ico Suisse Vaud: des ministres bourgeois contre la propriété

30 mars 2011 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

La proposition la plus explosive du gouvernement vaudois pour faire face à la vague d’immigration annoncée, la surtaxation et l’expropriation des propriétaires qui refusent de bétonner leur parcelle, est parfaitement extravagante. Et dire que ses promoteurs sont un ministre radical, et un ministre UDC!

La manœuvre de MM. Broulis et Mermoud est d’autant plus choquante qu’elle s’accompagne d’une détestable manipulation des esprits. Le 30 mars, 24 Heures titrait, citant M. Mermoud: «Le canton entre en guerre contre la spéculation immobilière.» Voilà où en est le Conseil d’Etat vaudois: jeter l’opprobre sur les propriétaires. Un propriétaire qui ne bétonne pas l’intégralité de son bien est forcément un vil spéculateur! Bientôt, le radical Broulis nous dira que «la propriété, c’est le vol». Non Messieurs ! La plupart des propriétaires vaudois sont des personnes attachées à leur bien, pour lequel ils se sont souvent saignés aux quatre veines. Ce ne sont pas des spéculateurs avides qui attendent le moment propice pour s’en mettre plein les poches.

Dans l’esprit du gouvernement vaudois, un propriétaire aurait donc le devoir de construire jusqu’au dernier mètre carré disponible, même s’il n’en a pas envie, et surtout, même s’il n’en a pas les moyens. On sait que de nombreux petits propriétaires vivent chichement, même si leur terrain vaut de l’or, et que tout projet de construction leur est interdit pour des raisons économiques. Seront-ils donc forcés de vendre à la commune, et d’aller se loger ailleurs? C’est la première étape d’une étatisation pure et simple du sol.

Le projet du gouvernement vaudois semble avoir été rédigé par Pierre-Yves Maillard, MM. Broulis et Mermoud n’en étant que les porte-parole dévoués. Il prévoit d’autres mesures de contrainte à l’égard des propriétaires: vous ne voulez pas construire? Alors on vous colle un impôt spécial supplémentaire, histoire de voir jusqu’où vous tiendrez avant de craquer, pour vendre enfin à la collectivité. Parallèlement, l’Etat encouragera financièrement les communes qui auront accaparé votre bien. Logique.

Ces propositions sont inacceptables, et contraires à l’esprit de la Constitution, qui garantit la propriété. Nul doute que le Grand Conseil, puis le peuple cas échéant, les renverront dans les poubelles du Château, où est leur vraie place.

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Commentaire de Stéphane Montabert le 30 mars 2011 à 11:00

100% d’accord avec vous. Mais “l’étatisation pure et simple du sol” n’a pas commencé avec ces idées de lois d’expropriation. Elle remonte plus loin, aux plans d’occupation des sols, zones à bâtir et permis de construire accordés au bon vouloir de l’administration… Et de leurs supporters, au rang desquels vous vous comptez probablement , au nom de la lutte contre le “mitage” ou Dieu sait quelle idée écologiste à la mode où chacun se persuade qu’en donnant les clés à l’administration les choses seront mieux faites.

Eh oui.

Aujourd’hui, c’est simplement l’étape suivante, logique, dans le processus: après avoir décidé qui peut construire quoi, où, et comment, aujourd’hui on veut OBLIGER qui de droit à construire quoi, où, et comment.

J’ai juste honte que des élus prétendument “bourgeois” souscrivent à cette ignoble remise en question du droit de propriété.

Commentaire de Paul Bär le 30 mars 2011 à 11:52

“Et dire que ses promoteurs sont un ministre radical, et un ministre UDC!”

Rien d’étonnant, ces politiciens, petits conservateurs étriqués, défendent d’abord les rentes de l’oligarchie, locale ou transnationale, avant que de défendre les intérêts immédiats des citoyens.

Et pas étonnant non plus que les gérants du “grand magasin” (leur rêve, transformer leur canton, la Suisse en une une unique et immense zone industrielle) aient des intérêts convergents avec la gauche hors-sol, avec les socio-traîtres, vu que ces deux tendances, comme les faces d’une même médaille, vivent et prospèrent sur l’étalement de la pauvreté et la non-autonomie des individus ; de là, les attaques, à gauche, ou la nonchalance, à droite, contre la propriété, avec pour conséquence l’érosion constante des classes moyennes.

