ico Suisse La BNS fait-elle une erreur illimitée?

7 septembre 2011 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

L’Histoire enseigne que l’usage massif de la planche à billets, ultima ratio désespérée, conduit inéluctablement à la catastrophe. Apparemment, l’Histoire a tout faux: la BNS annonce qu’elle va racheter des devises “de manière illimitée”, et tout le monde applaudit.
Dans la collection de timbres de mon enfance, il y avait des vignettes allemandes surchargées en lettres gothiques d’un montant de 500’000 Reichsmark, parfaite illustration des conséquences de l’inflation lorsqu’elle devient exponentielle. Plus près de nous dans le temps, les prix, au Zimbabwe, triplaient chaque jour, sous l’effet de la création massive et incontrôlée de monnaie – devenue, comme le Reichsmark, monnaie de singe.
Aujourd’hui en Suisse, pour commenter les décisions de la BNS, chacun affiche une parfaite assurance  – réelle ou feinte, c’est une autre histoire. L’espèce de contrôle des changes institué par la BNS permettra peut-être aux entreprises exportatrices de limiter les pertes qu’elles subissent chaque jour. Et en utilisant un adjectif généralement exclu du langage des banquiers – demandez leur une ligne de crédit illimitée, vous verrez leur sourire se figer… – la Banque Nationale a sans doute voulu impressionner les spéculateurs: quoi que vous fassiez, nous casserons vos plus-values à force d’imprimer du franc.
C’est un pari énorme, voire un coup de bluff qui, comme tel, peut réussir. Mais s’il échoue? Après tout, les spéculateurs – parmi lesquels beaucoup de simples péquins, vous, votre voisin – ont suffisamment de cynisme pour ne pas se laisser impressionner. Les montants échangés chaque jour sont colossaux et, sauf à réquisitionner les rotatives de la presse écrite, la production illimitée de francs suisses pourrait s’avérer insuffisante. Il pourrait aussi arriver que la BNS accumule des quantités illimitées d’euros, une monnaie qui, demain, pourraient avoir purement et simplement disparu du marché: au vu de la situation des poids lourds de l’UE, Allemagne exceptée, cette hypothèse n’est pas absurde. Tous ces euros tombés au prix du vieux papier, la perte serait dramatique.
Et en Suisse même? Il est évident que les cantons peuvent faire une croix sur leur part aux bénéfices de la BNS; ou alors, ils la percevront en euros… Quant aux citoyens, personne parmi les économistes ne s’est aventuré pour l’heure à évaluer l’impact, sur leur pouvoir d’achat, d’une production illimitée de monnaie. Pas sûr que ce soit positif: l’inflation pourrait faire un retour tonitruant – à moins que décidément, l’Histoire ait tout faux.

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Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 7 septembre 2011 à 9:36

Constatant le fait suivant : En 2002/2003, la BNS avait déjà bradé une grande partie des réserves d’or du pays alors que son cours était au plus bas et *juste avant qu’il ne s”envole*, comme par hasard (Voir le graphique http://blog.crottaz-finance.ch/?p=7101).

On est en droit de se demander dans quelle mesure la BNS agit dans l’intérêt du pays !

Est-ce de l’incompétence ou cela fait-il partie d’une stratégie (Arrimage à l’Empire p. ex., au hasard) ?

(Remarque : En 2002, seul l’UDC avait manifesté son opposition à cette vente massive d’or !)

Commentaire de Paul Bär le 7 septembre 2011 à 9:43

Le scandale absolu, c’est qu’une banque centrale puisse agir hors de tout contrôle politique.

Très bons billets ici :

http://fouthese.com/2011/09/06/franc-suisse-le-sabotage-va-bon-train/

http://blog.crottaz-finance.ch/?p=8051

Pas étonnant que la presse systémique aux ordres et que tous les NOMistes de droite et de gauche applaudissent !

P.S. et bien entendu, achetez de l’or et de l’argent physique, anonymement, sans rien déclarer à personne et planquez tout ça.

