ico Suisse Explosion démographique: notre démocratie est en panne

8 mars 2011 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

Dans dix ans, nous serons 100’000 habitants de plus dans le canton de Vaud – presque une ville de Lausanne en plus ! Il s’ensuivra des bouleversements énormes, et une chute de la qualité de la vie. Pourquoi les citoyens ne sont-ils pas consultés sur ces choix, pourtant déterminants ? Sur les grandes options, notre démocratie est en panne.

On vote sur toutes sortes de choses, parfois pas très importantes. Mais on ne vote pas sur les grandes options socio-économiques, celles-là même qui influenceront directement notre destin et notre vie quotidienne: démocratie interdite, trop d’intérêts sont en jeu !

L’explosion démographique qu’on nous promet, soit 10’000 habitants de plus chaque année dans le canton de Vaud (sans compter les clandestins, qui sont nombreux), est une authentique catastrophe. Elle ne résulte pas, comme on voudrait nous le faire croire, d’une sorte de fatalité économico-migratoire à laquelle nous ne pouvons rien, fruit de la mondialisation, de la reprise et du mouvement naturel des populations.

En réalité, cette explosion démographique est délibérément voulue et organisée, par la volonté concordante des milieux politiques – communaux surtout – et des milieux d’affaires. De manière à attirer de nouvelles entreprises et de nouveaux salariés, on bétonne à tour de bras, parce qu’il faut que l’offre précède la demande. Regardez autour de vous: les terrains encore vierges sont piquetés de gabarits et de grues, en plaine comme en montagne, où les immeubles occupés trois semaines par an se multiplient. Et quand les terrains à bâtir viendront à manquer pour implanter encore et encore de nouveaux centres commerciaux, on s’attaquera à la zone agricole, qui déjà fait saliver les promoteurs et les politiciens du côté de Genève. N’ayons aucune illusion: face à la demande, face à l’avidité des communes et des promoteurs, l’agriculture devra plier, peut-être même la forêt: au Chalet-à-Gobet, on construit sur les lisières, voire entre les sapins, sous l’égide d’un syndic autrefois écologiste!

Pour attirer de nouvelles entreprises, supposées contribuer à ce «développement économique» tant célébré par les syndics, on recourt aux phéromones fiscales, un sacrifice que souvent nous payons deux fois: une première fois, parce que ces entreprises sont exonérées d’impôts pour une durée déterminée; une deuxième fois, parce que parfois ces entreprises délocalisent au moment où elles devraient commencer à payer des impôts.

Oui mais, nous dit-on, ces entreprises amènent plein de nouveaux contribuables, et donc c’est tout bénéfice pour l’Etat, c’est bon pour le commerce! C’est à voir: essayer de calculer ce que vont coûter, dans les dix ans à venir, les 100’000 nouveaux habitants du canton de Vaud, en termes d’infrastructures et de services. D’un côté, on aura des salariés plus ou moins bien payés, avec des enfants à charge, et qui donc ne payeront pas beaucoup d’impôts, voire pas du tout. D’une autre côté, ces gens voudront se loger, de déplacer, jouir de soins hospitaliers, de services sociaux – eh oui !

100’000 habitants supplémentaires, cela représente dans les 75’000 logements nouveaux, qui n’existent pas encore; cela représente entre 50’000 et 100’000 voitures supplémentaires sur des routes déjà saturées. Or dans dix ans, il n’y aura pas de nouvelles autoroutes, ni de transports publics en suffisance.

Il y aura quoi, alors ? Il y aura une formidable dégradation de notre environnement – c’est inévitable, quoi que l’on fasse – et de notre qualité de vie. Par exemple, les logements seront toujours plus chers, et toujours plus difficiles à trouver: déjà, de nombreux habitants du canton sont obligés d’aller se loger à Fribourg, à Neuchâtel, en Valais ou en France voisine, bonjour les déplacements. «Pas de problème ! clament les politiciens et les urbanistes qui pérorent leur propagande le matin sur La Première – si complaisante: «On va densifier !» Or ça veut dire quoi, densifier?

