Il est regrettable que le Grand Conseil vaudois soit entré en matière sur un assouplissement de la loi antifumée, ou de son règlement d’application. C’est d’autant plus regrettable que les arguments invoqués pour expliquer les difficultés des cafetiers sont mensongers.
Les cafetiers-restaurateurs pleurent misère, menacent de licencier du personnel, et envoient leur lobbyiste en chef, Frédéric Haenny, bringuer à la tribune du Grand Conseil, toujours très attentif à cette corporation, pour faire assouplir la loi antifumée. Car bien sûr, c’est là la cause de tous les problèmes! Certes, il est probable que quelques habitués, fumeurs invétérés, aient déserté leur pinte habituelle, même en terrasse. Mais les causes de la désaffection des débits de boisson sont ailleurs. Il y a d’abord l’évolution des habitudes sociales et de consommation. Le café du coin ou du village n’est plus le lieu de rendez-vous quotidien obligé, l’agora du soir: les gens ont d’autres occupations, d’autres cercles de socialisation, d’autres habitudes en matière de consommation d’alcool.
Mais le principal problème des bistrots, c’est… la pléthore de bistrots. Depuis que le Grand Conseil a, de manière désinvolte, supprimé la clause du besoin dans la Loi sur les auberges et débits de boissons, en 1995, le nombre d’établissements divers, du kebab à la boîte de nuit plus que louche en passant par le restaurant gastronomique, a explosé. Chacun s’est soudain senti naître une vocation de patron de bistrot, imaginant que c’était une sinécure, alors que c’est un des métiers les plus durs qui soient. Il faut travailler comme une bête de somme, et cela ne suffit pas toujours, précisément parce que l’offre dépasse la demande.
Le Grand Conseil veut-il donc que l’Etat vole au secours d’entreprises vouées à la faillite, en bafouant au passage une volonté populaire exprimée on ne peut plus clairement? En libéralisant la création d’établissements publics, le canton n’a pas offert à ceux-ci une assurance-vie: il a ouvert la porte à une prise de risque économique. Pourquoi pas, mais c’est alors aux principaux intéressés d’assumer la casse, et d’accepter que le marché se charge d’assainir une profession où manifestement il y a trop d’acteurs.
En 2009, dans le canton de Vaud, 471 entreprises ont fait faillite. Le Grand Conseil ne s’en est pas beaucoup préoccupé, parce que c’est la dure règle du jeu économique. Pourquoi ferait-il une fleur à un secteur professionnel particulier? Qu’on nous comprenne bien: les intérêts des cafetiers-restaurateurs sont parfaitement respectables et légitimes, et ils doivent être défendus. Mais il est hors de question de remettre en cause une mesure – l’interdiction de fumer – qui défend des intérêts bien supérieurs, ceux de la santé publique, ceux de la population dans son ensemble. Tous ceux qui, en novembre 2008, on plébiscité l’interdiction de fumer, ne comprendraient pas que la fumée revienne par la petite porte de fumoirs «assouplis».
Le Grand Conseil ferait certainement œuvre plus utile s’il remettait sur le métier une clause du besoin: rétrospectivement, cette mesure apparaît comme sage et efficace.
Le même jour, le Conseil fédéral parvient à liquider le Haras national et 160 lignes de bus régionales, et à jeter 290 millions supplémentaires par les fenêtres au titre de l’aide aux Pays de l’Est.
Pour la même somme, on aurait pu maintenir une dizaine de haras nationaux et de lignes de transports publics.
Evidemment, c’est en Suisse…
Admirable, ce canular de la caserne de Bière! Et révélateur de la légèreté des médias qui, tout affairés à tirer sur l’armée, se dispensent des vérifications élémentaires. Le plus accablant est que tous, sans exception, ont repris sans le moindre esprit critique la vidéo du Blick, et l’ont présentée comme un fait divers authentique.
Espérons que cela servira de leçon, car ce genre de mystification est appelé à se multiplier, si les médias persistent à privilégier l’immédiateté à la vérité. Et cela pourrait porter sur des sujets autrement plus graves qu’un bizutage bidon.
Qui a dit que la qualité de la presse s’effondrait?
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Quels sont les intérêts supérieurs concernant la délivrance d’alcool à tout un chacun?L’alcool est un problème de santé publique et de coûts sociaux plus grave que la fumée.Ne tombez donc pas dans le clan des liberticides du genre Rielle qui n’existerait pas sans la cigarette:ni comme médecin,ni comme politicien!De plus,si un certain lobby avait la main sur le tabac et son industrie,les fumeurs auraient encore de beaux jours devant eux!
De plus,pourquoi encore taxer le tabac,puisque les fumeurs sont désormais interdit de partout?
Je comprends bien le fond de votre article,mais il n’était pas nécessaire de hurler avec les loups!!!
à Mr. Meyrat :
Que viennent faire l’alcool et les taxes du tabac dans ce commentaire ? Hors sujet. Le thème est un éventuel assouplissement du loi antifumée , qui, soi-dit en passant, est déjà souple, puisque des fumoirs sont aménageables. Le changement des habitudes des fumeurs prend un peu de temps, comme partout ou la loi a été appliquée. Partout il y a eu très légère baisse de la consommation dans les resto/bars,mais, passé un certain temps tout le monde s’y fait et la consommation reprend. Dans le canton de vaud comme partout dans le monde. Il n’y a aucune raison qu’une loi plébiscitée partout ou elle a cours soit remise en question dans notre bien joli canton. On n’est pas différents des autres. Je pense que le recul nécessaire pour sortir des chiffres comme Gastrovaud le fait n’est pas atteint. Il faut attendre 12 voire 18 mois pour brandir des statistiques et pouvoir les interpréter correctement. Une chose est sûre, si un assouplissement trop souple passe la rampe du Gd Conseil, on repart en guerre, et cette fois on la finit…
Désolé mais il faut appeler un chat un chat “85% des patients qui développent un cancer du poumon en meurent!”
