ico Suisse L’arme d’ordonnance à la maison, marque de civilisation

21 janvier 2011 | Catégorie: suisse

OLIVIER DELACRETAZ *

L’initiative «Pour la protection face à la violence des armes», sur laquelle nous voterons le 13 février, est une nouvelle bataille dans la guerre d’usure menée depuis vingt ans contre l’armée suisse. La présence du «Groupement pour une Suisse sans armée» à la tête des organisations de soutien à l’initiative ne laisse aucun doute à ce sujet. Néanmoins, on nous la présente, dans un brouillard de statistiques tronquées et constamment changeantes, comme si son but principal était d’empêcher le suicide par arme à feu. Le débat est ainsi détourné de son véritable objet au profit d’un leurre sentimental, probablement pour s’attacher l’électorat féminin.

Pour ce qui est du suicide, on peut répondre que les moyens ne créent pas la fin. Ce n’est pas la détention d’un fusil à la maison qui donne au désespéré l’envie de se tuer. Et s’il veut le faire, ce n’est pas l’absence d’un fusil d’assaut qui l’en empêchera.

A cette objection majeure, M. Jacques de Haller, président de la Fédération des médecins helvétiques et, surtout, candidat socialiste au Conseil national, oppose le fait que l’arme est à portée de main et prête à l’emploi: cette immédiateté empêche le malheureux qui aurait juste un coup de blues de prendre un temps de réflexion peut-être salutaire. L’argument est dépourvu de pertinence puisque le soldat ne garde plus ses munitions à la maison. Tout le monde le sait, sauf M. de Haller et, bien entendu, Mme Ariane Dayer, qui a repris l’argument sur le ton de l’évidence dans son éditorial du Matin Dimanche du 9 janvier.

Encore une fois, ce qui est en question, ce n’est pas le suicide, c’est le statut du milicien suisse, c’est la légitimité de la défense armée face à la violence.

Pour l’idéaliste, la violence et le mal, c’est la même chose. Il voit la violence comme une tache sur une nature humaine foncièrement pacifique. Un peu de bonne volonté et quelques bonnes lois permettront de la nettoyer. Selon lui, la violence est appelée à disparaître au fur et à mesure que les moyens de la violence disparaîtront. Ce sont les armées qui font les guerres, supprimons-les et l’humanité vivra en paix! Que des Hutus dépourvus d’armée et munis de simples machettes aient massacré des centaines de milliers de Tutsis, cela ne l’impressionne pas: «Supprimons les machettes», répond-il. Car l’idéaliste n’apprend jamais rien. Toute la réalité du monde a moins d’existence que la moindre de ses idées.

L’erreur de fond des partisans de l’initiative est d’identifier absolument la violence et le mal. La violence n’est pas un mal en tant que telle, mais seulement en tant qu’elle est une force débridée. la violence, c’est la force, mais séparée des autres vertus, la justice, la prudence et la tempérance.

La force est un bien. La force est au fond de toute pensée, de toute action, de toute création. Il ne faut pas tenter de supprimer la violence, on supprimerait la force du même coup. Il faut la rectifier, la maîtriser par l’éducation, par les usages et par le droit.

S’il y a une chose que l’armée nous a appris à maîtriser, c’est bien le fusil d’assaut. Il ne s’agit pas seulement du tir proprement dit, mais de tout ce qui se passe avant et après: l’arme est toujours sur soi, sous bonne garde ou sous clef; elle est toujours considérée comme chargée; on ne vise jamais une personne, même si l’on sait que l’arme est déchargée; on ne met pas le doigt sur la détente tant que le dispositif de visée n’est pas sur le but; le fusil doit toujours être propre, le canon sans tache ni piqure; on entre dans le stand de tir avec le magasin à la main; on dégraisse le canon pour éviter d’enfumer celui qui tire à côté de vous; après le tir, «retrait des cartouches face aux cibles!» ; alignement pour le contrôle du retrait des cartouches par l’officier; enfin, «je vous rends attentifs à l’ordre fédéral sur la munition», formule un brin mystérieuse qui signifie qu’on doit rendre au magasin les cartouches qui restent et qu’on risque gros à en conserver sur soi. Un de nos lieutenants suisses-allemands ne connaissait du français que cette phrase, qu’il prononçait avec enthousiasme à chaque occasion. Le formel, répété des centaines de fois au cours de l’école de recrues, fait du maniement précautionneux du fusil un comportement naturel, un rituel qu’il est pratiquement impossible de transgresser. Cette éducation à l’arme est sans doute la protection la meilleure contre les abus et les dérapages.