P.S. si la droite, la vraie, devait prendre une vraie mesure en matière d’immobilier, il faudrait d’abord commencer par supprimer la taxe locative pour les objets que l’on habite soi-même. Mais là, bizarre, la droite repue, on ne l’entend pas.

Commentaire de Muller Georges le 30 mars 2011 à 12:56

Bonjour,
Eh oui, ce sera bientôt ces mêmes énèrgumènes qui nous obligeront à loger des requérants et des immigrés dans nos appartements et nos villas. Du n’importe quoi! Cordiales salutations.
Georges Muller

Commentaire de Achille Tendon le 30 mars 2011 à 13:21

Et si on faisait le compte des magouilles
“autorisées” avec des zones soudainement changées, des plans partiels d’affectation bidouillés, comme dans la région de Montreux, par exemple ?

Histoire de remettre le cadastre à l’heure de l’honnêteté !!!

Commentaire de Christophe Schälchli le 30 mars 2011 à 15:12

«Si la droite, la vraie, devait prendre une vraie mesure en matière d’immobilier, il faudrait d’abord commencer par supprimer la taxe locative pour des objets que l’on habite soi-même».

@M. Bär:

Je serais curieux de savoir si la droite, la vraie, assortirait la suppression de l’imposition de la valeur locative de la levée du droit de déduire la dette hypothécaire du revenu imposable… Veuillez excuser le (très fédéral) français !

Si tel était le cas, elle se heurterait vraisemblablement au (très puissant) lobby des banques. Ne l’oublions pas, pour ces dernières, la possibilité de déduire la dette hypothécaire est plutôt intéressante ! Car sans cette déduction, les propriétaires risqueraient d’avoir l’idée saugrenue de rembourser leur dette… (Les banques ne vont évidemment pas communiquer cela ouvertement, le message «endettez-vous» n’étant pas très porteur d’un point de vue RP. C’est pourquoi je parlais de lobbysme.)

Si tel n’était pas le cas, les locataires risqueraient de crier à l’injustice (dans la mesure où rien ne leur garantit que les propriétaires répercuteraient sur eux les bénéfices de la suppression de l’impôt sur la valeur locative…)

Tout ça pour dire que la vraie mesure de la vraie droite («supprimer l’impôt sur un bien qui nous appartient») à l’air alléchante (on serait presque tenté de parler de populisme), mais ne tient pas compte de la réalité (en l’occurrence politico-économique).

Etonnant, quand on sait que les vrais représentants de la vraie droite fondent leur préjugés sur (une anticipation de) la réalité.

Commentaire de Philippe Druey le 30 mars 2011 à 15:26

Parfaitement d’accord avec le commentaire de M. Barraud, j’observe en outre l’attitude teintée de schizophrénie du Conseil d’Etat vaudois : d’un côté, on veut obliger les propriétaires de terrains bien situés à les vendre pour construire des logements ; et de l’autre, on consacre des moyens législatifs très contraignants pour empêcher d’autres propriétaires de terrains (situés en périphérie, donc en dehors des agglomérations déjà sur-bétonnées) de vendre leurs biens en les repassant en zone intermédiaire ou agricole. Cherchez l’erreur !

Commentaire de Serge Ansermet le 14 avril 2011 à 11:24

Pas d’accord avec Monsieur Barraud sur ce point!
Selon le Plan directeur vaudois, 20 % de la surface à bâtir légalisée est thésaurisée ; un espace suffisant pour répondre au double des besoins prévisibles des 15 prochaines années.
Il convient également de limiter l’extension des zones à bâtir en périphérie qui grignotent les terres agricoles et de remettre en cause certains quartiers de villas à faible densité en pleine campagne et mal desservis par les transports publics. Avenir Suisse, le ̎ laboratoire d’idées ̎ proche des milieux économiques et peu susceptible de dérive étatiste gauchisante, prône <> et cite le droit d’emption parmi les instruments d’aménagement du territoire.
Le Conseiller d’Etat Mermoud propose de donner cette possibilité aux communes, et non de les contraindre.
L’aménagement du territoire est un tel fiasco qu’il convient de remettre en cause, du moins en partie, le droit de propriété.

Commentaire de Serge Ansermet le 14 avril 2011 à 11:29

Il manque une partie de mon texte!
Rectification: Avenir Suisse, un ̎ laboratoire d’idées ̎ proche des milieux économiques et peu susceptible de dérive étatiste gauchisante, prône <> et cite le droit d’emption parmi les instruments d’aménagement du territoire.

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