Commentaire de Paul Bär le 7 septembre 2011 à 10:09

Est-ce de l’incompétence ou cela fait-il partie d’une stratégie (Arrimage à l’Empire p. ex., au hasard) ?
++++++++++++++++++++

Excellente remarque.

Rappelons que la banque centrale de “l’Empire”, la Federal Reserve, n’a de “fédérale” que le nom et se trouve être, non pas une institution publique contrôlée par le politique, mais un conglomérat de quelques banques privées. C’est généralement là qu’il faut s’arrêter sur le sujet, car détailler ces banques pourrait nous entraîner sur un terrain hautement glissant…

Commentaire de Christos Nüssli le 7 septembre 2011 à 11:01

Pour arriver aux 500 000 Reichsmarks ou aux 10 milliards de dinars, nous avons encore de la marge!

Non, la BNS est en train de “jouer des mécaniques”. Le message qu’elle essaie de transmettre aux arbitres et spéculateurs de tous bords est “viens ici, si t’es un homme. T’as voir de quel bois je me chauffe”.
Je ne suis pas sûr, cependant, qu’elle parvienne à impressionner beaucoup de monde…ou alors pas très longtemps.

Commentaire de Marc-Antoine Pfulg le 7 septembre 2011 à 11:04

C’est une erreur monumentale de la BNS. Mais la décision est volontaire, politique, suicidaire, scandaleuse, stratégique. Car on sait que l’Euro va disparaître. On veut casser la Suisse pour arriver à ses fins – vous savez lesquelles -personne n’est dupe! Le peuple suisse le payera très cher.

Commentaire de Paul Bär le 7 septembre 2011 à 11:26

“Le peuple suisse le payera très cher.”

Je me demande si les responsables réalisent aujourd’hui que l’on ne les oubliera pas demain…

Après tout, le procès Ceucescu fut parfaitement légal.

Commentaire de Stéphane Montabert le 7 septembre 2011 à 13:21

La Banque Nationale Suisse vient de déléguer la gestion du franc suisse à la Banque Centrale Européenne.

Politiquement, c’est un renoncement de souveraineté. Il ne me semble pas que le peuple suisse avait approuvé l’adhésion à l’Union Européenne, et encore moins celle à la monnaie unique. Il ne me semble pas qu’une telle décision faisait partie du mandat de la BNS. Tout cela a été jeté aux orties en une simple décision arbitraire. Pire encore, nous subirons désormais les conséquences de la politique de la BCE sans même avoir notre mot à dire; la Suisse est dans une position encore plus faible que le Portugal ou la Grèce, qui sont au moins, eux, actionnaires de la BCE et peuvent, un minimum, discuter de sa politique.

Économiquement, c’est une folie. Parce que l’euro coule. L’euro coule et sa majesté M. Hildebrand, directeur de la BNS, fort d’une indépendance lui permettant en toute quiétude de se livrer aux plus insignes lubies, a décidé d’y enchaîner le franc suisse. Nous coulerons avec lui, nous subirons l’inflation terrible qui se prépare à frapper la zone euro. C’était de loin le pire moment concevable pour décider de joindre le destin des deux monnaies.

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2011/09/06/et-la-suisse-adhera-a-l-euro.html

Commentaire de Michel Donegani le 7 septembre 2011 à 14:03

il est vrai que l’histoire a montré que ce genre d’opération a toujours été suicidaire, mais il faut reconnaitre que l’histoire est pleine d’exemple de pays qui devaient défendre la monnaie contre une dépréciation… nous sommes dans le cas contraire.
Puisque les théories sont floues, on doit s’en remettre à l’expérience concrète… et on croise les doigts. Mais la probabilité de réussite est très faible, à moins que d’autres banques centrales ne soient impliquées. Ce qui ne semble pas être le cas, en tout les cas de la BCE qui annonce que la BNS a pris sa décision “sous sa seule responsabilité”. La demande de CHF ne tarira pas par décrèt ni par la fixation d’un taux arbitraire. Tant que l’Europe les USA sont instables, les investisseurs continueront à essayer de protéger leurs actifs. Qui pourrait le leur reprocher?
Cette décision ne va pas calmer les spéculateurs car bien peu étaient présents, par contre, maintenant, la tentation sera très forte de tester les nerfs … et le bilan de notre BNS… et cette fois-ci ils pourraient bien être en meutes.
Allez, on en reparle dans 2-3 semaines.