Une civilisation se mesure à sa capacité de maîtriser la violence et, plus encore peut-être, aux formes qu’elle donne à cette maîtrise. Le fait que le soldat suisse soit considéré comme apte à conserver chez lui son fusil d’assaut exprime la confiance que les autorités et la population ont en lui. Nous ne craignons pas d’y voir un symbole de civilisation et, dans sa suppression, une régression vers la barbarie.

Et c’est un symbole efficace. Il rehausse le soldat à ses propres yeux: celui-ci n’est pas simplement une portion de chair à canon, mais un citoyen soldat, responsable en permanence de son armement. Cette détention paisible d’un moyen de mort, exorbitante aux yeux du reste du monde, confère quelque chose d’aristocratique au statut du soldat de milice.

On peut confier une arme au soldat suisse sans craindre qu’il ne devienne un voleur ou un assassin, sans craindre qu’il ne fomente un pronunciamiento. Les exceptions existent, on nous le dit assez. Elles restent rarissimes et confirment la règle. On en réduira le nombre en précisant les critères du recrutement et en renforçant encore l’éducation à l’arme durant les périodes de service.

Le symbole n’est pas moins efficace à l’extérieur: le fusil à la maison manifeste – et entretient – une relation étroite entre l’armée et la population. Cette symbiose est en soi une qualité, parfois décisive, pour l’armée d’un petit Etat.

C’est tout cela que nous perdrons définitivement si, trompés par l’argumentation vicieusement sentimentale du GSSA, le peuple et les cantons décident de supprimer l’arme à la maison. Il faut voter et faire voter non.

* La Nation

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Commentaire de luc-antoine rossier le 21 janvier 2011 à 10:00

Bravo…

Concernant les suicides, voici quelques chiffres intéressants…

“Nombres de suicides par armes de services: tableau de l’OFS retravaillé avec pourcentages et nombres absolus:

http://lh3.ggpht.com/_vJcKa90vLkg/TSUU6qhLIZI/AAAAAAAAI_M/aJelPxvZU5k/s800/Stat%20Suicides%20armes%20%C3%A0%20feu.jpg

Source: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/19/03/02/dos/03.Document.139175.xls

Tirer du dossier de l’OFS: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/19/03/02/dos/03.html

Commentaire de Bernard Erlicz le 21 janvier 2011 à 10:49

M. Delacrétaz a parfaitement raison… Il règne malheureusement un véritable black-out sur les informations dans les médias. Ils ne répètent que les chiffres manipulés des initiants et jamais les vrais… Les initiants ne parlent jamaisdes coûts et lorsqu’ils prennent en référence certains pays étrangers (Canada p.ex.), ils manipulent encore les résultats des rapports et études… Voici quelques infos intéressantes:

En 2009, 59% des utilisateurs d’armes à feu lors d’homicides étaient ÉTRANGERS (et pour la petite histoire, 666 viols ont été commis cette année-là… à 62% par des étrangers) (OFS, Statistique policière de la criminalité 2009)

Une seule personne a été tuée par arme longue en 2009, et si ça avait été un fusil d’assaut, les médias en aurait parlé pendant une semaine (OFS, Instrument de l’infraction – arme à feu 2009, 2010)

57% des personnes suspectées d’homicide ont déjà eu affaire à la police (et c’est un MINIMUM) (OFS, Homicide et violence domestique 2000-2004, 2006)

Près de 50% des gens qui se suicident sont « malades » : (20% toxicomanie ; 20% alcoolisme ; 10% schizophrénie) (Commission nationale d’éthique pour la médecine humaine, “L’assistance au suicide”, prise de position n° 9/2005)

