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	<title>commentaires.com &#187; &eacute;tranger</title>
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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>Sarkozy candidat à la Chancellerie allemande ?</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 06:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Un décor parfait, élyséen, le drapeau tricolore judicieusement dominant sur celui de l’Union européenne, une impeccable maîtrise des dossiers : l’homme, décidément, est meilleur candidat (car il l’est) que président. Mais l’exercice, assez vite, parvint à ses limites. En voici quelques-unes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-size: medium; color: #800000;"><span style="font-family: Arial;">PASCAL DECAILLET</span></span></h3>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">J’ai assez martelé mon opposition à Nicolas Sarkozy, depuis cinq ans, et à vrai dire dix-sept, pour tout de même reconnaître, ce soir, son très grand professionnalisme, à l’instant, dans l’art de la communication. Un décor parfait, élyséen, le drapeau tricolore judicieusement dominant sur celui de l’Union européenne, une impeccable maîtrise des dossiers : l’homme, décidément, est meilleur candidat (car il l’est) que président. Mais l’exercice, assez vite, parvint à ses limites. En voici quelques-unes.</span><br />
<span style="font-size: medium;">D’abord, le président-presque-candidat a beaucoup trop parlé. Trop de notes ! Monologue, logorrhée, intervieweurs réduits à l’état de pots de fleur, sauf l’un des deux journalistes économiques invités, franchement excellent. À trop pérorer, on se ruine soi-même. Prenez François Mitterrand : la parole était mesurée, parsemée de silences (comme en musique), le style était allusif, le non-dit subjuguait. Il était monarchique, économe de ses signaux.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Et puis, le président de la République française est allé beaucoup trop dans les détails, donnant finalement davantage l’impression de postuler pour Matignon, ou Bercy, que pour un renouvellement de son bail à l’Elysée. Ce souci du moindre fragement révèle la vraie nature de ce quinquennat, où le président gouverne au lieu de présider, ne délègue rien, veut tout contrôler. Ce faisant, il délaisse la majesté de sa fonction. Les Français, attachés depuis des siècles à la différence entre chef d’Etat (celui qui incarne) et chef de gouvernement (celui qui agit), l’ont sûrement perçu. Erreur !</span><br />
<span style="font-size: medium;">Pire que tout, l’obsession allemande. Nicolas Sarkozy est-il tombé sous le joug d’Angela Merkel ? Rêve-t-il du Rhin, de l’Oder, du Danube ? L’incroyable récurrence des allusions, toujours favorables, à la République fédérale, rêvée comme un lieu de bonheur et de meilleure réussite, rappelle les insupportables digressions étrangères de VGE qui, voulant faire européen, s’imaginait moderne. Les Français n’auront pas tardé à lui préférer le national François Mitterrand. Errance ! Le premier des Français n’a pas à se définir par rapport à ses voisins, ses concurrents. Ce vieux peuple ombrageux, conservateur, n’a jamais beaucoup aimé le « parti de l’étranger », ici les avances du duc de Brunswick à l’ennemi, là le discours de Cochin (Chirac, fin 1978). Les Français préfèrent adorer « la belle, prisonnière des soldats ».</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> En résumé, une intervention très professionnelle, dont M. Sarkozy a le secret. Mais aussi des balles dans son propre pied : oublie-t-il, lorsqu’il vilipende le statu qui, qu’il préside le pays depuis cinq ans ? Surtout, de graves fautes de goût. Qu’on ne trouve jamais, par exemple, chez un François Bayrou, petit candidat d’un petit parti, bègue lorsque l’autre est brillant, mais tellement proche d’une France de la Province, de la difficulté, de la profondeur. Un homme comme les autres, non pour justifier sa banalité. Mais pour, d’en bas, conquérir un jour Paris. Comme le fit, il y a longtemps, Henri, roi de Navarre. L’homme qui avait réussi à mettre fin aux guerres de Religion. Le panache blanc, rassembleur, contre la noirceur des factions.</span></span></span></p>
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		<title>Corée: le spectacle obscène d&#8217;un peuple humilié</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 13:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[ Ces processions de Coréens en larmes, civils comme militaires... Ces silhouettes courbées dans le froid et la neige au passage du cadavre d'un tyran, et devant ce nouveau tyran au visage de brute... Tout cela ne fait pas rire du tout: c'est le spectacle accablant, obscène, d'un peuple humilié.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Ces processions de Coréens en larmes, civils comme militaires&#8230; Ces silhouettes courbées dans le froid et la neige au passage du cadavre d&#8217;un tyran, et devant ce nouveau tyran au visage de brute&#8230; Tout cela ne fait pas rire du tout: c&#8217;est le spectacle accablant, obscène, d&#8217;un peuple humilié.<br />
