Il paraît que l’Union européenne «en a assez de la Suisse qui demande tout le temps des solutions particulières sur chaque sujet». C’est notre ministre des Affaires étrangères qui le dit, comme par hasard deux jours après un discours identique de l’ambassadeur de l’UE. En somme, Mme Calmy-Rey a choisi son camp. Contre la Suisse, et contre les Suisses.
Il est extrêmement inquiétant de voir que le lobbying en faveur de l’adhésion n’est plus seulement l’affaire de groupuscules engagés, mais provient de la tête même de l’Etat. Et la foucade de Mme Calmy-Rey apparaît curieusement coordonnée avec les menaces proférées par l’ambassadeur Reiterer cette semaine dans les médias qui se précipitent. De là à penser que la ministre et le commis-voyageur de l’UE se sont concertés pour administrer un petit électrochoc aux Suisses, il n’y a qu’un pas.
Mme Calmy-Rey a ajouté que les exigences de la Suisse coûtent cher à l’UE, et que plus généralement «la voie des bilatérales n’est pas un chemin parsemé de pétales de rose. Cela devient de plus en plus complexe et l’on prend le risque de se perdre dans les détails et de ne plus voir l’ensemble.»
Personne n’a jamais dit que la voie bilatérale serait facile. Mais il faut rappeler dans le même temps que pour les pays membres, la voie de l’adhésion est encore plus difficile! L’Union à 27 est en réalité une grosse machine à deux vitesses, avec des membres nettement plus égaux que les autres, où le vrai pouvoir se partage entre Paris et Berlin. Le «reste» n’est que menu fretin, condamné à suivre sans piper mot.
L’immense chance de la Suisse consiste précisément, malgré l’effet rouleau compresseur de l’UE, malgré sa petitesse, à pouvoir réclamer des solutions particulières. En dehors de l’Union, elle a encore un petit mot à dire, et tant pis si cela énerve tout le monde; à l’intérieur, elle serait condamnée à suivre sans discuter, et ne pourrait même pas rêver de solutions particulières.
De toute façon, et jusqu’à preuve du contraire dans les urnes, les Suisses tiennent à la voie bilatérale. Dès lors, le rôle du gouvernement en général, et de la ministre des Affaires étrangères en particulier, est de défendre ce choix, non de le dénigrer et de le saboter dans des cercles divers. Les Suisses attendent de leur gouvernement qu’il défende la position qu’ils ont choisie démocratiquement – les bilatérales – et non qu’il joue le jeu de la partie adverse.
Si vraiment Mme Calmy-Rey ne se sent pas en mesure d’assumer sa tâche conformément aux vœux du peuple, personne ne l’oblige à rester à son poste. Il serait même préférable qu’elle le quitte: ce serait la moindre des marques de respect envers les Suisses.
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
Et il fallait entendre Matthey-Doret ce matin 18 novembre sur La Première! Il interrogeait le représentant de l’UE en Suisse. Fort modéré, ce dernier, alors que l’animateur essayait à toute force de lui faire dire que le pire était réservé à la Suisse si elle n’adhérait pas à l’UE. Un journaliste, ça? Non, un propagandiste qui profite de chaque opportunité pour délivrer son «message». Honte à la RSR!
Depuis le temps qu’elle est manipulée par un de ces mouvements occultes, pro-européens, il semble effectivement qu’il est impératif qu’elle lâche la rampe.
Nous ne dénombrerons pas ici le nombre de ses réussites: ce ne serait pas assez fastidieux.
Nous continuerons, nous SUISSES, notre petit chemin sans l’aide de Cruella!
Monsieur Barraud, lorsque vous écrivez que “L’Union à 27 est une grande marche à deux vitesses(…) où le vrai pouvoir se partage entre paris et Berlin, le reste étant du menu fretin”, il faut avoir vu l’émission
“C dans l’air” du 11 nov. “La flamme franco-allemande” pour constater que vous avez tout juste.
Vers la fin du débat,Yves Calvi lit lintervention par sms d’un téléspectateur:
“Curieux comme les Français, comme d’habitude, se prennent pour le centre du monde avec l’Allemagne”, signé un Belge.
Gros éclats de rire sur le plateau.
Elie Cohen prend la parole pour se moquer scandaleusement de la Belgique ( du menu frotin certainement) à travers son 1er ministre VanRompuy dont le nom avait été avancé comme président potentiel de l’UE début novembre à Bruxelles lors du sommet des chefs d’Etats et de gouvernements.. De plus, comment mettre à la tête de l’UE un président au nom imprononçable?!!
Yves Calvi se disait géné vis à vis des téléspectateurs belges dont le pays, parce que petit, était ainsi méprisé..
Alors, si nos élus sous la coupole pensent qu’en entrant dans l’UE on leur attribuera une place de choix, ils se mettent le doigt dans l’oeil!
J’espère que les Suisses ne se laisseront pas avoir à l’usure et sauront résister à la pression…
Europe ou non, il faudra des articles un peu plus fouillés pour porter le débat.
C’est assez coquasse de voir la colonne adjacente annoncer la mort du journalisme d’investigation !
Tiens, c’est le 1er ministre belge “au nom imprononçable” qui a été élu président de l’UE.
J’ai cru comprendre, en écoutant certains commentaires sur une chaine française (peut-être des gens dépités comme doit l’être Elie Cohen?)que l’on avait mis à la tête de l’UE un homme politique un peu palôt , à dessein…
“Palôt” en apparence seulement car adoubé par le Groupe Bilderberg avant l’élection (selon la presse belge elle-même !). Ce qui ne fait que confirmer qui dirige et vers quel but…
Ah, le groupe Bilderberg que nos bons journalistes encartés, d’habitude si curieux et incisifs, ne semblent pas pressés de connaître
))))
http://www.youtube.com/watch?v=Q5qaK5HRyk0
Jamais entendu, par exemple, aucun journaliste suisse questionner Pascal Couchepin sur son appartenance à cette organisation obscure et peu démocratique.
Ceci montre bien que le véritable travail du journaliste encarté, ce n’est pas la relation des faits, mais au contraire l’encadrement de l’information dans un sens systémique, soit au profit de l’économie transnationale, soit au service des ingénieurs sociaux.
Il y a toujours eu des journalistes pro-gouvernementaux, c’est aussi ça la liberté d’expression. Nul besoin de les suivre pour autant. Quant à Cruella, je ne suis pas certain qu’elle joue “contre la Suisse”. Depuis qu’elle est à Berne il me semble qu’elle a acquis une réelle expérience des AE, même si cela n’est pas totalement perceptible à notre niveau. De plus, comme l’ancien CF Graber, elle semble avoir quitté son étiquette socialiste pour s’accorder à la réalité des situations, et on va pas lui faire un procès pour son voile en Iran. On attendait par contre beaucoup mieux de notre CF Merz qui a déçu largement dans ses initiatives lybiennes. Ne nous trompons donc pas de cible.
A propos de la fidélité des conseillers fédéraux envers les volontés du peuple suisse, je serais curieux de lire les commentaires (certainement incendiaires…) de M.Barraud à propos du coup d’éclat de M.Blocher dénigrant une loi suisse (votée par le peuple souverain) en Turquie… Vous serait-il possible de me rappeler les références de cet article indigné de M. Barraud… si jamais il existe?
Merci
Bonne journée