En 2007, près de 30% des suicides étaient des suicides assistés, en 2003, ils n’en représentaient que 20% (DFJP, Modification du code pénal et du code pénal militaire relative à l’assistance organisée au suicide: Rapport explicatif, 2009)

Le nombre de suicides chez les personnes de 20-39 ans diminue depuis le milieu des années 80, les suicides par arme à feu n’ont AUCUNE incidence sur le nombre total des suicides (Association Stop Suicide (OFS, 2007) et OFS, Méthodes de suicides par âge 1995-2008, 2010)

Les suicides par arme d’ordonnance ne représentent que le tiers des suicides par armes à feu, qui eux-mêmes ne représentent que 20% des suicides : les armes d’ordonnance causent moins de 7% des suicides. (Observatoire suisse de la santé. – “Suicides et tentatives de suicide”, 2009)

Le Programme canadien des armes à feu de 1991 (fichier central pour armes longues), vanté par les initiants, devait coûter 2 millions de dollars : on en est actuellement à 2,75 MILLIARDS de dollars. Le fichier pour armes de poing et armes automatiques existe depuis 1951… Ils n’ont eu AUCUNE influence sur le nombre de suicides et d’homicides et plus de 75% des armes utilisées criminellement n’étaient pas enregistrées. (Gendarmerie royale du Canada, Programme canadien des armes à feu de la GRC : évalutation 2010 et Statistique Canada, Statistique sur les armes à feu: tableaux mis à jour, 2009 et Statistique Canada, Causes externes de morbidité et de mortalité)

L’Australie a interdit les fusils semi-automatiques et les fusils à pompe en 1996, leur rachat a coûté plus de 500 MILLIONS de dollars. Cela n’a eu AUCUNE influence sur le nombre de suicides et d’homicides, et en plus près de 90% des armes utilisées criminellement n’étaient pas enregistrées. (Jeanine Baker and Samara PcPhedran – “Gun Laws and Sudden Death: Did the Australian Firearms Legislation of 1996 Make a Difference?” in The British Journal of Criminology 3/2007)

En Angleterre, le gouvernement a confisqué toutes les armes à feu en 1997/1998 : la criminalité y a littéralement explosé et la criminalité armée a plus que doublé ! (Home Office Statistical Bulletin, Violent Crime Overview, Homicide and Gun Crime 2004/2005 (Supplementary Volume to Crime in England and Wales 2004/2005)

Dommage qu’aucun média ne les diffusent…

À l’heure où nos frontières sont sans protection et où des gangs étrangers équipés d’armes de guerre viennent se servir en Suisse, on s’apprête à dépenser des centaines de millions de francs INUTILEMENT, car ça n’apportera pas plus de sécurité, au contraire !

Et encore un petit mot à ces dames…

Mesdames, si votre mari, votre fils ou votre copain est « dangereux avec une arme à feu », il le sera toujours, même s’il n’en a plus… car c’est LUI le problème, pas l’arme.

Commentaire de Paul Bär le 21 janvier 2011 à 11:44

“En Angleterre, le gouvernement a confisqué toutes les armes à feu en 1997/1998 : la criminalité y a littéralement explosé et la criminalité armée a plus que doublé !”

Je répète ce que j’ai déjà dit dans un autre fil de discussion : le taux de criminalité violente ne dépend pas du type de législation sur les armes, mais de la composition sociologique du bassin de population considéré.

Evidemment, cela ne sera jamais dit dans le “mainstream”, étant donné que cette considération, pourtant exacte, est potentiellement “nauséabonde”.

Sinon, un peu de Machiavel, “Des principes, chapitre 12” :

“Svizzeri sono armatissimi e liberissimi.”

http://italian.about.com/library/anthology/machiavelli/blprince12i.htm

Commentaire de Paul Bär le 21 janvier 2011 à 11:57

“…elui-ci n’est pas simplement une portion de chair à canon, mais un citoyen soldat…”

C’est toute la différence entre un militaire, membre d’une milice, citoyen libre co-responsable de la sécurité de la nation, et un soldat, donc un “soldé”, un salarié, qui n’est jamais, au fond, qu’un mercenaire d’état (1).

