PHILIPPE BARRAUD
On nous dit que c’est pour une bonne cause: en échange, la Suisse participe au programme MEDIA de l’Union européenne, qui vise à promouvoir le développement et la diffusion internationale des films produits en Europe. Et alors? Faut-il admettre la promotion de boissons alcoolisées par le service public sous prétexte de financer le cinéma? Bien sûr que non. Le financement des activités culturelles ne passe pas nécessairement par la promotion de produits addictifs, mais par le budget ordinaire de la Confédération, des cantons et des communes - sans oublier “l’impôt des pauvres” (la Loterie romande). Sinon, on pourrait aussi bien diffuser de la publicité pour la cigarette, les armes personnelles, les sectes et les mouvements politiques extrémistes, par exemple pour financer la création de crèches.
Il est vrai qu’à force de faire des concessions, on se lie les mains, et on se retrouve forcé d’en accepter de supplémentaires. Ainsi, la Suisse avait déjà admis - car on ne refuse rien à l’UE - les fenêtres publicitaires “suisses” sur les chaînes étrangères captées dans notre pays. Dès lors, il fallait assurer l’égalité de traitement à la SSR, qui la réclamait à grands cris, car ses besoins financiers sont sans limites. Au passage, on notera que la publicité qui arrondira les recette de la SSR viendra en négatif dans les recettes de la presse papier, chez qui on voit déjà venir quelques naufrages spectaculaires.
Le Conseil fédéral pense faire passer la pilule en affirmant que la Confédération “fera valoir des prescriptions publicitaires strictes à la condition qu’elles soient proportionnées, non discriminatoires et dans l’intérêt public.” On met des guillemets à dessein, car le français fédéral apparaît parfois comme une langue étrangère. Si on comprend bien, le gouvernement nous dit qu’en l’occurence, la publicité pour l’alcool est dans l’intérêt public!
Le parlement devra donner son accord à ces propositions biscornues. Il n’y a malheureusement pas grand chose à en attendre: on entend déjà nos élus pleurnicher qu’ils sont bien obligés de l’accepter car, comme le disait Le Temps dans un titre, “harmonisation européenne oblige”.
Nous n’avons pas fini d’avaler des couleuvres au nom de ce carcan.
C’est fatigant, cette campagne sur la libre circulation qui commence déjà, juste un peu sournoise, mais combien insistante: l’autre jour, L’Hebdo nous annoncerait que l’invasion n’aurait pas lieu. Le 5 janvier, Le Matin nous rassurait à son tour: les Roumains et les Bulgares qui voulaient quitter leur pays sont déjà partis!
On sait bien que les journalistes lisent dans l’avenir, mais tout de même: comment peut-on balancer des affirmations pareilles, sauf à prendre les lecteurs pour des imbéciles? Car enfin, il doit bien rester encore quelques Roumains et deux ou trois Bulgares, aujourd’hui ou demain, pour rêver à l’Eldorado suisse, non?
Lausanne, rue de Bourg, 24 décembre. Une grosse Mercedes est parquée en pleine zone piétonne, devant la porte de la boutique Vuitton. Deux gardes du stationnement paraissent. Ils regardent distraitement la voiture, puis poursuivent leur balade à la rue de Bourg (où il n’y a pas de stationnement). L’ordre social est décidément immuable: il y a d’un côté les c… (vous et moi) qui se parquent dans les cases et paient leur dû. Et de l’autre il y a les privilégiés, qui font ce qu’ils veulent et ne paient rien.
Qu’à cela ne tienne: la prochaine fois que vous irez à la rue de Bourg, parquez votre voiture (de luxe s’entend) devant Vuitton, personne n’osera y toucher!
WP Cumulus Flash tag cloud by WnG Solutions requires Flash Player 9 or better.
N’ayez crainte, il se trouvera forcément une organisation islamique quelconque pour dénoncer et attaquer cette mesure portant gravement atteinte aux lois et coutumes de la communauté musulmane.
Vous voulez parier?