ico Suisse Protection des données: bienvenue en Corée du Nord!

28 septembre 2009 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (sic!) déteste la transparence. Il aime la censure, le flou, l’anonyme, le secret, le caché. En cela, il est parfaitement politiquement correct, dans une Suisse où la libre circulation de l’information et des images est perçue comme une menace.

Le gardien de notre intimité, Hanspeter Thür, est donc parti en croisade cet été contre Google et son projet Street View en Suisse, qui permet aux internautes de naviguer visuellement dans les rues de nombreuses villes du monde, et peut-être de Suisse demain si Hanspeter est d’accord (quel pouvoir pour un seul homme, quand on y pense!). Le 14 septembre, il a posé un ultimatum à la société californienne pour qu’une bonne partie des images soient rendues méconnaissables. Il exige non seulement le floutage des visages et des plaques de voitures, mais encore la suppression «d’images de jardins qui, bien qu’invisibles pour un passant, le sont aisément pour les caméras montées sur les véhicules utilisés par Google.» Vous vous rendez compte? Il y a peut-être des images de votre barbecue ultrasecret sur Google! Le Préposé exige donc l’élimination immédiate de toutes ces images, ainsi que celles des hôpitaux, des écoles et des prisons!

La prétendue protection de la sphère privée nous entraîne dans une dérive dangereuse pour le citoyen, pour la démocratie, et pour l’information en général. Autre exemple: Domaine Public nous apprend que le professeur de droit Thomas Fleiner conclut que la diffusion, par la police ou la justice, de la nationalité d’un délinquant (qui n’est évidemment pas nommé), constitue une atteinte à sa personnalité. Cette information sera même illégale en 2011, avec l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal. C’est ainsi que la liberté de l’information s’érode et que la censure s’installe. Vous, citoyen, n’aurez plus le droit de savoir si tel délinquant est étranger, et logiquement on interdira aussi d’établir des statistiques carcérales fondées sur la nationalité. Dans les pays anglo-saxons, par comparaison, les journaux publient le nom et l’adresse des personnes arrêtées par la police.

Il faut combattre énergiquement ces tentatives de censure de l’information. C’est au citoyen de se faire sa propre opinion, sûrement pas à Hanspeter ni aux professeurs de droit. Et pour se faire sa propre opinion, le citoyen a besoin d’une information complète, honnête et non trafiquée. C’est une condition sur laquelle il est exclu de transiger.

38 votes Voter !


Envoyer cet article à un ami


Commentaire de Pierre Santschi le 28 septembre 2009 à 9:22

En ce qui concerne l’opacité, le “captcha” qui termine la données de commentaires est un véritable sommet d’illisibilité. A se demander si ce n’est pas M. Thür qui a inspiré le producteur de ces “lettres” …

Commentaire de Pierre Santschi le 28 septembre 2009 à 9:26

A se demander alors à quoi sert le dit captcha, car ce que j’ai mis comme “captcha” à mon message de 9h22 ne correspondait pas au contenu des “lettres” affichées. A part ça, je n’aurais dû mettre de “s” à “données…

Commentaire de Pierre Santschi le 28 septembre 2009 à 9:30

Ca cafouille encore plus! Mon deuxième message est annoncé comme “en attente d’approbation”, alors que le “captcha” donné était vraisemblablement faux. Avant de traîner M.Thür dans la boue, ne conviendrait-il pas de balayer devant notre propre porte?