C’est pour cela que, profondément attaché à notre armée de milice, je basculerais immédiatement dans le camp des abolitionnistes, si elle devait devenir une formation purement professionnelle.

(1) je comprend évidemment la nécessité d’un petit corps de professionnels formant la milice ou assurant des tâches hautement spécialisées.

Commentaire de Glaisen Marc le 21 janvier 2011 à 13:27

“Je répète ce que j’ai déjà dit dans un autre fil de discussion : le taux de criminalité violente ne dépend pas du type de législation sur les armes, mais de la composition sociologique du bassin de population considéré”.

Comme il vous l’a déjà été expliqué M. Bär, le taux de criminalité ne peut en aucun cas se réduire à un seul facteur explicatif. Il s’agit d’une réalité multi-factorielle, comme toute réalité humaine d’ailleurs….

Commentaire de Pierre Bonnard le 21 janvier 2011 à 14:01

Dans tout ce débat une chose m’échappe, et je serai ravi que quelqu’un éclaire ma lanterne:
Puisque la munition (scellée en boîte) n’est plus conservée à la maison, quelle est l’utilité militaire de garder le FAss à la maison? Et est-ce que ce symbole de confiance ne ressemble pas, dans ces circonstances, à une blague?
Cela dit, les motivations des initiants ne trompent pas grand-monde: puisqu’il y a bien plus de suicides sous les trains que par les armes militaires,pourquoi ne pas supprimer les trains ou équiper toutes les voies de clôtures reliées au blok de voie?

Commentaire de Marie-France Oberson le 21 janvier 2011 à 14:45

M. Glaisen
Vous nous avez déjà dit, sur un autre lien que “le taux de criminalité ne peut se réduire à un seul facteur mais qu’il s’agit d’une réalité multifactorielle..”
Et si vous nous disiez quels sont ces facteurs? On aimerait du concrêt pas de blabla…

Commentaire de Glaisen Marc le 21 janvier 2011 à 15:49

Niveau de vie, différences entre les plus riches et les plus pauvres, niveau de chômage, degré de cohésion sociale, accès aux armes, tradition tendant à régler les conflits par soi-même/ confiance en l’Etat pour ce faire, niveau de corruption de l’Etat, etc., etc.

Commentaire de Dr HS Varonier le 21 janvier 2011 à 15:55

L’homme doit pouvoir rester un individu responsable à qui l’on peut faire confiance !Décréter des interdits à outrance ne réglera pas à lui seul nos problèmes de société. Eduquer, former, informer, voilà les vrais moyens pour maîtriser la violence,les déviances et autres néfastes comportements…

Commentaire de Glaisen Marc le 21 janvier 2011 à 16:02

@ M. Bonnard: tout le monde sait qu’il est aisé de revenir d’un cours de répétition avec quelques cartouches, qui traînaient ici ou là, pour son FASS. L’arme militaire a donc toute son utilité au domicile en cas d’apparition de pulsions auto ou hétéro-agressives…. 😉

Commentaire de badoux christiane le 21 janvier 2011 à 17:11

Interdisons les cordes, on peut se pendre ou étrangler quelqu’un. interdisons les couteaux (même de cuisine) ils peuvent tuer et on peut aussi se suicider. interdisons les ponts, on peut s’y jeter ou pousser quelqu’un dans le vide, interdisons les trains on peut également s’y jeter ou y pousser quelqu’un etc. interdisons les escaliers… etc. etc. mais imposons la bêtise puisqu’elle semble dominer sur le bon sens, et le respect de ses responsabilités. :))

Commentaire de Christophe Schälchli le 21 janvier 2011 à 17:52

Ah, la bêtise, quand elle nous tient…

Cela dit, si nous prenons l’exemple du pont, mieux vaut s’y jeter que de s’en jeter: c’est moins mortel!

Commentaire de Glaisen Marc le 21 janvier 2011 à 18:34

Ce serait assez dans l’air du temps – que d’interdire les cordes, les couteaux ou encore les ponts, etc. – après avoir interdit les minarets…. 😉

Les armes, c’est une autre affaire….

