ico Suisse Quand Broulis se prend pour Erdogan

8 avril 2018 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Si l’affaire Broulis empoisonne le gouvernement vaudois, elle empoisonne manifestement aussi la lucidité du principal intéressé. Exiger de nos ministres qu’ils lui remettent la liste de leurs appels téléphoniques est une violation de la sphère privée, et la négation de la protection des sources des journalistes.

Nos ministres sont évidemment libres de dévoiler leur vie privée aux fouineurs de Pascal Broulis, bien que cela soit profondément choquant en soi. En revanche, ils ne sont pas libres de violer la sphère privée des personnes avec qui ils ont des contacts téléphoniques, y compris les journalistes, et c’est bien le délit dont ils se rendront coupables s’ils accèdent à la demande extravagante de Pascal Broulis. Ce serait éventuellement possible sous le contrôle d’un juge. Mais il n’est pas imaginable que l’on mobilise l’ordre judiciaire pour protéger les intérêts privés d’un Conseiller d’Etat.

Non, Monsieur Broulis, ne cédez pas à la tentation de jouer les Erdogan, et de traiter les journalistes de terroristes ! Chaque fois qu’un politicien se pique de verrouiller l’information à laquelle le public à droit, cela finit mal pour lui – la France nous le démontre jour après jour.

Quant aux personnes qui ont appelé nos ministres, ou ont été appelés par elles et eux, nous les invitions à déposer plainte si la confidentialité de leur contacts est violée, dans le cas où les conseillères et conseillers d’Etat se soumettraient aux exigences délirantes de M. Broulis.

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