ico Suisse Sur Marcel Regamey, la Licra déraille

3 mai 2012 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Voici donc 24 Heures accusé de révisionnisme, pour avoir inclus dans la liste des candidats au titre de «plus grand des Vaudois» Marcel Regamey, fondateur de la Ligue vaudoise. C’est la Licra et son président, Jean Martin, qui mènent l’attaque. Quel dérapage!
Cette tendance des médias à vouloir établir des classements n’est pas nouvelle. Elle répond au culte de la performance et de la célébrité qui domine notre société ultra-compétitive. Le problème est que ces consultations populaires font remonter toutes sortes de choses, d’antiques rancœurs, de vieux règlements de compte, des remugles historiques corrosives.
Souvenez-vous de l’élection du Général Guisan comme «Romand du siècle»: que de lèvres pincées n’a-t-on pas vu alors ! Souvenez-vous des commémorations autour de Le Corbusier, ou du géologue Louis Agassiz, le premier calomnié par un écrivain genevois impeccablement néo-conformiste, le second menacé de voir son nom gommé de la Carte nationale suisse – plus d’Agassizhorn dans l’Oberland!
A l’origine de ces sottes dérives, toujours la même manie intellectuelle, qui consiste à juger les personnages du passé à l’aune des mœurs et des valeurs actuelles. Alors on s’érige en procureur implacable, on condamne sans nuance des hommes et des femmes qui ne sont évidemment plus là pour clouer le bec à leurs contempteurs; on se pousse du col, on a du courage, on dénonce, on «ouvre le débat». Quelle misère!
Alors oui, Marcel Regamey a tenu des propos antisémites. Cela, personne ne conteste. Mais est-ce une raison pour le condamner aux oubliettes de l’Histoire vaudoise, et ses oeuvres à l’enfer de la Bibliothèque cantonale? On ose rappeler que Regamey a écrit les textes qu’on lui reproche aujourd’hui autour des années 30, la période sans doute la plus noire du XXe siècle, où l’antisémitisme répandait son poison dans toute l’Europe, mais aussi dans toutes les couches de la société, y compris vaudoise. Pour avoir grandi dans le Gros-de-Vaud paysan, je peux témoigner d’avoir entendu des discours que, par euphémisme, on ne saurait qualifier de philosémites, dans la bouche de gens ordinaires. Cela ne choquait pas, c’était dans l’air du temps.
Dès lors, si l’on doit regarder sévèrement ce qui a été dit et écrit à l’époque, on doit aussi, encore et toujours, tenir compte du contexte historique, à supposer évidemment qu’on en ait la culture historique, et surtout l’honnêteté. Il est vain et ridicule de condamner aujourd’hui des personnes du passé pour des mots qui, à l’époque, étaient banals et partagés par beaucoup. On croit passer pour un chevalier blanc, mais en réalité, on apparaît comme un ignorant intolérant – pardon du pléonasme.
Marcel Regamey devait évidemment figurer dans la liste des «nominés» de 24 Heures – ce qui évidemment ne préjuge pas de la suite. Que n’aurait-on pas dit, si la rédaction avait soumis ses nominés à un examen de conformité au politiquement correct actuel? L’avocat vaudois a joué un rôle intellectuel central dans le canton de Vaud, un rôle formateur considérable, et qui se perpétue aujourd’hui. On ne peut pas oublier non plus l’étendue de son influence sur le monde politique vaudois, radical en particulier: il avait la réputation d’être un faiseur de rois, et les politiciens tremblaient dans l’attente de ses oracles, capables de fusiller votre carrière. Certes, tout cela était passablement occulte, souterrain, invisible au grand nombre. Mais il reste que la silhouette noueuse du vieil homme – comme Michel Simon, il a toujours eu l’air vieux – a hanté pendant des décennies la vie vaudoise, non seulement politique, mais aussi judiciaire, médiatique et culturelle, littéraire et musicale en particulier.
Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Marcel Regamey compte de manière évidente au nombre des personnalités vaudoises éminentes: c’est un fait historique, un point c’est tout. On regrette d’autant plus que la Licra se complaise dans des manigances révisionnistes désuètes, dans des tentatives de censure du passé injustifiables intellectuellement, alors qu’elle a tant de pain sur la planche par ailleurs.

