le Temps du 30 août dernier).<br />
Il est vrai que, des lynx ayant été capturés et déplacés vers d’autres cantons, il y en a un peu moins… provisoirement. Ce constat risque en effet d’être inversé sous peu. Le lynx ayant un comportement territorial marqué, un déplacement d’un individu conduit à la libération d’un territoire: le lynx déplacé est ainsi rapidement remplacé par un juvénile qui va s’emparer du territoire libéré, et la population se reconstitue.<br />
Ces translocations (c’est le terme officiel) de lynx ont été réalisées sous la pression des chasseurs et avec l’assentiment des milieux écologiques. Mais, de là à s’en réjouir ouvertement, il y a un pas. Si on voulait réellement sauvegarder ce splendide animal, il serait plus sensé d’en améliorer la diversité génétique en réintroduisant des lynx de souche étrangère…<br />
On notera encore que durant cette saison d’estive, &#8243;nos&#8243; lynx se sont bien comportés. Aucun dégât notoire n’est à signaler parmi les troupeaux de moutons. Quant aux chevreuils, leur proie favorite, ils se portent globalement bien: les chasseurs en tirent chaque année environ 2&#8242;000 dans notre canton, et quelque 40&#8242;000 au niveau suisse (contre près de 30’000 en 1971… avant la réintroduction du lynx!). A mettre en regard des 400 ongulés (essentiellement des chevreuils) prélevés annuellement par les 8 lynx vaudois… pour se nourrir.<br />
Alors pourquoi, en haut lieu, cette volonté carnassière de réduire encore le nombre de lynx? Le lobby des chasseurs aurait-il frappé à nouveau?</p>
<p>* Secrétaire régional du WWF Vaud</p>
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		<title>Faut pas charrier avec la charia !</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Apr 2006 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[«Le droit suisse ne saurait revendiquer une quelconque primauté par rapport à d'autres régimes légaux», affirme la Commission suisse de recours en matière d’asile (CRA) en reconnaissant un mariage par délégation. Le droit suisse ne s’applique-t-il donc qu’aux Suisses, et non aux étrangers?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«Le droit suisse ne saurait revendiquer une quelconque primauté par rapport à d&#8217;autres régimes légaux», affirme la Commission suisse de recours en matière d’asile (CRA) en reconnaissant un mariage par délégation. Le droit suisse ne s’applique-t-il donc qu’aux Suisses, et non aux étrangers?</p>
<p>Par son ordonnance du 16 décembre 2002, l&#8217;Office fédéral de la migration a rejeté la demande d&#8217;asile d&#8217;un Egyptien. L&#8217;Office fédéral de la migration (ODM) a cependant ordonné l&#8217;accueil provisoire de cet homme, jugeant son renvoi «problématique».</p>
<p>Le 23 janvier 2004, le recourant a épousé en Egypte, en son absence – il était représenté par son père à la «cérémonie de mariage» – une Egyptienne de 19 ans. À en croire ses propres déclarations, cette Egyptienne était fiancée avec lui depuis l&#8217;âge de 12 ans. La CRA (Commission suisse de recours en matière d’asile) en a tiré la justification pour déclarer valable ce mariage du point de vue du droit suisse.</p>
<p>Trois mois après son mariage, qui s&#8217;est donc déroulé en son absence, l&#8217;Egyptien a déposé une «demande de regroupement familial» auprès de l&#8217;ODM. Ce dernier a refusé l&#8217;entrée en Suisse à cette Egyptienne, donc le regroupement familial. Le 29 juillet 2004, L&#8217;Egyptien, qui a décidément de la suite dans les idées, a fait recours auprès de la CRA pour obtenir le regroupement familial, donc un permis de séjour pour son épouse.</p>
<p>Dans son jugement du 7 mars 2006, la CRA a soutenu la position de l&#8217;Egyptien, arguant du fait que dans le droit du mariage égyptien, la tradition islamique a gardé sa place malgré la tendance à la sécularisation de la société, si  bien que «la conclusion d&#8217;un mariage se fonde pour l&#8217;essentiel sur les principes de la Charia». La CRA écrit textuellement ceci: «Le mariage est valable quand les futurs époux déclarent leur volonté de mariage devant deux témoins masculins (ou un témoin masculin et un féminin).» Tiens, ça ne marche pas si les deux témoins sont féminins. Que l’on appelle Mme Calmy Rey et ses quotas à la rescousse!</p>
<p>Dans le droit suisse, un mariage conclu par délégation n&#8217;est pas valable. Et le droit égyptien ne dit pas clairement si le consentement de la femme est nécessaire pour conclure valablement un mariage. La CRA, elle, n&#8217;en a cure. Voici ce qu’elle déclare à ce sujet: «Le droit suisse ne saurait revendiquer une quelconque primauté par rapport à d&#8217;autres régimes légaux.» Donc, la CRA déclare valable un mariage conclu par délégation conformément aux règles de la Charia, mais en opposition totale avec le droit suisse. Une personne qui prétend être mariée selon la Charia est dorénavant considérée comme mariée par nos autorités – pour peu qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un homme, évidemment. Les femmes, elles, n’ont qu’un droit : se taire et se soumettre! Bonjour l’égalité, dont les féministes nous rebattent les oreilles depuis mai 68.</p>
