ico Suisse Les talibans de l’athéisme

5 octobre 2009 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Cédric Wermuth est pris de palpitations rageuses chaque fois qu’il aperçoit un symbole chrétien. Il exige donc – entre autres – la disparition des crucifix des classes et la suppression de l’invocation divine du préambule de la Constitution fédérale.

On pourrait sourire de ces flatulences antireligieuses si M. Wermuth était un simple citoyen, ou quelque intégriste de l’athéisme. Mais il est président des Jeunes socialistes et, mieux encore, vice-président du Parti socialiste suisse, aux côtés de Pierre-Yves Maillard notamment. Ce qui donne un poids certain à la guerre totale qu’il entend mener contre les symboles religieux en général, qui passe par «l’absolue séparation de l’Eglise et de l’Etat.»

Le vice-président du PS sort la grosse artillerie pour éradiquer toute influence de la religion dans la société. Ainsi, parmi seize mesures, il exige encore la suppression de l’impôt ecclésiastique, la fermeture des facultés de théologie dans les universités publiques, et l’interdiction de dispenser les musulmans de piscine à l’école.

Je suis toujours frappé par le fanatisme de ceux qui, au nom de la tolérance, font preuve d’une intolérance radicale. C’est généralement le cas des militants de l’athéisme, qui sont d’une férocité et d’une intransigeance effarantes: leur foi est inébranlable. S’il ne tenait qu’à eux, on collerait prêtres et pasteurs au mur, et on créerait des musées de l’athéisme dans les églises, comme cela se faisait autrefois dans l’Union soviétique. J’en ai visité un à Samarcande, il y a longtemps, et c’était parfaitement grotesque. La Trinité communisme (Marx, Engels, Lénine), représentée par de pieuses icônes et statuettes, avait remplacé les personnages bibliques. Bien entendu, on visitait dans le silence, et le plus profond recueillement.

L’athéisme est à la mode, il tend même à supplanter le bouddhisme bobo, c’est dire. La transcendance? La spiritualité? Les grandes questions? De vieilles lunes, une ancestrale tyrannie qu’il faut briser pour être libre. Libre de quoi? Libre, quoi! Des philosophes à succès écrivent des livres pour célébrer le vide, et terrasser la religion. Or c’est un grand mystère: comment des individus peuvent-ils croire avec autant de ferveur religieuse au Néant métaphysique ? Cela demande des dispositions intellectuelles particulières, à moins qu’il ne s’agisse d’une Révélation: peut-être M. Wermuth est-il tombé de son vélo, frappé par la non-foi, comme Paul de Tarse fut mis à bas de son cheval sur la route de Damas.

Les Jeunes socialistes veulent que leurs propositions soient intégrées au programme du PS, ce qui n’ira pas de soi, heureusement. Aujourd’hui, même la France, jusqu’ici modèle de laïcité mesquine et agressive, reconnaît par la voix de son président le rôle joué par les Eglises.

En attendant, c’est l’UDC qui doit se réjouir de recevoir un appui de gauche à l’initiative anti-minarets: en tant que symboles religieux, ils doivent forcément tomber sous le glaive des Jusos, non?

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Commentaire de Paul Bär le 5 octobre 2009 à 15:16

Tout ceci peut se comprendre aisément au travers du concept de l’ethnomasochisme, de la haine de soi. Comme le disait Enoch Powell, “l’Occident est la seule civilisation qui a décidé de construire son propre bûcher funéraire.” Ainsi, pour un progressiste de type marxiste ou républicain, il n’y a pas de contradiction profonde entre vouloir effacer de l’espace commun tout signe de christianisme tout en militant pour l’érection de mosquées. Car, dans un cas, on élimine une expression autochtone et, dans l’autre, on promeut une symbolique identitaire allogène. Si le comportement est relativement clair (notre espace ethno-identitaire vu comme une zone générique offerte à des populations extra-européennes gardant leur compacité), son origine reste mystérieuse : naïveté (syndrome du républicain croyant sincèrement aux apparentements administratifs), cynisme, désir inconscient de disparaître ?