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Commentaire de Paul Bär le 3 mai 2012 à 17:24

C’est marrant mais quand le gouvernement suisse reçoit récemment un ministre étranger qui se caractérise par des options politiques populistes, nationalistes et même ethno-identitaires, là, la LICRA ne pipe mot , on se demande bien pourquoi
;-)

Quant à l’antisémitisme, un des problèmes quand on aborde cette question, c’est qu’il est difficile de trouver, parmi les grands hommes européens, politiques ou artistes, quelques individualités qui ne l’ont pas été peu ou prou, à un titre ou à un autre. Donc, à moins que de condamner au bûcher rétrospectif quasiment l’ensemble des personnalités historiques de notre continent, la LICRA ferait bien se se chercher d’autres combats, des combats plus productifs, par exemple pour se demander “pourquoi l’antisémitisme?” et pas pour l’attiser en permanence.

P.S. justement, aujourd’hui, à propos de l’ancien président de la LICRA française, une grande autorité morale, apparemment :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/05/03/01016-20120503ARTFIG00538-thierry-gaubert-condamne-pour-abus-de-biens-sociaux.php

Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 3 mai 2012 à 21:44

Jacques Attali explique pourquoi une personne comme Regamey peut avoir été antisémite :

http://www.youtube.com/watch?v=ACOFXf6I8F4

http://www.dailymotion.com/video/xkpab7_l-antisemitisme-selon-jacques-attali_news

Commentaire de jean claude Monneret le 14 mai 2012 à 17:22

VRAI RACISME ET NEO-RACISME. VRAI ANTI-RACISME ET NEO-ANTI-RACISME

Et si la Licra ne déraillait pas et était en plein dans sa logique ? Sa logique actuelle !

Le texte de Ph. Barraud fait beaucoup d’honneur à la LICRA telle qu’elle est actuellement. En fait c’est un hommage pour son action passée, car sous le même label, il y a des réalités bien différentes entre hier et aujourd’hui. Philippe Barraud prend au sérieux son appellation et lui rappelle une vocation (traquer le VRAI racisme, qui ne saurait être imputé à Regamey, si on veut être historiquement sérieux), une vocation qui n’est en fait plus exactement la sienne. Autrement dit, il se place dans la logique de ce qu’elle semble être encore et qu’elle n’est plus !

Disons le, le R de Licra est ambigu, prétextuel. Car il ne s’agit pas ou plus de traquer essentiellement le vrai racisme, le racisme historique , celui du troisième Reich (pour faire court) ou de génocides plus récents, la supériorité prétendue d’une race sur une autre avec droit de massacrer d’autres peuples, d’autres ethnies…etc. Constatant son quasi effacement de l’histoire européenne, les organisations droitdelhommistiques se sont livrées à une « extension indéfinie du domaine » du racisme, bien au-delà de ce qu’il était dans les années 30/45. Il fallait bien continuer à justifier un statut (et des subventions ?), et d’autre part on n’allait pas abandonner comme ça une thématique très productive en bonne conscience morale, en efficacité inquisitoriale, en potentialités idéologiques…. Il s’agissait simplement de l’appliquer à d’autres objets. Pour résumer, on gardait le signifiant (/Racisme/), mais on livrait le signifié à une lente dérive passée inaperçue. Schématiquement, se retrouvait raciste, inacceptablement, non plus exclusivement qui reprenait les discours des années 33/45 en Allemagne, mais qui se bornait, sans animosité pour aucune ethnie particulière, à n’être pas d’accord avec l’imposition autoritaire d’une idéologie immigrationniste (communautariste à terme) ou du mélangisme racial obligatoire. Cette contestation de la subversion/submersion des pays occidentaux par les vagues migratoires (avec à la clef leur effacement culturel et anthropologique) devenant dans l’esprit des idéologues rien de moins qu’une haine de l’autre alors que c’est n’est que la simple volonté de préservation de l’ altérité, de la différence des peuples occidentaux, dans un monde qui puisse continuer à être riche de toutes les altérités et différences de tous les peuples, à commencer par celles de nos pays européens.