<p>Vous aurez donc constaté que la Charia fait une entrée fracassante en Helvétie. Bientôt, lorsqu’il y aura suffisamment de mosquées et d’écoles coraniques dans des ghettos culturels, les personnes qui y résident seront jugées selon la Charia, car, je rappelle les propos de la CRA, «le droit suisse ne saurait revendiquer une quelconque primauté par rapport à d&#8217;autres régimes légaux». Bref, seront jugés selon notre loi les Suisses uniquement, pour les autres il faudra s’inspirer des us et coutumes légales dans le pays d’origine.</p>
<p>La CRA, dans son infinie sagesse, ouvre décidément des perspectives insoupçonnées d’ouverture et de tolérance! Mais lorsque la dernière pierre de tolérance aura fracassé la dernière bouche blasphématoire, brisé la dernière main de caricaturiste intolérant, déchiqueté le dernier sourire féminin concupiscent, ouvert le dernier front obtus de la critique, alors il n’y aura plus personne pour s’opposer au silence des tombeaux.</p>
<p>Mais qu’importe, puisque nous aurons trouvé la vie éternelle!</p>
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		<title>Les espoirs et les limites de la voiture propre</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Mar 2006 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[A l'heure où les marques automobiles présentent leurs modèles propres au Salon de l'auto, il faut se féliciter de cette évolution, sans perdre de vue cependant que les plus propres des voitures polluent tout de même, et que la production de biocarburant peut mettre les forêts en péril.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;avis de l&#8217;expert. Philippe Roch, Consultant, ancien secrétaire d&#8217;Etat à l&#8217;environnement. A l&#8217;heure où les marques automobiles présentent leurs modèles propres au Salon de l&#8217;auto, il faut se féliciter de cette évolution, sans perdre de vue cependant que les plus propres des voitures polluent tout de même, et que la production de biocarburant peut mettre les forêts en péril.</p>
<p>Les particules de suie cancérigènes, l&#8217;ozone agressif envers nos poumons, les perspectives d&#8217;épuisement des réserves de pétrole et les changements climatiques ont enfin poussé les constructeurs de voitures à développer des moteurs moins gourmands en énergie et plus propres.</p>
<p>L&#8217;évolution technologique permet aujourd&#8217;hui d&#8217;envisager l&#8217;utilisation de carburants biologiques, qui émettent moins de CO2, cause principale des changements climatiques. L&#8217;engouement pour ces nouvelles technologies est très positif. Il ne doit toutefois pas faire oublier les limites du système.</p>
<p>En premier lieu, quelle que soit la technologie appliquée, il y aura toujours des pollutions résiduelles. Par exemple, l&#8217;introduction du catalyseur, qui a réduit de 90% les émissions d&#8217;oxyde d&#8217;azote par les voitures, n&#8217;est pas parvenue à empêcher des dépassements très importants et fréquents du taux d&#8217;ozone troposphérique qui attaque nos bronches et nos poumons. De son côté la production de biocarburants consomme presque toujours de l&#8217;énergie non renouvelable pour la production du carburant et son transport. Alco suisse (www.etha-plus.ch) estime par exemple qu&#8217;il faut 1,36 litre de pétrole brut pour produire 1 litre d&#8217;essence, et tout de même encore 0,33 litre pour produire 1 litre d&#8217;éthanol à partir des plantes.</p>
<p>Par ailleurs n&#8217;oublions pas que le trafic motorisé, même plus propre, ne peut pas croître indéfiniment car il génère bruit et pollution de l&#8217;air, occupe beaucoup d&#8217;espace, dégrade les paysages et fait courir de graves dangers sur les routes.</p>
<p>La production de carburants à partir de matière organique renouvelable fait naître de grands espoirs d&#8217;une source renouvelable d&#8217;énergie pour nos moteurs. Il s&#8217;agit en effet d&#8217;énergie solaire stockée dans la matière vivante et transformée en carburant, sous forme de gaz (biogaz) ou de liquide (éthanol, biodiesel). En Suisse, on produit du biodiesel à partir de colza et du biogaz à partir de déchets. Et on envisage de produire de l&#8217;éthanol à partir de pommes de terre, de céréales, de betteraves et de petit-lait. Le but d&#8217;alco suisse est de couvrir en 2010 5% des besoins de la Suisse (5% d&#8217;éthanol, soit 240? 000 tonnes/an, mélangés à 95% d&#8217;essence) grâce à deux usines et à des importations massives d&#8217;éthanol.</p>
