ico Suisse Ne touchez pas aux hauts salaires !

11 juin 2009 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Le gouvernement Obama a décidé de ne pas intervenir dans la rémunération des hauts cadres des entreprises américaines. En Suisse, on s’apprête à faire exactement le contraire. C’est une grave erreur, et un dérapage démagogique qui nous coûtera cher.

Oh! certes, on sait bien que le peuple réclame du sang, et qu’il votera probablement en faveur d’une limitation des rémunérations dans les entreprises, par pur esprit de vengeance. Les médias ont tant chauffé l’opinion publique, fabriqué son indignation et attisé sa haine des riches, que l’initiative Minder a de bonnes chances de passer la rampe.

Nos élus devraient avoir la sagesse affichée par la Maison-Blanche, qui a compris assez vite que, au-delà des effets de manches, l’économie avait besoin d’avoir les coudées franches plutôt qu’une camisole de force, tout particulièrement dans une crise comme celles que nous vivons. Tout au plus la loi américaine accordera-t-on une voix consultative aux actionnaires sur les rémunérations.

Pour une entreprise, financière ou autre, avoir les coudées franches, cela veut dire pouvoir engager les cadres supérieurs les meilleurs possibles. Et on sait bien qu’à ces niveaux-là, les meilleurs coûtent cher parce qu’ils sont rares. Ce raisonnement est d’une simplicité cristalline, mais il a de la peine à faire son chemin dans les esprits, soit qu’ils soient aveuglés par la colère, soit qu’ils soient embrumés par le dogmatisme obtus des socialistes roses et verts.

Curieusement d’ailleurs, chacun trouve normal qu’on club de foot paie des dizaines de millions pour un joueur, et il n’y a pas d’initiative Minder dans ce domaine. «C’est différent ! nous assure-t-on, ces garçons ont un talent exceptionnel !» Sans aucun doute, mais les managers de haut niveau aussi ont un talent exceptionnel, et c’est pourquoi, parfois, on les paie cher – beaucoup moins qu’un footballeur quand même !

Et les contribuables qui râlent parce que leur argent a été prêté à l’UBS pour la sauver, devraient être les premiers à combattre la limitation des rémunérations, s’ils veulent récupérer leurs sous! Si vous mettez le poste de CEO de l’UBS au concours, avec à la clé un salaire de conseiller fédéral, vous n’aurez que du troisième choix en termes de management, ce qui n’est pas de bonne augure pour le redressement de la banque.

C’est peut-être énervant mais c’est ainsi: dans un domaine aussi concurrentiel que la direction d’entreprises, c’est en grande partie le salaire qui fait la décision. Ainsi, entre un salaire de 450′000 francs et un salaire de 5 millions, les grosses pointures choisiront le deuxième, et on ne voit pas en quoi ce serait critiquable. Honnêtement, feriez-vous un autre choix?

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Commentaire de Pierre Santschi le 11 juin 2009 à 20:04

Je vous avais mis un commentaire plus fouillé que ce qui suit. Mais le “captcha” que vous faites mettre étant d’une illisibilité aussi grande que les salaires au mérite (lequel? Le mérite de savoir en mettre plein la vue de celui qui vous engage de par la prétention salariale que vous articulez?) des “grosses pointures” qui ont mis l’UBS dans la gonfle, vous avez perdu une partie du raisonnement, et gagné une phrase trop longue…

Commentaire de benoit falquet le 12 juin 2009 à 16:24

On peut aussi se dire que l’argent n’est pas la valeur suprême dans la vie et tenter de faire de son mieux sans avoir besoin d’une motivation financière. Il semblerait cependant que certains ne l’aient pas compris. En tous cas, je suis d’accord que le rendement de l’UBS soit moins bon que prévu si le trait de caractère le plus présent chez son directeur n’est pas une cupidité sans limite mais un bon sens de la justice sociale.

Commentaire de Daniel Fattore le 12 juin 2009 à 16:26

Question dérangeante, à laquelle je n’ai pas de réponse tranchée, puisque vous évoquez les gros sous du sport: d’où vient l’argent versé pour avoir tel ou tel sportif dans tel ou tel club?

Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 12 juin 2009 à 22:29

Pendant longtemps, je croyais à une telle argumentation. Et puis le monde du travail m’a démontré tout le contraire. Les plus qualifiés sont souvent mis à l’écart. Atteignent le sommet souvent les meilleurs “lèche-bottes”. Personne ne mérite un salaire de dizaine de millons. L’affaire UBS a elle seule en est la meilleure illustration.

Commentaire de Patricia Balestrini le 14 juin 2009 à 23:00

“chacun trouve normal qu’un club de foot paie des dizaines de millions pour un joueur” Je ne sais pas dans quel milieu vous vivez mais autour de moi personne ne trouve ça normal. Et je suis pour une limite de la rémunération de tous! Sportifs, directeurs de banque, pharma, etc.
” le peuple réclame du sang” Qui sont les carnassiers dans cette affaire?
Quant à l’esprit de vengeance que le peuple aurait envers les banquiers, pour ma part ce n’est pas le cas. Il s’agit juste de rétablir un semblant de justice sociale en réduisant l’écart entre les hauts et les bas salaires. Car ABSOLUMENT RIEN ne justifie ces rémunérations insensées.

Commentaire de Vincent Gilloz le 15 juin 2009 à 11:24

J’admire les personnes qui arrivent à défendre un système dont elles sont les propres victimes!
Les hauts salaires mirobolants favorisent l’accroissement des disparités au sein de la société. Ces disparités peuvent à leur tour générer des tensions sociales de plus en plus vives. Lorsque ces dernières surviendront, qui devra ouvrir son porte-monnaie pour essayer de les réduire (mesures de répression, mesures sociales, etc.) ??
D’autre part, comment justifier qu’une poignée de personne gagne en un jour ce que certains salariés peuvent à peine espérer au bout d’une année ?
Comment expliquer que certains privilégiés amassent des sommes colossales, même en temps de crise (par ex. primes de bienvenue), alors que d’autres sont contraints de se serrer la ceinture, quand ils ne sont tout simplement pas licenciés ?

Faut-il aussi rappeler que certains salaires sont fixés par les personnes mêmes qui bénéficient de ces traitements dorés (d’où un important risque que ces salaires ne soient plus en relation avec les postes en question).
A-t-on oublié que, quelles que soient vos compétences, une journée ne compte que 24 heures?
 Dès lors, il faut se poser la question si les salaires en question valent les sommes mises en jeu. Autrement dit, une équipe de personnes touchant des revenus plus modestes ne serait-elle pas capable de faire plus et mieux qu’un seul homme? Est-on arrivé, en ce début de XXIe siècle, à croire en la toute puissance de quelques hommes capables de faire tourner l’économie mondiale ? Est-ce que tout ceci n’est pas qu’une vaste fable servant avant tout les individus qui en profitent ?
Depuis plusieurs années, des responsables économiques, cupides et avides de pouvoir, ont mis en place un système qui leur permet d’en être les principaux bénéficiaires. Un système qui ne semble plus être destiné à servir l’homme, mais conçu de façon à contenter une poignée de privilégiés. Un système qui est de plus en plus étranger aux principes démocratiques pour lesquels l’homme s’est longtemps battu.

A ce sujet voir aussi les réflexions d’Hérvé Kempf : http://video.google.com/videoplay?docid=5830897980457146059

Commentaire de Philippe Eternod le 15 juin 2009 à 18:02

La justice sociale est, partiellement, rétablie par l’impôt.
Imaginez les finances municipales, cantonales et fédérales avec des salaires limités et regardez quelle part d’impôts du canton de Vaud est payée par les salariés déclarant plus chf 250′000.– De plus, ces salariés ainsi que leur employeur paient 10 % de ce revenu à l’ AVS. Un salaire de 10 mios représente 1 million de recette pour l’AVS et 200 000 francs d’assurance chômage!
Bien que l’argent ne soit pas la valeur suprême et que l’on puisse avoir d’autres motivations, ne soyons pas aveuglés par la jalousie ou la bêtise et ainsi scier la branche sur laquelle nous sommes si bien assis!

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Griffures



Les chiens, d’accord, mais pas les enfants!

Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.
S’il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.

Il faut savoir faire aboutir une initiative

La menace d’une initiative ou d’un référendum est un outil politique redoutable, et l’UDC ne se prive pas d’en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu’on sait s’en servir, et qu’on est capable de mener l’entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d’initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis…).

Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s’ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l’adhésion à l’UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c’est affaiblir la Suisse.



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