ico Suisse Si j’étais valaisan…

7 mars 2017 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Si j’étais valaisan, je saisirais l’opportunité d’écarter Oskar Freysinger du gouvernement, où manifestement il n’a pas sa place. Et pour cela je voterais «logique», autrement dit, dans la configuration esquissée au premier tour, qui permettrait à Stéphane Rossini d’accéder au Conseil d’Etat.

Deux socialistes au Conseil d’Etat? Du simple point de vue arithmétique, c’est effectivement discutable. Mais un gouvernement, c’est d’abord de la politique, pas de l’arithmétique, les exemples de tels «déséquilibres» abondent dans l’histoire de nos cantons et de la Confédération. Par exemple, l’UDC a été longtemps sous-représentée au Conseil fédéral. Maintenant que ce déséquilibre a été réparé, on peut se demander si c’était un bien.

Si les Valaisans ont l’opportunité de constituer un gouvernement solide fait de politiciens expérimentés et populaires, il aurait grand tort de s’en priver au nom de calculs d’apothicaires. De toute façon, on n’entre pas dans un gouvernement cantonal pour promouvoir une idéologie ou une vision du monde, mais avant tout pour faire en sorte que le canton soit géré efficacement et que la population y trouve son compte. A cet égard, l’appartenance politique devrait compter moins que les compétences des personnes. Et quoi qu’on en pense, les personnes vraiment compétentes à ce niveau sont rares.

Stéphane Rossini, qui jusqu’ici a eu l’art de déjouer les pronostics, est une bonne carte à jouer pour le Valais – bien meilleure en tout cas que la carte Freysinger. Il a une longue expérience de conseiller national – et pas de ceux qui roupillent -, et il connaît sur le bout du doigt les dossiers liés à la santé et à l’assurance-maladie. Dans le contexte sanitaire valaisan actuel, ce ne serait pas un luxe. Mais ces qualités sont peut-être celles qui le feront biffer sur les bulletins de vote de la part des électeurs du PDC: trop visible, trop compétent, il pourrait faire de l’ombre au Grand, savoir Christophe Darbellay, qui se rêve en roi du Valais comme croyait pouvoir le faire Freysinger. S’ils choisissaient plutôt un radical pâlot récupéré loin du podium au premier tour, ils priveraient le canton d’un atout majeur – mais feraient plaisir au patron, certes…

C’est peu dire qu’Oskar Freysinger a déçu. De ce qui a séduit les électeurs il y a quatre ans, il ne reste rien: ce côté primesautier, la liberté de ton, un abord a priori sympathique, une volonté de bien faire… Tout cela, l’intéressé l’a consciencieusement démoli au cours de la législature. Les Valaisans ont commencé à se méfier dès qu’ils eurent compris qu’il se battait moins pour le canton, que pour profiter de son statut et de sa tribune de ministre pour promouvoir ses convictions d’extrême-droite. A partir de là, il a commencé à plonger dans l’opinion et le plus grave, c’est qu’il ne s’en est pas aperçu, trop occupé à fricoter avec des milieux étrangers plutôt louches, manipulé par des conseillers idéologiquement tout aussi louches, prêtant la main à des opérations grotesques, comme l’engagement d’un prétendu «survivaliste» pronazi. Son discours politique est devenu totalement allogène aux yeux des Valaisans, et c’est une faute impardonnable: ils n’attendent pas de leur leurs ministres une allégeance à quelque dictateur lointain – Poutine en l’occurrence – ni à des envolées socio-culturelles rejetant notre héritage judéo-chrétien, juste par allergie au préfixe judéo. Ils veulent des ministres qui défendent les intérêts de la population, et non pas des égotistes qui confisquent leur fonction pour se faire valoir et promouvoir des idées politiques extrêmes.

Oui, décidément, si j’étais Valaisan, je sais ce que je ferais !

 

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Commentaire de Jérôme Lorenz le 7 mars 2017 à 14:25

Ainsi ce site propage également l’étiquette d’extrême-droite à Oskar Freysinger. J’ai moi-même lu et entendu beaucoup de commentaires assez violents au sujet de la conférence qu’il a donnée l’automne dernier à Berlin. J’ai donc lu l’intégralité de son texte et n’ai rien trouvé qui s’applique à de l’extrémisme de droite. Par contre, si reconnaître Jésus-Christ comme un élément fondateur de notre civilisation chrétienne devient un propos intolérable et raciste, alors notre Occident n’a plus rien à opposer à l’islam conquérant.

Commentaire de Xavier Gruffat le 7 mars 2017 à 18:20

Quand M.Barraud, qui a une bonne connaissance de la théologie, parle de judéo-chrétien c’est probablement dans une analyse complexe peu comprise des gens qui connaissent peu La Bible, c’est-à-dire les concepts de l’Ancien ne et de la Nouvelle Alliance (voir Apocalypse par ex.)
Pour revenir sur le Valais et sans me prononcer comme conservateur sur le vote, je dirais que l’erreur a été de chercher à diviser le Valais à l’américaine (conservateurs vs. progressistes) alors que le Valais est en très grande partie catholique. Avec justement un parti catholique fort (PDC). A mon avis pour le Valais il faut rester dans une grille de lecture classique gauche-droite. Au niveau suisse avec plus de différences religieuses la division conservateurs vs. progressistes peut par contre fonctionner.

Commentaire de Dominique Truffaut le 8 mars 2017 à 12:17

L’Hebdo est mort, vive Philippe Barraud!

Commentaire de Paul Chappuis le 8 mars 2017 à 15:38

M. Barraud, à une certaine époque vous étiez plutôt un soutien d’Oskar Freysinger, vous le défendiez même (épisode du drapeau).

Soit vous changez facilement d’avis, soit vous étiez naïf à l’époque, soit vous ne supportez plus ceux qui ne partagent votre vision manichéenne sur la Russie…
Comme le dit Dominique Truffaut, vous auriez pu travailler à l’Hebdo.

Commentaire de Jean-jacques Thévenoz le 9 mars 2017 à 6:46

Au Moyen-Age, les rois et la noblesse utilisaient le droit de cuissage aussi pour noyauter la population avec l’influence des bâtards en son sein. En allant trop à gauche… tout en faisant croire qu’il est au centre, ce zigoto inconsistant a pris l’habitude de mettre la charrue avant les bœufs. MAINTENANT CE CULLOTE (pas en permanence) VEUT DEVENIR ROI POUR FAIRE PAYER AUX CONTRIBUABLES SES PENSIONS ALIMENTAIRES. Et avec l’immigration de masse il veut faire de même: ouvrir les vannes puis attendre pour pouvoir en tirer un bénéfice en mésusant des dépenses publiques. Pour lui plus il y aura de femmes qui tireront le diable par la queue, plus ils songera à s’en occuper. Et qui c’est qui paie ?

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