La LICRA a donc complètement réorienté ses batteries dans les années 70/80. Et comme preuve, c’est le côté unilatéral des imputations de racisme qui sont toujours à la charge des mêmes (devinez … !), alors que le racisme est certainement la chose du monde la mieux partagée ! En fidèle alliée et même avant garde de la mondialisation néo-libérale, ce qu’elle combat, en fait, ce sont toutes les formes de doutes, de perplexités, de réserve, de réflexion, d’inquiétude, de critique, de contestation quant aux conséquences ethno démographiques d’une globalisation qui ne veut pas se limiter aux marchandises et aux capitaux, mais concerner tous les peuples de la planète dans un grand rêve libéral de melting pot euphorique généralisé. Un embrassons-nous Folleville à l’échelle de la galaxie. Voilà son registre de travail, le travail d’ »action psychologique » auquel elle se consacre, doublé d’un travail de mise au pilori de qui ne se conforme pas, pire, ose ne pas se conformer, à son utopie fraternitariste transfrontiériste prétenduement tellement péremptoire qu’il ne saurait y avoir de réserves pour de telles visées sans arrières pensées criminelles et criminalisables. En jouant toujours efficacement sur l’ambiguité de son appellation dans ses imputations de racisme. Comme si le refus de la « xénophilie obligatoire », de la « fraternitude universaliste de commande » relevait le moins du monde du Racisme Historique, alors qu’il ne s’agit évidemment pas du tout de la même chose ! Mais c’est bon au plan de la stigmatisation. Parce que le mot est le même et qu’on joue toujours sur les connotations maléfiques dont il s’est chargé dans la période du nazisme. Bel avantage argumentatif dont on use et abuse : qui n’est pas d’accord avec les lobbies néo-antiracistes, même sur la base la plus modérée et dans le cadre d’une analyse parfaitement scientifique se verra toujours ramené peu ou prou au III° Reich et encarté au Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, désigné sous l’acronyme NSDAP. C’est pratique dans le combat polémique où la fin (mystique universaliste) justifiera toujours la brutalité ou l’indélicatesse de l’amalgame.

Le combat de la LICRA telle qu’on la connaît aujourd’hui est donc bien d’influence idéologique : il s’agit de neutraliser, d’incapaciter toutes formes de problématisation, d’indignation quant aux conséquences de l’immigration de peuplement , et par l’intimidation (pécuniaire ou morale), la culpabilisation, de dresser les peuples (….occidentaux seulement, n’exagérons rien !) à considérer comme un bien leur mutation en société multiethnique et multiculti, autrement dit de les rééduquer à la perte de leur singularité, à l’arasement de leur identité culturelle et civilisationnelle. La campagne contre Regamey est donc bien dans la ligne du parti…puisqu’il s’agit de purger toute société occidentale d’anticorps qui n’iraient pas obligatoirement dans le sens d’une mondialisation heureuse. Des anticorps régressifs pour un progressisme multiracial (la mentalité stalinienne s’est reconvertie dans le multiracialisme et a ainsi découvert un nouveau « sens de l’histoire ») qu’ il ne faut pas cesser de dénoncer, traquer, au présent mais aussi dans leur généalogie. Jusque dans les années 30 ! On n’est pas à un anachronisme près ! Mais quand c’est pour la bonne cause……

On ne prendra donc la LICRA au sérieux que lorsqu’elle ne sera plus cette surveillance idéologique, cette avant garde de la globalisation (capitaliste) béate, que lorsqu’elle s’appellera tout simplement « Ligue contre Les racismeS », avec un s, pour reprendre une formule du regretté Pierre Desproges.

Mais c’est pas demain la veille…..

Commentaire de Pierre Santschi le 14 mai 2012 à 17:25

Que devient commentaires.com?

“Les observateurs”
Peu à la hauteur
Ne remplacent pas.
Ils sont peu sympa…

M. Barraud, revenez-nous, s’il vous plait…

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