Ça veut dire qu’on va construire des immeubles entre les immeubles, des immeubles au milieu des villas (ou de préférence à la place de celles-ci), des tours, des étages supplémentaires, avec vue plongeante sur les appartements voisins – mais ce sera toujours aussi cher. Sous le discours délibérément abscons et séducteur des urbanistes (le citoyen va «se réapproprier l’espace urbain», c’est sûr), se cache un concept qu’on est allé repêcher dans les années 60-70, celui des clapiers d’habitation, où la promiscuité, le bruit et l’insécurité rendent fous. Eh oui ! Braves habitants du Pays de Vaud ! Demain, votre canton ne sera plus celui de Ramuz, de Gilles, de Roud ou de Chessex, ce sera une conurbation cosmopolite qui aura poussé anarchiquement entre Montreux, Yverdon et Genève, sur le modèle de Singapour et de Dubai, où on construira dans la précipitation des routes, des hôpitaux, des crèches, des métros, des parkings, des centres commerciaux – il y en a au bas mot pour plusieurs milliards, la destruction du paysage en prime.

Jusqu’au jour où… Les arbres ne montent pas au ciel, et la croissance n’est pas immuable. Il y a aussi des crises, des récessions, chacun le sait. Que ferons-nous, et que dirons-nous à ces 100’000 immigrants, lors de la prochaine récession ? Sur ce terrain-là, les politiciens et les urbanistes sont moins diserts, et de toute façon ils s’en moquent: seul compte le court terme, encore et toujours. Et quand la bise viendra, on sera à la retraite, bien au chaud avec tout ce qu’on aura accumulé…

De rares politiciens, notamment chez les Verts libéraux, voire cher certains Verts qui osent braver les dogmes fossilisés du Parti, ou encore le syndic de Nyon, Daniel Rosselat, commencent à donner de la voix. Ils demandent qu’on cesse cette absurde chasse aux nouvelles entreprises et aux nouveaux habitants, que l’on s’intéresse aussi un petit peu à la qualité de vie de ceux qui sont là, et à la nature qui nous entoure, si mal en point déjà. Mais ces rares politiciens lucides doivent aller plus loin: ils doivent faire en sorte de rétablir nos droits démocratiques sur les questions qui mettent en cause notre avenir commun, et pas seulement sur les horaires d’ouverture des magasins et les barbecues sur les plages publiques.

Je rêve d’une initiative populaire qui demanderait aux Vaudois: «Acceptez-vous que la population du canton augmente de 10’000 habitants par an ?» Pour qu’au moins, le peuple puisse en débattre.

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Commentaire de Daniel Schöni Bartoli le 8 mars 2011 à 13:28

Là, je vous approuve à 200 % !!!!

S’il y a un consensus politique qui rassemble de gauche à droite, c’est bien cette obligation de croissance, d’investissements, d’appel à de nouvelles entreprises, de colonisation systématique et de densification. La chose apparaît tellement “naturelle” qu’elle échappe en effet au débat politique.

A la veille d’élections communales, on aurait pourtant là un questionnement plus que fécond. A part quelques individualités résiduelles chez les verts et certains verts libéraux, en effet, la question n’est pas abordée et même pas considérée comme abordable. Il faut juste essayer de remettre en question la notion de croissance… pour se faire rapidement rabrouer.

Le chapitre 3 du livre de Jancovini et Grandjean, “C’est maintenant”, intitulé “Les deux énarques de l’île de Pâques” montre de manière extraordinaire et fort bien vulgarisée l’absurdité du raisonnement des ultras de la croissance à tout prix (et quel prix !).

La question qui reste est : que faire ? Comment mettre ce thème efficacement sur la table ?

Commentaire de Spoerli le 8 mars 2011 à 15:05

Bon article, félicitations !

