ico Suisse S’il n’y avait pas l’armée pour se faire mousser…

29 juin 2017 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Du jour au lendemain, le conseiller national jurassien Pierre-Alain Fridez est devenu une star médiatique, à qui La Première a consacré quasiment une opération spéciale. On se demande pourquoi.

Suffit-il donc d’être socialiste et d’écrire sur l’armée pour devenir célèbre ? On pourrait le croire, comme si tous les socialistes étaient des antimilitaristes forcenés. Quoi qu’il en soit, il faut bien reconnaître que derrière un battage médiatique incompréhensible (tout le monde en vacances à La Sallaz, déjà?), le discours de M. Fridez est somme toute banal et convenu.

Depuis des années en effet, on nous annonce que la menace est désormais la cybercriminalité, le terrorisme et la criminalité en général; qu’une guerre conventionnelle est inimaginable (en oubliant la Crimée…); et que par conséquent, il faut diminuer les effectifs et basculer l’effort sur la police et les garde-frontières. Rien de neuf donc, un discours entendu déjà mille fois – mais certes, l’auteur fait partie du PS et apparemment, cela change tout.

Le plus irritant dans tout cela, c’est l’admiration démesurée et pour tout dire un peu sotte de journalistes et de politiciens pour ces banalités, qui ressortent invariablement la litanie de «l’armée de grand-papa», qu’il faut remplacer par une défense «progressiste et pragmatique». Pragmatique, on veut bien, mais qu’est-ce qu’une défense «progressiste», au juste ? Dans ce débat, on a eu droit aussi aux envolées de la jeune démagogue verte Lisa Mazzone, affichant son mépris pour ces militaires qui «font joujoux» avec des lance-mines. Comme c’est intelligent !

La guerre de demain est par définition imprévisible et par conséquent, il faut tenir compte de ce qui a eu lieu dans le passé, et de ce que l’on voit dans le monde aujourd’hui. Et si certains types de confrontations paraissent peu vraisemblables à un moment donné, elles peuvent très bien ressurgir à la surprise générale, et prendre tout le monde de court – ce qui est le but recherché. Voilà pourquoi il faut conserver une base d’équipements et d’instruction traditionnels (aviation, artillerie, blindés, et même les lance-mines chers à Mme Mazzone, qui restent très en vogue au Moyen-Orient et en Russie).

Pour le reste, l’armée n’a pas attendu les bons conseils du Docteur Fridez pour mettre des forces à l’oeuvre dans le domaine de la cybercriminalité et du renseignement, des domaines qui couvrent des pages entières d’articles très pointus dans la Revue militaire suisse et la très intéressante Military Power Revue publiée par le Chef de l’armée. Encore faut-il les lire !

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Commentaire de Gabrielle Mudry le 29 juin 2017 à 13:48

On ne saurait mieux dire…

“Gouverner, c’est prévoir”, dit-on. Encore faut-il prévoir juste en tenant compte des leçons passées.
Lors de la dernière guerre mondiale, les Polonais étaient allés défendre leur pays à dos de cheval contre les tanks allemands. Ils n’avaient pas cru ceux qui les avaient alertés en les prévenant que l’Allemagne s’armait à outrance.
“Dame… personne ne nous veut du mal, voyons!… La première guerre mondiale est terminée et il ne viendrait à l’idée de personne de recommencer…”

On reste perplexe devant l’inconscience de ceux qui veulent supprimer l’armée suisse: notre pays serait bien le seul à être totalement vulnérable, comptant sur les autres pour le défendre!…

Commentaire de Nicole Kissling le 29 juin 2017 à 17:32

Juste un petit rappel, mais très important. Il n’y a pas eu de guerre “conventionnelle” en Crimée où les habitants dont la région avait été offerte par Krouchtchev à l’Ukraine en 1954 ont choisi par référendum de retourner dans leur patrie, la Russie.
Où hélas la guerre sévit et avec une violence aveugle, c’est dans le Donbass. Là oui, la guerre est “conventionnelle”. L’armée ukrainienne, qui reçoit ses armes entre autres des USA, pilonne quotidiennement les infrastructures civiles, coupe l’électricité, détruit les dépôts d’eau potable, etc. sous l’œil indifférent des Occidentaux. Dix mille morts déjà.

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Griffures



Collabo à l’honneur

La très ambitieuse rénovation du Grand-Palais, à Paris, sera co-financée par la maison Chanel. En échange, une des entrées principales s’appellera “Gabrielle Chanel”. Ce sera la première fois, à notre connaissance, que la France donne à un monument historique le nom d’une Collabo notoire. Non seulement elle vécut sereinement l’Occupation dans un hôtel de luxe aux côtés d’un officier nazi,  Hans Gunther von Dincklage, mais encore collabora-t-elle activement avec la Gestapo, sous le nom de code F-7124. Elle ne dut d’échapper aux vengeances de la libération qu’à ses hautes protections, en particulier celle de Churchill. D’innombrables Françaises anonymes, elles, ont été tondues en public pour bien moins que ça…
Mais comment s’étonner? En été 43, la foule parisienne enthousiaste criait: “Vive le Maréchal!”. Un an plus tard, la même foule criait: “Vive de Gaulle!”
Espérons, sans trop y croire, que quelques protestations s’élèveront, pour la forme…

Un auto-coup d’Etat

On se demande pourquoi Erdogan peut, sous le regard complaisant du monde entier, emprisonner, torturer, assassiner en toute impunité et occuper un pays étranger, sous prétexte qu’il y a des “terroristes” partout. Cette complicité tacite est d’autant plus écoeurante qu’on évite soigneusement de s’interroger sur la véritable origine du prétendu “coup d’Etat” qui a permis à l’apprenti Führer de s’attribuer les pleins pouvoirs. Il apparaît de plus en plus que ce coup d’Etat pourrait bien avoir été ourdi par… Erdogan lui-même. Bien joué!


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