Les journalistes se perdent en conjectures sur ces torrents de larmes et ces lamentations déchirantes, stupéfaits comme tout le monde de ce spectacle sorti tout droit d&#8217;un mauvais rêve ou d&#8217;un film surréaliste. Est-ce vraiment possible? Est-ce que cela existe?<br />
Oui, cela existe, et la réalité est bouleversante, pour nous aussi. La Corée du Nord a réalisé, comme probablement aucun régime auparavant, l&#8217;asservissement total et complet de son peuple. Il l&#8217;a ravalé au rang de colonie de fourmis, au rang d&#8217;animaux sans conscience ni dignité, voués à l&#8217;adoration d&#8217;un pantin autoproclamé dieu vivant, mêlant la pire brutalité stalinienne à l&#8217;imagerie la plus kitsch.<br />
Voir des hommes et des femmes humiliés suscite toujours la honte et la colère: ainsi donc, on peut tomber aussi bas? Ainsi donc, on peut tuer au plus profond des individus cette petite flamme, ce signal de survie qui conduit à la révolte?<br />
Dans ce pays surarmé, où le peuple croupit dans la disette et l&#8217;ignorance – qui sont le b-a ba de la tyrannie –, on conçoit que la révolte soit extraordinairement dangereuse, face à un système répressif brutal où tout le monde est l&#8217;ennemi de tout le monde – autre ingrédient de la tyrannie qui, comme dans la Russie de Staline, à Cuba ou autrefois dans la France de Vichy et en Allemagne de l&#8217;Est, fait exécuter aux individus les basses besognes de la police par le biais de la délation.<br />
Ce qui nous accable dans le peu que nous voyons de la Corée du Nord, c&#8217;est cette sorte de glaciation implacable, qui recouvre aussi bien les grands boulevards déserts de la capitale que les esprits. Un pays qui n&#8217;est pas un pays, mais un immense camp de concentration à ciel ouvert d&#8217;où – c&#8217;est bien le pire – aucun signe d&#8217;espoir ne paraît s&#8217;échapper. Une situation qui au reste arrange plutôt bien les grandes puissances, à commencer par la Chine, qui s&#8217;en accommodent plutôt que de devoir affronter les risques d&#8217;un changement ou d&#8217;une révolte populaire.<br />
Croire qu&#8217;il n&#8217;y a aucun germe de révolte en Corée du Nord est insupportable pour l&#8217;esprit, car cela voudrait dire que l&#8217;asservissement total de l&#8217;Homme est donc possible. Comment pourrait-on accepter cela? Comment pourrait-on, si c&#8217;était vrai, se reconnaître dans l&#8217;odieux miroir que nous tend la Corée du Nord? Alors on se dit que, sous l&#8217;épaisse chape de plomb, quelques coeurs battent en secret, forcément, prêts à s&#8217;unir quand l&#8217;heure sera venue, prêts à prendre les armes pour rendre au peuple de la Corée du Nord sa dignité perdue. Qui nous fait si mal puisque, si un peuple entier peut être asservi, pourquoi ce sort ne serait-il pas aussi le nôtre, quelque sombre jour ?</p>
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		<title>Energie: la France va droit dans le mur</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/energie-la-france-va-droit-dans-le-mur/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 20:33:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Pathétique. Le forcing ordonné par M. Sarkozy en faveur de l'énergie nucléaire est pathétique, et condamne la France à un retard technologique qu'on mesurera dans vingt ans, quand l'Allemagne aura pris le leadership européen dans la production renouvelable.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Pathétique. Le forcing ordonné par M. Sarkozy en faveur de l&#8217;énergie nucléaire est pathétique, et condamne la France à un retard technologique qu&#8217;on mesurera dans vingt ans, quand l&#8217;Allemagne aura pris le leadership européen dans la production renouvelable.<br />
Résolument en campagne électorale, le président français a pris des accents terriblement solennels pour réaffirmer son soutien indéfectible à la filière nucléaire, et sa volonté de l&#8217;établir pour le siècle à venir, comme si le sort de la République en dépendait. Parallèlement, il envoyait ses chevau-légers frictionner la tête des Français, et les menacer du pire. Ceux-ci, du directeur d&#8217;EDF à divers ministres désignés volontaires, insoucieux du ridicule de leurs projections apocalyptiques, annonçaient un million de chômeurs quasiment pour le lendemain d&#8217;une décision de sortie du nucléaire, et des investissements nécessaires de 400 milliards d&#8217;euros pour palier ses effets. C&#8217;est magnifique ! 400 milliards d&#8217;investissements, ce serait un sérieux ballon d&#8217;oxygène pour une économie en récession (la Banque de France évalue la croissance à 0,1% &#8211; chiffre politique qu&#8217;il s&#8217;agit de pondérer), et entraînerait la création de beaucoup d&#8217;emplois, peut-être un million ou davantage.<br />
