La décision de Migros d’identifier comme tels les produits provenant des territoires occupés par Israël est une prise de position politique détestable. Et le souci de «transparence» revendiqué n’est pas crédible, tant celle-ci manque de rigueur dans les grandes surfaces.
On ne sait quelle mouche a piqué les dirigeants de Migros; sans doute ont-ils cédé face au harcèlement des lobbies pro-palestiniens, particulièrement actifs en Suisse. C’est qu’il est de bon ton aujourd’hui, chez les bobos, de prendre le bon peuple palestinien sous son aile paternaliste, comme on le faisait autrefois pour le bon peuple vietnamien.
Au reste, la mention prévue, «Cisjordanie [ou Jérusalem-Est], zone de peuplement israélienne», n’est pas d’une grande clarté, et résulte sans doute d’un compromis longuement élaboré.
La démarche de Migros en condamnable parce qu’elle s’égare sur un terrain politique brûlant, et parce qu’elle n’est pas cohérente. Parmi les milliers de produits de son assortiments, beaucoup proviennent de régions politiquement instables, de territoires revendiqués par tel ou tel pays, et cela n’est pas mentionné sur les étiquettes. De même, Migros a récemment négligé d’indiquer qu’un lot de riz contenaient bien davantage de pesticides qu’autorisé; elle ne dit pas non plus que des produits importés sous le régime du Cassis de Dijon sont d’une qualité si médiocre qu’on ne pourrait même pas les produire en Suisse. Le souci de transparence ne va manifestement pas jusque là…
De même, Migros (et les autres distributeurs) se garde bien d’indiquer que d’innombrables produits sont bourrés d’huile de palme (essayez donc de trouver de la pâte feuilletée au beurre, produit local, plutôt qu’à l’huile de palme: chiche!): pourquoi? Parce que la loi, par ailleurs bien laxiste, lui permet de camoufler ce produit, dommageable pour la santé des humains et pour la planète, sous l’appellation trompeuse d’«huile végétale». Alors pardon, mais pour le souci de transparence, vous repasserez !
Au reste, on peut se demander si les consommateurs sont aussi soucieux de transparence qu’on le croit, aussi attentifs à l’origine des produits. Lorsqu’on voit des fraises espagnoles et des asperges péruviennes se vendre à coups de palettes entières dans les grandes surfaces, on se dit que les consommateurs attentifs sont une toute petite minorité, au même titre que les consommateurs de bio. Pour la grande masse des consommateurs, seul compte le prix. Que le produit sont récoltés par des esclaves ou des enfants n’a aucune importance, d’ailleurs, cela non plus n’est pas mentionné sur les étiquettes.
On se demande enfin si Migros s’est interrogé sur l’impact de la mention: «Cisjordanie [ou Jérusalem-Est], zone de peuplement israélienne», et ses conséquences locales. Si les clients les boycottent pour punir les «colons» Israéliens et par solidarité avec les Palestiniens, ils puniront surtout ces derniers, puisque les producteurs israéliens leur fournissent du travail. Pas sûr que les salariés palestiniens soient heureux de se retrouver au chômage, grâce à la solidarité des consommateurs suisses…
Samedi matin sur Espace 2, un chroniqueur dont je n’ai pas retenu le nom a violemment critiqué Mme Jacqueline de Quattro, qui avait constaté que chez nous, les droits des criminels sont mieux défendus que ceux des victimes. La ministre vaudoise aurait ainsi abusé de sa position pour faire connaître son opinion.
C’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre: le chroniqueur d’Espace 2 n’a-t-il pas abusé outrageusement du privilège que lui offre la RTS, pour régler ses comptes et faire connaître son opinion à lui?
Ancien directeur au HCR, M. Alexandre Casella n’a pas pour autant sa langue dans sa poche. Dans une interview roborative sur l’immigration (24 Heures du 23 mai 2013), il dit tout le mal qu’il faut penser du militantisme des églises opposées au renforcement de la Loi sur l’asile: «J’ai été ébranlé de constater à quel point [les Eglises] connaissent mal le dossier. Et de voir que n’ayant aucune responsabilité dans la mise en pratique de ce qu’elles prêchent, elles se permettent d’autant plus de dire n’importe quoi».
+100% d’accord pour le scandaleux “mal-étiquetage” de l’huile de palme en “huile végétale” et encore faut-il chercher, avoir une loupe, ET de bons yeux, ET perdre beaucoup de temps.