Commentaire de Marie-France Oberson le 22 janvier 2011 à 0:01

Excusez-moi: hors sujet, mais ça vaut son pesant d’or:
Un article paru dans La LIberté de ce 21 janvier sous le titre
“La fin du multiculturalisme” de Jacques Coulon , auteur de l’article paru dans ce même journal le 26 déc. “Oscar et le clochard” !!AhÄh!

On commence à sortir la tête du sable !!!

Page Forum, “opinion” :

“La fin du multiculturalisme?

Souvent, dans ces colonnes, j’ai présenté la face positive de l’islam. Cependant, pour ne pas tomber dans l’angélisme, il convient aussi de considérer son versant problématique. Les événements récents du Moyen-Orient où j’ai vécu, notamment la persécution des chrétiens en Irak et en Egypte, me contraignent à réviser mon optimisme. Il faut se rendre à l’évidence: lorsqu’il est imprégné d’islamisme, l’islam n’est pas compatible avec un modèle de société multiculturelle.

Dans les pays où il domine, l’islam ne pratique pas toujours le multiculturalisme. Soumis à des discriminations, victimes d’attentats, les coptes sont poussés à quitter leur région alors qu’ils représentent la plus ancienne culture d’Egypte, leur nom signifiant d’ailleurs «égyptien».

Et dans les contrées où ils émigrent,? Pour une part croissante d’autochtones,trop de musulmans ne s’intègrent pas vraiment à leur environnement culturel et tendent à marquer leur territoire.:bien des femmes voilées font partie du paysage des grandes banlieues françaises et les échoppes halal supplantent souvent les boucheries du cru. Pendant ce temps, les élites occidentales politiquement correctes, qui se voilent elles aussi la face, continuent d’exalter le métissage culturel.

D’où cette question: l’islam est-il soluble dans nos valeurs républicaines et laïques qui comprennent l’égalité des sexes tout comme la liberté de conscience, préalable indispensable à une coexistence entre les cultures? Pour y répondre, il faut tenir compte de son fondateur, Mahomet. Le Prophète n’a pas seulement fondé une religion, mais également un système juridique et politique. Chef militaire, il a levé des armées pour lutter contre les idolâtres. Contrairement à Jésus, son royaume est aussi de ce monde. Les combattants de l’islam peuvent donc légitimement le prendre pour modèle alors que les croisés commettent un abus lorsqu’ils affichent l’étendard du Christ pour justifier leurs violences.

On oublie trop souvent que l’islam n’est pas seulement une religion: il vise à régenter un mode de vie et s’incarne dans la société en promulguant sa charia, un système de lois qui ne sont pas toujours conciliables avec les nôtres. On ne trouve guère dans le Coran les bases d’une laïcité, d’une séparation entre le religieux et le politique. De plus, l’islam n’a pas réellement fait sa «révolution des Lumières» en soumettant l’expression religieuse à l’analyse de la raison.

Le général de Gaulle avait bien vu la difficulté d’intégrer en masse les musulmans en France et c’est l’une des raisons pour lesquelles il décida l’indépendance de l’Algérie. «Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions? dit-il en 1960. On peut intégrer des individus. Pas des peuples.» A méditer, à l’heure où il est question d’une adhésion de la Turquie à l’Europe.

On parle beaucoup de respect de l’environnement naturel. Mais quid de l’environnement culturel? De ce point de vue, l’islam actuel, dans sa composante islamiste qui cherche à le noyauter, est imperméable à cette «écologie culturelle». D’où la nécessité de favoriser les réformateurs modérés et d’adopter la règle suivante: si des musulmans choisissent de s’installer dans nos contrées pour des raisons économiques, alors ils doivent aussi choisir nos valeurs républicaines et un environnement imprégné d’histoire judéo-chrétienne. A défaut, la tentative d’intégration avortera et provoquera une désintégration. Mais y a-t-il encore aujourd’hui une identité culturelle européenne et, si oui, laquelle? Quelle charte un immigré doit-il s’engager à respecter? Si les partis de gauche et du centre délaissent ces thèmes, ils ouvriront un boulevard à l’UDC ou au Front national.