En réalité, la France est empêtrée dans le nucléaire, dont tout gouvernement soucieux de l&#8217;avenir aurait dû, depuis des années, réduire la part dans la production électrique globale. Mais en France on est les rois du gaspillage de l&#8217;électricité: une grande partie des logements sont chauffés de cette manière, et il y a peu encore, EDF offrait aux municipalités les équipements destinés à l&#8217;éclairage public, à condition que celui-ci reste allumé toute la nuit.<br />
Faut-il rappeler, après Tchernonbyl et Fukushima, que les gouvernements ne sont pas maîtres du nucléaire ? Que survienne un gros accident, une erreur humaine ou un acte terroriste dans une centrale française, et M. Sarkozy lui-même serait obligé de prononcer le démantèlement des centrales. Car comment répondrait-il, par exemple, à ses partenaires allemands, suisses, luxembourgeois, et à ses concitoyens alsaciens, si la centrale de Fessenheim en difficultés entraînait le déplacement, pour 30 ou 50 ans, de millions d&#8217;habitants de ces régions ? Imagine-t-on les deux Bâle, le Bade-Wurtemberg, les départements de l&#8217;Est de la France transformés en <em>no man&#8217;s land</em> comme dans le film <em>Le Stalker</em> ?<br />
Le credo du président français est d&#8217;autant moins défendable que la France n&#8217;est pas autonome sur le plan énergétique. Cet hiver, une fois de plus sans doute, elle devra importer du courant&#8230; d&#8217;Allemagne ! Et elle se retrouvera, dans vingt-cinq ans, avec un retard technologique insurmontable sur ses voisins, en particulier l&#8217;Allemagne et la Suisse, qui auront développé fortement les énergies renouvelables.<br />
Il est d&#8217;ailleurs paradoxal qu&#8217;une Europe qui se veut fortement intégrée sur le plan économique, monétaire, agricole et tout ce qu&#8217;on voudra, ne manifeste aucun souci de ce genre en matière d&#8217;énergie, comme si l&#8217;énergie relevait de la défense nationale, comme si l&#8217;énergie s&#8217;arrêtait aux frontières.</span></p>
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		<title>Tunisie, Egypte: une révolution à la dérive</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/tunisie-egypte-une-revolution-a-la-derive/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 08:59:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Les médias continuent à surfer sur les aspects anecdotiques du printemps arabe, l'utilisation des réseaux sociaux, les jeunes blogueurs, un supposé vent de liberté... En attendant, les islamistes tissent leur toile dans la plus grande discrétion, et ça, ce ne sera pas une «révolution Facebook».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Les médias continuent à surfer sur les aspects anecdotiques du printemps arabe, l&#8217;utilisation des réseaux sociaux, les jeunes blogueurs, un supposé vent de liberté&#8230; En attendant, les islamistes tissent leur toile dans la plus grande discrétion, et ça, ce ne sera pas une «révolution Facebook».</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Voyez la Tunisie: on nous couvre de reportages et d&#8217;interviews de jeunes gens, anciens combattants déjà de la révolution. Ce n&#8217;est pas sans intérêt, mais c&#8217;est bien répétitif. Surtout, cela ne nous dit pas grand chose de ce qui va émerger de ces événements, on nous berce dans un romantisme post-révolutionnaire<em> cool</em> qui n&#8217;est plus du tout de mise, hélas.<br />
Ainsi, on apprend incidemment que les islamistes, désormais constitués en parti (interdit sous le régime Ben Ali), sont crédités de 20% des suffrages aux prochaines élections à la constituante, leur mouvement étant d&#8217;emblée le «grand favori» des élections.<br />
Puis on entend d&#8217;une oreille inquiète que le film iranien <em>Persépolis</em> fait scandale dans le pays, au point qu&#8217;à Tunis, à l&#8217;appel des salafistes, la télévision privée Nessma a fait l&#8217;objet d&#8217;une tentative d&#8217;incendie. Et on a vu fleurir sur Facebook – oui, les réseaux sociaux sont utilisés pas tous – des appels à «brûler Nessma et à tuer les journalistes.» Ces manifestations d&#8217;intolérance, sous un prétexte futile, mais qui donne la mesure du radicalisme qui s&#8217;installe, sont d&#8217;autant plus préoccupantes qu&#8217;elles émanent non pas de quelques barbus incultes, mais d&#8217;intellectuels, parmi lesquels de nombreux avocats.<br />