Il est utile à ce sujet, de relire le dossier, excellent, publié par le Temps le 22 janvier 2011 sur la croissance démographique en Suisse et la “bouillie urbaine” qui en résulte.

Le problème concerne essentiellement l’arc lémanique mais les grands axes nationaux ne sont pas épargnés. Rendez-vous à Fribourg, aller par l’autoroute et retour par la campagne, et voyez à qul point les villages ont grossi, sans plan réel d’urbanisation, sans tenir compte des infrastructures nécessaires pour accueillir les nouveaux pendulaires fuyant les lieux devenus trop chers, et sans considération esthétique.

Rappelez-vous les villages de votre enfance: des fermes jusqu’au centre de la localité, du bétail dans les prés, des tracteurs au travail. Aujourd’hui la belle ferme offre six logements, une agence bancaire ou un bureau d’assurance ainsi qu’une esthéticienne. La rue centrale a été mise aux normes (trottoirs, gendarmes couchés, radar) et des giratoires décorés avec goût par les dames de la Municipalité sont apparus. Dans certains cas, on constate en plus un enchevêtrement de ponts, tunnels, passages sous route et autres délires d’ingénieur.

Où la qualité de vie se cache-t-elle ? Ou se trouve la campagne suisse ? Est-ce cela que nous voulons ?

(http://www.letemps.ch/special-suisse)

Commentaire de Glaisen Marc le 8 mars 2011 à 15:23

Je ne suis pas économiste et encore moins démographe. Mais il me semble avoir lu et entendu qu’il y a un lien direct entre croissance économique d’une part et augmentation de la population de l’autre (dans les pays développés en tout cas).

Il me semblerait de ce fait plus adéquat de poser la question suivante à la population: “Acceptez-vous de voir baisser le taux de croissance économique du canton de Vaud? Voire d’atteindre une crissance zéro? Cette mesure permettant de voire baisser le nombre d’habitants…”

Cette formulation demeure certainement caricaturale, puisque les destins des différents cantons romands, voire de la Suisse entière sont liés économiquement. Mais elle me semble avoir le mérite d’être moins démagogique, parce que précisant au citoyen les conséquences de son choix…

Commentaire de Glaisen Marc le 8 mars 2011 à 15:25

Mille excuses pour les fautes de frappes et autres fautes d’orthographe…. 🙁

Commentaire de JAHaury le 8 mars 2011 à 15:37

Merci à Philippe Barraud d’aborder cette question essentielle. Je me permets une petite rectification. La Première a consacré sa journée du 1er mars dernier à cette question : on ne peut pas demander à ce média public de donner immédiatement raison à ceux qui s’inquiètent de cette explosion démographique et demandent à l’Etat de ne plus contribuer à son accélération. Il y a quelques mois, La Première a été le premier média (à l’exception de Commentaires.com !)à avoir fait écho aux préoccupations exprimées par les Vert’libéraux sur ce sujet.
Quant à Daniel Schöni Bartoli, il sera heureux d’apprendre que les “individualités résiduelles” ont sur ce point le sentiment de faire école et non de crier dans le désert (formule qui, en cette matière, serait particulièrement paradoxale…). Le projet d’initiative Barraud, un peu décapant quant à la forme, mérite au moins qu’on y réfléchisse.

Commentaire de Cattin André Francis le 8 mars 2011 à 17:27

Une parfaite réalité et nous restons impassibles ???
André F. Cattin Nyon

Commentaire de Dominique Truffaut le 8 mars 2011 à 17:27

Admettons que le peuple réponde non à la question posée à la fin de l’article. Comme il semble difficile d’agir sur le levier de l’immigration (les initiatives populaires fédérales visant à réguler celle-ci se sont toutes heurté à un niet populaire, à quoi s’ajoute qu’on voit mal un canton se barricader contre les cantons voisins), il ne restera plus au canton de Vaud qu’à appliquer chez lui la politique chinoise de l’enfant unique. On souhaite bon courage aux autorités.

