La surprenante votation zurichoise du 8 février contre les forfaits fiscaux a suscité des velléités identiques chez l’extrême-gauche rose et verte, et chez les socialistes. Qui ont tenté de porter le combat contre les riches étrangers à la fois au niveau fédéral, et dans certains cantons.
Si ce n’est pas du populisme épais, cela y ressemble beaucoup. Mais il semble que lorsqu’il émane de la gauche, le populisme soit tout à fait acceptable. Il n’empêche: on s’étonne d’une telle démagogie, et on s’étonne de voir la gauche exiger une diminution des recettes fiscales, elle qui en général est la championne des hausses d’impôts.
Car il faut être clair: si les riches étrangers vont prendre domicile en Grande-Bretagne, en Belgique ou au Luxembourg (comme l’Union européenne est compréhensive parfois!) tout en continuant à séjourner en Suisse, ce sont bien les classes moyennes chères à la gauche qui devront compenser le manque à gagner, et donc payer davantage d’impôts. Quelle réussite!
Mais le plus désolant dans ces initiatives, c’est ce côté chasse aux riches, aux riches étrangers plus précisément, qui transpire la frustration et l’envie, la haine de classe, la xénophobie sélective. Cette campagne est tout simplement médiocre et honteuse, et montre bien à quelles errances peut conduire l’aveuglement idéologique.
Les nostalgiques du nucléaire avaient cru voir renaître l’espoir: selon la SonntagsZeitung, Mme Doris Leuthard envisagerait de retarder la fermeture de la centrale de Leibstadt. Or il apparaît que cette information était totalement fausse, une manipulation lancée par on ne sait qui (mais on devine!). Il va devenir de plus en plus difficile de trier le vrai du faux, puisque manifestement les journalistes, dont c’est le métier, ne le font plus.
Ajoutons qu’ils font des choix surprenants parfois: il y a quelques jours, le plus grand chantier jamais entrepris par l’humanité a commencé en Ukraine. Il s’agit d’un chantier colossal à 1,54 milliards d’euros, le nouveau sarcophage de la centrale de Tchernobyl, appelé “L’Arche de Tchernobyl” – on a les symboles qu’on peut. Or, les médias n’en ont parlé que du bout des lèvres, voire pas du tout. Etonnant,non? Commentaires.com y reviendra quand même…
J’aime beaucoup cette phrase de Joseph Conrad dans Victory – un auteur qu’il faut lire et relire absolument si on aime bourlinguer par l’imaginaire dans les ports du Sud-Est asiatique d’il y a cent ans: “L’Orchestre Zangiacomo ne jouait pas de la musique; il assassinait tout simplement le silence, avec une énergie vulgaire et féroce.”
Comme cela reste vrai! Un siècle plus tard, le silence est à l’agonie, et les Zangiacomo sévissent plus que jamais...
Pas d’accord, il y a un élément à prendre en compte c’est l’inégalité de traitement entre les riches étrangers et les riches Suisses: Ceux-ci vont payer un bras alors que ceux-là ne paient presque rien.
Pourriez-vous m’expliquer ce qui fonde cette préférence étrangère?
La justice fiscale vaut bien une diminution des recettes de l’Etat
“Xénophobie sélective”,j’aime beaucoup ce terme!Les tenants de celle-ci préfère l’immigration incôntrolée et coûteuse ,dévastatrice des budgets sociaux et des assurances sociales.(demandez à Genève le coût des accouchements des sans papiers et autres frontaliers immigré qui ne paient rien….et les soins également)
Bientôt la classe moyenne devra immigrer en Afrique et la boucle sera bouclée.
Si ces soi-disant “privilégiés” ne résidaient pas en Suisse, ils s’établiraient à Londres, à Bruxelles, au Luxembourg ou à Monaco, où leur facture fiscale risquerait bien d’être encore inférieure à ce qu’ils paient dans notre pays.
Pour bien comprendre comment fonctionne l’imposition forfaitaire dans nos cantons et quelles en sont les limites, les origines et les raisons, veuillez consulter l’article “L’imposition d’après la dépense” publié par le Bureau d’information fiscale que j’ai eu l’honneur de diriger pendant plus de 30 ans :
http://www.estv.admin.ch/f/dokumentation/publikationen/dok/dossier/e7.pdf
Nous connaissions en Romandie l’arrogance de la droite zurichoise mais pas encore la maladresse de la gauche zurichoise. Si cette dernière est assez stupide pour se tirer une petite (il n’y a que 130 riches étrangers établis à Zurich) balle dans le pied, les Romands ne sont pas obligés de les imiter. Le jour où Zoug prendra ce genre de résolution, il y aura alors péril en la demeure.