<p>L&#8217;avantage de l&#8217;éthanol et du biodiesel est qu&#8217;ils peuvent être ajoutés à l&#8217;essence et au diesel conventionnels, et utiliser ainsi le même réseau de distribution. La proportion peut être progressivement augmentée, moyennant des adaptations des moteurs au-delà de 5% d&#8217;éthanol et de 10% de biodiesel.</p>
<p>Il en va de même pour le biogaz, produit par la fermentation de déchets organiques, qui peut être introduit dans le réseau de gaz dit naturel.</p>
<p>Le Brésil est devenu le champion dans le domaine du bioéthanol, puisqu&#8217;actuellement 40% de l&#8217;essence y est constituée d&#8217;éthanol. Aux Etats-Unis, 10% de l&#8217;essence vendue contient 10% d&#8217;éthanol. La France vise une production de 1,4 milliard de litres par an en 2010. L&#8217;Espagne et l&#8217;Allemagne se sont également lancées dans la production de biocarburants (bioéthanol et biodiesel). Certains pays dont la Suisse ont introduit une défiscalisation des biocarburants. La Suède a choisi pour sa part la voie de l&#8217;éthanol (blé et bois) en soutenant même les mélanges à 85% d&#8217;éthanol (E 85), notamment en subventionnant l&#8217;achat des véhicules adaptés à ces taux élevés. La plus grande partie de l&#8217;éthanol utilisé en Suède est importé du Brésil. L&#8217;Union européenne fait le pari des biocarburants qui devraient couvrir le 5,75% de ses besoins en carburant d&#8217;ici 2010.</p>
<p>La Suisse prévoit de produire son éthanol sur la base de productions agricoles excédentaires ou de résidus de production, sans remettre en question les règles de production agricole écologique. Ce projet ne permettra toutefois de ne couvrir net (consommation d&#8217;énergie non renouvelable déduite) que 1% des besoins du pays.</p>
<p>Une étude a montré que pour couvrir un quart des besoins en pétrole de la France par de l&#8217;éthanol et du biodiesel, il faudrait utiliser la totalité de la surface agricole du pays.</p>
<p>Sur le plan mondial, une couverture même de quelques pour cent des besoins supposerait d&#8217;immenses surfaces de culture qui seraient forcément prises sur des surfaces forestières ou d&#8217;autres surfaces agricoles. Ainsi elle entre en concurrence avec les forêts tropicales, et les cultures vivrières.</p>
<p>Une vaste étude internationale sur les écosystèmes (forêts, zones humides, sols, mers) et les services qu&#8217;ils rendent à l&#8217;économie et à l&#8217;humanité, le «Millenium Ecosystem Assessment», démontre que 60% des écosystèmes sont déjà surexploités.</p>
<p>Les forêts tropicales perdent 1% de leur surface chaque année. Rien qu&#8217;en 2005 la forêt amazonienne du Brésil a perdu une surface équivalente à celle de la Suisse pour faire place à des cultures, essentiellement du soja. Or ces forêts sont non seulement les terres de populations indigènes, mais elles recèlent aussi une grande partie de la biodiversité de la planète, jouent un rôle essentiel dans le cycle de l&#8217;eau et contribuent à réguler le climat. A Bornéo, la plus grande partie des forêts a été détruite pour des plantations de palmiers à huile. Peut-on imaginer poursuivre ce massacre pour produire du biodiesel pour nos camions?</p>
<p>Des centaines de millions d&#8217;êtres humains sont sous-alimentés. Les paysans les plus pauvres sont rejetés sur les terres les moins productives qu&#8217;ils contribuent à désertifier, parce qu&#8217;ils entrent en concurrence avec des productions agricoles destinées au marché mondial. Est-il concevable de consacrer des millions d&#8217;hectares à la production de biocarburants, alors que des millions d&#8217;humains meurent de faim?</p>
<p>Plus d&#8217;un milliard d&#8217;êtres humains n&#8217;ont pas d&#8217;accès à de l&#8217;eau saine. Or l&#8217;agriculture consomme 70% de l&#8217;eau douce utilisée. Allons-nous priver les plus pauvres de l&#8217;eau dont ils ont vitalement besoin pour produire de la canne à sucre destinée à nos réservoirs d&#8217;automobiles?</p>
<p>Il est clair que la production de carburants biologiques ne pourra couvrir qu&#8217;une petite partie de nos besoins. A court terme 5%, à moyen terme 10%. Au prix d&#8217;une compétition pour les terres cultivables et au détriment des forêts.</p>
<p>La production de biocarburants devra être basée essentiellement sur l&#8217;utilisation de déchets agricoles, forestiers et urbains, devra provenir d&#8217;une culture intégrée, tenir compte des besoins en eau et respecter les écosystèmes. Mais de toute façon, le succès de ces nouveaux carburants ne peut être favorable à l&#8217;environnement et au développement durable que s&#8217;ils sont accompagnés d&#8217;autres mesures de réduction de la consommation de carburants.</p>
<p>Une conduite douce (eco drive) permet par exemple d&#8217;économiser 10% de carburant sans aucun inconvénient, tout en réduisant la pollution de l&#8217;air, le bruit et les risques d&#8217;accidents.</p>
<p>L&#8217;utilisation des transports publics, ou encore mieux la marche et la bicyclette, permettraient sans difficulté de réduire encore davantage notre dépendance du pétrole, tout en améliorant notre santé.</p>
