Qu’un ministre de la Confédération suisse passe trois jours dans un Etat voyou pour tenter – sans succès – d’arracher la libération d’otages, voilà qui en dit long sur l’idée qu’on se fait, à Berne, de la dignité de la Suisse.
Ce séjour de Mme Calmy-Rey à Tripoli est une étape de plus dans l’humiliation de la Suisse face au dictateur libyen. En agissant ainsi, la Suisse se pose en coupable qui vient quémander un pardon. Or, s’il y a un coupable dans cette affaire, c’est bien l’Etat libyen, qui a délibérément pris en otage deux ressortissants suisses innocents. Si quelqu’un doit s’excuser dans cette affaire, c’est le gouvernement libyen.
On imagine bien qu’en montant cette opération, M. Calmy-Rey avait en tête un coup médiatique d’enfer: ramener les otages dans son avion! Las… L’adversaire s’est avéré plus coriace que prévu, et la ministre a fait chou blanc. Or dans ce genre de manoeuvre, on n’a pas droit à l’échec car les conséquences, pour la Suisse, sont catastrophiques. Elle s’est abaissée pour rien, et n’a pas réussi à faire libérer les otages, elle a réussi seulement à satisfaire l’orgueil du clan Kadhafi, qui doit bien s’amuser aujourd’hui de l’humiliation faite à la Suisse.
Il serait intéressant de savoir si le Conseil fédéral a donné cet aval à ce qui s’avère être une aventure désastreuse, ou s’il s’agit d’une initiative personnelle. Dans les deux cas, le parlement serait bien avisé de demander que toute la lumière soit faite, voire de diligenter une commission d’enquête parlementaire. On ne peut en effet pas accepter de voir la Suisse se rouler indéfiniment aux pieds d’un tyranneau africain.
Pour la Suisse officielle, il est temps de dire que cela suffit. Il est surtout temps de changer de stratégie. La diplomatie brouillonne de Mme Calmy-Rey s’est enlisée dans les sables. Il faut maintenant envisager des sanctions contre la Libye – non pas en prenant des otages libyens, la Suisse n’est pas un Etat voyou ! – mais en la dénonçant auprès des Nations Unies, et en prenant des mesures contres les intérêts libyens en Suisse. On pourrait commencer par retirer l’autorisation d’exploiter de la raffinerie Tamoil à Collombey, qui par ailleurs viole allègrement les lois en matière de protection de l’environnement.
Parallèlement, il faut continuer à envisager l’exfiltration discrète des otages, même si la chose eût été beaucoup plus facile dès le début de leur détention. Cette idée, que nous avons émise le 15 mai sur Commentaires.com, a été reprise notamment par le Conseiller aux Etats neuchâtelois Didier Burkhalter. Nous en avons les moyens, et c’est un risque à prendre – un risque pas plus grand en tout cas que celui pris par Mme Calmy-Rey, dont le département croit pouvoir se prévaloir de «progrès significatifs» – ce qui, en langue de bois, veut dire qu’on n’a pas avancé d’un iota.
Le même jour, le Conseil fédéral parvient à liquider le Haras national et 160 lignes de bus régionales, et à jeter 290 millions supplémentaires par les fenêtres au titre de l’aide aux Pays de l’Est.
Pour la même somme, on aurait pu maintenir une dizaine de haras nationaux et de lignes de transports publics.
Evidemment, c’est en Suisse…
Admirable, ce canular de la caserne de Bière! Et révélateur de la légèreté des médias qui, tout affairés à tirer sur l’armée, se dispensent des vérifications élémentaires. Le plus accablant est que tous, sans exception, ont repris sans le moindre esprit critique la vidéo du Blick, et l’ont présentée comme un fait divers authentique.
Espérons que cela servira de leçon, car ce genre de mystification est appelé à se multiplier, si les médias persistent à privilégier l’immédiateté à la vérité. Et cela pourrait porter sur des sujets autrement plus graves qu’un bizutage bidon.
Qui a dit que la qualité de la presse s’effondrait?
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Calmy-Rey : A la porte!!!!
Vous rêvez M. Meyrat ! Les Suisses, tout au moins leurs parlementaires, ne mettent pas à la porte les incompétents, mais les compétents!
Grands Dieux, mais entendre ainsi répéter que l’exfiltration de ces détenus suisses en Lybie est militairement possible me fait sérieusement douter de la compétence de certains en matière d’interventions armées. Avec quels avions de transport, quels ravitailleurs, quels hélicoptères d’assaut, quelle flotte navale d’appui ? Et quels moyens électroniques et humains de renseignement en préparation de la mission ? Une telle opération serait déjà délicate à monter pour une grande puissance dont les forces sont déjà habituées depuis longtemps aux opérations sur des théâtres extérieurs. Alors la Suisse dont l’armée de milice est conçue pour la défense exclusive du territoire (je précise que je trouve cette structure traditionnelle très bien ET pleinement suffisante), franchement ! Je vous aime bien, Monsieur Barraud, et je lis toujours vos billets avec plaisir et intérêt et je peux imaginer que la chose armée vous est un peu étrangère. Mais quand j’entends un Didier Bürckhalter, possible conseiller fédéral, émettre des propositions aussi saugrenues, avec une candeur qui laisse transparaître des vapeurs d’incompétence, je m’interroge sur notre personnel politique (les autres, sont-ils aussi nuls dans leur domaine de compétence supposé ?) et je frémis d’angoisse !!!
