Chaque jour apporte son lot de nouvelles et d’événements qui manifestent le délitement de notre pays. Par petits bouts, par petites touches, pour complaire aux puissants, nos dirigeants déconstruisent ce que nos ancêtres ont construits. Des forces de résistance existent pourtant. Elles doivent se faire entendre.
Cette semaine encore, les Suisses ont entendu un ancien ambassadeur à Bruxelles leur dire que toute résistance était vaine, que l’Union européenne allait multiplier les pressions et les exigences. Sous-entendu: il vaudrait mieux tout lâcher tout de suite…
Ce genre de discours est insupportable. Ce n’est rien qu’une entreprise de démolition du pays, encouragée par certains partis qui, pour des raisons idéologiques, sont prêt à sacrifier l’essentiel, pourvu qu’on fasse payer les riches, et que la Suisse devienne enfin un pays comme les autres.
Commentaires.com se réjouit de la création du mouvement Swissrespect.ch – Défense des intérêts de la Suisse, qui refuse d’assister passivement au démantèlement économique, politique et moral de notre pays. Ces citoyens dénoncent les discriminations dont la Suisse fait l’objet, et refusent que le Conseil fédéral ou l’un de ses membres négocie de façon précipitée avec des partenaires étrangers, sans contrepartie valable.
Voici le texte de la «Lettre ouverte à nos sept conseillers fédéraux» de Swissrespect, dont les membres fondateurs sont MM. Antoine Spillmann, Flavien de Muralt, Jean-Daniel Balet, Richard Schneider et Jean-Paul Tissières.
«La Suisse est en train de perdre un à un ses atouts. Nous refusons la poursuite de cette destruction de valeur. Nous sommes un collectif constitué ce printemps 2012 dont le but est d’attirer l’attention de nos concitoyens sur la gravité des attaques subies par la Suisse, leur caractère discriminatoire et les risques qu’elles font courir à l’économie dans son ensemble. Le rôle des conseillers fédéraux aurait été de défendre les intérêts du pays, sa souveraineté, son ordre juridique, ses emplois, et l’égalité de traitement de la Suisse vis-à-vis du reste du monde. Notre collectif réunit des particuliers de tous bords politiques, des PME et entreprises de tous les secteurs d’activité, des fiduciaires, avocats, gérants indépendants, des professions libérales et des syndicats de défense des travailleurs.
Dans un monde où priment les rapports de force (pratiques de chantage et de pressions hors de toute proportionnalité et de tout cadre juridique), la Suisse n’a pas su défendre sa prospérité. Des banques vont disparaître ainsi que de nombreuses PME dont l’activité est liée à la clientèle étrangère (commerces, hôtellerie, horlogerie, bijouterie, services, immobilier, automobile). Le chômage va augmenter et la compétitivité sera clairement affectée. Une fois dissipé l’écran de fumée de la crise européenne, il restera l’image nette d’une Suisse en déclin économique, sans planification stratégique, affaiblie sur la scène internationale. Une contre-attaque doit donc être menée! Nous souhaitons que les autorités fédérales et cantonales fassent leur travail et luttent contre les discriminations dont la Suisse fait l’objet. Qu’elles exigent, sur tous les sujets qui nous sont reprochés, une stricte égalité de traitement de la part de nos« partenaires économiques », avant d’aller plus avant dans quelque négociation que ce soit. Nous refusons que le Conseil fédéral ou l’un de ses membres négocie de façon précipitée, en abusant du droit d’urgence, sans contrepartie honnête de la part de nos interlocuteurs.