Commentaire de Daniel Schöni Bartoli le 8 mars 2011 à 17:36

@JA Haury :

Les “individualités résiduelles” concernaient les Verts. Les Verts libéraux sont trop neufs pour déjà pouvoir apparaître comme “résiduels”.

J’admets que le terme est provocateur (à dessein), mais les Verts qui avaient mis ce questionnement à l’agenda dans les années 70 et 80 semblent l’avoir mis au placard au profit de l’oxymorique “développement durââââble”.

Que les questionneurs fassent école me réjouit ! 🙂

Commentaire de Ursula Dubois le 8 mars 2011 à 19:19

votre commentaires
Une fois de plus je suis d’accord à 1000% j’ai bien dit mille, avec M. Barraud! Mais cette fois, j’avais vraiment envie de lui faire savoir, ainsi qu’à tous ceux qui me liront… Bravo à lui pour ses articles si bien écrits, mais surtout, merci pour sa clairvoyance! Ce n’est pas donné à tout le monde…! Mais voilà, on a beau voir clair pour beaucoup de choses, on ne peut rien y faire. On décide, on change même de veste, ce que j’ai toujours trouvé lamentable, mais nous, petits citoyens, nous restons impuissants. Je suis brimée, non pas pour moi, mais pour la nouvelle génération.
Ursula Dubois, Ste-Croix

Commentaire de Sébastien Vullioud le 8 mars 2011 à 20:03

Personnellement je n’ai jamais compris où était le gain pour le canton lorsqu’il accorde des exonérations fiscales à certaines entreprises pour qu’elles viennent s’implanter chez nous, sans exiger en contrepartie qu’elles engagent en priorité la main d’œuvre indigène.
Le contribuable que je suis se sent le dindon de la farce quand il constate que ces entreprises:
-ne paient pas d’impôts
-bénéficient d’infrastructures payées à nos frais
-engagent quasiment exclusivement de l’autre coté de la frontière avec tout le trafic et la pollution que cela génère et ceci encore en insultant la main d’œuvre locale en prétendant qu’elle n’est pas assez qualifiée pour leur besoins.

Commentaire de Paul Bär le 8 mars 2011 à 20:14

Plus on est de fous,
moins y’a de riz.

Commentaire de Paul Bär le 8 mars 2011 à 20:18

Et dans 30 ans.
300’000 habitants de plus.
Moitié moins d’énergie à disposition.
Les terres arables aussi en diminution.
Comme ça va être “sexy”, selon le concept
du “LiLi” Darder, toute cette grosse fourmilière fatiguée !

Commentaire de Paul Bär le 8 mars 2011 à 20:25

L’augmentation permanente de tout, de la population, des zones habitées, de la consommation d’énergie, c’est juste un immense “schéma de Ponzi”, le truc qui marche, jusque à ce que ça se casse la tronche sévère et, là, sauve qui peut, les femmes, les enfants, tout le monde par dessus bord ! (1)

(1) histoire de finir joyeusement, espérons qu’à ce moment là quelques responsables de ce gâchis proprement cosmique soient toujours dans les alentours ; ça n’arrangera rien, mais ça soulagera les nerfs. Les politiciens encore jeunes devraient y penser, très sérieusement.

Commentaire de Paul Bär le 8 mars 2011 à 20:31

@Monsieur Schöni.

Antoine Waechter était sur cette ligne. Il a été vite “placardisé” par ses confrères globalistes : trop dangereux, le “localisme”, positionnement potentiellement “nauséabond”.

