ico Suisse Les illusionnistes de la cyber-guerre

23 janvier 2011 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Ah! Comme j’admire ces spécialistes, militaires et jeunes politiciens, tenez, à la Maudet, qui savent de science infuse ce que sera la guerre de demain! Plus besoin d’une armée de milice, plus besoin d’armes à la maison. Et pourquoi pas, plus besoin d’armée non plus.

Leur nouveau dada, c’est la cyberguerre, qui remplacera toutes les formes anciennes, même la plus pratiquée: la guerre territoriale. Y aura-t-il encore des morts, ou seulement des combattants «game over»?

Certes, la cyberguerre est une réalité, comme le montre l’opération Stuxnet montée contre le programme nucléaire iranien (un virus qui perturbe le fonctionnement des centrifugeuses, tout en faisant donner de fausses informations aux écrans de contrôle). Mais la cyberguerre ne sera qu’un des volets des guerres futures: un Etat travaillé par des ambitions territoriales ne se contentera pas de traficoter sur les réseaux, il voudra, encore et toujours, conquérir des régions et leurs ressources. Quoi qu’en pensent nos stratèges de salon, de nombreux pays nourrissent activement des ambitions territoriales: la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Japon, la Russie, les deux Corées, pour ne citer que les plus grands. Faut-il le dire? Ce n’est pas à coup de souris qu’ils réaliseront leurs plans.

Oui mais, en Europe? J’observe avec un certain amusement qu’il n’y a qu’en Suisse que le désarmement fait recette chez les politiciens: rien de tel dans les pays qui nous entourent, où l’on tient à ses sous-marins, ses porte-avions, ses avions de combat et ses hommes en armes. Les Européens sont peut-être plus réalistes que nous: d’accord pour partager beaucoup de choses, mais par la défense militaire ni l’indépendance nationale. Il faut dire qu’ils reviennent de loin: en moins de cent ans, la France et l’Allemagne se sont affrontées dans d’abominables conflits. Il y a là largement de quoi tempérer la foi que certains pourraient avoir en la paix universelle et définitive – fût-ce sous l’égide de l’Union européenne.

Les rapports sur l’avenir de l’armée suisse se suivent sans avoir beaucoup d’effets – un clou chasse l’autre – sinon celui de déstabiliser avec constance une institution essentielle non seulement à la défense militaire de la Suisse, mais à la cohésion nationale.

En contradiction avec l’optimisme arbitraire et béat de nos experts à la mode, je crois que nous allons vers un monde de plus en plus dominé par le manque et la pénurie (d’énergie, d’eau potable, de ressources minérales et agricoles, de produits de la mer), qui conduiront nécessairement à des guerres non pas cybernétiques, mais à des guerres très classiquement territoriales.

Pure hypothèse? Sans doute, mais inspirée néanmoins par quelques millénaires d’Histoire. Ce qui vaut bien les prophéties des cyber-officiers!

Publicité
**** 54votes




Commentaire de Achille Tendon le 23 janvier 2011 à 20:33

Effectivement, il est désopilant d’entendre des enragés (la puberté à peine passée) de consoles de jeux vidéos, adeptes pour la fouille des sacs poubelle en Ville de Genève (RSR, La Soupe, 23.1.01) parler de la guerre de cette façon !

Pour mémoire, en France et pas plus tard que mercredi dernier, on pouvait lire dans les quotidiens français :

“Avec l’aval du président de la République, le ministre de la défense a décidé de redonner l’appellation « École de guerre » au Collège interarmées de défense (CID), qui forme les grands chefs militaires. ”

Le sens d’un tel changement est , à l’évidence, le témoin d’une nouvelle direction donnée aux politiques de sécurité des pays qui nous entourent !!!

Commentaire de Paul Bär le 24 janvier 2011 à 15:29

Et sur la chose militaire, un texte de Dominique Venner (1)…

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2011/01/20/d-venner-l-homme-de-guerre-et-la-cite.html

… que les petits comptables de la production de sécurité feraient bien de méditer. Qu’ils se demandent si un système, quel qu’il soit, peut être pratiquement efficace, quand dépourvu de toute structuration symbolique. Ou, dit plus simplement, pourquoi s’engager pour quelque chose où il n’y a rien à croire ?

(1) oui, je sais, Monsieur Glaisen, que Dominique Venner est “nauséabond”.

Commentaire de Glaisen Marc le 24 janvier 2011 à 16:54

Nauséabond, je ne sais pas. Mais d’extrême-droite certainement!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Venner

http://fr.wikipedia.org/wiki/Europe-Action

Ma foi, chacun ses marottes….

Commentaire de Narbel Marcel le 24 janvier 2011 à 17:25

Depuis environ une décennie la Suisse, particulièrement Genève, est soumise à des attaques de banques, de commerces divers, de villas, de gens dans la rue, etc., par des groupes criminels en cagoules et porteurs d’armes de tous les genres. Alors que les frontières suisses devraient être renforcées en personnel et en instruments modernes de défenses, les autorités ont ouvert nos portes toutes grandes (sept douaniers pour Genève !) à ces malfaiteurs sans scrupules.
Alors, comme indiqué par M. Philippe Barraud, quand les matières premières seront devenues rares et ultra chères, les Etats seront confrontés à des tentatives d’invasions plus que sérieuses, des Suisses exigent le dépôt des armes militaires et civiles dans les arsenaux. Mieux, ils veulent mordicus que l’armée suisse soit ramenée à 20’000 hommes professionnels. Genève No 2.
Ces individus ne veulent pas voir plus loin que le bout de leurs nez. En effet, ce n’est pas quand des populations croulent sous les dettes, la faim, les manques de visions d’avenir, les criminalités diverses, les envies des pays dits riches, qu’il faut se démunir de moyens de défenses adéquats.
L’armée suisse, pour revenir à elle, forme obligatoirement les jeunes aptes au service à prendre conscience de la valeur de nos libertés, lesquelles se répercutent sur les nations étrangères, envieuses de nos autres formes de démocratie et de notre continuité de vie sans guerres.
Si l’on veut devenir ce que sont les pays formant le reste du monde, il suffira de donner raison à ces gens qui ne veulent que se faire voir et entendre. En outre, notre jeunesse, exclue des efforts militaires, ne saura jamais ce que veut dire être exclusifs dans nos façons de vivre à la “Suisse”: être ouverts au monde dans les relations diverses, mais en conservant nos valeurs uniques au monde.

Marcel Narbel

Commentaire de Xavier Gruffat le 25 janvier 2011 à 18:59

J’ai pas fait l’armée, je ne suis pas un spécialiste de ce domaine. Mais j’ai souvent un bon feeling des choses en business et politique. Je crois que Maudet (que j’aime bien en général) il a bien “merdé” là-dessus et M. Barraud un grand spécialiste a à coup sûr raison.
A part ça je pensais les Radicaux genevois plus sérieux que ça ! C’est niveau blog ou mes commentaires sur commentaires.com. Quand on est politicien on doit s’entourer d’experts, de relation publiques, il me semble que Maudet et les Radicaux genevois ont vraiment été des amateurs… dommage car en politique on a pas droit à trop d’erreur.

*
*


* Ces champs sont obligatoires ! Veuillez entrer votre nom complet, les commentaires ayant un pseudonymes ne seront pas pris en considération.