En effet… Quel service secret aurait la compétence – et l’audace – de mener une opération en Libye, à part le Mossad? Certainement pas des barbouzes helvétiques. Sauf que (c’est vrai, je l’ai constaté) le Schwyzerdütsch contient des sons familiers aux Arabes, qui apprennent facilement à le prononcer… ça pourrait donner le change…
Pour ce genre d’opération nous pourrions la confier aux israéliens!
Mais la meilleures solution, à mon avis eut été dès la prise des otages suisses, de “geler” les avoirs de la famille Kadhafi, et interdire l’exploitation de la raffinerie Tamoil. maintenant, c’est trop tard et je ne vois pas de solution. L’affaire des infirmières bulgares dura quelques 7 ans si mes souvenirs sont bons. Et je ne crois pas que ce soit les beaux yeux de Cécilia, ex-Mme Sarkosy qui ont permis de dénouer l’affaire. Tant que la communauté internationale n’aura pas le courage d’aller donner une fessée au personnage et continuera à le “reconnaitre” ,( mais quoi.le pétrole,encore le pétrole..et les peuples veulent du pétrole, ils n’en ont rien à cirer des otages) il n’y aura pas d’autres solutions que de faire des courbettes si l’on veut sauver la vie des otages, ou, comme je l’ai dit plus haut faire appel aux Israeliens, ce sont les seuls capables d’une telle opération.
Comment peut-on maintenir cette farfelue
de Calmy Rey dans une position de responsabilite ???
Et nos parlementaires ne reagissent pas !!
Quelle honte
La non-faisabilité d’une opération de commando nationale étant établie, passons à l’hypothèse tout aussi saugrenue de la sous-traiter à Israël. Tout d’abord, pour quelle raison Israël accepterait, étant donné que cette affaire ne concerne en rien les intérêts stratégiques de ce pays ? Ensuite, pourquoi Israël ferait forcément mieux, étant donné que ses forces ne sont apparemment pas capables ni de libérer ni même de localiser un de ses soldats toujours détenu au Liban ?
Soyons un peu sérieux, je n’éprouve pas une sympathie exacerbée envers Madame Calmy-Rey, mais je trouve cependant discutable que certains s’en prennent à elle pour des raisons profondes qui ont fort peu à voir avec un attachement pour notre pays, la Suisse.
Quant au fait de mettre en balance deux individus avec l’intérêt général de toute une nation, je vous dirais que ce débat ne peut être simplement écarté, à une période où un membre éminent d’un parti suisse questionne les conditions de survie physique d’une minorité par rapport aux intérêts financiers de la majorité.
Plus précisemment, pour être en mesure de sauver ponctuellement quelques individus, la nation devrait ici dépenser plusieurs centaines de millions en matériel militaire, tout en modifiant fondamentalement l’identité fonctionnelle et structurelle de notre défense. Le jeu en vaut-il la chandelle ? On se permet de se poser cette question en matière de santé, pourquoi serait-il interdit d’en débattre en matière de sécurité ?
Monsieur Barraud, vous êtes un donneur de leçon, une fois encore. Que savez-vous de ce qui a présidé à la décision de ce voyage? En quel terme Mme Calmy-Rey a parlé avec la famille des deux Suisses retenus? etc. Votre arrogance m’attriste. Quant aux propositions diverses (exfiltration/Israël), je les qualifierai de déraisonnables et dangereuses, ouvrant la porte à une escalade de la violence sans fin.
Dans cet événement,
«chacun a raison de son propre point de vue, mais il n’est pas impossible que tout le monde ait tort.» (Gandhi).
Trop drôle, édito d’Alain Jeannet dans l’Hebdo de cette semaine où il évoque la grande compétence de Didier Burckalter en matière militaire. Hypothèse 1: Alain Jeannet ne connait rien non plus en matière militaire. Hypothèse 2: comme le rédacteur en chef de l’Hebdo voue une haine quasi patholique envers l’UDC, il préférerait louer les qualités imaginaires de n’importe quel politicien de seconde zone plutôt que de favoriser Fulvio Pelli, plus UDC-compatible. Bien entendu, les deux hypothèses peuvent, conjointement, correspondre à la réalité.
Monsieur Bär, ne parlez donc pas de ce que vous ne connaissez pas.
Une opération d’exfiltration par définition, est une opération furtive, menées par de petits groupes de commandos.
Nul besoin de flotte navale, de ravitailleur, de bombardiers nucléaires ou autres, à moins que vous ne vouliez aussi envoyer un fax à la famille Kadhafi pour qu’elle assiste à la fête ?
Il suffit de l’appui de la Tunisie ou de l’Italie, voire la mise à disposition de 2 hélicoptères suffiraient.
Nous avons un détachement de reconnaissance, des parachutistes de qualité et des grenadiers formés à ce genre de missions.
Une fois de plus, il suffit de quelques grincheux de votre espèce pour dénigrer le pays à la manière d’un Charles Poncet.
Prenez vos amis Merz, Clamy-Clown et Poncet par la main et allez voir ailleurs si j’y suis.