Selon le site d&#8217;information <a href="http://www.algerie360.com/">Algérie 360°</a>, les accrochages entre islamistes et partisans de la laïcité sont loin d&#8217;être isolés. Ainsi, peut-on lire sur le site, «samedi dernier, la faculté des Lettres de Sousse a été envahie par près de 200 personnes après l’interdiction faite à une étudiante portant le niqab de s’inscrire sur le campus. Les enseignants et le doyen ont appelé le ministère de tutelle à maintenir le refus du niqab à l’université et à lutter contre toute forme de fanatisme religieux.»<br />
En Egypte, les perspectives sont tout aussi inquiétantes. Les Chrétiens y sont de moins en moins tolérés, ils désertent le pays – comme ils désertent, sous la violence, la plupart des pays d&#8217;un Moyen-Orient de plus en plus tenté par l&#8217;islamisme radical, sous le regard indifférent du monde occidental, si peu chrétien désormais, il est vrai. En Egypte aussi, les extrémistes ont le vent en poupe, et pourraient bien imposer leur loi encore plus durement, alors que déjà la constitution repose sur la charia.<br />
Il faut certes se garder de tout excès de pessimisme, mais on peut craindre que le couvercle islamiste écrase bientôt les libertés récemment conquises par le renversement des dictateurs, et ce en toute légalité, puisque ce sera à travers les urnes. Que deviendront, alors, les sympathiques blogueurs du printemps arabe? Et nous, Occidentaux, comment réagirons-nous?</span></p>
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		<title>Le jeu trouble de la Turquie</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/le-jeu-trouble-de-la-turquie/</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 07:14:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chaque fois qu'Israël se trouve diplomatiquement affaibli, les loups sortent du bois. Cette fois-ci, le loup est turc.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Chaque fois qu&#8217;Israël se trouve diplomatiquement affaibli, les loups sortent du bois. Cette fois-ci, le loup est turc.<br />
La brusque dégradation des relations entre Israël et la Turquie est une nouvelle illustration d&#8217;une attitude détestable des voisins plus ou moins proches de l&#8217;Etat hébreu: il suffit que la tension monte dans la région pour que certains en profitent &#8211; aujourd&#8217;hui la Turquie &#8211; pour multiplier les attaques verbales, les sanctions, les gesticulations diplomatiques et les restrictions commerciales, voire les provocations, autour de Gaza.<br />
Au Sud, les relations avec l&#8217;Egypte sont au plus bas, ce qui incite les lanceurs de roquettes palestiniens à multiplier les manoeuvres de harcèlement. Et bien entendu les représailles israéliennes deviennent le prétexte à de nouvelles volées de roquettes&#8230; On ne voit pas bien ce que la Turquie peut bien chercher en s&#8217;érigeant protectrice de Gaza, que ce soit en soutenant des &#8220;flotilles&#8221;, ou en agissant au niveau diplomatique. Que l&#8217;on sache, il n&#8217;y a pas de communauté turque significative dans la région. Imagine-t-on qu&#8217;Israël s&#8217;implique activement dans la &#8220;libération&#8221; de la partie turque de Chypre? Cela ferait un beau tollé international.<br />
Selon Tzippi Livni, chef du parti centriste Kadima d&#8217;opposition, &#8220;la Turquie sent qu&#8217;Israël est isolé et faible, et que ses rapports avec les Etats-Unis sont dans une situation délicate (&#8230;) Si le processus de paix (avec les Palestiniens) n&#8217;avait pas été interrompu, la Turquie ne se serait pas comportée ainsi.&#8221;<br />
Pour l&#8217;heure les voisins d&#8217;Israël sont bien assez occupés à gérer leurs révolutions, dont les lendemains ne chantent pas très fort. Mais personne ne sait ce qu&#8217;il en sortira finalement, et personne ne peut, aujourd&#8217;hui, exclure le risque majeur d&#8217;une dérive islamiste. De fait, Israël se trouve donc à nouveau dans une position dangereuse.</p>
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		<title>Ben Laden et le Club des Pusillanimes</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/ben-laden-et-le-club-des-pusillanimes/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 May 2011 08:03:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’élimination de Ben Laden est un bienfait, qui aurait dû avoir lieu il y a longtemps. Ce qui n’empêche pas le Club des Pusillanimes de ratiociner à qui mieux-mieux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>L’élimination de Ben Laden est un bienfait, qui aurait dû avoir lieu il y a longtemps. Ce qui n’empêche pas le Club des Pusillanimes de ratiociner à qui mieux-mieux.<br />
Même ceux qui n’ont pas à faire de commentaires choisissent bien leurs mots: à la radio, l’animateur matinal insistait fortement sur le mot <em>assassinat</em> de Ben Laden, ce qui est déjà un commentaire. En revanche, lorsque des terroristes abattent des otages anonymes, on parle pudiquement d’<em>exécution</em>, comme s’il y avait là une sorte de légitimité. Décidément, les mots ne sont pas innocents.<br />
