Les candidats à la succession de Pascal Couchepin pleuvent dru. C’est admirable! Ce qui l’est moins, c’est qu’aucun de ces candidats n’a exposé le moindre projet en matière de politique de la santé.
Comme il y a de fortes chances que le nouvel élu doivent se colleter avec les dossiers laissés par Pascal Couchepin – les conseillers fédéraux en place, pas fous, ne veulent pas de ce portefeuille – la moindre des choses serait que les candidats s’avancent avec quelques projets solides. On ne leur demande certes pas un programme de législature clés en main, mais au moins quelques phrases montrant qu’ils réfléchissent au problème, voire qu’ils ont quelques solutions personnelles à proposer, sans forcément demander à Claude Ruey, l’efficace commis-voyageur des caisses, de les leur souffler.
La classe politique, toute à ses joutes électorales, ne voit d’intérêt que dans cette “soirée-mousse”, comme disait… la désormais candidate Martine Brunschwig-Graf! Le populo, lui, attend de pied ferme les mauvaises nouvelles qui vont lui tomber dessus après les vacances, avec le détail des cotisations d’assurance-maladie pour 2010. Et le populo n’a probablement pas tort de penser que, quel que soit le nouvel élu, il en prendra plein la figure.
Alors s’il vous plaît, Didier, Martine, Christian, Pascal, Isabelle, Urs et les autres, ayez une petite pensée pour vos futurs administrés. Si vous avez le temps, évidemment…
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
Ayant réduit le service à la collectivité au seul but d’ “occuper le siège” vacant (depuis déjà avant la démission !!!), faut-il s’étonner de l’absence de propositions? Et pourtant quel défi stimulant est offert pour une politique de la santé (et non pas du “coût de la santé” – qui n’est d’ailleurs que celui du coût du système sanitaro-mercantile) reposant sur la promotion d’une vie plus saine en matière de nourriture et de comportement !