“””””””””””””””””””””””
…Antoine Waechter, qui défendit des années durant la théorie d’une écologie ni de droite ni de gauche avant de quitter les Verts pour fonder le MEI, a récemment déclaré au Badische Zeitung que le nombre des immigrants en France devait être contrôlé pour des raisons écologiques. Une déclaration explicite qui se situe dans la droite ligne d’une interview qu’il avait accordée à Actuel en 1991.
“ AW : L’être humain a besoin de se sentir enveloppé dans une communauté, de partager une histoire, une langue, un paysage et une culture. La revendication d’une identité, c’est le respect d’une culture, valeur hautement positive.
Actuel : Mais en quoi le métissage et le brassage vous gênent tant ? Ils existent depuis toujours !
AW : Parce que le brassage aboutit à Coca-Cola et à Mac Donald ! “.
“””””””””””””””””””””””

Commentaire de philippe lerch le 8 mars 2011 à 21:39

Monsieur Baer avait parfaitement raison, il y quelques jours sur un autre fil, de poser la question, encore indécente, dans un contexte de société connexe: \ ne faudrait ‘il pas penser en terme d’énergie par habitant ?\. Sur ce fil on pourrait dire \ressources disponible par habitant\, c’est du pareil au même.

Pensez global – agissez local.

Excellente soirée !

Commentaire de Glaisen Marc le 8 mars 2011 à 21:48

Assez d’accord avec M. Bär concernant l’augmentation de la croissance économique, mais pas réellement au sujet du métissage, bien entendu.

Faut-il en conclure que M. Bär est un adepte de la décroissance?

Commentaire de Glaisen Marc le 8 mars 2011 à 21:49

Décroissance économique….

Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 9 mars 2011 à 1:28

Désolé M. Barraud mais les citoyens suisses ont été consultés à plusieurs reprises au cours de ces 40 dernières années, avec débat “démocratique”, quant à l’augmentation de la population. Et ils ont à chaque fois accepté cette augmentation. Le dernier vote en date concernant la libre-circulation des personnes.

Commentaire de Blaise Augsburger, Chamoson le 9 mars 2011 à 2:01

J’ai entendu dernièrement cette sentence au terme d’un magnifique documentaire sur TSR2 (nous pouvons encore recevoir de bien belles émissions) : “ce n’est pas la planète qui est en danger mais nous, l’humanité.”

Commentaire de Frank Métrailler le 9 mars 2011 à 12:52

Un autre effet pervers de la pression démographique sur l’arc lémanique est l’augmentation des prix du sol et des logements qui rendra bientôt impossible aux jeunes autochtones de s’établir dans leur propre commune. Voilà un argument politique pour juguler l’explosion démographique dans notre région. En effet, à quoi bon une expansion économique dont les Vaudois et Genevois ne pourraient pas bénéficier eux-mêmes ?

Commentaire de Ulysse De Wil le 9 mars 2011 à 18:27

Mais oui cher Monsieur Barraud, et dans 100 ans on sera 1000’000 de plus. It’s demography stupid. Maltus-Barraud même combat. Et si on rajoute les statistiques de l’UDC on peut se demander comment ça fait d’avoir 150% de musulman dans une explosion démographique dans le canton de Vaud.

“On vote sur toutes sortes de choses, parfois pas très importantes. Mais on ne vote pas sur les grandes options socio-économiques”. Ah si, on a voté! notamment sur les bilatérales qui permettent à tous ces méchants expat de venir. Salaud de peuple!

“En réalité, cette explosion démographique est délibérément voulue et organisée, par la volonté concordante des milieux politiques – communaux surtout – et des milieux d’affaires.” Un complot! Un complot! Où sont les francs-mac? Rien que cette insertion à la Thierry Meyssan disqualifie l’article. Pro memoria, les plans d’affectation doivent être conforme au plan directeur, et font l’objet d’une participation populaire. Salaud de peuple qui veut développer son coin de terre!

“parce qu’il faut que l’offre précède la demande” Ah oui l’offre précède la demande? dans ce cas, le marché immobilier devrait être à la baisse non, si l’offre précède la demande? Dites voir, Monsieur Barraud, vous avez déjà cherché un appartement sur Lausanne, pour savoir si l’offre précédait vraiment la demande?