<p>L&#8217;aménagement du territoire devrait bien davantage tenir compte des besoins en transports qu&#8217;il génère.</p>
<p>Pour consommer moins, l&#8217;automobiliste peut aussi choisir une voiture classique légère, équipée d&#8217;un moteur économe (voir par exemple les listes publiées sous www.ate.ch/EcoMobiListe).</p>
<p>Le massacre des forêts et l&#8217;utilisation des terres indispensables aux humains pour produire des biocarburants se poursuivront si nous n&#8217;introduisons pas des règles qui permettent de distinguer les modes de production dans les accords sur le commerce international. Aujourd&#8217;hui les accords de l&#8217;OMC ne permettent pas de distinguer l&#8217;éthanol produit dans des conditions écologiques d&#8217;un éthanol produit par culture industrielle, ou sur des surfaces forestières défrichées, ou même à partir de pétrole. Il faut fondamentalement changer la philosophie de l&#8217;OMC, et introduire des clauses qui permettent de distinguer les produits en fonction des modes de production, et qui permettent d&#8217;interdire l&#8217;importation de produits issus de productions non écologiques, ou non durables.</p>
<p>La santé et la survie des enfants ne vaut-elle pas quelques restrictions au commerce?</p>
<p>© 2006 Le Temps SA. Tous droits réservés.</p>
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		<title>Le retour d&#8217;un spectre : les « nouveaux réacs »</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2005 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans cette tribune polémique publiée par l'Observatoire du communautarisme, le philosophe et politologue Pierre-André Taguieff pointe les dangers du politiquement correct et le retour du terrorisme intellectuel à gauche.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans cette tribune polémique publiée par l&#8217;Observatoire du communautarisme, le philosophe et politologue Pierre-André Taguieff pointe les dangers du politiquement correct et le retour du terrorisme intellectuel à gauche. Dans ce contexte, certaines associations communautaires n&#8217;hésitent pas à diffamer et à appeler à des représailles professionnelles les chercheurs ou intellectuels récalcitrants à leur vision du « devoir de mémoire ». Les discours de dénonciation de la France « néo-coloniale », prétendument « antiracistes », ont enfin fortement contribué à mettre l&#8217;accent sur les origines ethniques ou les identités religieuses supposées des jeunes émeutiers aux motivations floues d&#8217;octobre et novembre 2005.</p>
<p> Lancée en octobre/novembre 2002, la catégorie d&#8217;amalgame « nouveaux réactionnaires » a permis à quelques journalistes vindicatifs de manifester leur naturel hargneux et à des intellectuels-militants de régler des comptes avec leurs rivaux ou leurs adversaires politiques. L&#8217;expression polémique « nouveaux réactionnaires », étiquette conceptuellement vide mais aux fortes connotations négatives, est en effet destinée à un unique usage : marquer, disqualifier, couvrir d&#8217;infamie l&#8217;individu auquel on l&#8217;applique. Elle sert à fabriquer des suspects. Pour fonctionner correctement, elle doit jouer sur une idée reçue en héritage : la localisation à gauche, comme par nature, des « intellectuels », censés former une communauté d&#8217;appartenance définie par un ensemble de convictions idéologico-politiques. Le « nouveau réac » est à la fois un traître en tant qu&#8217;intellectuel (il est censé trahir sa communauté d&#8217;appartenance : les « intellectuels ») et, en tant que citoyen, un individu suspect, douteux, voire dangereux. Tout « intellectuel » suspecté de « glisser vers la droite » ou d&#8217;avoir des « idée de droite », voire d&#8217;éprouver de la sympathie pour telle ou telle personnalité de droite, peut faire figure de « nouveau réac ». Mais les usages polémiques de l&#8217;étiquette ne se réduisent pas à la dénonciation de la droitisation des analyses ou des sympathies : peut être qualifié de « nouveau réac » tout citoyen affirmant la valeur des principes républicains à la française, défendant la loi sur les signes religieux à l&#8217;école, se montrant dubitatif sur la construction européenne (telle qu&#8217;elle se fait) ou condamnant sans complaisance les actes de vandalisme commis par de « jeunes émeutiers » dans certaines banlieues françaises. En outre, toute critique de l&#8217;islamisme (comme littéralisme fondamentaliste ou comme idéologie djihadiste) étant assimilée par les prêcheurs néo-gauchistes (suivis par la gauche bien-pensante) à une manifestation d&#8217;islamophobie, il va de soi que le « nouveau réac » est nécessairement islamophobe. Une gauche sans projet a besoin d&#8217;ennemis haïssables, aussi fantasmatiques soient-ils. L&#8217;acte de les dénoncer lui permet de se donner une contenance, à défaut d&#8217;une consistance. Telle est la principale fonction de l&#8217;étiquette illégitimante, dans un contexte où les identités politiques sont floues : fixer une ligne imaginaire séparant la gauche de la droite. De quoi intimider les intellectuels en leur lançant le message : « Attention, ne pas franchir la ligne jaune ! » En servant d&#8217;anathème, l&#8217;expression infamante présente en outre l&#8217;avantage de renforcer la croyance dont vit la gauche « divine » : se croire moralement supérieure. </p>