Commentaire de Paul Bär le 28 septembre 2009 à 11:00

“Cette information sera même illégale en 2011, avec l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal.” — Nous arrivons bientôt au stade où “l’hyper-démocratisme” libéral-républicain conduira à une société où les citoyens, même les moins politiquement conscients, s’habitueront définitivement à lire en creux les informations calibrées par le système. Un peu comme derrière le Rideau de fer, quand les gens décryptaient les informations transmises par le pouvoir, en interprétant correctement les mots-code et en déduisant ce qui se passait réellement par ce que les relais socio-médiatiques taisaient (nous savons déja tous, par exemple, ce que “jeunes” veut vraiment dire et qui est concerné quand un journaliste ne mentionne pas les protagonistes d’une agression). Point positif, ce renforcement de la censure légale clarifiera la position de la presse comme courroie de transmission du système (même si les journalistes n’ont pas besoin d’obligations juridiques pour déjà pratiquer le filtrage bien-pensant) et séparera encore plus les citoyens suisses de nos “élites”, ouvrant ainsi de véritables boulevards aux contre-pouvoir “mal-pensants”.

Commentaire de Pierre Bonnard le 28 septembre 2009 à 11:47

C’est toujours la même chose: on casse le thermomètre pour ne pas savoir qu’on a de la fièvre. Comme le relève justement M. Bär, l’information circule en souterrain quand même, souvent un peu dégradée comme dans les ex-régimes “communistes”. Mais je ne trouve pas ça positif, l’opinion étant déjà bien trop manipulée (cf. le battage sur la grippe pour vendre des vaccins)
A part ça, l’argument du prof Fleiner n’engage que lui.
Quelqu’un pourrait-il me désigner l’article du nouveau code pénal qui interdit la diffusion de la nationalité du délinquant,m’épargnant ainsi une indigeste lecture? Merci au dévoué juriste ou à M. Barraud

Commentaire de Paul Bär le 28 septembre 2009 à 12:34

Voici donc ce qui nous attend dès 2011 :

http://www.fdesouche.com/articles/69561

Commentaire de Jean-Claude Küng le 28 septembre 2009 à 13:17

Il semble bien qu’entre l’avènement d’une gauche écolo qui veut tout régir et l’existence de ces “forces obscures” (sous-entendez l’armada de juristes d’Etat!), l’on se retrouve à vouloir mettre de l’ordre dans cet embrouillamini qui nous pousse tout droit vers une dictature.
Si vous prenez le temps de jeter un oeil au site du Carton Rouge du Citoyen, vous verrez la forte réaction des milieux libertaires et citoyens à la signature des conventions de double imposition faites récemment.
Nous avons la fâcheuse impression que l’on essaie de “bouffer” notre démocratie à coups de nouveaux textes de lois tellement finement étudiés par des “spécialistes” que plus personne dans la rue n’y comprend rien. Sauf, peut-être, qu’on en a ras le bol de toutes ces choses qui finissent par nous pourrir la vie.
Revenons au système binaire: oui ou non.
Point à la ligne !!!

Commentaire de chappuis milko le 28 septembre 2009 à 15:22

Mon commentaire n’a rien à voir avec le sujet, mais je n’ai pas trouvé l’endroit où le mettre.
Je me demande si ceux qui sont scandalisés de l’arrestation de Polanski sont les mêmes qui ont voté l’imprescribilité pour actes pédophiles.

Commentaire de Coquoz Edouard le 28 septembre 2009 à 16:15

On n’a pas oublié une autre paranoïa administrative qui était à l’extrême inverse de celle-ci: la fameuse histoire des fiches. Il y a du reste un lien historique entre les deux. On peut aussi faire cette remarque: alors que les Américains nous obligent de + en + à nous soumettre à leurs propres lois, c’est nous maintenant qui voulons leur imposer les nôtres ! L’éternelle histoire du pot de terre contre le pot de fer.

*
*


* Ces champs sont obligatoires ! Veuillez entrer votre nom complet, les commentaires ayant un pseudonymes ne seront pas pris en considération.






Griffures



Les chiens, d’accord, mais pas les enfants!

Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.
S’il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.

Il faut savoir faire aboutir une initiative

La menace d’une initiative ou d’un référendum est un outil politique redoutable, et l’UDC ne se prive pas d’en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu’on sait s’en servir, et qu’on est capable de mener l’entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d’initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis…).

Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s’ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l’adhésion à l’UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c’est affaiblir la Suisse.



Articles récents