Les Suisses n’ont pas fini de mesurer l’ampleur de la victoire du clan Kadhafi, et par conséquent l’ampleur de leur déshonneur. Les rançonneurs de Tripoli vont maintenant beaucoup s’amuser du spectacle des règlements de compte, indispensables hélas, entre autorités suisses.
La libération du dernier otage suisse en Libye est un soulagement, mais suscite dans le même temps une immense frustration. C’est la victoire de l’arrogance sur l’Etat de droit, le triomphe des méthodes de gangsters, face à des politiciens qui se cramponnent à des principes diplomatiques qu’ils sont les seuls à respecter.
Une fois de plus, la Suisse s’est couchée devant plus brutal qu’elle. Une fois de plus, la Libye arrive à ses fins crapuleuses, en prenant des otages (souvenons-nous du sort effroyables des infirmières bulgares), puis en les libérant contre des rançons colossales – soyez assurés que nous ne connaîtrons jamais les vrais chiffres. S’il se vérifie que l’Etat de Genève a bien versé une rançon de deux millions de francs à Hannibal Kadhafi, alors ce serait une faute politique majeure. D’abord, que l’on sache, aucun tribunal n’a attribué une quelconque indemnité au fils du tyran; ensuite, ce serait reconnaître de facto une culpabilité complète des autorités genevoises dans cette affaire !
Et comme si la couleuvre n’était pas assez grosse, il faut encore avaler cet absurde tribunal arbitral en Allemagne où, n’en doutons pas, on mettra en scène le procès de la Suisse, bien entendu condamnée d’avance. Il ne serait pas surprenant que les Libyens aient dicté, dans une clause secrète du document présenté par Micheline Calmy-Rey, le verdict du tribunal.
Mais le temps des couleuvres et terminé. Les otages sont de retour en Suisse, il est temps de reconquérir notre honneur perdu. Et cela passe par un inévitable règlement de comptes, en Suisse et entre autorités suisses. Il faudra en passer par une grande lessive, aussi bien pour savoir exactement pourquoi nos autorités ont systématiquement fait tout faux, que pour pouvoir un jour tirer un trait sur cette affaire, grotesque de bout en bout. Pour une fois, la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire serait totalement justifiée.
Sur le plan extérieur, le Conseil fédéral doit s’empresser d’enterrer l’accord signé à Tripoli, ou à tout le moins traîner les pieds, et empêcher la mise en place d’un tribunal d’opérette, inventé pour plaire à Kadhafi et humilier, une fois de plus, la Suisse. Bien sûr, on doit respecter ses engagements. Mais lorsque ceux-ci sont arrachés sous la contrainte, avec des otages à la clé, ils n’ont aucune valeur. La Suisse doit donc se sentir libre, et nullement engagée par ce traité.
On nous dira que les milieux d’affaires s’impatientent, que la Libye est un marché juteux. Nous répondons que les coûts politiques de l’accès à ce marché sont beaucoup trop élevés. Chaque entreprise qui investit dans ce pays et y envoie des délégués, fait courir à la Suisse le risque évident de nouvelles prises d’otages. Or, la Suisse à montré qu’elle était incapable de faire face à ce genre de banditisme d’Etat. Par conséquent, les exigences des milieux d’affaires sont excessives. Moins il y aura d’argent suisse en Libye, mieux la Suisse s’en portera.
Dans cette crise, on à souvent reproché aux acteurs suisses de n’avoir pas pris la mesure du sens de l’honneur des Libyens. Désormais, il est temps que les Libyens apprennent que les Suisses aussi, ont le sens de l’honneur, et qu’on ne peut pas impunément le fouler aux pieds. La Suisse, aujourd’hui, non seulement peut, mais doit, prendre des mesures de rétorsion face à la Libye et à ses intérêts en Suisse.
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
connaissant les réactions épidermiques du fou de Tripoli, était il bien utile que 24H et le Matin annoncent vendredi 11 juin que le Valais déposait plainte contre Tamoil, alors que l’otage Suisse était encore à Tripoli dans l’attente d’un visa de sortie ?
Ce “scoop” pouvait attendre lundi.
Que voilà du bon journalisme gauchisant bien de chez nous.
Certains rédac en chef ont étés débarqués pour moins que cela.
Absolument d’accord avec vous Monsieur Barraud, sur toute la ligne.
Malheureusement, les “milieux d’affaires” sont-ils prêts à perdre de juteux marchés? A l’époque où l’argent prime sur l’honneur j’ai quelques soucis de ce côté-là… et les citoyens eux-mêmes sont-ils prêts, par exemple, à payer leur essence un peu plus cher si Kadhafi ferme ses robinets? Là aussi, le confort avant l’honneur? J’en ai bien peur tant le “peace end love” s’est inscrit dans nos moeurs!
Et notre brave Micheline nationale s’en est allée bravement tenter de récupérer les points qui pourraient encore être pris en ramenant théatralement Max dans son avion!
Elle nous rappelle Kouchner aux plus belles heures de la distribution de riz.
Décidément, nos autorités, à chaque fois qu’elles pourraient relever la tête, se l’enfonce un peu plus.
Un baissage de culotte propre en ordre quoi!
Non seulement toute cette affaire libyenne aura été une plantée magistrale jusqu’à la nausée, mais les règlements de comptes internes par médias interposés ne feront que retourner le couteau dans la plaie. Le second otage est à la maison, tant mieux. Restons en là, ça vaudrait mieux. Quant au règlement définitif UBS-USA il est encore sur le feu et je doute qu’après s’être fait purement et simplement violer par les EU on ait vraiment décidé au plus haut niveau de sauver l’honneur perdu d’Helvetia.
J’aimerais savoir quelle est la validité juridique en droit international de cet “accord” – une reddition – signé par la Suisse un couteau sous la gorge des otages.
Et il ne faudrait tout de même pas oublier que l’origine de toute cette affaire est due au zèle des moralisateurs socialistes que sont MM. Moutinot et Bertossa (le fils de l’autre).
En tout cas, il y en a deux qui se frottent les mains : les domestiques “maltraités” qui ont obtenu ce qu’ils voulaient : l’asile politique en Suisse.
Il ne s’agit pas tant de “l’honneur” des Libyens que de la conception très particulière que les musulmans ont de l’honneur : celui-ci ne saurait être satisfait à moins d’une humiliation systématique, complète et permanente des non-musulmans.
La sagesse consiste en effet à ne pas tenter de faire des affaires en Libye. Tout étranger sur le sol libyen est un otage potentiel.
2 de nos conseillers fédéraux en viennent maintenant à s’étriper publiquement. Cet exhibitionnisme politique est indigne. Le berbère à la peau vérolée et au népotisme confirmé continue donc de s’amuser. J’ai jeté l’éponge: dès qu’on parle de la Libye je zappe, pas de temps à perdre. Même M. Stucky, entrepreneur lausannois pourtant bien placé pour parler du sujet, était mauvais.