Alors, assassinat, ou légitime défense des <em>Navy Seals</em> ? En réalité, la question est sans importance, au regard du but poursuivi. La capture de Ben Laden vivant aurait assurément été une grave faute politique, avec des conséquences catastrophiques pour notre sécurité, et pendant des années, en l’attente d’un hypothétique procès: prises d’otages, attentats, controverses entre pays occidentaux et musulmans… Le fait pour l’Occident de détenir un tel prisonnier aurait inévitablement fabriqué un martyr, et suscité une flambée de nationalisme islamique dangereuse.<br />
Les Etats-Unis ont donc eu raison d’éliminer Ben Laden, quoi qu’en disent les défenseurs aveugles du droit international. Ils ont eu raison aussi de faire disparaître son corps, afin d’éviter, encore une fois, de créer un lieu de cristallisation du choc Orient-Occident, et un lieu de pèlerinage pour les fondamentalistes.<br />
Comme il fallait s’y attendre, certains ont critiqué l’immersion en mer du corps de Ben Laden, sous prétexte que ce procédé ne respecterait pas les préceptes religieux. Cette critique est indécente, et irrecevable. Ben Laden et les assassins qu&#8217;il envoyait semer la mort se sont-ils préoccupés des préceptes religieux des milliers d’innocents qu’ils ont massacrés? Se sont-ils inquiétés de savoir si leurs corps, éparpillés par leurs bombes, avaient été traités convenablement? Il est des occasions dans lesquels les critiques devraient se taire.<br />
Reste maintenant la question sous-jacente à ces événements, à laquelle tout le monde pense sans trop se l’avouer: à quand le tour de Kadhafi? Les mêmes coupeurs de cheveux en quatre ont critiqué les attaques menées par l’OTAN contre les résidences du tyran de Tripoli. Or, chaque jour qui passe, sur le terrain, montre que l’élimination de Kadhafi est la seule issue possible. Lui disparu, mais à ce moment-là seulement, le régime s’effondrera de lui-même, et par là même les forces de l’OTAN éviteront un enlisement.<br />
Les juristes rempliront les colonnes des journaux pour nous dire que l’élimination physique de Mouammar Kadhafi a outrepassé la résolution de l’ONU, et qu’elle n’est pas «légale» aux yeux du droit international. C’est bien possible. Mais à force de se cramponner au droit international, on laisse mourir sans états d’âme des milliers de civils innocents, dont le seul tort est d’avoir cru que l’ONU allait venir à leur secours, et les débarrasser de leur dictateur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Libye: une opération qui pourrait ridiculiser l&#8217;ONU</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/libye-une-operation-qui-pourrait-ridiculiser-lonu/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Apr 2011 07:09:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Il n’est pas de jour que l’opération de l’ONU en cours en Libye ne suscite la question: «Ne risque-t-on pas l’enlisement?» Or il faut oser le dire: une opération militaire entreprise à reculons, et sans un chef des opérations digne de ce nom est, indubitablement, vouée à l’enlisement et à l’échec!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Il n’est pas de jour que l’opération de l’ONU en cours en Libye ne suscite la question: «Ne risque-t-on pas l’enlisement?» Or il faut oser le dire: une opération militaire entreprise à reculons, et sans un chef des opérations digne de ce nom est, indubitablement, vouée à l’enlisement et à l’échec!</p>
<p>L’intervention en Libye se caractérise avant tout par la pusillanimité de ceux qui y participent. A l’exception de la France, tous les acteurs jouent à la retirette: j’engage quelques avions, mais juste pour faire de la reconnaissance, et par solidarité onusienne; et si mon opinion publique émet des doutes, je me retire aussitôt. L’exemple le plus pathétique de ce manque de détermination (pour rester poli) est l’absence de ligne du président des Etats-Unis, qui intervient, puis n’intervient plus, au gré des pressions du Congrès et de son <em>think tank</em>.</p>
<p>On réalise alors que ce qui motive l’action des pays de la coalition à l’œuvre en Libye n’est pas par l’objectif à atteindre, mais les réactions de leur opinion publique – ou plus précisément de ceux qui s’expriment en son nom. Preuve en soit le fait que l’objectif varie de jour en jour: au début, il s’agissait seulement de protéger les populations, surtout pas de chasser Kadhafi; aujourd’hui, il s’agit quand même, en somme et tout bien réfléchi, de chasser Kadhafi. Et MM. Sarkozy, Obama et Cameron ont besoin de publier un article commun pour oser assumer ce choix.</p>