Un dernier voeu pour 2011: puissent les Tunisiens instaurer un régime laïc, républicain et démocratique qui essaimerait dans tout le Maghreb! Un régime qui ne serait ni islamiste ni militaire.”
JACQUES DE COULON

Commentaire de Samuel Dougoud le 24 janvier 2011 à 18:31

Tout juste, Mme Oberson ! J’ai fait remarquer à une ou deux personnes à quel point le réveil d’un “gentil” pouvait être plaisant.

Commentaire de Samuel Dougoud le 24 janvier 2011 à 21:11

Pour en revenir au sujet, et faire honneur au magnifique texte de M. Delacrétaz :

La plaquette de G. Duttweiler, “Un peuple s’affirme”, consacrée à l’Exposition nationale de 1939, assimilant la pointe de la plume au dard des abeilles, présentait la presse en ces termes : “Désagréable, mais nécessaire à l’hygiène publique”.

Encore cette métaphore présupposait-elle une totale intégrité professionnelle.

Le traitement de la présente campagne de votation sera à n’en pas douter un parfait exemple de malhonnêteté professionnelle dont les écoles de journalisme pourront longtemps profiter.

Loin d’éclairer ceux de ses lecteurs en quête d’éléments objectifs pour former leur opinion en toute indépendance, la presse romande s’ingénie à se livrer sur le sujet des armes à une complète mystification.

Photos menaçantes d’armes pointées sur le spectateur à l’appui, rien n’est ainsi fait pour détromper l’électeur qui croirait à tort :

– que chaque militaire dispose en permanence de son lot de cartouches

– que chaque militaire touche d’office une arme automatique au terme de ses obligations

– que l’acquisition et la vente d’armes ne sont encadrées par aucune disposition légale

– qu’il n’existe aucun fichier recensant les armes en circulation

– que le taux de suicide est plus élevé en Suisse qu’en Europe

Or :

– voilà quelques trois ans que plus aucune munition de poche n’est distribuée à la troupe ;

– pour toucher un fass 90 en prêt (et exclusivement en prêt), il faut justifier, au cours des derniers trois ans, de l’accomplissement de resp. 2 tirs obligatoires et 2 tirs en campagne, et présenter un Permis d’acquisition d’armes incluant un extrait de casier judiciaire. Seuls 12 % des licenciés accomplissent ces démarches, démontrant par là un véritable attrait pour le tir hors du service. Ladite arme doit par la suite être présentée tous les 3 ans à l’inspection, occasion lors de laquelle l’accomplissement régulier des tirs est à nouveau vérifiée sous peine de retrait immédiat de l’arme. On est loin d’une prolifération d’armes désordonnées, mais c’est entre autre ces 12 % qui font le sang neuf des quelques 3000 sociétés de tir du pays.

– l’acquisition et la vente d’armes sont tout-à-fait encadrées par des dispositions légales. Succintement, hormis les anciennes armes d’ordonnance suisses (”fusils à un coup”) pour lesquelles une simple déclaration suffit, l’acquisition d’armes est soumise à l’approbation préalable de la police, via un Permis d’acquisition d’armes incluant un extrait de casier judiciaire. Les armes ainsi échangées sont donc ipso facto saisies dans une base de données.

– le taux de suicides n’est pas plus élevé en Suisse que dans les autres pays, au contraire. La spécificité suisse en la matière est le plus grand usage des armes pour ce faire ; encore la part des armes d’ordonnances à l’intérieur de cette catégorie est-elle faible au regard de toutes les armes en circulation.

