ico Suisse La dérive démographique, génératrice de violence

8 mai 2018 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

L’augmentation incontrôlée de la population en Suisse est génératrice de beaucoup de problèmes que l’on ne veut pas voir, en particulier la violence, l’explosion de la demande de prestations sociales, et le saccage du paysage et de la biodiversité.

Regardez la tête que font les pendulaires sur les routes matin et soir: tension extrême, stress, conduite dangereuse, insultes et coups de klaxon. Dans les giratoires, on s’observe comme sur un ring de boxe – qui forcera le passage le premier ? Et sur les routes et autoroutes, les bouchons s’aggravent de mois en mois, s’allongent toujours plus loin, si bien que le moindre accrochage fait perdre des heures à des milliers de personnes.

Autant le savoir: cela ne va pas s’arranger, tout au contraire. Savez-vous qu’en moyenne, il déboule chaque jour 1131 nouveaux véhicules sur les routes de Suisse, soit 412’827 en 2017 ? Or le réseau routier n’évolue guère, en tout cas pas à ce rythme-là, fort heureusement. Cela signifie que mathématiquement, la saturation du réseau routier s’aggrave chaque jour.

Cette promiscuité obsédante sur les routes se retrouve dans les villes et désormais dans les villages, puisque le mot d’ordre est densifier. Là aussi, cette promiscuité non désirée, dans des quartiers où on peut ne pas entendre une phrase en français de la journée, génère de l’agressivité, du repli sur soi, et des votes rageurs dans les urnes. On peut bien faire de «journées des voisins» et des opérations de sensibilisation à l’Autre à l’école, il reste que nombre de nos concitoyens ont tendance à trouver l’Autre un peu encombrant.

Lorsque les politiciens ont parlé de densification, les gens n’ont sans doute pas bien compris ce que cela voulait dire, comme en témoignent les résistances de plus en plus acharnées de groupes d’habitants contre le bétonnage systématique du moindre mètre carré non encore construit. On l’a vu à Epalinges, à Crissier, et dans nombre d’autres communes. Pourtant, certains voudraient même obliger les propriétaires de terrains de bétonner toutes les surfaces qu’ils possèdent !

Le résultat de cette politique est catastrophique: les villages autrefois campagnards sont transformés en banlieues réfrigérantes, couvertes d’immeubles plus laids les uns que les autres, et sans aucun souci d’intégration. Au contraire: il faudrait raser ces vieilles fermes, leur rendement immobilier et leur taux d’occupation sont bien trop bas, et elles déparent les nouveaux immeubles ! Vaud et Fribourg sont malheureusement champions en la matière. Pas un village n’échappe aux grues et au béton, les routes sont encombrées de poids lourds, les syndics ayant l’obsession de pouvoir s’enorgueillir d’une augmentation massive de la population. Celle-ci bien sûr verra inévitablement plonger la qualité de vie de ses habitants, mais c’est bien le dernier des soucis des élus: n’empêche, les déficits, les cités-dortoirs, le trafic pendulaire, le communautarisme et le vandalisme, ce n’est pas pour les autres.

Le plus incompréhensible, c’est que la demande de logements diminue, tout comme l’immigration: à Sion, vous pouvez obtenir six mois de loyer gratuit. Et pourtant, la construction de nouveaux immeubles explose cette année, en particulier, de nouveau, chez les mauvais élèves, Vaud et Fribourg. Autrement dit, l’offre va bientôt largement dépasser la demande: qui va payer pour tous ces logements vides ? Les caisses de pension financement tout et n’importe quoi pourvu que ce soit dans la pierre, car c’est semble-t-il un des rares domaines d’investissement qui offrent des rendements pas trop dérisoires. Les promoteurs et les entrepreneurs rigolent et s’en mettent plein les poches, mais demain ? Il faudra quand même payer les intérêts, et si les immeubles sont vides, qui passera à la caisse ? Probablement le…contribuable !

La prochaine étape ? Après quelques faillites retentissantes, ce sera la relance de l’immigration, pour occuper les logements vides. Et comme par hasard, le SECO nous annonce, pour préparer le terrain sans doute, une pénurie de main d’œuvre qualifiée dans les années à venir. C’est donc cousu de fil blanc, on vous ouvrir de nouveau les vannes de l’immigration.

Et pendant ce temps l’économie, qui prospère comme jamais, en profite pour accroître la pression sur les employés, tout en exigeant du monde politique, qui est à sa botte, d’alléger ses impôts et de sabrer dans le social. Plusieurs cantons y sont allés d’enthousiasme: «Salauds de pauvres !»