+100% d’accord pour les mauvaises indications d’origine de manière générale et le manque de transparence pour l’énergie grise.
Un étiquetage clair sur les kW/kg d’énergie grise pour les produits frais, permetterait de clarifier…
Pendant qu’on y est, pourquoi pas indiquer en Fr. le coût total des appareils électrique qui inclut leur consommation prévisible durant leur durée de vie additionnée au prix d’achat ? Et indiquer en même temps que la durée de vie prévue et donc le coût total annuel ? Ceci rendrait les appareils “chers” bon marché, et permettrait de privilégier la qualité de conception énergétique au prix de vente.
Par ailleurs, la Migros a toujours fait de la politique “économique” directement et indirectement aussi. Par exemple pendant longtemps on n’y trouvait que des oranges Jaffa, puis plus du tout. Puis que de l’ail…de Chine! Comme quoi certaines origines sont plus “sensibles” que d’autres.
Pas d’accord du tout M. Barraud!
Ces produits étaient marqués, -que les consommateurs aient une visibilité sur/fassent attention à- ses marques ou pas- “produce of Israël” .
C’est le “Eretz (grand) Israël” , résultat sous forme de “fait accompli” de près d’un demi-siècle de colonisation effrénée.Condamnée
à répétition par les Nations Unies, hormis le véto américain systématique.
Quant à votre référence aux” producteurs israeliens qui fournissent du travail” aux palestiniens, elle rappelle hélas la propagande nazie (Vichy compris) en quête de main d’oeuvre taillable et corvéable à merci dans l’Europe occupée.
Bref, déjà contrarié par votre lubie anti-nucléaire, je quitte ce site. Adieu!
M. Esperet, votre réaction de bobo puéril qui tape du pied et boude est ridicule. Bon voyage !
Allons, M. Esperet…
Moi non plus je ne suis pas sur la même longueur d’ondes que M. Barraud sur le nucléaire, mais on est là pour discuter…Vous fâchez pas!
Ceci dit, je suis d’accord avec M. Barraud sur l’attitude de Migros qui cède au “politiquement correct”; à moins que ce soit sous la pression de nos “Zélites” bienpensantes, elles-mêmes peut-être mises sous influence…
J’opterais pour la mise sous pression… Car quel intérêt y a-t-il à inciter certains consommateurs défavorables à Israel à ne pas acheter des produits mis en vente ?
C’est complètement contre-productif pour le distributeur…
L’indication “Cisjordanie” n’est-elle pas suffisante?
Est-ce qu’on demande à Migros et à d’autres, d’indiquer sur les étiquetages des produits importés d’Espagne , les conditions de travail des saisonniers marocains ?
Ceci dit, j’aimerais bien retrouver mes oranges de Jaffa, c’est les meilleures..avec celles d’Italie.
Malheureusement on nous inonde de produits espagnols dans lesquels les écologistes feraient bien d’aller mettre leur nez .
M. Barraud est habile de noyer le problème sous la question de la “transparence”.
M. Barraud est subtil de laisser croire que les Palestiniens souffriraient du boycott des consommateurs.
Mais M. Barraud n’explique pas pourquoi il soutient que ce sont des producteurs israéliens qui donnent du travail aux Palestiniens en Palestine même.
Serait-ce que ces derniers sont d’incorrigibles et paresseux incompétents ? Ce lumpenproletariat qu’il décrit et dont la survie ne dépendrait que de la main charitable (et généreuse, faut-il dire, sinon on risque des ennuis) de la puissance tutélaire s’est-il réduit lui-même à cette situation ?
A qui appartenaient les terres que cultivent les habitants de la Palestine et à qui appartiennent-elles aujourd’hui ?
Seraient-ils si vénaux qu’il ont joyeusement bradé la terre de leurs ancêtres, comme on nous le laisse entendre ?
Alors, comment ne pas se sentir en droit d’occulter leur travail et leur terre en l’estampillant du label “made in Israel” quand bien même cela est produit en Palestine par des Palestiniens ?
Et si quelqu’un manifeste son désaccord, ne devrait-on pas user à son encontre de l’arme fatale en l’accusant d’antisémitisme ? ça marche à tous les coups.
Quand admettra-t-on que les Palestiniens sont aussi des êtres humains ?
Serait-ce parce qu’ils ne partagent pas nos religions occidentales qu’on ne leur accorde ni leur place ni notre intérêt ?