Commentaire de Marie-France Oberson le 25 janvier 2011 à 22:12

On a pu voir et entendre ce soir , au JT de la TSR, l’un des initiants de l’initiative du 13 février prochain:
il est chasseur; il aura donc le droit de garder son arme , ses armes- qu’il nous a montrées avec fierté – à la maison puisque, si j’ai bien compris il suffira de donner les raisons valables de posséder une arme pour avoir le droit de la garder à la maison!
Etre soldat n’est donc pas une raison valable , mais être chasseur , oui.
Donc si encore une fois j’ai bien tout compris, on peut faire confiance aux chasseurs mais pas à nos soldats!
J’en conclus, après avoir entendu cet initiant,que ce dernier et d’autres signataires du même acabit veulent interdire à d’autres qu’eux-mêmes de garder des armes à la maison, parce qu’eux évidemment sont plus civilisés que le reste de leurs compatriotes…

Commentaire de Samuel Dougoud le 7 février 2011 à 9:46

Complément d’information au sujet du prochain vote (13 février 2011):

Morts programmées du tir sportif et de la détention d’armes.

Le 13 février 2011, le peuple suisse devra voter sur l’initiative intitulée “Pour la protection face à la violence des armes”. Sous son titre attrayant, se cache un texte ayant de graves conséquences pour le tir sportif, les collectionneurs et les chasseurs, ainsi que pour toute la population et son armée.
Le dépôt des armes militaires, dans les arsenaux en dehors des périodes de service actif, va provoquer la suppression des tirs obligatoires comme avoué par Peter Hug, président de la coalition qui soutient l’initiative, dans le « 24heures » du 18 janvier 2011. Avec cette suppression, les communes n’auront plus l’obligation de mettre à disposition des installations de tir, ce qui entraînera la fermeture de la plupart des stands. De plus, l’armée n’aura plus l’obligation de fournir la munition aux sociétés de tir sportif à un prix raisonnable. Il faut savoir que 85% des licenciés de la Fédération de tir Suisse (FST) utilisent leurs armes de service pour la pratique du tir sportif. Sans installations de tir et avec de la munition au prix prohibitif du marché, la plupart de ses membres vont arrêter le tir sportif ! Pour la FST, cela entraînera la perte d’environ 80% de ses ressources financières. Elle devra donc augmenter massivement ses cotisations et ne s’occuper plus que du sport d’élite. Par manque de financements et de participants, les sociétés cantonales et la FST ne pourront plus organiser les tirs cantonaux et fédéraux, tous les concours du type championnat de groupes, ainsi que la formation des juniors.

L’introduction de la clause du besoin va rendre la détention d’armes très difficile. Il faudra prouver le besoin et l’utilité de cette arme tout en montrant que l’on possède les capacités de la détenir et de s’en servir ! Autant dire que le simple citoyen ne pourra plus garder l’arme héritée du papa ou du grand-père. Pour les collectionneurs, il sera quasiment impossible de prouver le besoin de certaines armes. Faudra-t-il monter un dossier historique afin de justifier que l’arme désirée entre bien dans le cadre d’une collection ? Au minimum une licence sera obligatoire pour les tireurs sportifs, mais devra-t-elle être validée par un contrôle du nombre de compétitions effectuées (tampon de participation comme dans certains pays). Pour garder son arme de sport, devra-t-on obtenir des résultats minimaux ? Et pour tous les possesseurs d’armes, qu’en sera-t-il en cas de nouvel achat ? S’ils en possèdent une, pourquoi en changer !

Si cette initiative est acceptée, le tir sportif populaire est condamné. Le lobby anti-armes va sacrifier la 2ème fédération sportive suisse, ainsi que ses 220’000 licenciés, dont beaucoup de jeunes sportifs brillants et va obliger les 3’100 sociétés de tir à arrêter leurs activités. Les initiants vont casser un très fort lien social entre les générations (tireurs de 10 à plus de 90 ans), entre les membres d’un même lieu, entre des personnes de toutes conditions socio-économiques et entre les différentes régions et cantons de notre pays. Cela est grave, surtout pour un texte qui n’atteindra aucun de ses buts annoncés puisque toutes les expériences et études internationales le prouvent.
Par contre, l’initiative vise d’autres buts que le lobby anti-armes cherche à atteindre sans en parler. Le premier est l’affaiblissement de notre armée en vue de sa suppression à moyen terme. Le deuxième, grâce à la création d’un registre fédéral des armes, est de désarmer le citoyen auquel les initiants ne font pas confiance. Un tel registre permet de taxer les possesseurs d’armes et d’augmenter la taxe par arme d’année en année. A terme, les montants demandés deviennent si exorbitants que les citoyens se voient obligés de rendre leurs armes. Grâce à ce système, certains pays, comme la Hollande, ont réussi à retirer la quasi-totalité des armes détenues par des privés.
En connaissant toutes ses informations, tous les citoyens raisonnables voteront NON à cette initiative trompeuse, coûteuse et inutile.