Commentaire de Michel Donegani le 7 septembre 2011 à 14:16

Je vous conseille vivement le blog de Bruce Krasting sous la rubrique:

Is it war? et
On the Swiss move

http:/brucekrasting.blogspot.com/

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 7 septembre 2011 à 14:40

Il faut donc que le sort de la Suisse soit de continuer à tenter de putzer les bêtises d’autrui, des milliers de “requérants” irakiens potentiels (selon les “services” de Mme Sommaruga) , en passant par les “évadés” fiscaux américains, pour arriver au goutte-à-goutte fourni hier à cette fausse monnaie qu’est l’ €.

Et j’en passe…

Plaudite, cives!

Commentaire de Paul Bär le 7 septembre 2011 à 14:58

A terme, je pense que c’est aussi l’or de la Banque nationale qui sera visé. Et je ne doute pas un instant que nos “autorités” braderont la richesse nationale, pour s’arrimer à un ensemble plus grand.

Commentaire de Daniel Paul le 7 septembre 2011 à 16:33

Erreur illimitée ? Traitement du symptome au lieu de la cause ?
La situation est critique, le maintien d’un niveau de vie supérieur en Suisse comparé au reste de l’Europe s’averera délicat.
Lorsque la Suisse avait décidé de ne pas rejoindre l’Europe, certains économistes avaient prévenu : pour rester compétitive, la Suisse devra faire baisser les prix et les salaires. Pour différentes raisons (groupes d’intérêt, protection des importateurs qui a trop duré, salaires élevés, politique agricole, etc) les prix n’ont pas étés poussés à la baisse. Faire baisser les salaires sans « forcer » les prix à la baisse n’est pas aceptable pour le peuple souverain…. Alors, le pays a choisi « la fuite en avant » en attirant par des mesures fiscales de nombreuses sociétés, des fonds de placement, etc, ce qui a produit des revenus additionnels, un second souffle temporaire.
La Suisse, bon élève, qui a eu le mérite de ne pas s’endetter jusqu’à ce jour pourrait bien être en train de le faire par la strtatégie de la BNS.
Les mesures conjoncturelles qui sont prises actuellement risquent en effet de ne pas suffire car le problème pourrait bien s’averer structurel. Le maintien d’un ilot de chèreté ne sera probablement pas tenable. Les entreprises exportatrices ont déjà des niveaux de productivité très élevés. Pourront elles encore améliorer cette productivité pour financer une fonction publique qui à poste équivalent gagne entre 2 et 3 fois plus que celle des pays voisins et dont les salaires sont souvent indexés et bénéficient d’une progression « automatique » ?
La solution passant par une « baisse des prix » par des mesures sérieuses et appliquées, ainsi qu’une baisse proportionnelle des salaires (y compris ceux de la fonction publique) pourrait bien s’avérer la seule manière de maintenir la compétitivité du pays et préserver au mieux l’emploi et le niveau de vie de ses citoyens.

Et comme si la situation n’était pas assez compliquée, certains aimeraient augmenter les prix de l’énergie ou la rationner……

Commentaire de Eric Kocher le 7 septembre 2011 à 22:27

Ce qui est agaçant au plus haut point dans ce barnum, c’est que le citoyen ordinaire finit par y perdre son esprit logique le plus élémentaire. Pire encore, il apparaît à ceux qui n’y comprennent plus rien, que ceux qui se prévalent de tout savoir n’arrivent pas à accorder leurs violons et n’en savent in fine pas plus ou encore moins… Chiotte!

Pas vu, pas lu jusqu’ici une explication compréhensible et cohérente. Pour tel commentateur les réserves de la BNS se sont accrues de 70 à 250 mrds, pour tel autre, elles on fondu à 16. Ou encore, faudra renflouer la BNS pas nos impôts…

Et dans le communiqué de la BNS, pas trace d’une formule même imagée suggérant “impression de billets jusqu’à plus soif”… Juste, achat de devises tant qu’il faudra…
Et même si l’on imprime des billets… “pour diluer la matière grasse”, pourquoi ne pas les garder au lieu d’acheter de la monnaie de singe en devenir?