Voici les cinq axes autour desquels toute stratégie dorénavant doit être articulée :
La Suisse doit changer de politique face aux pressions qu’elle subit de la part d’organisations supranationales non représentatives d’un peuple ou d’un parlement élu tels que l’OCDE, le G20, ou de la part de grandes puissances telles que les Etats-Unis et l’UE. Ceux-ci menacent de boycotter notre économie, mettre des barrières à nos exportations, mettre à l’index notre pays, alors que d’autres Etats ne font l’objet d’aucune pression similaire : Etats-Unis, Royaume Uni et Îles Anglo-Normandes, Bahamas, Îles Vierges, Singapour et Hong Kong où subsistent ces avantages que l’on demande à notre pays de supprimer. Sait-on que placer son argent dans une banque américaine au nom d’une société du Delaware sans même avoir besoin de déclarer l’origine des fonds ni le bénéficiaire économique est tout-à-fait possible ? Sait-on que les trusts anglo-saxons offrent à leurs bénéficiaires une totale protection de l’information? Dans l’affaire UBS, la Suisse n’abritait que 1% à 2% des avoirs américains non déclarés. Et pourtant rien ne fut entrepris pour trouver les 98% restants, et aucune banque américaine n’a été inquiétée. En France, UBS était responsable de 3% de l’évasion des avoirs de contribuables; mais c’est uniquement contre cette banque que les attaques se sont concentrées, et nullement contre les banques françaises, responsables des 97% restants. En conséquence, Genève a régressé de 7ème à 13ème place financière entre 2007 et 2011, et la part du secteur financier dans le PIB suisse a déjà reculé de 12% à 9%.
Ne serait-ce que chez nos proches voisins européens les juridictions où fleurissent les arrangements fiscaux pour les entreprises sont légion: Luxembourg, Angleterre, Irlande, Chypre, Malte, Belgique etc. Au-delà l’on peut citer les multiples juridictions d’Amérique et d’Asie. La liste est longue et un comparatif de compétitivité peut aisément être dressé, montrant ainsi que dans de nombreux secteurs de la fiscalité des entreprises et holdings la Suisse n’est de loin plus une destination de choix. Par ailleurs, il est impératif de préserver le fédéralisme, principe de base de l’organisation politique de notre pays fondé sur la souveraineté cantonale, dont la Berne Fédérale ne doit en aucun cas s’émanciper.
La Suisse doit défendre son système d’imposition d’après la dépense, dit forfait fiscal, ou alors obtenir, là aussi, une égalité de traitement. Ce système se trouve en concurrence directe avec d’autres systèmes très proches dans leur essence. Par exemple le système anglais de « resident non domiciled », et d’autres systèmes très attractifs à Monaco, en Belgique, ou en Italie. En France, de nombreux statuts spéciaux sont accordés aux grandes fortunes. Dans une perspective de concurrence loyale, nous ne devons plus négocier sans être traités sur un strict pied d’égalité.
Etre souverain, c’est faire respecter la stricte légalité et l’ordre juridique de notre pays, et refuser de faire prévaloir un ordre juridique étranger. Pour défendre notre Etat de droit, il existe l’arme du référendum. Le gouvernement doit faire appel au peuple plus souvent. Toute décision cruciale doit lui être soumise. C’est le seul moyen d’éviter des erreurs fatales pour l’avenir du pays. Ce mot de Rousseau doit être ici médité : “Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle.”
En mars 2009, nous acceptions un échange de renseignements à la demande, soumis à des conditions strictes qui assuraient encore au client une certaine protection de la confidentialité. Mais très vite, nous avons accepté d’échanger des informations sur une base trop large et trop floue, révisé nos conventions en conséquence, et fini par obliger les clients de nos banques à signer des formulaires attestant leur conformité fiscale et autorisant la transmission de leurs données à leurs fiscs. Aucun autre pays sur terre n’impose cela aux clients de ses banques ! A cela s’ajoute la fiscalisation des avoirs en vertu des accords Rubik, qui promet des taux fort dissuasifs pour les clients transfrontaliers. Pendant ce temps, les Etats-Unis en sont encore à envisager de taxer non pas l’épargne, mais les intérêts de l’épargne des clients non résidents ! Comment un tel décalage dans les pratiques, un décalage de 15 ans, peut-il exister entre la Suisse et les plus grandes places financières? Ces évolutions font de la Suisse une juridiction des moins attrayantes pour la clientèle internationale, qui a tant d’autres places accueillantes à sa portée. Faire fuir les capitaux étrangers diminuera sensiblement les liquidités à disposition des banques pour financer l’économie nationale.