Commentaire de Paul Bär le 5 octobre 2009 à 15:31

P.S. Si en France, le président Sarkozy reconnaît le rôle joué par les Eglises (élément religieux autochtone), c’est avant tout pour ouvrir, par symétrie, un champ socio-politique à “l’Islam de France” (élément allogène). Le républicain qui ne considère les choses que sous le prisme des valeurs abstraites acquiescera. Tandis que “l’ethniste” y verra une perte de souveraineté concrète, prélude à la “léopardisation” du pays, quand le groupe indigène ne sera définitivement plus qu’une communauté comme une autre à l’intérieur du territoire. A ce moment-là, l’utopie républicaine aura vécu, car la diversité est antinomique au concept même de Cité. En diversité, le “nous” n’est plus possible.

Commentaire de Georges Caille le 5 octobre 2009 à 15:39

Vous vous dites “toujours frappé par le fanatisme de ceux qui, au nom de la tolérance, font preuve d’une intolérance radicale. C’est généralement le cas des militants de l’athéisme, qui sont d’une férocité et d’une intransigeance effarantes: leur foi est inébranlable.”

Seraient-ils les seuls titulaires à bénéficier de ces qualificatifs radicaux ? les Eglises et leur bras séculier qui fut et reste souvent l’Etat ne les mériteraient-ils pas un peu ?
N’est-il pas piquant de traiter de fanatiques ceux qui n’ont jamais condamné qui que ce soit à l’opprobre ou au bûcher ? Voltaire en fanatique ? je rêve…

Le soussigné, qui dans les années 60 a été renvoyé de deux écoles – dont une de formation post-scolaire publique (Etat de Fribourg, en Suisse!) – pour avoir modestement avoué son athéisme, n’a guère envie de voir ressusciter l’hydre de la présence religieuse dans nos institutions.

Dans la mesure où la religion répond à des angoisses existentielles, elle est une affaire privée et n’a pas plus de place à prendre dans le système que ne l’aurait l’industrie des antidépresseurs qui semble pourtant si utile de nos jours…
Reprenons nos esprits et sortons de ce stupide carcan de lecture gauche-droite qui aveugle l’intelligence.

Commentaire de Marc Grandjean le 5 octobre 2009 à 21:50

M. Caille, il convient de redresser certains faits dans le relativisme de votre commentaire:
1) Toutes les idéologies n’ont pas la même pertinence face à leurs contemporains. La Gauche, toute comme la Droite, ont leurs mérites respectifs et, dans certaines circonstances, leur propres culpabilité
2) le catholicisme et le protestantisme ne se valent pas. Je doute que l’épisode que vous évoquez aurait été sanctionné dans un canton protestant, tout simplement parce que la réforme est un mouvement de démocratisation des moeurs de l’église et de la société
3) de grâce, ne faites plus référence à Voltaire. D’abord, chacun sait que celui-ci n’était guère tolérant contre ses critiques. Ensuite, il existe une multitude de philosophes plus importants et plus intéressants que nous n’avons jamais eu la chance d’étudier, parce que nous avons été bassiné par l’école républicaine . On sait à quel désastre intellectuel cette obsession à mené dans les pays francophones.

Commentaire de Coquoz Edouard le 5 octobre 2009 à 23:29

Juste. Un taliban bien de chez nous qui mange des röstis et du lard grillé ! On ne s’étonne plus de rien. Des jeunes Suissesses n’ont-elles pas opté pour le voile ? Les socialistes ont certainement bien d’autres chats à fouetter qu’à cautionner un anticléricalisme moisi qui ne mobilise plus personne, sauf quand l’occasion se présente… Comme disait l’imam, les chiens aboient et la caravane passe.