<p> La locution « nouveaux réacs » aura servi d&#8217;abord d&#8217;instrument privilégié d&#8217;une courte mais intense chasse aux sorcières, durant l&#8217;hiver 2002/2003, dans le seul milieu des « intellectuels » (romanciers et philosophes, pour l&#8217;essentiel), comme si la catégorisation stigmatisante ne valait que pour eux. Elle fut une tentative de mise à l&#8217;Index, à travers la fabrication laborieuse d&#8217;une liste noire, où figurait déjà Alain Finkielkraut, à côté de penseurs tels que Pierre Manent, Marcel Gauchet, Alain Besançon, Jean-Claude Milner, Shmuel Trigano, etc. Une liste établie par Daniel Lindenberg dans son piteux libelle, Le Rappel à l&#8217;ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, édité dans la collection « La République des idées » (Le Seuil) par l&#8217;historien Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, qui n&#8217;a cessé depuis de participer aux campagnes de dénonciation des « mauvais sujets ». Un an plus tard, une autre liste noire, établie par un islamiste de charme, suborneur professionnel, mentionnait les « sionistes » les plus dangereux parmi les « intellectuels juifs », où l&#8217;on retrouvait Finkielkraut, à côté d&#8217;autres « intellectuels » jugés infréquentables (Alexandre Adler, André Glucksmann, etc.). Dans l&#8217;espace politique tel qu&#8217;il pouvait s&#8217;observer en 2002/2003, on pouvait identifier aisément les « vieux » ou les « anciens réactionnaires » (de Le Pen à Villiers), mais les « nouveaux réacs » demeuraient invisibles, ou étaient jugés négligeables. D&#8217;où la concentration exclusive des attaques contre des hommes de pensée ou d&#8217;écriture (ces derniers se limitant à Houellebecq, Dantec, Muray). La campagne contre les intellectuels « néo-réacs » a duré quelques semaines et les feux polémiques se sont provisoirement éteints, faute de combattants motivés. Sa relance contre une cible redéfinie, les « intellectuels sionistes », s&#8217;est heurtée à de fortes résistances dans l&#8217;espace culturel comme dans l&#8217;espace politique. Mais, pour les esprits paresseux du monde médiatique et les pense-menu teigneux de la gauche résiduelle, qui rêvent d&#8217;en découdre avec ceux qu&#8217;ils n&#8217;osent plus stigmatiser comme « fascistes », « nouveau réac » est une insulte toujours disponible. Et la dénonciation du « complot sioniste » ou de « l&#8217;axe américano-sioniste » a été réactivée dans la mouvance du bouffon médiatique Dieudonné, dont on continue de sous-estimer l&#8217;audience. L&#8217;apparition d&#8217;un ministre populaire et atypique, Nicolas Sarkozy, nouvelle cible des bien-pensants de tous bords, a été une aubaine aux yeux des « stalino-trotskistes » (1) de notre temps : un nouveau « néo-réac » était né dans la classe politique traditionnelle. Il ne s&#8217;agissait pas de soumettre ses propositions ou ses actes à un examen critique rigoureux, d&#8217;en discuter le bien-fondé, mais de construire un personnage-repoussoir de droite : Le Pen occupant le poste « extrême droite » et Villiers le poste « droite extrême », seul restait libre d&#8217;accès le poste « nouveau réac ». La montée de la popularité du ministre de l&#8217;Intérieur dans le contexte des émeutes, montrant à quel point la gauche bien-pensante et les néo-gauchistes étaient coupées du peuple, ne pouvait que le transformer en cible principale de la nouvelle chasse aux sorcières, lancée au nom du « politiquement correct » le plus caricatural (« il a dit “racailles” ! »). Sarkozy pouvait être inclus dans la catégorie diabolisante élargie des « nouveaux réacs » version 2005. La chimère des « nouveaux réacs » semblait enfin prendre consistance politique, avec un Sarkozy érigé en chef de tribu. </p>
