Les candidats à la succession de Pascal Couchepin pleuvent dru. C’est admirable! Ce qui l’est moins, c’est qu’aucun de ces candidats n’a exposé le moindre projet en matière de politique de la santé.
Comme il y a de fortes chances que le nouvel élu doivent se colleter avec les dossiers laissés par Pascal Couchepin – les conseillers fédéraux en place, pas fous, ne veulent pas de ce portefeuille – la moindre des choses serait que les candidats s’avancent avec quelques projets solides. On ne leur demande certes pas un programme de législature clés en main, mais au moins quelques phrases montrant qu’ils réfléchissent au problème, voire qu’ils ont quelques solutions personnelles à proposer, sans forcément demander à Claude Ruey, l’efficace commis-voyageur des caisses, de les leur souffler.
La classe politique, toute à ses joutes électorales, ne voit d’intérêt que dans cette “soirée-mousse”, comme disait… la désormais candidate Martine Brunschwig-Graf! Le populo, lui, attend de pied ferme les mauvaises nouvelles qui vont lui tomber dessus après les vacances, avec le détail des cotisations d’assurance-maladie pour 2010. Et le populo n’a probablement pas tort de penser que, quel que soit le nouvel élu, il en prendra plein la figure.
Alors s’il vous plaît, Didier, Martine, Christian, Pascal, Isabelle, Urs et les autres, ayez une petite pensée pour vos futurs administrés. Si vous avez le temps, évidemment…
Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.
S’il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.
La menace d’une initiative ou d’un référendum est un outil politique redoutable, et l’UDC ne se prive pas d’en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu’on sait s’en servir, et qu’on est capable de mener l’entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d’initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis…).
Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s’ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l’adhésion à l’UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c’est affaiblir la Suisse.
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Ayant réduit le service à la collectivité au seul but d’ “occuper le siège” vacant (depuis déjà avant la démission !!!), faut-il s’étonner de l’absence de propositions? Et pourtant quel défi stimulant est offert pour une politique de la santé (et non pas du “coût de la santé” – qui n’est d’ailleurs que celui du coût du système sanitaro-mercantile) reposant sur la promotion d’une vie plus saine en matière de nourriture et de comportement !