Commentaire de Paul Bär le 7 octobre 2009 à 19:28

Monsieur Caille, votre raisonnement “gauche contre droite”, “laïcité versus religion” était parfaitement cohérent, hier, mais aujourd’hui il est dépassé, obsolète. Car vous pensez encore et toujours dans les termes du “monde d’avant”, qui n’existe plus, celui où, au sein d’une population globalement homogène, les affrontements se déroulaient de façon politique par la rencontre dialectique de concepts opposés. Alors qu’aujourd’hui, la question religieuse, qui nous occupe ici (mais on pourrait dire la même chose du social ou de tout ce qui concerne la vie de la cité), n’est plus du tout une confrontation d’ordre conceptuel, mais essentiellement une affaire de marqueurs identitaires, une façon de partager préemptivement un territoire où des communautés radicalement différentes sont forcées de cohabiter. Vous voyez toujours cela comme un affrontement politique entre des valeurs concurrentes, au sein d’une population républicainement indifférenciée, alors que nous en sommes à une concurrence de souverainetés opposant des groupes humains séparés. Le problème, c’est que votre génération est incapable de penser “ethnique”, alors que nous nous trouvons façe à des populations pour lesquelles l’ethnie, l’appartenance identitaire, restent primordiales. Un bon exemple de cette incapacité à appréhender la réalité d’aujourd’hui, la façon dont la presse a relaté l’annonce de l’UDC (annonce pertinente sur le fond, regrettable sur la forme) contre “la racaille d’Annemasse” : on a vu ainsi des politiques et des journalistes qui s’indignaient que l’UDC insulte de la sorte les frontaliers d’Annemasse, alors que le terme de “racailles” désigne objectivement une réalité ethnique bien différente du citoyen français qui vient travailler à Genève. Résultat, des débats hors-de-propos, puisque nos clercs sont aveugles, plus ou moins involontairement, au fait ethnique.

Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 11 octobre 2009 à 1:07

En tout cas, un qui n’est pas athée est ce chercheur du cern, collaborateur à l’epfl et membre d’al-quaida qui fomentait des attentats.

Les grands médias ont passé comme chat sur braises sur cette information lourde de signification.

Une forme de désinformation en vue des imminentes votations sur les minarets ?

Commentaire de Glaisen Marc le 11 octobre 2009 à 13:51

La Tribune de Genève, Le Temps ainsi que la TSR (lors du TJ), notamment, ont abordé la question de ce musulman travaillant au CERN et projetant un attentat avec son frère. Ou est donc la désinformation?

http://www.tdg.ch/geneve/actu/ingenieur-cern-soupconne-terrorisme-2009-10-09

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1a561a68-b4eb-11de-86ab-756874689762/Un_ing%E9nieur_du_CERN_arr%EAt%E9_en_France_projetait_un_attentat

Commentaire de Jean Chretien le 14 octobre 2009 à 23:19

On se demande pour quels intérêts “roulent” ce triste sire Cédric Wermuth des Jeunes Socialistes, de surcroît vice-premier du PSS !???
D’ou sont sortis ces personnages qui veulent effacer notre identité nationale et culturelle, en s’associant aux hordes d’immigrants afro – musulmans, au nom d’une soi-disant “multi-culturalité”.
Ces “bobos” socialistes et autres gauchistes qui veulent effacer notre identité judéo-chrétienne, mais songent à reconnaître l’islam comme religion d’Etat en Suisse !???
Ils veulent même financer les lieux de cultes musulmans, mosquées et autres minarets, par nos impôts, tout en demandant l’enlèvement des signes chrétiennes de nos écoles !!!
Ce sont des individus comme lui, sans foi ni loi, qui trahissent allégrement leurs concitoyens, au bénéfice d’une d’une immigration sauvage, haineuse et profiteuse, qui n’a de cesse d’attaquer les fondements de notre société, par tous les manières possibles et imaginables.
Tous ces immigrants profiteurs et malhonnêtes sont aidés dans leur travail de sapes par les “bobos” et autres profiteurs du système de “charity business”, qui, sous prétexte “d’aider” les requérants d’asile et autres migrants,
s’octroient des confortables salaires.
A coup de slogans mensongers et creux, ils mènent leur travail de sapes, afin de détruire nos libertés et notre héritage socioculturel, pour lequel nos ancêtres ont fait le sacrifice de leur vie.
Ce sont des traitres à leur peuple, à leur pays et à leurs origines !
Aux prochaines élections, la population suisse, bafouée et trahis par eux, va se souvenir qui sont en réalité Cédric Wermuth et tous ces donneurs de leçons de “politiquement correct” !
Grâce au vote des citoyens crédules, ces “bobos” se sont hissés dans la politique, et, sous prétexte de se soucier du bien de la population, en fait ils s’occupent que de leur bien-être.
Et il est pour le moins étonnant que tous ces apôtres du “politiquement correct” ne se donne pas la peine de vivre parmi leurs “protégés” musulmans et africains, pour côtoyer de près la réalité de la population suisse, qui elle, est obligé de supporter les dealers et autres malfaiteurs, sous la menace de la loi antiraciste.
Il est grande temps que la loi antiraciste ne soit plus appliqué à sens unique, qu’au bénéfice des africains et des musulmans extrémistes, mais qu’aussi les citoyennes et citoyens suisse aient le droit d’être protégée par cette loi, votée par nous et payées par nos impôts.
On en a marre de l’agressivité de certains immigrés, qui profite sans honte de notre bonté chrétienne – eh oui,
M. Cédric Wermuth, se sont vos concitoyens qui applique les percepts de la religion CHRETIENNE que vous voulez éradiquer de nos écoles et de notre vie, qui vous permet, à vous et à vos protégés envahisseurs, de bien vivre sur notre dos.
Ne vous étonnez plus si la population suisse, sacrifié au bénéfice des immigrés malhonnêtes, en à marre et va voter pour ceux qui osent de la défendre !
En réalité, se sont des personnages comme Cédric Wermuth, qui attisent le ras-le-bol et le mécontentement de la population, en ayant crée une caste minoritaire des privilégiés, qui ne font qu’abuser de notre hospitalité et de notre empathie pour les persécutés !
Alors, on va voter contre toutes les lois qui tenteront de détruire notre démocratie, notre identité et nos libertés !