<p> Le terrorisme intellectuel, du Collège de France aux collèges de banlieues, de la haute à la basse intelligentsia, s&#8217;est forgé un nouveau langage en quelques années. Il va de pair avec la « communautarisation » croissante des approches des faits culturels et/ou historiques. Les lobbies associatifs font régner la terreur judiciaire dans l&#8217;espace public, où les universitaires et les chercheurs sont surveillés, menacés et diffamés. Certains d&#8217;entre eux accompagnent le mouvement, et n&#8217;hésitent pas à signer des pétitions appelant à des interdictions professionnelles. Au nom de formes dévoyées du « devoir de mémoire » ou de la « luttte contre les discriminations », certaines organisations dites « communautaires » ou « identitaires » s&#8217;efforcent d&#8217;imposer, par un chantage judiciaire permanent ou par des campagnes médiatiques, leurs visions militantes de l&#8217;histoire. Des « Collectifs » formés sur des bases ethno-raciales, dont l&#8217;intolérance active se camoufle mal derrière des slogans de facture « antiraciste », ont pour programme d&#8217;interdire les recherches sur des domaines « politiquement incorrects » (par exemple, la traite interne à l&#8217;Afrique noire ou la traite vers le monde arabo-musulman), d&#8217;imposer des jugements globalement criminalisants sur certaines périodes historiques (l&#8217;histoire de la colonisation, par exemple) et, plus généralement, de substituer un point de vue hyper-moral au travail de l&#8217;historien, du sociologue ou de l&#8217;anthropologue. Qu&#8217;un chercheur du niveau d&#8217;Olivier Pétré-Grenouilleau puisse être poursuivi devant les tribunaux pour ses travaux d&#8217;historien sur les formes d&#8217;esclavage autres que la traite atlantique (seule prise en compte par la loi Taubira de 2001), voilà qui suffit à montrer les inquiétants progrès de la soviétisation des esprits en France. </p>
<p> Les délateurs et les diabolisateurs se sont remis au travail, après les trois semaines d&#8217;émeutes qui ont vandalisé certaines banlieues françaises (du 27 octobre à la mi-novembre 2005), dont les principaux acteurs furent des « jeunes des banlieues », le plus souvent de nationalité française. Des discours empathiques et complaisants ont érigés ces derniers en « victimes » (des « discriminations », dont la France « néo-coloniale » est supposée friande), acculées à s&#8217;exprimer par une « révolte » destructrice, sans revendications. Ces discours de dénonciation, prétendument « antiracistes », ont fortement contribué à mettre l&#8217;accent sur les origines ethniques ou les identités religieuses supposées des jeunes émeutiers aux motivations floues. Quand les journalistes, les politiques et les sociologues ne peuvent rien expliquer, ils se rabattent volontiers sur les « identités ethnico-religieuses », couplées soit avec « l&#8217;islamisme », soit avec « le racisme » ou « les discriminations », entités censées rendre compte magiquement de tout ce qui dysfonctionne. Causalité magique, dont on trouve des usages variables dans les milieux militants, qui peuvent être diamétralement opposés. Plus généralement, il fallait trouver les véritables responsables de l&#8217;aggravation de la « fracture sociale » : pourquoi pas les intellectuels « lepénisés » ou « sarkozysés » ? « La mise à l&#8217;Index est la mise en joue des temps de trêves », notait Jules Vallès. Dans les années 1950, Raymond Aron était traité de « fasciste » par ses ennemis installés dans le bon camp d&#8217;alors, celui du Prolétariat, figure héroïque aujourd&#8217;hui effacée. Les staliniens de l&#8217;époque dénonçaient de façon prophétique les « sionistes réactionnaires ». Les ennemis du général de Gaulle n&#8217;ont pas hésité à utiliser contre l&#8217;incarnation de la France libre l&#8217;injure suprême : « Fasciste ! ». Depuis les années 2002/2003, tout intellectuel lucide et courageux est fusillé comme « nouveau réac » par de nouveaux exécuteurs au nom des nouvelles figures du Bien, « victimes » transfigurées par un pseudo-antiracisme réduit à une rhétorique hyper-morale, destinée à intimider et à faire taire. Notre ténébreuse époque a les idoles victimaires qu&#8217;elle mérite. </p>
<p> Chez les nouveaux délateurs, on rencontre quelques stratèges cyniques, manipulateurs de médias qui s&#8217;expriment peu, et beaucoup de boy-scouts dont la bonne foi ne saurait être mise en doute. Ces derniers, par leur existence, ont le mérite de nous rappeler l&#8217;importance de la bêtise dans l&#8217;Histoire. En 1936, André Suarès, l&#8217;un des premiers « intellectuels » à avoir discerné la commune nature du communisme et du nazisme, notait avec lucidité et sagesse : « En beaucoup, la bêtise tient lieu de l&#8217;honnêteté. » (2) Si le développement durable est une utopie sympathique, la bêtise durable est une réalité transhistorique. Il n&#8217;y a rien à attendre de la bêtise, ni rien à faire contre elle. Oublions-la. </p>
<p> &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
 1) J&#8217;emprunte librement l&#8217;expression ironique à Guy Debord.<br />
 2) André Suarès, Valeurs, Paris, Grasset, 1936 ; rééd. in A. Suarès, Valeurs et autres écrits historiques, politiques et critiques, 1923-1948, édition établie par Robert Parienté, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2002, p. 547. </p>
<p> (*) Philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS. Dernier livre paru : La Foire aux « Illuminés ». Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Fayard/Mille et une nuits, novembre 2005.</p>