Absolument d’accord avec vous M. Barraud. Effectivement, je ne vois pas quel “plus” apportera aux “pauvres”, la supression des forfaits fiscaux aux riches étrangers qui, sans ces forfaits ne viendraient pas chez nous…..La jalousie, l’envie.. cela a toujours été la caractéristique de la gauche., qui, pour ne pas “faire de cadeau” aux riches, pénalisent les plus pauvres..Ce qui n’empêche pas les riches de rester riches mais empêchen les pauvres de devenir riches ou tout au moins d’accéder à un certain standing (ex. l’impôt sur la valeur locative : la gauche a fait campagne contre sa suppression sous prétexte de “cadeau aux riches”; oubliant que tous ceux qui voudraient accéder à la propriété de leur logement ne sont pas forcément des riches mais dont le modeste revenu ne permet pas le paiement de cet impôt….)Et oui, que ferait la gauche s’il n’y avait plus de pauvres, plus ou peu de locataires?….
Quel prochain combat les gauchos-marxistes vont-ils encore trouver?
Une fois que ces “riches étrangers” dont les séjours en suisse ne dépassent souvent pas les 60 jours, seront poussés par nos braves illuminés hors de nos frontières, qui la gauche va tondre pour entretenir son armée de fainéasses, de drogués de sans-papiers et de clandestins?
Comme l’esquissait Yelmarc Roulet dans son commentaire paru dans “Le Temps” du 9.2, les citoyens savent que l’application stricte du principe d’égalité en matiére fiscale n’est pas possible. L’analyse croisée des scrutins zurichois et vaudois démontre cependant qu’ils refusent l’inéquité dans ce domaine. Sans aller jusqu’à la suppression pure et simple de l’impôt à la dépense, il serait parfaitement justifiéde fixer une norme au plan national (pour éviter une concurrence interne insensée)qui en ferait passer la quotité au double ou au triple de ce qu’elle est actuellement. Il est évident que pour l’immense majorité des 4000 privilégiés concernés dans notre pays(dont 64% dans les seuls cantons de VD, GE et VS), l’attractivité de cette région n’y perdrait que fort peu au vu de tous les autres avantages qu’elle leur offre et qui n’ont pas de prix pour eux ou en tout cas un beaucoup plus élevé.Pas de perte de recettes donc, au contraire. De plus, cette contribution un peu plus correcte aux dépenses de la collectivité qui les accueille diminuerait en outre le sentiment d’être les dindons de la farce qu’ont d’innombrables citoyens contribuables ordinaires, La Conférence des directeurs cantonaux des Finances avait d’ailleurs débattu d’une telle proposition à fin 2007. Elle ferait bien de remettre l’ouvrage sur le métier pour éviter un décalage croissant avec l’opinion
Un grand bravo à P.-M. Vergères pour la sagacité et la profondeur de son analyse socioculturelle !
Dommage toutefois que tant d’erreurs de syntaxe se soient glissées dans les cinq lignes que compte sa brillante thèse. A lire son texte, je n’ai pas résisté en effet à la tentation de penser qu’il devait être de droite, certes, mais néanmoins une «fainéasse» à l’école…
Cher M. Vergères, la prochaine fois que vous distillerez vos propos haineux, pensez donc à donner à la Suisse la majuscule qu’elle mérite. Et, de grâce, évitez de séparer le verbe de son sujet par une virgule (…, seront). Ensuite, n’oubliez pas l’inversion du sujet dans les questions (rhétoriques) directes (…qui la gauche va-t-elle tondre… ?). Enfin, n’oubliez pas les virgules dans vos énumérations (de drogués, de sans-papiers et …).
Si vous tenez compte de ces quelques suggestions, votre message gagnera encore en crédibilité !
Cher Philippe Barraud,
Vous avez raison, une fois encore. Le populise se porte bien de la la gauche à la droite de l’échiquier politique. Nous vivons une époque où il faut crier ou plus exactement hurler avec les loups. Cela étant écrit, je pense que des partisans du libéralisme comme Ospel ou Aigrain (Swiss Re) ont été, par rapacité et volonté de surpuissance de piètres défenseurs du libéralisme économique.
Quand on n’a pas d’argument à avancer on “pinaille” sur un autre sujet qui n’a rien à voir avec celui débattu.
Ainsi M.Schälchli qui vient jouer les profs de français .
Un verbe ne peut être séparé de son sujet par une virgule si le premier précède ou suit direct ement le second.
Cependant, la virgule , en règle générale marque une pause (c’est là que l’on respire ) et peut donc s’employer à l’intérieur de la phrase pour isoler une série de propositions qui se trouvent entre le sujet et le verbe. J’entends par propositions, un bout de phrase contenant un verbe conjugué..or, à l’évidence, c’est exactement cette figure de phrase que l’on retrouve dans le texte mis en cause. La virgule avait donc sa raison d’être.
On fait tous des erreurs grammaticales, de syntaxe et autres fautes d’orthographe; mais je crois que le but de ce site est de débattre des idées …
Je me souviens d’une conférence à laquelle, il y a très longtemps j’avais assisté.
Le conférencier avait des idées politiquement incorrectes mais le groupe qui l’avait invité voulait se montrer “ouvert” et avait peut être une arrière pensée en l’invitant.