À la fin de votre billet vous écrivez:
“Il est évident que les cantons peuvent faire une croix sur leur part aux bénéfices de la BNS”.
Ben, pour le citoyen lambda, ça, c’est normal que ça sonne bizarre!

Si la BNS imprime des quantités astronomiques de rames de papier, on aimerait bien comprendre pourquoi les cantons ne toucheraient pas quelques feuilles?

Que l’on nous explique tout cela en épelant bien distinctement, sans copeaux de bois inutiles.

Commentaire de Pierre-Antoine Zufferey le 7 septembre 2011 à 22:31

Ce qui est en tous les cas certain, c’est qu’un cours de 1 Euro pour 1 franc suisse mène (ou mènerait) tout droit à un cataclysme économique en Suisse dont certains ne semblent pas prendre la mesure. La vitesse de la chute a fait perdre des milliards à des entreprises exportatrices, qui n’ont rien pu faire pour amortir le choc, et les plans de délocalisation à l’étranger sont actuellement très avancés dans de très très nombreuses entreprises actives à l’international. Alors au lieu de se plaindre de manière romantique sur la perte de souverenaité du franc suisse, il y aurait lieu de faire des propositions sur ce qu’aurait dû faire la banque nationale dans ces circonstances, en sâchant que ne rien faire et “laisser” aller aurait de manière certaine mené à une catastrophe annoncée. Cette catastrophe aura peut-être lieu de toute manière, si le plan échoue, ce qui semble possible, mais qu’aurait-il fallu faire d’autre ?

Commentaire de Xavier Gruffat le 8 septembre 2011 à 14:26

Malgré le fait que je sois étudiant en économie (MBA) je ne me considère pas comme un spécaliste du sujet.
Toutefois une réflexion me vient à l’esprit, la Suisse représente 1 pour mille de la population du monde mais tenez-vous bien entre 300 (30%) et 500 pour mille (cela dépend des sources, même si c’est 100 pour mille c’est beaucoup) des réserves de la fortune privée du monde. Rien que le Brésil (où j’habite) aurait selon des sources sûres 4 mille millards de francs suisses d’argent dans les banques suisses, donc les Brésiliens possèdent 10 fois le PIB suisse !, mais les Brésiliens sont importants mais il faut compter aussi les Argentins, les Américains, les Japonais, les Africains,… bref le monde entier.
Cela signifie que la petite Suisse en terme démographique est énorme en terme financier (bon tout le monde le sait mais il est bien de le répéter), à mon avis cela n’aide pas à stabiliser le franc, car tout étranger est content d’avoir un franc fort.
Voilà ma modeste contribution à ce sujet complexe de toute façon.

Commentaire de Bernard Stalder le 8 septembre 2011 à 14:30

Il est compréhensible de faire marcher la planche à billet dans une certaine mesure. Mais pourquoi convertir cet argent frais massivement (exclusivement) en euros?
Ne serait-il pas possible de diversifier en achetant de l’or, des obligations, ou autre actif financier ?
Quel investisseur privé suisse investit-il aujourd’hui massivement en euros (sans rire)?

Commentaire de Eric Kocher le 8 septembre 2011 à 18:26

Sans rire… la BNS serait bien inspirée de racheter l’or qu’elle a vendu ou plutôt dilapidé, jeté par la fenêtre.
Quelle vision sur le long terme!!!

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 8 septembre 2011 à 21:34

Vous faites le pince-sans-rire?

L’écroulement de l’€ par rapport au CHF (de 1.35 en janvier à 1.03 au début d’août, soit pas loin de moins 25% en 7 mois) , la zone € représentant plus de 70% des exportations suisses (sans parler de l’… “importation” de touristes en provenance de la même zone) est la SEULE raison “compréhensible” de cette mesure. Que l’on soit d’accord ou pas.