<p>Paru dans l&#8217;Observatoire du communautarisme, www.communautarisme.net</p>
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		<title>Sujets interdits</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Sep 2005 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'invité]]></category>

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		<description><![CDATA[Les maîtres censeurs reviennent à la charge. Cette fois, ils s'en prennent à Philippe de Villiers qui a mis en garde, dimanche, contre une «islamisation de la société française».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les maîtres censeurs reviennent à la charge. Cette fois, ils s&#8217;en prennent à Philippe de Villiers qui a mis en garde, dimanche, contre une «islamisation de la société française». SOS-Racisme et la Licra se sont indignés de ces propos de campagne, contre lesquels le Mrap a déjà engagé une action en justice pour incitation à la haine raciale.</p>
<p> Le Parti socialiste a dénoncé des «dérapages sémantiques inacceptables», demandant à la droite parlementaire de s&#8217;en «démarquer». Les Français n&#8217;auront-ils donc jamais le droit de pouvoir tout entendre ? Personne ne bronche lorsque la secrétaire générale du PCF, Marie-George Buffet, déclare, le week-end dernier (1) : «Moi, je défends un projet communiste», en dépit des millions de morts causés par cette idéologie liberticide.</p>
<p> En revanche, la gauche «humaniste» trouve insupportable d&#8217;entendre : «Une France ethnique, fragmentée, s&#8217;installe en lieu et place de la France une et indivisible. Cet apartheid à la française fait le lit de l&#8217;islam radical. Il nous conduit tout droit à la guerre civile ethnique» (Villiers).</p>
<p> Le président du Mouvement pour la France, candidat à l&#8217;élection présidentielle, parle sans nuance. Mais il devrait pouvoir exposer ses arguments sans être diabolisé. Le refus de la gauche d&#8217;entendre son diagnostic fait douter de sa capacité à le contredire.</p>
<p> C&#8217;est ce terrorisme intellectuel qui a pétrifié les débats. Or les citoyens ne veulent plus de ces conformismes. Les nonistes l&#8217;ont dit le 29 mai, en refusant de céder aux procès en «xénophobie» et en «démagogie» ouverts contre eux.</p>
<p> En reprenant son rôle de gendarme de la pensée, la gauche néglige l&#8217;exaspération de l&#8217;homme de la rue. Il attend de ses représentants qu&#8217;ils se posent les questions interdites. Celle ayant trait à l&#8217;islam radical et à son expansion dans des cités et des mosquées n&#8217;est pas des moindres.</p>
<p> Villiers aurait pu insister sur ces nombreux Français d&#8217;origine musulmane qui ne se reconnaissent pas dans la loi islamique et qui vivent en harmonie avec la nation. Mais sa description d&#8217;un communautarisme coranique est un constat recevable. Les pratiques consistant à dénoncer ou poursuivre des propos incorrects viennent heurter une France en passe de se libérer de ses tabous.</p>
<p> Il est anormal que des écrivains comme Renaud Camus ou Maurice G. Dantec passent pour des pestiférés, ou que Jean Raspail comparaisse, ce vendredi, en correctionnelle à Paris, poursuivi par la Licra pour avoir écrit, dans Le Figaro (17 juin 2004), une tribune («La patrie trahie par la république») dans laquelle il envisageait une reconquista menée par les derniers représentants de «l&#8217;espèce française». Les problèmes posés par l&#8217;islam, qui n&#8217;est pas une idéologie de partage du pouvoir, ne peuvent être niés.</p>
<p> Charles de Gaulle les décrivait ainsi (2) : «Ceux qui prônent l&#8217;intégration ( ndlr : des musulmans d&#8217;Algérie) ont une cervelle de colibri (&#8230;). Essayez d&#8217;intégrer de l&#8217;huile et du vinaigre. Agitez la bouteille.</p>
<p> Au bout d&#8217;un moment, ils se sépareront de nouveau (&#8230;). Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ?» Censurer ces propos ? Nécessaire réforme Désolé de me répéter : la clef de la cohabitation entre l&#8217;islam et la République est entre les mains des musulmans modérés.</p>
<p> Il y a treize ans, le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, affirmait (3) : «Il ne peut y avoir de communauté musulmane en France que dans l&#8217;union fraternelle édictée par la charia (la loi islamique)». Un tel commentaire, refusant un «gallicanisme musulman», serait aujourd&#8217;hui impensable de sa part. Ce qui démontre que l&#8217;islam sait évoluer pas à pas.</p>
<p> Mais il doit être incité à aller plus loin encore. C&#8217;est l&#8217;écrivain Djaouida Jazaerli qui constatait, lors d&#8217;un colloque organisé par l&#8217;Institut de géopolitique des populations, en novembre 2004 : «La France se trouve face à sa communauté musulmane qui, à travers ses porte-parole, demande, sinon exige, une acceptation pure et simple. Le musulman demande à être accepté tel qu&#8217;il est, avec ses rites et ses lois (&#8230;).</p>