<p>Pendant ce temps, Kadhafi parade en voiture dans Tripoli, tandis que ses assassins-mercenaires bombardent à tire-larigot les populations civiles, puisque l’OTAN patauge plus que jamais, et s’avère incapable de neutraliser ces bandes armées.</p>
<p>Cette expédition militaire ratée va contribuer encore à ternir l’image de l’ONU, en montrant les limites de ce qu’elle peut entreprendre avec des moyens militaires. Elle est soumise au bon vouloir des Etats membres qui veulent bien s’engager en son nom – la plupart ne le veulent pas –, pour appliquer des résolutions parfaitement floues, tant elles ont été triturées pour obtenir un consensus. De leur côté, les Etats engagés dans une coalition à géométrie variable essaient d’en faire le moins possible, pour ne pas fâcher leurs électeurs.</p>
<p>Ces atermoiements indignes font le lit des critiques innombrables qui pérorent et ratiocinent devant les micros et dans la presse, disant que c’était une erreur d’intervenir. Mais leur argumentation souffre d’une très grande faiblesse: jamais ils n’avancent de solution alternative, sinon celle de laisser les mains libres à Kadhafi. Serait-ce plus digne, plus responsable?</p>
<p>Il est à craindre que ce genre de scénario ne se renouvelle. Tant qu’une opération de force devra passer par un consensus du Conseil de sécurité, puis être confiée à une coalition multicéphale, on ira de demi-mesures à l’enlisement. La Côte-d’Ivoire en est un autre exemple: sans l’intervention de l’armée française, les braves soldats népalais ou bangladais de l’ONU seraient toujours à jouer les soldats d’opérette devant le bunker de Gbagbo.</p>
<p>Aujourd’hui en Libye, la coalition va devoir prendre position face à l’alternative suivante: ou bien elle arme les rebelles, intervient de manière ponctuelle mais crédible sur le terrain, et liquide Kadhafi; soit elle abandonne l’opération et rétablit le clan Kadhafi dans ses pouvoirs, et dans la communauté internationale.</p>
<p>Il n’y a pas d’autre choix. Qui va l’assumer?</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Libye: va-t-on lâcher les insurgés?</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 14:55:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[La pagaille qui règne dans le commandement de l’intervention de la coalition en Libye est effarante, et montre l’inconsistance aussi bien des chefs d’Etat impliqués que de l’ONU. Le désastre est programmé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>La pagaille qui règne dans le commandement de l’intervention de la coalition en Libye est effarante, et montre l’inconsistance aussi bien des chefs d’Etat impliqués que de l’ONU. Le désastre est programmé.</p>
<p>On ne fait pas la guerre à reculons. On ne peut pas à la fois s’engager militairement et dire qu’on ne le fait pas, réclamer la tête d’un tyran tout en disant qu’on ne fera rien pour que cela arrive.</p>
<p>Certes, le mandat de la résolution 1973 est un modèle de maladresse et d’opacité, qu’il a fallu rédiger ainsi pour ménager l’opinion arabe, et surtout ses dirigeants. Il faut dire que ce sont tous des despotes, à quelques exceptions près, et qu’ils commencent à mal dormir, voyant ce qui se passe en Afrique du Nord. Leur susceptibilité est donc à vif.</p>
<p>Il n’empêche. La coalition applique avec une pusillanimité effarante les ambiguïtés de la résolution, sans souci de ses effets concrets sur le théâtre des opérations, et surtout sur l’évolution future de ce pays «méditerranéen». Le monde est saoulé par les piaillements des critiques, des pacifistes et des analystes qui savent tout mieux que les autres – remarquez qu’ils savent et expliquent ce qu’il ne faut pas faire, mais ne disent jamais ce qu’il faut faire. Tétanisés par ces divergences et par les critiques, les leaders de la coalition se refilent la patate chaude du commandement des opérations, personne n’ayant le courage de les assumer – ou l’envergure nécessaire pour faire taire les critiques. Churchill est mort, et il nous manque terriblement.</p>
<p>Il n’y a qu’une issue raisonnable à la crise libyenne: c’est la disparition de Mouammar Kadhafi. Toute autre hypothèse ne peut que conduire au désastre, pour les Libyens comme pour le reste du monde. Une partition de la Libye est impensable, tant les forces en présence sont inégales: Kadhafi, ou ses fils, n’auront de cesse de reconquérir le territoire perdu – et surtout, de faire payer aux Occidentaux le prix de leur outrecuidance. Le terrorisme, ils connaissent.</p>
<p>La victoire des insurgés? Mais elle est militairement impossible, c’est une évidence. Et c’est là que la coalition porte une responsabilité écrasante. Ou bien elle continue à respecter à la lettre la résolution de l’ONU, et de fait elle aide Kadhafi à écraser la révolution.</p>