L’or? ? La BNS en a vendu à bras raccourcis il y a quelques années. En plus, l’or-métal est libellé en US$. US$ dont le déclin fait que la performance de l’or- métal, aussi faramineuse semble-t-elle à lire la presse au- jour- le- jour ou les sites boursiers “instantanés” suffit à peine, retraduite en CHF, à compenser le déclin du billet vert en question.

Et puis, il y a un contre-coup à cette ruée sur l’or- métal qui a échappé à de nombreux “experts” . N’achetez-pas de l’or-métal, nous conseillaient- ils, en citant, à juste titre, des frais de logistique et de garde exhorbitants. Achetez plutôt des actions de mines d’or préconisaient-ils. .Et le problème (oh surprise!) est que la performance de ces actions sont depuis quelques mois terriblement en retrait par rapport à la performance de l’or-métal tout bête .

Pouquoi ? me direz-vous (bonne question!) . Deux raisons majeures. L’une est que ces actions de mines d’or ont fini par être surévaluées (voir plus haut) . L’autre est que l’extraction de l’ “or- qui -reste” coûte de plus en plus cher.

Les obligations s? En CHF, La Confédération vous paiera au mieux à peine plus de 0.5% sur x années après frais et commissions, Au moins, vous n’aurez perdu au change! Autres monnaies? Tentantes mais avec un énorme de risque de change!

Autres actifs financiers? Il y en a. Mais ils n’entrent en rien dans ce qui semble être le but de la mesure en question, à savoir déprécier le CHF .

Investisseur privé (ex institutionnel dans mon humble cas) suisse? Plus un rond en €! !! (je l’avais écrit dans la rubrique “Economie” de ce forum il y a quelques mois )

Du moins je le croyais jusqu’à …jusqu’à ce que la BNS nous “peg” inopinément à 1.20 CHF pour ramasser de l’ € “vendeur” à foison.

Une peau de banane. Pour glisser vers une monnaie de singe…

Sourire attristé. Espère au moins être divertissant, sinon utile

Commentaire de Jérôme Desmeules le 8 septembre 2011 à 23:38

Je vais partager ici ma contribution sur le sujet avec vous: http://www.udc-valais.ch/?p=3298

La BNS fait vraiment un pari très risqué… un pari qu’elle peut assumer puisque c’est l’argent des autres… mais si elle perd, qui paiera ?

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 9 septembre 2011 à 18:22

Je ne sais pas si le “pari” de la BNS marchera. Je le souhaiterais, faute d’une meilleure solution.

Pour le moment l’€ se traite @ 1.2079, soit un peu au-dessus du seuil d’intervention… Mais il faudrait savoir combien de CHF la BNS a déjà bradés depuis le début de la semaine pour ce faire…

Et l’€ a perdu aujourd’hui 1.60% de sa valeur en $ (!!!), monnaie qui contrairement au CHF n’a je crois nul besoin d’être dépréciée.

Un dernier point, au risque de passer pour un avocat du diable de plus: On nous brandit la terrible menace que la chèreté du CHF fait peser sur nos exportateurs. Je ne la prends certes pas à la légère. Mais pourquoi passe-t-on sous silence le fait que nombre de nos importateurs (et ce sont parfois les mêmes!!!) en bénéficient aussi: matières premières, matériaux de construction, denrées alimentaires, etc.

Commentaire de Paul Bär le 10 septembre 2011 à 11:59

Voilà probablement ce dont nos NOMistes réunis rêvent pour la Suisse…

http://fortune.fdesouche.com/33580-crise-grecque-des-solutions-radicales-evoquees

… la transformation d’un pays anciennement indépendant en un gauleiterat dirigé par un sous-directeur de Goldman/Sachs.

Commentaire de Paul Bär le 11 septembre 2011 à 10:03

@M.Esperet
Que pensez-vous de la couronne norvégienne et du dollar singapourien, comme protections contre l’inflation ?

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 11 septembre 2011 à 13:19

Je n’ai hélas pas d’avis sur ces deux monnaies, M. Bär.