Il faut exiger de l’ASB, de l’USAM et d’autres associations professionnelles de négocier dans l’intérêt de la place économiquesuisse dans son ensemble.
Cher Conseil fédéral, rien ne saurait rendre à la Suisse ce qu’elle a perdu ces trois dernières années. Il n’est cependant pas trop tard pour relever la tête et préserver avec force les cinq enjeux stratégiques ci-dessus énoncés.»
Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges.
Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le montre cette vidéo effarante, on se dit que la vignette à 50 francs a du bon !
Pour les épargnants européens, le moment est peut-être venu de vider leur compte-épargne, d’acheter une maison, un cheval, ou de prendre une retraite largement anticipée. Bref, mieux vaut tout dépenser avant la Grande Confiscation. Selon le patron d’UniCredit, l’une des grandes banques italiennes, cité par Le Temps, il est “acceptable de confisquer les comptes d’épargne pour sauver les banques pour autant qu’il s’agisse d’une solution européenne commune.”
Quand on vous disait que le précédent de Chypre allait faire des petits! Les Suisses sont-ils à l’abri? Bien sûr que non, puisque notre gouvernement veut tout faire comme les Européens.
A lire absolument l’article publié par “Le Temps” aujourd’hui (quelle heureuse surprise) signé de Liliane Held-Khawam “Le schisme croît entre l’Etat et les citoyens” (mercredi 6 juin, p.16).
Merci pour cette heureuse info Monsieur Barraud !
“Bilan” du 9 mai parlait du projet de cette lettre ouverte. La voilà réalisée. tant mieux !
il faut absolument que cette lettre soit diffusée à grande échelle.
Les signataires envisageaient de la diffuser dans toute la presse.. Ce serait bien !
Cette même édition de “Bilan” du 9 mai titrait à sa Une:
“Widmer-Schlumpf a-t-elle coulé la Suisse ?”
“Eveline Widmer-Sclumpf fossoyeuse de la place financière ? ”
“Les critiques pleuvent sur les décisions prises par le Conseil fédéral depuis le 13 mars 2009. La cheffe du gouvernement est pointé du doigt pour avoir affaibli le pays. Chronique d’une défaite non négociée.”
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“Pour défendre notre Etat de droit, il existe l’arme du référendum. Le gouvernement doit faire appel au peuple plus souvent. Toute décision cruciale doit lui être soumise.”
L’initiative de l’ASIN du 17 juin ne va-t-elle pas dans ce sens ?
Même constat, au niveau européen :
Vu ici :
http://hoplite.hautetfort.com/archive/2012/06/06/big-one.html
Source, là :
http://www.les-crises.fr/documents/2012/l-ecroulement-d-un-monde-lordon.pdf
P.S. ne sera pas repris dans les publications Tamédia-Bilderberg.
Le “délitement” de la Suisse est la conséquence de la mise en place du “Nouvel Ordre Mondial”.
“Personne, je dis bien personne ne pourra s’y opposer” car “les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes.” (Sarkozy – http://www.youtube.com/watchv=hnIRVXIfNEo)
Ben Ali, Khadafi, Moubarak s’en sont rendus compte. Al Assad puis Ahmadinejad vont s’en rendre compte prochainement.
En passant, l’Empire écrase la Suisse, ce village d’Astérix dépourvu de potion magique…
L’UE est une composante du N.O.M. et son totalitarisme est effrayant. Dans un mois entrera en vigueur l’hallucinant MES : http://www.dailymotion.com/video/xlpvu6_interview-de-pierre-hillard-sur-le-mondialisme_news
Il ne faudra pas attendre longtemps pour que la maffia bruxelloise demande à la Suisse sa “contribution”.
Et c’est au même moment que les “citoyens” suisses (les porteurs d’un passeport suisse plus exactement) vont renoncer à la possibilité de s’opposer démocratiquement à ces abominations totalitaires…
Dommage qu’Exit n’accorde pas son assistance aux désespérés des résultats des votations…
Oui, très probable que l’initiative de l’ASIN soit rejetée. Et comme d’hab’, 99,99% de la presse de masse fait sa contre-propagande. Pas grave, tant qu’il y a de la bière au frigo et Koh-Lanta dans la boîte à cons. La plupart des gens ne sont que des estomacs sur pattes.