Le tabac tue et c’est la vérité, voilà ce que j’ai publié sur mon site de santé Creapharma.ch (www.creapharma.ch) au sujet du cancer du poumon (tous les chiffres sont documentés):
“- Le tabac (y compris tabagisme passif) serait responsable de 7.5 à 9 cancers du poumon sur 10. Cela signifie que 15% des hommes et 53% des femmes qui développent un cancer du poumon n’ont jamais fumé (soit moins de 100 cigarettes dans toute leur vie). C’est-à-dire qu’un quart des cas de cancers du poumon dans le monde survient chez des non-fumeurs, nous ne savons pas encore si ces cas sont dus en grande partie au tabagisme passif ou à des facteurs génétiques. [source: ATS, mars 2010].
- Une personne qui fume régulièrement a une probabilité d’environ 20% (1 probabilité sur 5) d’avoir un cancer du poumon, remarquons que certains livres médicaux parlent d’1 probabilité sur 7.
- 85% des patients qui développent un cancer du poumon en meurent (chiffres de 2009), il s’agit d’un des cancer les plus meurtriers.
- Le cancer du poumon est le cancer le plus mortel, tuant la moitié des patients atteints au cours de la première année suivant le diagnostic et 80% d’entre eux dans les deux ans. Le risque diminue fortement en cas d’arrêt de la cigarette et le taux de survie est largement supérieur lorsque la maladie est précocement diagnostiquée. [source: ATS, juin 2009].
- Il semble que deux fois plus d’hommes soient touchés par ce cancer que les femmes. Mais ces chiffres évoluent car de plus en plus de femmes fument.
En Suisse on dénote chaque année:
- 3′600 nouveaux cas
- 2′800 décès
Cette maladie est responsable de 24,5% des décès par cancer chez l’homme (9200 au total) et de 7,3% des décès par cancer chez la femme (7300 au total) en Suisse [source: ATS le 29 avril 2010].
Entre fumeurs et non-fumeurs la règle est tjrs la même: les extrémistes mènent le jeu et le sens de la mesure disparaît. Il en fut ainsi entre bolchéviques (minoritaires) et menchéviques (majoritaires), les premiers l’ayant emporté. Blague à part
les Rielle et Cie sont des fondamentalistes de cette belle mouvance de gauche où la tolérance règne. Le cancer du poumon des non-fumeurs serait dû au tabagisme passif, allons donc ! Dr Rielle, on attend vos mesures extrêmes dans le domaine du cancer du sein et de la prostate.
Les militants anti-fumée ressemblent aux communistes d’antan: ils veulent à tout prix faire le bien des autres au besoin par contrainte, c’est-à-dire en remplaçant la morale, la bonne éducation et les égards envers autrui par des lois.
Cela ne marche pas, heureusement.
Je ne fume pas et dis gentiment (d’abord…) si la fumée me gêne comme devant un bon repas,et j’ai voté non à cette interdiction imbécile.
Je ne nie aucun des terribles méfaits du tabac sur la santé, mais c’est précisément leur connaissance qu’il faudrait mieux faire comprendre au lieu d’interdire, si on considère encore nos concitoyens comme des adultes. Accessoirement, les interdictions de publicité par essence manipulatrice pourraient compenser un manque temporaire de bon sens, mais il vaut mieux ne pas trop s’aventurer sur ce terrain bien glissant.
Certes, l’exposition professionnelle à la fumée passive est une bonne raison pour prendre des mesures, mais l’interdiction de la fumée sur tous les lieux publics n’est pas la bonne: il existe dans presque tous les cas des bonnes solutions techniques comme des zones fumeurs non-desservies ventilées et isolées du reste, à l’instar des compartiments séparés des anciens wagons CFF.
A leur refus catégorique d’admettre ce genre de compromis, on voit bien que le bien du personnel n’était qu’un prétexte pour assouvir leur obsession pseudo-hygiéniste.
Vous croyez qu’ils s’arrêteront là? (“cette fois on finira la guerre” scripsit M. Sauteur) la suite est programmée: interdire aux enseignants, médecins et infirmières de fumer, même dehors (Horreur, ils donnent un mauvais exemple!), retoucher d’anciennes photos de fumeurs célèbres (déjà fait pour Sartre), puis étendre l’interdiction à tous les lieux publics comme des parcs (Central Park à New-York paraît-il) ou des pistes de ski.
Après la fumée, ce genre de personnages s’attaquera probablement à nos assiettes: la consommation quotidienne de viande est malsaine pour le consommateur (renchérissant les primes d’assurance), pour les animaux qu’on tue et pour la planète (gaz à effet de serre, aliments pour bétail), donc il faut réglementer “pour le bien de tous”, par exemple en imposant d’abord un jour hebdomadaire sans viande dans les cantines puis les restaurants, ensuite davantage.
C’est toujours plus simple de s’attaquer aux symptômes qu’aux causes, et de se donner bonne conscience sur le dos des autres. Comme ce crétin qui veut débaptiser l’Agassizhorn ou l’autre qui veut faire interdire Tintin au Congo.
Hélas,le ridicule ne tue pas, mais on vit une époque formidable !