La protection contre l’inflation que je conseille à ceux dont les passifs (dépenses) sont en CHF est simplement de laisser leurs revenus (salaire, retraite, placements, etc.) en CHF:

CHF “liquide”: Pas de risque de change(!), pas de risque boursier (!)et pas de frais ou commissions (!). Mais pas de protection contre l’inflation.

Pour TENTER de se protéger contre cette dernière, je préconiserais :

1) Fonds immobiliers suisses investis en Suisse (faute -ou en plus- de biens immobiliers suisses personnels !) . Préférer les fonds qui privilégient l’immobilier “de luxe”( par ex. une part dans un EMS privé , c’est du terrain+de la pierre+ du loyer, pour ainsi dire+ une clientèle appelée à augmenter!!!)).

2) Or-métal hedgé en CHF.

Mais ces placements ne sont pas bien sûr dénués de risque.

1) Les meilleurs de ces fonds suisses sont très chers, c-à-d qu’ils se vendent avec un aggio (prime au-dessus de la NAV, soit en gros la valeur marchande du parc immobilier qu’ils gèrent) considérable. Aggio qui, en cas de crise mondiale, pourrait “en prendre un coup”.

2) L’or hedgé en CHF: Deux risques: L’un est que l’or soit moins demandé, ce dont je doute. L’autre est que le $ s’apprécie contre le CHF, ce dont je doute aussi.

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 11 septembre 2011 à 15:22

Ooops!

Troisième paragraphe: “Mais pas de protection contre l’inflation…”.

Ayant, je crois, compris la question, j’ai oublié de poster la FIN de cette phrase qui était:”… à moins de considérer que les rentes AVS, celles du deuxième pillier et les salaires suisses resteront ajustés pour l’inflation, même partiellement et tardivement”.

Commentaire de Michel Donegani le 12 septembre 2011 à 10:48

On peut se montrer un peu plus créatifs… Notre CHF est sur évalué, soit. Le monde entier semble considérer notre devise comme un havre de paix, soit. Alors avant de dimineur la valeur de notre monnaie, on pourrait être un peu malin, comme les Chinois…, et utiliser cette sur évaluation pour acheter à tour de bras des actifs statégiques (matières premières, approvisionnement énergétique,…). Et ensuite seulement jouer aux apprentis sorciers avec le bilan de notre BNS. Mais bon, on est en démocratie, il ne faut pas trop rêver.

Commentaire de Paul Bär le 12 septembre 2011 à 16:02

Merci M. Esperet. Pour le franc suisse, comme il est désormais arrimé de fait à l’Euro (très intelligent d’essayer de rattraper un couteau qui tombe), je suis tenté de me séparer de mes économies dans notre monnaie nationale. Probablement en achetant de l’or et de l’argent physique (pas trop confiance dans les valeurs “papiers”) tranquillement entreposés dans un safe de banque.

M. Donegani, je vous approuve à 200%, comme le font par exemple les banques centrales chinoises et finlandaises qui rachètent, tant qu’elles peuvent, de l’or. Il paraît aussi que la JPMorgan acquière actuellement tout le cuivre qui passe à sa portée. Apparemment, les institutions qui pensent “stratégie” et “long terme” se détournent des monnaies “monopoly”.

Commentaire de Christophe Schälchli le 13 septembre 2011 à 11:04

Oui, mais en quoi les métaux précieux sont-ils différents du papier «monopoly» ? En dehors de ses caractéristiques chimiques, l’or ne vaut pas grand chose. Il est précieux en raison de sa rareté, certes, mais il n’a de valeur que la confiance qu’on veut bien lui accorder. Un peu comme le papier…

Je doute donc que M. Donegani, par «actifs stratégiques», entendait l’or…

Commentaire de Michel Donegani le 13 septembre 2011 à 13:50

En effet, je ne pense pas que l’or fasse partie “d’actifs stratégiques” pour une nation.

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 13 septembre 2011 à 16:19

Attendez un peu!

