L’administration fédérale est une véritable passoire, les fuites jaillissent de partout, ce qui permet à la presse dominicale de nous révéler chaque dimanche le sujet politique de la semaine, avec une prédilection pour les sujets les moins aboutis, voire les plus foireux. L’idée de proposer un dépistage du virus HIV chez les requérants d’asile appartient à cette catégorie.
C’est là le type même de la mesure mal conçue, mal préparée et mal communiquée. Car si l’on comprend bien ce que contient ce projet, derrière des cris d’effroi habituels des défenseurs des requérants, c’est qu’il vise non pas à protéger la population résidante en Suisse, mais à rendre obligeamment service aux requérants porteurs du virus.
Or de deux choses l’une : ou bien on décrète, comme un certain nombre de pays (dont les Etats-Unis), que l’immigration est exclue pour les porteurs du virus HIV. Dans ce cas, le dépistage doit être obligatoire, puis être suivi d’une non-entrée en matière sur la demande d’asile, et d’une expulsion.
Ou bien on prend cette mesure en faveur des requérants qui le veulent bien et, au cas où le test s’avère positif, on les prend médicalement et socialement en charge, ce qui au passage rend l’octroi de l’asile quasi obligatoire.
Dans le premier cas, l’Etat manifesterait son souci de protéger la population sexuellement active, et donc en particulier les jeunes. Fin novembre, l’Aide suisse contre le sida indiquait que les nouvelles infections étaient en hausse, et
que 51,2% des nouveaux cas concernaient des étrangers, dont une majorité originaire d’Afrique noire.
Dans le climat actuel, il est peu probable que l’Office fédéral de la santé publique puisse aller, politiquement, au bout de l’exercice, c’est-à-dire jusqu’à l’expulsion. Il était donc inutile de faire connaître cette proposition sulfureuse.
Dans le second cas, on voit mal comment la Confédération pourrait faire avaler à au contribuable la prise en charge médicale à long terme de requérants séropositifs, quant on sait qu’un traitement coûte des dizaines de milliers de francs, pendant de longues années. Cette aubaine aurait par ailleurs vite fait de susciter une ruée sur l’asile en Suisse dans les pays accablés par le sida, avec constitution de filières et de businesses migratoires mafieux.
Car on ne pourrait simplement offrir les tests, tout en se désintéressant du résultat : si un requérant s’avère séropositif, il faudra bien gérer son cas, qu’aujourd’hui on préfère ignorer.
Il est à souhaiter que l’Office fédéral de la santé publique évite d’envoyer des ballons d’essai aussi mal préparés, et surtout aussi inutilement provocateurs, dans une opinion publique qui n’est pas prête à en débattre sereinement.
Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.
S’il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.
La menace d’une initiative ou d’un référendum est un outil politique redoutable, et l’UDC ne se prive pas d’en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu’on sait s’en servir, et qu’on est capable de mener l’entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d’initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis…).
Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s’ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l’adhésion à l’UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c’est affaiblir la Suisse.
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Sida: hélas vrai
Le commentaire que vous venez de soulever et toutes ces questions sont vraiment très pertinentes, et hélas aussi éthiques.
Entre choisir la protection de la population active sexuellement, donc les jeunes, et aider les requérants peut-être séropositifs, la protection de la population indigène passe en premier, et même si on doit expulser tout les requérants porteurs d’une maladie contagieuse, alors, il faut le faire.
Il faudra faire hélas comme certains pays, instituer une zone de quarantaine, et ne laisser entrer les requérants d’asile qu’une fois leurs état de santé controllé.
La mesure peut paraitre inhumaine, mais tant qu’il n’y a pas d’autre solution, il faut hélas prendre le problème à la racine.