ico Suisse L’USAM et la droite parlementaire veulent mener les salariés à la trique

10 novembre 2017 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

L’USAM veut remettre les Suisses au travail – à la redresse ! Semaine de 50, voire 54 heures, travail 7 jours sur 7, périodes de repos diminuées, «flexibilité» dans l’engagement des salariés… C’est le retour du libéralisme manchesterien, et il a des chances de passer au parlement !

Comme quoi les acquis sociaux ne le sont jamais pour toujours… Cette formidable péjoration des conditions de travail, qui ne s’accompagne évidemment d’aucune amélioration des salaires, au contraire, est supposée répondre aux besoins de l’économie, qui doit pouvoir répondre à ceux de ses clients de manière plus souple, voire aux demandes des salariés eux-mêmes dans l’organisation de leur temps de travail. Sur ce dernier point, on ose émettre quelques doutes: les personnes travaillant en Suisse veulent-elles vraiment travailler plus de 50 heures par semaine ? Veulent-elles faire encore plus d’heures supplémentaires avec moins de compensations ? Veulent-elles pouvoir être engagées et virées d’un claquement de doigts selon les besoins de l’employeur ?

Ces propositions ébouriffantes de l’USAM et leur caractère trumpien ne tombent pas du ciel. Elles s’intègrent dans une tendance forte au durcissement des conditions de travail, que chacun peut observer autour de lui, et qui résulte lui-même de la tendance mondiale à l’ultra-libéralisme, à la concurrence féroce, à la recherche du profit maximum pour des actionnaires insatiables. On appelle cela la croissance, son coût environnemental et humain est catastrophique, mais de cela tout le monde se fout royalement, à commencer par la classe politique.

En effet, les propositions de l’USAM, loin de susciter la moindre réprobation, sont au contraire soutenues par des ténors du parlement, tels la PLR Karin Keller-Sutter, le PDC Konrad Graber et le PLR Hans-Ulrich Bigler – entre autres, tous venus à la rescousse de Jean-François Rime, l’UDC patron de l’USAM. Ces soutiens signifient que la réforme de la Loi sur le travail exigée par l’USAM a de bonnes chances d’aboutir politiquement: la droite, majoritaire, plus arrogante que jamais, emmenée par un Conseiller fédéral à la botte de l’économie, peu compétent mais obéissant, est prête au coup de force.

Jean-François Rime prétend que «le peuple veut le maintien et le renforcement d’un marché du travail libéral» – formule qui veut dire tout et son contraire. Pas sûr que le peuple qui travaille veuille être pressé comme un citron et n’avoir pour perspective que les conflits familiaux et le burnout. Le mieux sera de le lui demander, le moment venu.

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Commentaire de François de Montmollin le 10 novembre 2017 à 18:33

Et ce n’est qu’un début, le bon peuple devra encore payer les frais monstrueux engendrés par le pont aérien de Mme Sommaruga sans parler du logement qu’il faudra bien procurer à tout ce beau monde !

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