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Commentaire de B. Brunner le 8 mai 2018 à 22:06

C’est effectivement à croire que les politiciens une fois élus oublient que c’est les Suisses résidents qui les élisent, et que c’est leur qualité de vie qu’il faut défendre et pas les lobbies. Ces lobbies et leur évolution sans scrupules sont une catastrophe démocratique et nationale, un vrai fléau. Une initiative serait la bienvenue.

Ce qui me fait penser qu’il y a un autre grand danger pour la démocratie et la liberté d’information lors de la votation du 10 juin:

La loi sur les jeux sur Internet ne résoudra pas ce problème là, mais inclut un volet de censure d’Internet qui représente un pas très dangereux.

La conseillère fédérale Somaruga a évincé question d’un lecteur du 20minutes à ce sujet.

Le conseil fédéral a avoué que cette censure pouvait être contournée facilement par exemple en utilisant des serveurs DNS tiers globaux tels que 8.8.8.8, mais il envisage déjà d’utiliser la nouvelle loi pour aussi obliger à les détourner les vers les DNS de censure obligatoire des FAI! Même si la requête ne concerne pas les jeux sur Internet!

C’est aussi ce que Erdogan a fait en Turquie, et la Chine également avant d’interdire la suite logique, soit les VPNs. Prêt à parier que ça sera les prochaines étapes si cette loi avec ce volet absurde (et le reste qui l’est tout autant) passe!

Donc il faut absolument informer et voter contre cette loi si nous voulons garder la liberté et éviter la censure sous le faible prétexte d’impôts de quelques joueurs qui échappent et continueront à échapper au gouvernement (tout en continuant à ne pas taxer les gros bonnets). Si le critère c’est les impôts de jeu et autres ventes qui échappent à la TVA et aux impôts, d’autres critères “plus graves” s’y ajouteront, et la liste de censure pourrait devenir très longue et anti-démocratique.

Cette loi met la Suisse sur la liste des pays qui censurent Internet (Turquie, Chine, etc). Elle devrait être refusée, mais sans des votants informés, et des partis recommandant le oui, il y a hélas peu de chances qu’elle soit refusée. Sauf si les journalistes font leur métier d’investigation, tirent la sonnette d’alarme, que le peuple s’informe et agit en gardien de la liberté d’information, de parole et de pensée…

Commentaire de Isabelle Delasoie le 9 mai 2018 à 8:33

En lisant la FAO vaudoise la semaine dernière, je suis tombée avec effarement sur la présentation de communes périphériques lausannoises, dont certaines représentent plus de 120 nationalités. Impossible de vivre en harmonie avec ce brassage. Ceci d’autant plus qu’on nous impose au nom du multiculturalisme tellement sympathique de jeter aux orties nos traditions au nom du soi-disant bien-être commun, ce qui aggrave jour après jour le mal-être individuel, en particulier de la population allophone qui assiste médusée au piétinement complet de son mode de vie et de ses libertés. Et nos politiciens restent les mains dans lels poches en sifflotant ! Angoissant !

Commentaire de Gabrielle Mudry le 9 mai 2018 à 10:27

ENFIN !!! Enfin un article qui dit tout ce qu’il faut dire. On s’aperçoit, depuis plusieurs années déjà, que nous sommes TROP NOMBREUX!

Les infrastructures ne peuvent plus suivre.
On s’essouffle à remédier aux effets, au lieu de s’en prendre aux causes.

Nos autorités attendent quoi, au juste?
Un blocage général? Ou un plouf monumental?

Commentaire de Noel Cramer le 9 mai 2018 à 15:46

Vous avez bien mis en évidence le mécanisme de la “spirale” économique-démographique. Ce n’est pas seulement Vaud et Fribourg qui en souffrent.
A Genève, un “écologiste” mène activement la campagne de densification qui, à moyen terme, transformera le canton en un reflet des banlieues de Buenos Aires – pays de ses ancêtres. Et avec la dégradation de la qualité de vie qui en découle. Mais – dans notre cas – sans la possibilité de se réfugier dans l’immensité de la Pampa…

Commentaire de François de Montmollin le 9 mai 2018 à 16:57

Le désastre tant annoncé par quelques esprits claire voyants est donc là ! et ce n’est pas les euro turbos qui vont arranger les chose

Commentaire de Gérald Jacot-Descombes le 11 mai 2018 à 17:49

Ils ont dit non à l’initiative Ecopop, la dernière chance de sauver leur pays,qu’ils en assument les conséquences, un peu pour eux et beaucoup pour leurs descendants.

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