“D’un côté, on aura des salariés plus ou moins bien payés, avec des enfants à charge, et qui donc ne payeront pas beaucoup d’impôts, voire pas du tout. D’une autre côté, ces gens voudront se loger, de déplacer, jouir de soins hospitaliers, de services sociaux – eh oui” Vous rigolez? vous connaissez la sociologie de ces expats… Des salariés plus ou moins bien payé… Au cas où cela vous aurait échappé, ce n’est pas de l’industrie qui s’établit en Suisse romande, mais des services, et ces nouveaux habitants ne sont pas des ouvriers.

“Ça veut dire qu’on va construire des immeubles entre les immeubles, des immeubles au milieu des villas (ou de préférence à la place de celles-ci)” Alors là je dis oui! Vous prétendez vous soucier d’aménagement du territoire, dans ce cas vous conviendrez que la zone villa est la plus grosse aberration possible. Si on peut mettre des immeubles aux gabarits haussmanien à la place de ces villas rose saumon, je signe!

“Je rêve d’une initiative populaire qui demanderait aux Vaudois: «Acceptez-vous que la population du canton augmente de 10’000 habitants par an ?» Pour qu’au moins, le peuple puisse en débattre.” Et ça prendra quelle forme dans notre constitution? J’ai une idée: “il est interdit à la population de croitre. Les enfants surnuméraires seront jetés dans les puissants détours de la venoge”. Pas mal, non, j’ai même réussi à placer du Gilles dans votre initiative et paf, pour le canton.

Bref vous partez d’une hypothèse de démographe, c’est à dire d’une hypothèse fantaisiste pour nous dépeindre une vision apocalyptique qui permet à un certain nombre de vos vieux fantasmes (permettez moi cette familiarité, il y a plus de 5 ans que je vous lis) de s’exprimer, y compris celui des clandestins, que vous avez réussi à glisser habilement dans le raisonnement.

Commentaire de Eric Kocher le 10 mars 2011 à 2:41

@ Marc Glaisen

«Mais il me semble avoir lu et entendu qu’il y a un lien direct entre croissance économique d’une part et augmentation de la population de l’autre […]»

Cette volonté de croissance des habitants et des infrastructures qui vont avec, c’est tout simplement le jeu de l’avion… et par principe dans ce jeu, l’avion finit toujours dans le mur.

Lecture recommandée: «Le triomphe de la cupidité» de Joseph E. Stiglitz, accessoirement Prix Nobel d’économie.

Dans toutes le librairies et même dans certains kiosques.

Commentaire de Glaisen Marc le 10 mars 2011 à 10:53

@ M. Kocher: tout à fait d’accord avec vous!! Mais qui est réellement disposé à payer le prix d’une baisse de l’explosion démographique? Le prix en question semblant passer par une baisse de la croissance économique dans les pays développés…..

Commentaire de philippe lerch le 10 mars 2011 à 12:06

@ MM Kocher et Glaisen,

Pas simple en effet. Si nous regardons la chose “globalement”, dès qu’il y a deS ressourceS il peut y avoir des croissanceS.

L’exemple du Lavaux n’est pas unique et illustre à l’echelle locale une des conséquences des différences de richesses (au sens général).

Je ne pense pas qu’il existe une société participant à la modernité capable d’accepter, librement, de mettre un frein à son développement. Tous ceux qui sont attirés dans la bassin lémanique (ou zurichois) en raison de la vitalité économique qui y règne “manquent” ailleurs.

Dès lors que certaines limites semblent atteintes on pourrait tenter une reflexion en amont: comment faire pour que d’autres régions développent les attraits nécessaires à retenir leur population ? (Cette question un brin naive je l’admet est partiellement transposable aux questions migratoires et pas de polémique s.v.p !)

Le dilème, c’est que ma question naive est un problème de “riches”, alors que la question du “pauvre” reste “où puis-je aller pour avoir ma part du gateau ?”

C’est un presque comme un phénomène naturel qui ne trouvera son équilibre, dynamique, que lorsque les champs de forces antagonistes seront établis.

Je ne suis pas certain que l’appel à la démocratie lancé au début de ce fil soit un paramètre efficace pour atteindre plus rapidement une situation d’équilibre.

