ico Suisse Uli et les fachos de gauche

6 juin 2009 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Voici donc Uli Windisch au centre de la cible, la lapidation peut commencer. Professeur de sociologie, le Genevois ne bénéficie apparemment pas de la liberté de pensée que suppose sa position académique, ce qui pour le moins devrait fortement alarmer la communauté universitaire dans son ensemble. Oui mais…

Mais Windisch n’est pas de gauche, ce qui change tout; de plus il collabore au «Nouvelliste», ce qui constitue une véritable provocation; et dans les colonnes de ce journal combien sulfureux, il a osé l’impardonnable, le sacrilège ultime: il a critiqué le socialisme, et ce à quoi il peut conduire. Son article a «heurté tant le Rectorat que le Décanat de la Faculté des sciences économiques et sociales», lit-on sous la plume du recteur de l’Uni de Genève, Jean-Dominique Vassalli, qui ajoute: «Des personnes extérieures à l’Université m’ont également manifesté leur contrariété.»

Aujourd’hui, Uli Windisch fait l’objet d’une véritable campagne de diffamation, dont le but final est malheureusement trop clair: le faire chasser de l’Université. Le président du PSS, Christian Levrat, est intervenu dans ce sens auprès du conseiller d’Etat Charles Beer.

Ce qui est détestable dans cette affaire, c’est l’hypocrisie et le système deux poids deux mesures qu’on applique. Pendant des décennies, les collègues sociologues de M. Windisch à l’Université de Lausanne se sont comportés en militants d’extrême-gauche, et ne se sont jamais privés de conchier publiquement et radicalement le libéralisme, sous leur étiquette de professeur, tout en prêchant la Révolution: les élèves du déplorable François Masnata s’en souviennent. De même, l’inénarrable Jean Ziegler a toujours pu compter sur la complaisance à la fois des médias et du Rectorat pour étaler, en tant que professeur de l’Uni de Genève, sa haine des valeurs libérales et son goût pour les dictateurs corrompus.

Or, ces militants-professeurs n’ont jamais été inquiétés dans leurs fonctions professionnelles, et c’est tout à l’honneur des responsables politiques passés et présents. Et il faut que cela continue. Si un professeur d’université n’est plus libre de ses paroles, même si elles ne sont pas politiquement correctes, alors il y a de grands soucis à se faire sur la liberté académique. L’«affaire Windisch», puisqu’il faut l’appeler ainsi, devrait faire descendre dans la rue professeurs, assistants et étudiants. Mais sans doute sont-ils trop occupés à préparer les vacances qui viennent…

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Commentaire de Glaisen Marc le 6 juin 2009 à 19:45

M. Barraud, il me semble effectivement que la liberté de parole est sacrée, mais je considère que « l’affaire Windisch » met en évidence des questions sensibles (le devoir de réserve notamment) auxquelles il faut toutefois répondre avec impartialité, soit indépendamment de l’orientations politique de l’intéressé.

Mais vous oubliez manifestement de citer certains éléments passés, notamment le fait que M. Ziegler a été contraint, en son temps, de rendre des comptes à la commission d’éthique de l’Université de Genève et que son immunité parlementaire, puisqu’il était parlementaire fédéral, avait été levée…

Pour ce qui est de M. Windisch, ses propos font, bien souvent, honte à tout intellectuel qui se respecte. Ce dernier utilise effectivement la déformation, l’amalgame et la généralisation plus souvent qu’à son tour. De ce fait, et indépendamment de son positionnement politique, je comprends que l’Université soit mal à l’aise…

Par ailleurs et selon les informations que j’ai lues dans la presse, M. Windisch n’est, en l’état, pas inquiété du tout dans ses fonctions. On l’a simplement invité à ne plus utiliser son titre en dehors de ses fonctions académiques (soit lorsqu’il donne son avis dans la presse p.ex.).

Il me semble donc que nous sommes à l’opposé de la situation que vous décriez : après les enseignants et les professeurs de gauche à qui ont a demandé de rendre quelques comptes (M. Ziegler p.ex.), c’est au tour d’un professeur de droite auquel on demande de s’expliquer. J’y vois là un traitement normal de la situation…

Vous invitez finalement les étudiants à descendre dans la rue pour soutenir M. Windisch et la liberté de parole. En ce qui me concerne, tout en défendant la liberté d’expression, j’encouragerais plutôt les étudiants à boycotter les cours dispensés par l’intéressé. Si l’enseignement qu’il distille est du niveau de ses interventions dans la presse, j’estime que c’est effectivement ce qu’ils ont de mieux à faire pour lui rappeler la différence entre rigueur scientifique (même si nous sommes dans le registre des sciences humaines) et démagogie…

Commentaire de w.wiesmann le 7 juin 2009 à 10:24

pourquoi presque tous les intellos fonctionnaires
sont ils de gauche,et pourquoi l’état comme employeur accepte-il ces foctionnaires subversives ???