<p>La coalition a certes réalisé quelques jolis coups au début, Sarkozy finira peut-être enfin par vendre quelques <em>Rafale</em>, mais chaque jour qui passe la rend plus impuissante. Appliquant une tactique qu’on a déjà vue ailleurs, en Irak, à Gaza, au Sud-Liban, Kahdhafi installe ses mercenaires – ce ne sont pas des soldats, mais des assassins – au coeur des villes, dans les écoles, près des hôpitaux, afin de paralyser les avions et les missiles de la coalition, condamnés à repilonner des objectifs déjà en ruine. Et comme la coalition exclut toute intervention au sol, la seule capable de déloger des forces ainsi installées, Kadhafi va petit à petit regrouper ses forces et reconquérir les villes insurgées, sous le regard impuissant du reste du monde.</p>
<p>Même les Américains, d’ordinaire moins frappés d’amateurisme militaire, se défilent. D’abord ils assurent ne pas en vouloir à  Kadhafi en personne; puis le Président Obama rectifie les propos de ses amiraux: Kadhafi doit partir, mais nous ne ferons rien dans ce sens ! Grotesque. Obama nous ferait presque regretter George W. Bush, qui savait où il allait lorsqu’il lançait le mot d’ordre: <em>«Remove Saddam»</em> &#8211; qu’il traitait aimablement d<em>’asshole</em> à la télévision.</p>
<p>On comprend bien que dans l’idéal, le mieux serait que les insurgés eux-mêmes <em>«remove Kadhafi»</em> et réussissent leur révolution. Mais chacun sait que si la coalition s’en tient à la résolution et ne leur livre pas d’armes lourdes, et les conseillers militaires qui vont avec, ils seront écrasés jusqu’au dernier d’ici quelques jours. Voulons-nous assumer cette responsabilité, ce bain de sang ? Voulons-nous, demain, que nos présidents fassent la queue à Tripoli pour signer des contrats pétroliers avec un Kadhafi triomphant ?</p>
<p>En période de crise, les gouvernements disent souvent une chose tout en en faisant une autre. Espérons que ce soit le cas cette fois-ci, et que pendant que s&#8217;expriment les serments de fidélité à la résolution de l&#8217;ONU, les armes lourdes parviennent en douce aux insurgés. Le désert, la mer, c&#8217;est assez poreux&#8230; Et ce serait une belle façon de sauver l&#8217;honneur.</p>
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		<title>Obama, l&#8217;Europe et Kadhafi: le nouvel esprit de Munich</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/obama-kadhafi-ou-le-nouvel-esprit-de-munich/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Mar 2011 14:01:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[La communauté occidentale observe, les bras croisés, le retour de Kadhafi au pouvoir en Lybie. Dans quelques heures, au mieux dans quelques jours, l’insurrection sera écrasée. Viendra alors le temps des représailles. Que dirons-nous à Kadhafi ? Mme Calmy-Rey ira-elle s’excuser d’avoir exprimé sa joie un peu vite ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>La communauté internationale observe, les bras croisés, le retour de Kadhafi au pouvoir en Lybie. Dans quelques heures, au mieux dans quelques jours, l’insurrection sera écrasée. Viendra alors le temps des représailles. Que dirons-nous à Kadhafi ? Mme Calmy-Rey ira-elle s’excuser d’avoir exprimé sa joie un peu vite ?</p>
<p>Tout dans leur attitude  indique que l’Europe et les Etats-Unis avaient parié dès le départ sur un retour au pouvoir de Kadhafi, malgré un discours trompeur. Ils n’ont pas levé le petit doigt, et ne le lèveront pas, pour venir en aide aux insurgés. Il faut juste encore un peu de patience, un peu de bavardage pour tromper les populations, et on pourra tourner la page et revenir aux affaires. Partout, les dirigeants politiques sont à la traîne de Barak Obama, l’archétype du social-démocrate incapable de prendre des décisions: depuis des semaines, il «envisage toutes les options», pour être sûr de n’en prendre aucune. Le président des Etats-Unis devrait être un leader, ce n&#8217;est qu&#8217;une sorte de Chamberlain moderne, impuissant et pitoyable.</p>
<p>Cette attitude est infâme et ne peut inspirer qu’un profond dégoût. Elle est aussi, paradoxalement, d’une grande imprudence. Revenu au faîte de sa puissance, Kadhafi n’aura rien de plus pressé que de liquider la rébellion, puis de faire payer à l’Europe et aux Etats-Unis leur soutien à ses adversaires. Kadhafi et sa bande sont des experts en terrorisme, ils l’ont prouvé maintes fois par le passé. Et la Suisse ne sera pas la moins gâtée par le tyran de Tripoli, non seulement à cause du vieux contentieux genevois, mais encore après la satisfaction affichée un peu vite par la Présidente de la Confédération de le voir tomber.</p>
<p>Dimanche, le pouvoir libyen invitait les compagnies pétrolières étrangères à reprendre le travail. Nul doute qu’elles obtempèreront. Et que les différents gouvernements, en Europe et aux Etats-Unis, les approuveront, car le pétrole, il n’y a que ça de vrai.</p>