«La plupart des gens ne sont que des estomacs sur pattes.»
)
C’est quand même fou, le mépris qu’affichent les élites à l’endroit du peuple. La première fois en tout cas que je me fais traiter de gastéropode !
Parce que les gastéropodes ont des pattes , Monsieur Schälchli ?
Non, en effet; ils ont une sole, ou une espèce de pied de reptation. Pied que j’ai décidé d’appeler pattes. Tout comme les gens comparés à des “estomacs sur pattes”: ils n’ont pas vraiment des pattes. Mais l’image est néanmoins raffinée.
Il aurait pu être précisé dans l’article qu’en tout cas trois des cinq signataires travaillent dans la gestion de fortune et que, sous prétexte de défendre les intérêts de la Suisse, défendent surtout leurs petits intérêts professionnels… Bravo la transparence!
Oui, et alors Mme Debrot ?
Dans la mesure où leurs “petits intérêts professionnels” coïncident avec les intérêts du pays , quelle importance ?!
Et je pense qu’un gestionnaire de fortune est mieux placé que quiconque pour savoir quel est l’état financier, économique du pays…
La Suisse ne pèse pas lourd sur la scène internationale et est bien trop petite pour faire cavalier seul. Au lieu de hurler aux loups il faut créer plus d’alliances, à commencer avec l’UE.
Par ailleurs, baser tout un pan de son économie sur des politiques fiscales et sur un secret bancaire de plus en plus décrié semble une politique vouée à l’échec. Il vaut mieux investir dans l’innovation, la recherche et le développement scientifiques et créer des entreprises innovatrices qui sauront faire une différence grâce à leur savoir faire.
Est-il par ailleurs normal qu’une multinationale bénéficie d’avantages fiscaux, alors qu’une PME locale, même en difficulté, paie sa charge d’impôts dans sa totalité ? Il y a là une différence de traitement qui n’est pas admissible.
M. Zufferey il me semble que la Suisse ne base pas tout un pan de son économie sur des politiques fiscales.
En effet elle semble bien ne pas avoir attendu vos conseils pour miser sur l’innovation , ” facteur clé de la croissance économique et de la création d’emplois de meilleure qualité.”
En effet,l’indice mondial de l’innovation donnait en 2011, la Suisse en tête du classement mondial (125 pays classés ) devant la Suède et Singapour.
“Elle s’octroie la 1ère place parce qu’elle a une position forte dans la plupart des domaines”
(classement publié par l’INSEAD en juin 2011)
Je trouve dommage que les Suisses aient toujours tendance à minimiser les bonnes performances de leur pays, à se sous estimer.
“il me semble que la Suisse ne base pas tout un pan de son économie sur des politiques fiscales.”
Si, tout un pan de son économie, prenez pour exemple l’arc lémanique. Il y a à la fois l’innovation que vous mentionnez, et des politiques fiscales ultra favorables à de grands groupes internationaux qui n’apportent rien en terme d’innovation (exemple du groupe qui installe uniquement son siège européen et aucune activité opérationnelle). A court terme, très bien, ça rapporte des emplois (mais également des nuisances, si les infrastructures ne suivent plus), mais à long terme c’est forcément très aléatoire, car ces régimes fiscaux créent des distorsions de traitement à l’échelle internationale, mais également à l’échelle locale (au risque de me répéter, allez essayer de demander un allègement fiscal pour une PME locale, je vous souhaite bonne chance). Et ces distorsions, au vu des finances publiques catastrophiques de beaucoup de pays occidentaux, ne seront plus forcément tolérées à l’avenir, et lorsque cela arrivera, ces multinationales s’en iront ailleurs.
Il est donc probablement plus judicieux de persévérer dans la voie de l’innovation, ou la Suisse est déjà bien positionnée, telle que vous le mentionnez à juste titre.