Ainsi donc, le conférencier , pas tout jeune,pour appuyer sa thèse , avait à sa disposition un écran blanc sur lequel projeter textes , graphiques, photos etc..Il devait se servir d’un outil assez récent alors, une lumière laser, alors que jusque là, il se servait d’une baguette ou d’une règle qui se trouvait en général avec le matériel mis à disposition, pour localiser tel ou tel point sur l’écran.
Tout au long de sa conférence , il eut des problèmes avec cet outil qui le perturbait.
Que croyez-vous que l’on pu lire le jour suivant dans le journal local? Exclusivement il y fut question de l’embarras “technique” du conférencier. Rien de ce qu’il avait pu développer et qui , à l’évidence dérangeait ,n’apparu dans le compte-rendu de la presse…
Quand on veut discréditer un adversaire et que l’on n’a pas d’argument, on va chercher des poux dans un domaine qui ne concerne en rien le sujet abordé..C’est ce que fait ici M. Schächli.
Madame Oberson, vous avez mille fois raison… Seulement, vous aurez sans doute remarqué que le commentaire sur lequel je «pinaillais» était lui aussi légèrement hors de propos: l’article de M. Barraud traite en effet des forfaits fiscaux accordés aux riches étrangers pour les attirer en Suisse et met le doigt sur l’apparente contradiction de la gauche qui, d’un côté, souhaite garantir un état social et, de l’autre, se prive des moyens de le faire…
Or, en lisant le commentaire incriminé, j’ai eu le sentiment, sans doute à tort, qu’il ne hissait pas vraiment le débat à des sommets extatiques; en fait, il a surtout permis à l’auteur de cracher son venin sur la gauche et son armée de «fainéasses, de drogués, de sans-papiers et de clandestins». Ma volonté n’était donc pas de réagir aux inepties proférées (honnêtement, que voulez-vous argumenter là-dessus ?); je voulais simplement faire remarquer à leur auteur que les critiques à l’emporte-pièce, pour faire mouche, ont avantage à être un tantinet réfléchies. Mais rassurez-vous, une virgule mal placée ne m’empêche pas de me servir deux fois à midi ! Et, soyons honnêtes, il m’arrive aussi de mettre des incises entre le sujet et le verbe.
Puisque vous m’invitez à exprimer mon opinion sur l’article de M. barraud, la voici. Le monde est fait d’injustices sociales et il est évident que ce n’est pas au fisc de les corriger; il faudrait plutôt tenter de rétablir un semblant d’équité en amont ! Ce qui me gêne n’est d’ailleurs pas le fait qu’un manager gagne plus qu’un ouvrier; ce qui me froisse en revanche, c’est la (dis)proportion entre leurs salaires. Et ce n’est pas au fisc de rétablir cette équité-là. En revanche, ce dernier a pour mission d’imposer le contribuable de façon équitable et en fonction de sa capacité économique. A capacité économique égale, deux personnes devraient donc payer le même montant d’impôt.
Si la gauche réprime les forfaits fiscaux, il ne s’agit donc (à mon avis) ni d’un sentiment de jalousie ni de l’ouverture de la chasse aux riches. Il ne s’agit pas non plus de réduire les recettes fiscales (la droite s’en charge). Il s’agit tout simplement d’assurer l’imposition d’après la capacité économique (afin de ne pas susciter un sentiment de jalousie de la part de nos riches Suisses, dont nous voulons éviter qu’ils aillent s’établir sous des cieux fiscaux plus cléments). Par ailleurs, sachant que l’Europe a parfois tendance à être agacée – à tort ou à raison – par l’isolement et les agissements de la Suisse en matière économique (bancaire et fiscale), la gauche souhaite sans doute faire un pas vers une fiscalité plus équitable… à l’échelle internationale. Car elle pratique le socialisme et non pas le national-socialisme. Cela dit, vous avez raison, je suis un utopiste: la mondialisation facilite les échanges économiques; son souci n’est pas d’instaurer des réglementations équitables à l’échelle mondiale.
Bref, Madame Oberson, je vous remercie d’avoir pris le temps d’éclairer ma lanterne et, surtout, d’être venue en aide à M. Vergères (dont j’espérais une réaction).
M. Schälchli, que l’Europe soit agacée par les agissements de la Suisse en matière économique, c’est son problème. C’est à elle a faire en sorte, par des impôts moins lourds, à garder ses contribuables. Chacun est libre chez soi, sur son propre sol de faire comme il l’entend. C’est un peu comme la parabole des travailleurs de la dernière heure à qui l’employeur choisit de donner le même salaire qu’à ceux de la première heure..
“Chacun est libre chez soi, sur son propre sol…”
C’est un point de vue…
Que je partage… dans la mesure où les agissements d’un pays ne nuisent pas aux intérêts d’un pays ami.
Mais c’est vrai qu’il est des gens qui se fichent d’être agaçants, tant qu’il en va de leur petit intérêt.