<p> Il est extrêmement urgent de prendre en considération l&#8217;inquiétude et, parfois, l&#8217;exaspération des populations d&#8217;accueil. Des signes de rejet apparaissent ici et là.» La nécessaire réforme de l&#8217;islam est défendue par de nombreux intellectuels musulmans. L&#8217;écrivain britannique Salman Rushdie appelle ainsi à une «réformation» de sa religion pour sortir des diktats des «islamo-fascistes».</p>
<p> «L&#8217;islam traditionnel est une vaste institution qui rassemble des millions d&#8217;hommes et de femmes tolérants et civilisés», a-t-il écrit dans le Washington Post (4). «Mais il comprend aussi un grand nombre d&#8217;êtres aux idées antédiluviennes sur les droits des femmes, l&#8217;homosexualité, la liberté d&#8217;expression, qui affichent quotidiennement leur antisémitisme.» En interdisant, comme elle le fait, la moindre approche critique de l&#8217;islamisme, la gauche et les organisations antiracistes empêchent cette prise de conscience. Elles aggravent un peu plus le risque d&#8217;une fracture identitaire au sein de la société.</p>
<p> Cet été, le commissaire européen à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité, Franco Frattini, a invité les autorités musulmanes européennes à prendre des «engagements publics» en soutenant notamment la charte européenne des droits fondamentaux. Des exigences à renouveler. «Sales Français !» Le plus curieux est de constater que ceux qui se réclament bruyamment de la tolérance, du respect de l&#8217;autre et des différences se désintéressent de la manière dont les religions catholique et juive sont traitées.</p>
<p> Sans parler de la France elle-même. Ceux-là auront beaucoup critiqué, l&#8217;autre mois, la décision du député François Grosdidier (UMP) de demander des poursuites &#8211; publicité inutile il est vrai &#8211; contre le rappeur Monsieur R pour sa chanson, FranSSe : «La France est une garce, n&#8217;oublie pas de la baiser jusqu&#8217;à l&#8217;épuiser comme une salope.» Les mêmes se seront félicités de la relaxe, en juin, des rappeurs du groupe Sniper, poursuivi par Dominique de Villepin, alors à l&#8217;Intérieur, pour avoir notamment chanté : «On n&#8217;est pas dupes, en plus on est tous chauds, pour mission exterminer les ministres et les fachos.» Cette violence verbale n&#8217;est qu&#8217;un élément parmi les tensions qui sévissent au coeur des rapports sociaux, dont se plaignent aujourd&#8217;hui les personnels hospitaliers eux-mêmes. Vendredi dernier, Le Figaro a révélé que 20 000 voitures ont été brûlées en huit mois et que, lors de l&#8217;incendie mortel de L&#8217;Haÿ-les-Roses, les policiers ont dû protéger les pompiers des caillassages.</p>
<p> Au cours de l&#8217;évacuation du squat de la rue de la Fraternité, le 2 septembre, un confrère a entendu des «Sales Français !». Une réalité confirmée par le rappeur Stomy Bugsy, samedi soir sur France 2, parlant de ces évacuations : «Si c&#8217;est comme ça que le gouvernement règle ses problèmes, qu&#8217;il ne s&#8217;étonne pas de se voir cracher à la face dans des quartiers sensibles.» Nouveau visage Cette fracture identitaire, qui s&#8217;élargit chaque fois un peu plus, n&#8217;est pas une vue de l&#8217;esprit, n&#8217;en déplaise aux adeptes du slogan, de la pensée lisse et des oeillères. La montée de l&#8217;insécurité et la banalisation des propos haineux et racistes portés contre le pays d&#8217;accueil autorisent des observateurs à s&#8217;en inquiéter, sans devoir être accusés de faire le jeu des «populistes».</p>
<p> Il est, certes, exagéré de parler aujourd&#8217;hui de «risque de guerre civile ethnique». Mais il est tout aussi excessif d&#8217;assurer que cette éventualité reste improbable. Le «risque zéro» est devenu inatteignable.</p>
<p> Cependant, la nouvelle France multicolore, issue d&#8217;une immigration qui se perpétue, ne peut être ignorée davantage d&#8217;une république ayant largement ouvert sa nationalité. Et le ministre délégué à la promotion de l&#8217;égalité des chances, Azouz Begag, pose une bonne question quand il interroge (5) : «Mais où est aujourd&#8217;hui la diversité ?» Pour lui : «La composante multicolore du pays sera banalisée dans les entreprises, les collectivités, lorsque l&#8217;on n&#8217;aura plus peur de désigner les Français de couleur.» Il faut, oui, davantage de Noirs, d&#8217;Arabes, de Kabyles dans les lieux de pouvoir, à la télévision, etc. A quoi bon dissimuler le nouveau visage de la France ? (…)</p>
<p>(1) Le Monde, 10 septembre 2005.<br />
(2) Cité par Alain Peyrefitte dans C&#8217;était de Gaulle, tome I, Ed. De Fallois-Fayard.<br />
(2) Le Monde, 14 avril 1992.<br />
(3) Cité par Le Figaro des 13-14 août 2005.<br />
(4) Le Monde, 11-12 septembre 2005.</p>
<p>© Le Figaro, reproduction interdite</p>
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