La Migros a pris une excellente initiative et c’est à espérer que la Coop suive son exemple.
Je n’achète jamais de fruits et légumes en provenance d’Espagne et d’Israël et c’est mon droit en tant que consommateur dont je n’ai pas à me justifier devant qui ce soit. De même je n’achète ni fraises, ni asperges en décembre alors qu’il suffit d’attendre quelques mois pour déguster des produits de chez nous.
Comme il ne me viendrait jamais à l’idée d’acheter une voiture française ou allemande car depuis toujours mon choix s’est porté les véhicules d’Outre-Manche.
J’ai cru rêver, hier à la radio, en entendant Claude Ruey s’exprimer pour cette mesure prise par la Migros. Je me souviens encore de lui, lors de l’initiative sur la libre-circulation des personnes, aligné-couvert comme un gentil “shabbat-goy” entre Ruth Dreifuss et Rolf Bloch, qui pilotaient alors le comité contre le texte de l’UDC. Et le voilà, en bon protestant humaniste, qui approuve aujourd’hui une mesure clairement anti-isréalienne !
Evidemment, les milieux pro-juifs (ah, la chronique “humoristique”, hier de Pascal Bernheim, superbe exemple d’inversion accusatoire) ne comprendront jamais que leurs “valeurs d’ouverture et de tolérance”, dont ils nous gavent comme des oies depuis des décennies (personnellement, j’avale plus) et dont Claude Ruey n’est que le perroquet mécanique, oui, il ne comprendront jamais que ces “valeurs” se retournent gentiment contre eux, contre leur communauté et contre Israël, comme un gigantesque et très paradoxal boomerang.
Vous voulez être tranquilles ?
Alors, commencez par laisser tranquilles les “nationaux” !!!
Cristalline illustration de mes propos en vidéo, à 0.35 ‘
http://youtu.be/CmIhP1GYk1s
Tant que les “valeurs” (ici, la “migrophilie” allogène) n’atteignait que “l’autochtonat”, ça passait ; mais maintenant que les “valeurs” se retournent comme un grand coup de bâton dans la face contre les intérêts juifs et isréaliens, là, ça surprend et pas en bien !
Et oui Messieurs, fallait pas lancer la machine, ; pas besoin de venir pleurnicher, maintenant !
Car il faut bien prendre en compte ce paramètre : la “palestinophilie” en Occident n’est jamais que le stade terminale des valeurs progressistes juives.
Et encore un superbe exemple de ce paradigme “Israël/nazisme – Sharon/Hitler” :
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Quant à votre référence aux” producteurs israeliens qui fournissent du travail” aux palestiniens, elle rappelle hélas la propagande nazie (Vichy compris)…
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C’est ce que disait Pierre Gripari, “c’est Israël qui s’est condamné tout seul à Nuremberg”.
En effet, c’est aujourd’hui au nom des plus “belles valeurs” d’ouverture et de tolérance, valeurs utilisées jusque ici pour contenir les “natios” d’Europe, que les belles-âmes humanistes et éclairées (comme un Claude Ruey, figure quasi-archétypale de ce positionnement) se retournent désormais, pleins de bonnes intentions, contre Israël.
Il y a aussi le fait que la dichotomie entre la propagande pour la diversité, ici, et l’ethno-nationalisme, là-bas, devient de plus en plus difficile à “cacher sous le tapis”.
Je précise évidemment que l’ethno-nationalisme est un concept que je juge parfaitement pertinent.
“terminal” sans “e” et “pleines” au lieu de “pleins”, évidemment.
Sinon, cette mesure me paraît bien hypocrite.
Par exemple, je suis contre la peine de mort, mais j’ai besoin d’un nouvel appareil-photo. Vais-je boycotter le Japon, au prétexte que ce pays pratique la peine capitale?
Au regard de ce qui se passe au Tibet, la Migros va donc se débarrasser de tous ses produits chinois ? Ou ne plus rien commander au Brésil, en raison de la situation des “petits peuples”, là-bas ?
Non, ce genre de mesures, pour rester intellectuellement honnête, doit être appliqué à tout le monde ou à personne et non pas fluctuer selon l’agenda politico-moraliste du moment.
selon M. Barraud, la démarche de Migros est condamnable parce qu’elle s’égare sur un terrain politique brûlant.
Pour un blog qui se réclame d’une résistance obstinée face aux assauts du politiquement correct, cette appréciation détonne.
Résistance certes, … mais pas au point de s’y brûler.