L’or-métal est à l’évidence (!!!) rare et cher. De plus en plus, d’autant que son extraction devient de plus en plus coûteuse (gisements de plus en difficile d’accès, contrainte écologique, risque géopolitique des pays producteurs, etc.) . Et, contrairement aux monnaies, il n’est pas extensible (pas de “planche à billets”) à l’infini (mais il est par contre “récupèrable”, par ex l’or utilisé un bijouterie et en dentisterie). Il n’a pas de dette extérieure à rémunérer ou à rembourser. Il n’a pas de charges sociales à assumer. Il n’a pas de coupons ou de dividendes à payer. Il coûte en frais de transport et de garde mais, contrairement à l’immobiler, il n’a besoin d’aucun entretien. Enfin, il retrouve une valeur universelle…

Depuis le 1er janvier: +28.7%
Depuis un an: + 46.9%
Depuis 5 (cinq) ans : + 210.0%

(Perf du Gold Index, vérifiable sur n’importe quel site boursier)

A part le fait que celle-ci est exprimée en $, ce qui m’a fait dire ici dire que ce risque peut et doit être doit être hedgé, il est diificile de trouver mieux, non? .

Et la Banque Centrale Chinoise (qui, relativement à sa taille, en détient moins que les banques centrales occidentales) serait en train de considérer des achats massifs.

Non, je ne vous le “vends” pas! Je serais plutôt acheteur (ah… si j’étais riche!)

Commentaire de Christophe Schälchli le 13 septembre 2011 à 16:59

@M. Esperet. En effet, l’or est rare. Mais sa rareté ne garantit pas à elle seule sa valeur (l’actinium et l’indium sont également des éléments rares, mais pas très précieux à ma connaissance). Si l’or est précieux, c’est uniquement parce que tel est généralement admis (CONFIANCE). Et, par ricochet, parce qu’on sait qu’on peut le convertir en monnaie papier (!); ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la valeur de l’or est exprimée en… monnaie. Non, en tant que tel, l’or ne vaut pas grand-chose. Pour qui a faim, une endive ou une courgette a davantage de valeur !

Au fond, le seul système économique digne de confiance serait le plus primitif, à savoir le troc. Raison pour laquelle, si on perd toute confiance en l’économie, on pourrait imaginer d’acquérir des «actifs stratégiques» à l’étranger. Ceux-ci pourraient toujours être troqués, parce qu’ils ont une valeur bien réelle.

Enfin, je ne suis pas économiste; je ferais peut-être mieux de me taire et de m’entraîner à la course !

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 13 septembre 2011 à 20:43

Donnez, même si vous êtes un peu… forcé à le faire, un peu d’or “apparent”, voire même simplement “plaqué”, ne serait-ce que la plume de votre vieux stylo Mont-Blanc ou une branche de la monture de vos lunettes Visilab, à un affamé du tiers-monde (oui, j’ai travaillé dans de telles contrées, comme déjà plaidé “en défense” à ce bon M. Glaisen) et il sera plus content, et donc moins…. belliqueux, que si vous lui brandissiez courge ou endive gratis. (probablement il préférerait en tout cas du riz , du thé ou du manioc).

L’or est le plus vieil “étalon” connu du genre humain en matière fiduciaire (au sens latin de CONFIANCE) et donc, aussi de troc.

Et puis l’aristocratie européenne et/ou ses conseillers, Bernois compris, s’est mise , POUR CAUSE D’ENDETTEMENT massif à réduire la teneur en or des pièces en …or qu’elles émettaient à tour de bras, tout en prétendant (=décrétant en Suisse) qu’elles conservassent la même valeur d’échange. De troc, si vous préférez. Puis, bien avant Brenton-Woods, ces pièces de monnaie de plus en plus…. démonétisées furent supplantée par des “assignats”, “des “lettres de gage”, et, enfin, des “billets de banque” (!) .

Et pour revenir aux pièces, à titre anecdotique, la “tune” suisse (5 Frs) perdit les trois quarts de sa teneur en argent sans que personne ne parle de démonétisation.

Et le Vreneli (pur) de CHF 20.- vaut aujourd’hui CHF 323.-

Mais l’étalon , suite à l’ écroulement des monnaies dites scripturales, revient aujourd’hui au galop.