<p>On vous le dit: quelques jours de patience encore, et ce sera <em>business as usual</em>. Ce sera la plus pénible leçon des révolutions arabes, au demeurant bien plus modestes finalement qu’on ne l’aurait cru, et auxquelles nous nous sommes intéressés surtout parce qu’elles semblaient issues des réseaux sociaux – comme c’est tendance! En sommes, nous nous sommes intéressés davantage à Facebook qu’aux individus qui étaient derrière. Ils n’étaient, après tout, que des «amis», on ne les connaissait pas vraiment.</p>
<p>Si le monde avait retenu la leçon des Accords de Munich, il aurait choisi la seule issue possible, en 1938 comme aujourd&#8217;hui: l&#8217;élimination immédiate du tyran et de son régime. Faute de cet élémentaire courage, le monde a connu hier, et connaîtra demain, le déshonneur et le malheur.</p>
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		<title>Le Mavi Marmara, un cargo qui porte malheur</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 14:53:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’affaire du Mavi Marmara est un désastre sur toute la ligne: humain, politique, diplomatique. Pour autant, nous n’allons pas hurler avec les loups, et suivre ceux qui, dans un unanimisme suspect, condamnent une fois de plus Israël.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>L’affaire du Mavi Marmara est un désastre sur toute la ligne: humain, politique, diplomatique. Pour autant, nous n’allons pas hurler avec les loups, et suivre ceux qui, dans un unanimisme suspect, condamnent une fois de plus Israël.</p>
<p>D’abord, il ne faut pas complètement renverser les responsabilités. Ce sont bien les organisateurs de la flottille, les militants turcs pro-palestiniens du IHH – un mouvement proches du Hamas et de la mouvance djihadiste – qui ont délibérément voulu et organisé la confrontation avec les forces israéliennes. Qu’ils aient abusé de la naïveté de pacifistes européens, embarqués sur les autres bateaux, ne fait guère de doute. Ces bonnes volontés ont servi et serviront d’utiles relais médiatiques, on le verra au fur et à mesure de leur retour en Europe. Au passage, on s’étonne du peu de curiosité des médias à l’égard du mouvement IHH, maître d’œuvre de l’opération pourtant, et qui paraît disposer de moyens financiers extrêmement importants.</p>
<p>Que le blocus de Gaza soit justifié ou non, en raison notamment du trafic d’armes, n’est pas le problème en l’occurrence. Le problème est qu’on ne peut pas prétendre violer massivement un blocus maritime, quel qu’il soit, avec des bateaux chargés d’on ne sait quoi, au nez et à la barbe des forces israéliennes, sous prétexte de faire de l’humanitaire. A l’heure qu’il est, personne ne sait s’il y avait, ou non, des armes destinées au Hamas à bord de la flottille. On le saura sans doute bientôt. Mais ce qui est sûr, c’est qu’Israël n’allait pas regarder passer les bateaux sans réagir, et cela, les militants le savaient bien. Mieux, ils espéraient certainement un assaut, qui donne à la cause palestinienne des munitions inespérées sur le plan international. Sinon, ils auraient accepté l’offre israélienne de convoyer l’aide humanitaire par voie de terre &#8211; après l&#8217;avoir contrôlée.</p>
<p>Sous réserve d’en savoir davantage, il semble que la tactique des forces spéciales israéliennes ait été inadéquate: lâcher, un à un, des hommes au milieu d’un groupe de militants surexcités et armés (au minimum) de bâtons, de barres de fer, de chaînes et de couteaux, était une erreur, vite exploitée par les occupants du <em>Mavi Marmara</em>. Les commandos ont expliqué qu’ils ne s’attendaient pas à une telle agressivité, que leur mission consistait à prendre le contrôle des navires et à les détourner vers Ashdod. Le tabassage sauvage des premiers arrivés, la prise de leurs armes, et le passage d’un homme par-dessus bord, ont mis le feu aux poudres – une réaction peut-être disproportionnée ou intempestive, mais ni nous, ni ceux qui condamnent n’étaient là pour voir ce qui se passait.</p>
<p>Cette affaire va malheureusement relancer le cycle de la violence entre Gaza et Israël. Les roquettes palestiniennes recommencent déjà à tomber, tandis que, à la faveur de la levée de l’embargo égyptien, armes et munitions vont s’engouffrer dans la bande de Gaza.</p>
<p>Tout ce gâchis pour une opération prétendument humanitaire, qu’aucun des gouvernements qui aujourd’hui condamnent Israël, n’avait songé à dissuader. Avez-vous entendu des appels à la prudence de la part de M. Sarkozy, de Mme Merkel, puisqu’il y avait des Français et des Allemands à bord? A vrai dire, mise à part la Turquie, personne ne s’était intéressé à cette opération pourtant bien visible, et manifestement porteuse de grands malheurs.</p>
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