ico Suisse Initiatives agricoles: un plébiscite réjouissant

17 août 2018 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Les taux d’approbation spectaculaires qu’indique le premier sondage SSR sur les deux initiatives dites agricoles sont réjouissants. Ils montrent, s’il le fallait encore, que la prise de conscience des Suisses en matière d’alimentation saine, de traçabilité et de durabilité est forte, autant que leur volonté d’assurer un avenir aux paysans du pays.

Certes, la campagne a à peine commencé mais, à considérer le style de l’argumentation lancée par la droite, il y a peu de chances que la tendance ne s’inverse. On parle de diktat alimentaire, de mise sous tutelle du consommateur, de monstre bureaucratique, de soviétisation de l’agriculture… N’en jetez plus ! C’est le ton des campagnes politiques des années 70 – rafraîchissant… Mais comment peut-on être à ce point à côté de la plaque ? Comment des politiciens aguerris, comme Mme Isabelle Moret, peuvent-ils méconnaître à ce point la colère des consommateurs face aux dérives ultra-libérales de l’alimentation, ou s’en moquer ? Certes, il y a de gros intérêts financiers en jeu, mais tout de même!

Les médias, les défenseurs de l’environnement, les associations de consommateurs ne cessent de dénoncer ce qui ne va plus dans notre système alimentaire: usage intensif de pesticides dangereux, conditions d’élevage des animaux de rente scandaleuses, transformations malsaines des aliments, conséquences graves sur la santé, disparition des insectes et des oiseaux, destruction des sols…

Or, ceci est encore plus vrai pour les produits importés que pour les produits indigènes. Ceux qui nourrissent leurs enfants au lait de soja brésilien ignorent qu’ils torpillent la santé de leurs enfants, autant que les paysans qui nourrissent leur bétail de tourteaux de provenance incertaine, mais riche en glyphosate ! Il est donc indispensable d’imposer aux produits importés les mêmes normes qu’aux produits indigènes, sans quoi on tue nos paysans.

Les consommateurs conscients ont compris que les modes de production industriels, supposés rapporter le plus d’argent, sont incompatibles, tout simplement incompatibles, avec une agriculture respectueuse de l’environnement, et des consommateurs. Les opposants aux initiatives brandissent une augmentation des prix et une diminution de l’assortiment alimentaire. Ce n’est pas impossible, mais, puisqu’ils parlent de choix, laissons au consommateur celui de décider quelle part de ses revenus il veut consacrer à l’alimentation de sa famille, sachant que le budget alimentation est de toute façon assez faible de nos jours. Et laissons-le décider s’il veut vraiment des asperges péruviennes en décembre, ou des fraises à Noël en provenance d’un cauchemar agricole: Almeria…

Dans les grandes surfaces, le bio est souvent plus cher, mais… les marges des distributeurs aussi: c’est mesquin et détestable. L’intérêt du consommateur est non seulement d’acheter du bio ou du biodynamique, mais de l’acheter au plus près de chez lui, chez le producteur, ou dans les petits commerces spécialisés dans les produits en vrac qui fleurissent un peu partout. Au niveau du contact social, la différence est phénoménale.

L’avenir de notre paysannerie n’est pas dans les usines à viande, ni dans les productions industrielles que l’on pratique dans les plaines d’Ukraine, du Midwest ou d’Argentine. Il est dans une agriculture familiale de proximité, qui utilise les ressources du domaine, qui ménage son sol (son seul bien durable), se tient à l’écoute de ses vrais clients, autrement dit les consommateurs, et se libère de la tutelle de ces intermédiaires-parasites qui appauvrissent le paysan et font monter les prix. C’est cette agriculture-là, déjà majoritaire aux Grisons par exemple, que préconisent les initiatives des Verts et d’Uniterre. On les soutient donc sans réserves !

**** 37votes




Commentaire de Delasoie Isabelle le 17 août 2018 à 14:16

La paysannerie suisse mérite respect et soutien. Cependant, ces 2 lois sont contreproductives. Effectivement, la provenance et le mode de production de l’alimentation que nous importons est anxiogène. Mais ce n’est pas à coup de lois supplémentaires que l’on va alléger la tâche des paysans et les rendre à leur fonction première : cultiver notre alimentation ! De plus en plus, ils sont noyés dans l’administration . Au point que la semaine dernière, sur un alpage vaudois, une jeune femme de 20 ans qui souhaite épouser son ami paysan nous a confié avoir choisi de faire un CFC d’employée de commerce, pour pouvoir « s’en sortir avec toute cette paperasse ». Les lois existantes permettent aujourd’hui de prendre des mesures en cas de dérapage. Il faut simplement vouloir, vraiment vouloir les appliquer. Et le consommateur doit avoir la sagesse de choisir un produit local dont on connaît la traçabilité et le mode de production, plutôt que de faire la course éternelle au prix. Le consommateur vote avec son choix d’achat ! Pas besoin de lois supplémentaires !

Commentaire de Pierre Santschi le 18 août 2018 à 19:50

Mme Delasoie n’a pas tort. Mais tant que des électeurs continuent à choisir de mettre en évidence leurs pires côtés en élisant les candidats de partis qui font pondre des lois pléthoriques et bourrées de possibilités de dérives favorables aux pollueurs et aux cupides, au mépris total de la Constitution (principe de la bonne foi), on récoltera les fruits de cette élection. Avec les intérêts (cachés ou annoncés) de l’actuel appareil d’État, il est probable que si les initiatives alimentaires de cet automne sont approuvées par l’électorat, elles ne seront pas appliquées dans leur esprit, comme à l’accoutumée…
Il est cependant nécessaire de les approuver.
Mais il faut préparer la mise au rencart des partis promoteurs de la corruption (par la dissimulation de l’origine de leurs fonds) et de la tolérance de cette promotion. Le temps n’est-il pas venu de les réduire à leur réelle légitimité (morale et numérique) par l’instauration du tirage au sort des “autorités”? Il va de soi que ce tirage au sort doit être contrôlé par d’autres qu’eux, pour en arriver à une réelle démocratie.
Ceci en parallèle avec la recherche par chacun de nous (les apparatchiks susmentionnés compris), de l’amélioration de la qualité de notre conscience personnelle…

Commentaire de Sébastien Clerc le 19 août 2018 à 12:55

Ahhh monsanto et son fameux “complément alimentaire” roundup à la présence presque rassurante jusque dans nos bières & vaccins…Vous allez le regrettez, voici son petit frère: le dicamba!

Si vous avez des enfants…
https://petition.santenatureinnovation.com/dicamba-herbicide-apocalypse/script/

*
*


* Ces champs sont obligatoires ! Veuillez entrer votre nom complet, les commentaires ayant un pseudonymes ne seront pas pris en considération.