Excellente journée.

Commentaire de Nicolas Daïna le 12 mars 2011 à 14:33

L’UDC dénonce de fort longue date le paradis social que l’Arc Lémanique est devenu aux frais de ses contribuables. Jamais l’Etat de Vaud n’a encaissé autant d’argent et jamais les Vaudois n’ont rencontré autant de difficultés à se loger, à se déplacer, à faire garder leurs enfants pour pouvoir travailler, à s’occuper de leurs aînés, etc. L’immigration, que les Verts – quelque soit leur tendance n’osent pas remettre en question – est le facteur déterminant d’une situation préoccupante et je déplore que nos autorités l’admettent sans aucune limite, au motif du “développement économique”. En fait, la croissance du Canton de Vaud ne profite qu’à ses finances publiques (et donc aux politiciens qui prétenent les avoir assainies). Aucun des problèmes sociaux et écologiques n’est résolu. Tout au plus notre richesse peremet-elle à M. Français de percer des trous et construire des usines inutiles aux frais de ses adminsitrés. Je souhaiterais plutôt que l’on se penche sérieusement sur les impôts que les frontaliers évitent de payer au Canton grâce à un accord historique désuet. Je souhaiterais que le regroupement familial ne s’opère pas uniquement aux frais des forces vives locales. Je souhaiterais que les communes soient soulagées de la facture sociale et cessent ainsi de courrir de manière effrénée après les rentrées fiscales que procurent les nouvelles zones à bâtir. Malheureusement, le chemin inverse qu’empruntent aujourd’hui les autorités cantonales vaudoises nous conduira probablement au SOUS-DEVELOPPEMENT DURABLE.

Commentaire de Paul Bär le 14 mars 2011 à 12:50

Hervé Juvin, magistral sur les niais, les tartuffes et les escrocs et, plus largement, sur le “grand remplacement” :

http://www.fdesouche.com/188945-herve-juvin-%C2%AB-immigration-de-peuplement-le-sujet-qui-ne-dit-pas-son-nom-%C2%BB#comments

Commentaire de Paul Bär le 14 mars 2011 à 14:02

Quand Hervé Juvin rappelle avec justesse que les pays européens ont préféré, pour des raisons économiques à courte vue, accueillir une immigration de peuplement plutôt que de mécaniser l’appareil industriel (à l’exact opposé du Japon), je pense immédiatement à ceci :

http://lejournaldequebec.canoe.ca/actualites/international/archives/2011/03/20110311-205955.html

Commentaire de Georges Brévaz le 23 mars 2011 à 21:50

Tiens, en parlant de démocratie en panne… l’UDC s’oppose farouchement à ce que les gens votent sur le remplacement des centrales nucléaires, car seraient “sous le coup de l’émotion”. La démocratie directe à géométrie variable donc?

Commentaire de Marie-France Oberson le 25 mars 2011 à 10:44

Oui, Monsieur Brevaz, les décisions se prennent après mûres réflexions.
Or, là nous sommes sous le coup du problème au Japon.
Contrairement à ce que vous laissez entendre, les propositions de référendums , d’initiatives de l’UDC ( je ne suis dans aucun parti) sont toujours la suite d’un long parcours fait d’observations, d’études et même de propositions rejetées ou ignorées par les adversaires…

Ceci dit, je suis comme tout un chacun: le nucléaire ne me rassure guère. Je préfèrerais que l’on trouve rapidement une énergie de substitution. Mais en attendant, je sais que l’on ne peut pas encore se passer d’une telle source d’énergie!
Un peu comme lorsque lorsque je prends ma voiture pour un long parcours, je ne suis guère rassurée en pensant qu’un accident est vite arrivée, sachant le nombre de morts sur les routes .Je me pose alors la question sur la nécessité de mon voyage…et je pars quand même…

Je signale un excellent article sur le sujet nucléaire “Pensées japonaises” de M. Bieri dans La Nation de ce jour!

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