Commentaire de Paulette Grandjean le 14 octobre 2009 à 23:22

Les politiquement incorrects
Comme c’est bizarre, quand des musulmans islamistes et autres migrants malhonnêtes et profiteurs bafouent notre société, nos loi coutumes et religion, les apôtres du “politiquement correct” s’associent à eux !
Quand des citoyens lucides et exaspérés osent dénoncer l’islamisation plus que rampante de notre pays, alors les mêmes traîtres à leur pays et culture, se lancent dans des attaques virulentes.
Attaques qui ont pour but de museler l’opinion publique de notre pays, ceux qui en ont marre d’être traité comme des citoyens de deuxième zone, dans leur propre pays.
Tous ces Wermuth (s) et autre profiteurs de notre société chrétienne, devraient faire gaffe, parce que la patience de la population suisse, ainsi que celle des populations chrétiennes, arrive au bout !
Il y en a marre d’être asservi au bénéfice des migrants sauvages, qui veulent nous imposer leur islam et autres charia, tout en profitant de nos libertés et de nos sous.
Ceux qui les protègent doivent comprendre que la patience de la population est arrivée au bout.
On veut plus se laisser sucer jusqu’à la moelle par tous ces intégristes de tout poil, islamistes ou autres gauchos !
Eh oui, on va voter CONTRE les minarets, parce qu’on est dans notre pays, d’ascendance judéo-chrétienne, et on ne veut pas brader notre identité et notre héritage historique, pour faire plaisir aux traîtres de notre patrie.

Commentaire de Glaisen Marc le 16 octobre 2009 à 16:04

Les personnes favorables à l’initiative anti-minarets s’appuient sur des arguments relevant de la défense de nos valeurs démocratiques ainsi que judéo-chrétiennes. Je me demande, de ce fait, comment procèdent ces dernières pour concilier leur position avec les recommandations de vote – s’opposant à l’initiative – et qui émanent de:
a) tous les partis gouvernementaux (sauf le parti au bouc-nain)
b) la fédération des Eglises protestantes (FEPS)
c) la Conférence des Evêques suisses (CES)
d) le Conseil suisse des religions (SCR)
e) et même Economiesuisse

J’imagine assez bien les circonvolutions cognitives et les raisonnements s’appuyant sur le sentiment de persécution ainsi que le complot qui permettent aux fanatiques, se proposant de lutter contre le fanatisme précisément, de défendre une position rejetée par ceux-là même qui représentent les valeurs et principes qu’ils affirment vouloir défendre en adhérant à cette initiative contre-productive et déplacée. L’humanité est décidément paradoxale…

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