«Si le peuple suisse votait aujourd’hui, déclarait il y a quelques jours Christoph Blocher, l’UDC dépasserait la barre des 30%». Je pense qu’il a raison.
Beaucoup de facteurs y concourent, certains nous sont extérieurs, comme une tuile qui vous tombe sur la tête, d’autres sont clairement dus à la faiblesse de nos structures, la manière complètement hasardeuse dont est composé notre Gouvernement fédéral, le manque de charisme des leaders de la droite traditionnelle, à la notable exception de Christophe Darbellay et quelques rares autres.
Les raisons externes? La crise mondiale, l’effondrement (provisoire?) d’un capitalisme de casino où on a fait des affaires pour le simple profit spéculé, la volonté hargneuse de certains de nos voisins, et pourtant amis, de désigner la Suisse comme un mouton noir de la fiscalité, comme si leurs propres systèmes de perception étaient autres que confiscatoires. A cela s’ajoute la très grande fatigue de l’Union européenne lorsqu’on lui parle de la Suisse, et, réciproquement, la nôtre, lorsqu’on évoque Bruxelles, sa machine, son arrogance, son déficit démocratique. Enfin, cerise sur le gâteau, deux de nos compatriotes sont toujours retenus en Libye, et nul, hélas, ne parvient à les sortir de ce pétrin.
Voilà pour la tuile, ce qui ne dépend pas de nous. Mais il y a le reste, beaucoup plus grave: les faiblesses structurelles de notre système qui nous entravent, nous paralysent. Un Conseil fédéral patchwork, rassemblement d’individus jetés là par hasard, ici une Grisonne arrivée par le seul jeu d’une trahison interne, là un Dormeur du Val zurichois qui n’en peut plus de s’éterniser, là encore un éteignoir aux allures de souris grise, entre eux nulle cohérence, nulle épine dorsale, juste un septuor de fortune.
Alors oui, l’UDC monte. Et la faiblesse des autres partis, face à elle, est impressionnante. Et elle lance des initiatives. Et les autres partis, toujours en retard d’une longueur, ne font qu’élaborer des contre-projets à ces initiatives. Pourtant, Blocher n’est plus là (officiellement). Ni Maurer, qui se liquéfie d’inexistence au gouvernement. Mais la machine, bien rodée, continue d’elle-même. Les autres parviendront-ils, d’ici octobre 2011, à renverser la vapeur? Pour l’heure, rien n’est moins sûr.
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
S’il faut, pour avoir du charisme, tourner sa veste à longueur de législature et donner l’impression d’être prêt à vendre père et mère pour gagner une élection, alors oui, Christophe Darbellay est très charismatique. Ceci dit, si Pascal Décaillet a 7 noms de papables UDC pour le Conseil fédéral, on pourra toujours discuter…
AH!AH! Monsieur Druey, très bon! Je souscris!
J’aime bien M. Décaillet, mais évoquer le charisme de M. Darbellay tient de la faute de goût. Bientôt, on parlera de sa constance, vous allez voir…
Sans juger l’ensemble de l’article.
La prestation et l’argumentaire de M. Darbellay à la TSR hier soir (Infrarouge) étaient inaudibles, faibles et peu intéressants.
J’ose espérer que la Suisse romande trouvera un jour des politiciens plus combatifs, plus masculins, plus battants,… mais pas M. Darbellay qui pour le moment se contredit beaucoup. Mais j’ai peur que les vraies élites de Suisse romande ne deviennent ni journalistes ni politiciens mais finissent plus dans le monde des affaires ou les multinationales comme Nestlé…c’est notre problème à mon avis.