Courrez plus vite, M. Schälchli avant que l^étalon ne revienne la charge, et le cas échéant, s’éprenne de votre candeur

Commentaire de Christophe Schälchli le 14 septembre 2011 à 6:29

Tout à fait, M. Esperet. Mais tout cela ne m’empêche de penser (candidement si vous voulez) que l’or reste un étalon. Quant à l’affamé du tiers-monde, comme vous dites, je pense que son premier réflexe sera d’échanger l’or contre de la monnaie. Monnaie avec laquelle il achètera probablement du manioc ou des endives.

Commentaire de Michel Donegani le 14 septembre 2011 à 8:40

Désolé, je préfère des réserves de pétroles, des accès à l’énergie, des matières premières, des terres arrables, de l’eau… bref des actifs stratégiques; qu’un métal certes rare, mais c’est sa seule qualité, si ce n’est la fascination irrationnelle que sa couleur engendre depuis le début des temps. Tout l’or du monde tient dans un cube de 20m de côté et sa valorisation actuelle dépasse le prix de toutes les terres cultivables des USA… Lequel de ces deux actifs préférez-vous? Le “prix de l’or” n’a pas de lien avec la notion “d”actif stratégique”. De simples questions de coût d’extraction font que son prix devrait progresser. Il exsites bien d’autres métaux rares qui satisfont à cette simple caractéristique (platine, …). L’or est donc comme la croyance religieuse…, c’est un cheminent personnel et on se sent d’autant mieux lorsque cette foi est partagée par une très très grand nombre d’adeptes… Inutile de dire que je ne partage pas celle-là, même si le prix augmente!

Commentaire de Michel Donegani le 14 septembre 2011 à 8:54

Concernant la nouvelle que la Banque Centrale Chinois serait en train de considérer des achats massifs d’or…. croyez-vous les Chinois assez idiots pour faire connaître leurs intentions et faire monter les prix avant qu’ils ne l’achètent… Non, s’ils ont laché cette nouvelle, ce dont je doute (cela ressemble à des bruits orchestrés pas les brokers), c’est plutôt parce qu’ils l’ont déjà acheté et qu’ils font monter les prix (votre commentaire tend à montrer que cela marche) car ils désirent le vendre… Mais ce n’est qu’une supposition…

Commentaire de Christophe Schälchli le 14 septembre 2011 à 9:14

«Qui veut de l’Or ? Qui veut de l’Or ?»

Blaise Cendrars

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 15 septembre 2011 à 17:39

Merci pour ce débat, M. Donegani. Sincèrement.

LA question plus immédiate, moins aurifère (encore que…) et plus helvétique que l’on pourrait se poser est la suivante:

Combien de CHF notre BNS a-t-elle déjà imprimés (pour ainsi dire) et aussitôt bradés (à mon avis) pour soutenir le “pegged” rate de 1.20 ? – lequel, semble-t-il , “tient la route” depuis sa mise en place – .

Mais… il y une question dans la question: Dans quelle mesure cette spectaculaire “tenue de route” est AUSSI due au fait que nombre de “traders” de par le monde avaient massivement “vendu” l’€ à découvert SOUS ce taux, voire même SOUS le taux de 1.03 du début du mois dernier (et oui…)….et DOIVENT, depuis quelques jours, couvrir leurs découverts?

Question #1: On saura la peut-être la réponse “comptable” quand la BNS publiera ses chiffres du 3ème trimestre.

Qestion #2 dans la question #*1: On ne le saura peut-être jamais. Mais mon humble avis est que de nombreuses banques, et non des moins moindres ou des plus lointaines , ont pris un énorme “bouillon” avec leurs découverts en €.

Si c’est le cas, elles, ces banques, trouveront des boucs émissaires: La BNS, bien sûr, qui les a prises à contre-pied (au moins ça , ce fut bien joué) et… ces maudits “traders” …

Des avis là-dessus ?

(PS @ M. Donegani et à M. Schälchli, si je peux me le permettre: J’ai à titre personnel beaucoup plus d’incertitudes que de convictions!!!)

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