Dr Alain PERRET
Enseignant en Biologie, entraîneur FST, moniteur Jeunesse et Sport,
Lausanne.

Commentaire de Lionel Thévenaz le 6 janvier 2013 à 16:16

Cher Monsieur Delacretaz,
Si j’ai bien compris votre texte, votre principal argument est le suivant : Le fusil d’assaut à la maison est une bonne chose, car « il rehausse le soldat à ses propres yeux » et « exprime la confiance que les autorités et la population ont en lui ». C’est bien juste ?
Dans votre texte, vous évoquez les exceptions qui font du soldat suisse un assassin : « Les exceptions existent, on nous le dit assez. Elles restent rarissimes et confirment la règle ». Ce qui m’interpelle, c’est précisément cette mention-ci :
« Elles restent rarissimes ».
Un assassinat, un suicide, ou un vol à main armée, me paraît suffisant pour se demander, à partir de quel point c’est trop. Et là je me dis : une vie humaine contre le fait qu’un soldat a une plus haute image de lui, qu’est-ce qui est le plus important ?
Moi, personnellement, je pencherais plutôt pour la vie.
Votre argument, que j’ai cité plus haut, me paraît mal étayé. Premièrement, combien de soldats se voient vraiment, comme vous le dites, rehaussés ? Dans mon entourage, j’ai beau demander, je n’ai pas encore trouvé le moindre soldat qui voie un quelconque intérêt à avoir son arme à la maison.
Deuxièmement, vous dites en début de texte « le soldat ne garde plus ses munitions à la maison. Tout le monde le sait ». Cela a un nom et s’appelle de la malhonnêteté intellectuelle. Ayant visiblement fait l’armé, vous devriez savoir à quel point il est facile de se procurer de la munition et à quel point le fait de posséder de la munition chez soi n’est pas une exception « qui reste rarissime ». C’est donc un mauvais argument.
Concernant le suicide, vous vous exprimez :
« Pour ce qui est du suicide, on peut répondre que les moyens ne créent pas la fin. Ce n’est pas la détention d’un fusil à la maison qui donne au désespéré l’envie de se tuer. Et s’il veut le faire, ce n’est pas l’absence d’un fusil d’assaut qui l’en empêchera. »
Certes, le fusil ne donne pas l’envie de se tuer. Vous parlez ici des cas de suicide mûrement réfléchis et qui ne pourront pas être évités. Je vous parle maintenant d’une autre catégorie de cas : le coup de tête. Sur un coup de tête, le fusil, un balle et… bam. Là, l’interdiction du fusil à la maison pourrait sauver des vies. J’en suis convaincu, une au moins : si je suis sur cette page et que je commente votre texte aujourd’hui, ce n’est pas un hasard.
Un ami d’enfance, 21 ans, la joie de vivre incarnée, la vie devant lui, (vous voyez de quoi je parle ?) a hier soir pété un plomb suite à une déception amoureuse. Est arrivé ce qui n’aurait jamais dû arriver.
Vous allez me rétorquer « mais s’il n’avait pas eu son fusil, il aurait trouvé autre chose ». Je ne peux pas le prouver. Mais j’en suis certain. Ca me suffit.
Tout ça pour vous dire que votre argument de l’estime du soldat suisse me paraît vraiment ridicule face à la disparition d’un être vivant.
Mon avis est donc le suivant : si le retrait des fusils des foyers suisses peut sauver des vies, et c’est le cas, qu’attendons-nous ? Que d’autres cas similaires viennent gonfler les statistiques pour qu’enfin on se bouge ? Eh bien merde alors.

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