Commentaire de Paul Bär le 7 juin 2009 à 12:39

Les soucis avec la Faculté que rencontre actuellement l’estimable Ueli Windisch illustrent parfaitement à quel point notre boussole politique a été décentrée. Après tout, même si un sociologue de droite est par définition un oiseau rare, le professeur Windisch fait toujours partie de l’espèce républicaine; vous savez celle qui croit que Sarkozy c’est la droite, que la politique n’est qu’une affaire de valeurs abstraites et que nos nations ne sont que des réceptacles génériques, uniquement destinés à faire tourner le grand magasin universel.
Dans un système politique qui aurait conservé son cap, Ueli Windish serait considéré comme un aimable centriste de marché et pas comme un trublion d’extrême-droite, comme le disait hier Jean Ziegler dans 24 Heures. En effet, si le système en arrive à trouver un Windisch “sulfureux”, je n’ose imaginer comment serait qualifié, jugé et pendu un professeur d’université, qui ne s’inscrirait pas dans la matrice républicaine, désormais obligatoire aussi bien à gauche qu’à droite.

Commentaire de Christian Favre le 7 juin 2009 à 13:55

Lorsque les universités engagent des gens à forte couleur poltique ou idéologique elles prennent le risque que le professeur utilise l’Histoire ou la sociologie à des fins politiques. Le premier perdant est l’étudiant qui tôt ou tard constatera qu’il a été grugé et le deuxième perdant est l’université elle-même qui perd de la crédibilité et verra sa cote chuter.

Commentaire de Marc Grandjean le 9 juin 2009 à 21:13

M. Favre vous posez la question sans y répondre (c’est donc pour vous une cause entendue) de l’idéologie qui soutendrait les cours de M. Windisch. Me référant à ce que je connais, à savoir les interventions de M. Windisch dans la presse, j’ai l’impresson que celles-ci ne sont que très modérément connotées idéologiquement et fondée essentiellement sur l’observation de notre société contemporaine. Tour l’inverse de l’idéologie dominante de gauche qui ne s’embarasse guère de la réalité vécue par des millions de blancs de classe modeste n’ayant pas les moyens de déménager dans les balieues opulentes des ceintures vertes entourant les villes occidentales et qui souffre de discrimination croissante. Tout le problème du socialisme qui vient d’essuyer une claque sans précédent notamment en France voisine, pays où le déni de réalité est le plus fort et entraine les nouveau conflits du 21e siècle. Sur ce je vous souhaite une agréable soirée dans votre paisible demeure.

Commentaire de Christian Favre le 10 juin 2009 à 18:46

M. Grandjean, ça n’est pas tout à fait cela. Je ne parle pas du cas particulier du professeur Windisch, puisque M. Barraud parle aussi de Jean Ziegler et de François Masnata. Les enseignants passionnés par leur matière et par l’enseignement se soucient fort peu de la politique et les étudiants ont tout à y gagner, ils ne paient pas pour se faire endoctriner que je sache.

Commentaire de Marc Grandjean le 11 juin 2009 à 20:58

D’où l’importance de s’imposer une rigueur dialectique fondée sur l’observation.C’est en cela que la droite aura toujours une avance sur la gauche, car elle n’a d’autre revendication que le réalisme ! En effet, la gauche a une vocation autrement plus ambitieuse. Outre le réalisme qu’elle prend pour acquis sans devoir le mériter, celle-ci se concentre avant tout sur les “projets de société”, sur les “valeurs” et sur les droits fondamentaux en particulier. Cette vaste ambition transcendentale a un coût: celui de la crédibilité. Qu’importe, la gauche moderne est là pour faire rêver. Certes, la gauche a naguère aussi su imposer des causes aux autres partis, des combats légitimes donc. Mais dans un monde globalisé où cohabitent différents peuples sur un même territoire, avec chacun leur propre histoire, le combat égalitaire de la gauche moderne est perdu d’avance. La preuve ? Les milieux populaires ne votent plus pour elle. Conclusion: il ne faut pas confondre gauche et droite. Justement, M. Barraud ne tombe pas dans le relativisme en distinguant bien le traitement réservé à M. Ziegler naguère de celui réservé à M. Windisch aujourd’hui.

Commentaire de Christian Favre le 12 juin 2009 à 12:35

A part de l’endoctrinement ça sert à quoi la sociologie ? Je m’imagine Ziegler du haut de sa chaire proclamer sa foi dans le Che, qu’il a eu l’honneur de balader dans Genève, il nous l’a assez répété. Ou encore proclamer que sans la Suisse la SGM aurait à peine eu lieu et décrire avec moult détails le déraillement de son train fantôme en gare de Thoune…pauvres étudiants, ça doit être dur de subir tout cela sans sourciller.

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