Le Tribunal administratif le lui a bien fait connaître. MM. Beer et Moutinot se sont excusés du bout des lèvres de s’être trompés. Trompés ? On se demande toujours où se trouve la page qui aurait dû figurer à la place de celle insérée « par erreur » dans la brochure. Et le chancelier Henzler a défendu l’indéfendable.
Mais la belle union des partis politiques autour du contre-projet, texte de loi qui n’entend pas, comme il le devrait, modifier du tout au tout un système d’orientation désuet et insatisfaisant, mais le dépoussiérer superficiellement en le corsetant d’une armada de personnel médico-psycho-social, cette belle union vole en éclat sous nos yeux. D’abord l’UDC (Yves Nidegger), puis le parti Radical (Hugues Hiltpold) et le parti Libéral (Olivier Jornot) ont tous trois, à leur manière, mis en doute la confiance qu’il convenait désormais d’accorder au Gouvernement.
Le report en mai 2009 de cette votation, à quelques mois d’échéances électorales importantes où la droite ambitionne de retrouver la majorité au Conseil d’État, modifie la donne. A l’heure où les cartes du jeu seront profondément redistribuées, quel avantage auront les partis susmentionnés à soutenir un texte qui sera défendu par le seul Charles Beer, sur lequel planera le doute puisqu’on a voulu l’imposer en manipulant les Genevois, pour lequel les initiants auront enfin le temps de démonter les mécanismes et les errements. Débat sur le fond, il y aura enfin, et on doit s’en réjouir. Mais d’ores et déjà les citoyens devront avoir en mémoire que ceux qui s’allient aujourd’hui autour ce contre-projet pour combattre la catastrophe qu’est devenu le Cycle d’orientation genevois, sont ceux-là même qui ont fait cette école et l’ont défendue. Est-il vraiment raisonnable de confier au renard la garde du poulailler ?
C’est fatigant, cette campagne sur la libre circulation qui commence déjà, juste un peu sournoise, mais combien insistante: l’autre jour, L’Hebdo nous annoncerait que l’invasion n’aurait pas lieu. Le 5 janvier, Le Matin nous rassurait à son tour: les Roumains et les Bulgares qui voulaient quitter leur pays sont déjà partis!
On sait bien que les journalistes lisent dans l’avenir, mais tout de même: comment peut-on balancer des affirmations pareilles, sauf à prendre les lecteurs pour des imbéciles? Car enfin, il doit bien rester encore quelques Roumains et deux ou trois Bulgares, aujourd’hui ou demain, pour rêver à l’Eldorado suisse, non?
Lausanne, rue de Bourg, 24 décembre. Une grosse Mercedes est parquée en pleine zone piétonne, devant la porte de la boutique Vuitton. Deux gardes du stationnement paraissent. Ils regardent distraitement la voiture, puis poursuivent leur balade à la rue de Bourg (où il n’y a pas de stationnement). L’ordre social est décidément immuable: il y a d’un côté les c… (vous et moi) qui se parquent dans les cases et paient leur dû. Et de l’autre il y a les privilégiés, qui font ce qu’ils veulent et ne paient rien.
Qu’à cela ne tienne: la prochaine fois que vous irez à la rue de Bourg, parquez votre voiture (de luxe s’entend) devant Vuitton, personne n’osera y toucher!
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Il n’y a pas que le gouvernement genevois qui a confondu brochure explicative et sa propre propagande…
Le gouvernement vaudois vient de le faire au sujet du musée des Beaux-Arts au bord du lac: HUIT pages sur dix sont de la pure propagande pour leur projet, dont le peuple n’a finalement pas voulu
On espère que, des deux côtés de la Versoix, les autorités cantonales retiennent les leçons et cessent de s’obstiner.