Dans une bien intéressante interview donnée au Matin, Mme Jacqueline de Quattro décrit la sociologie des braquages et autres agressions qui explosent sur notre territoire.
La ministre vaudoise décrit trois catégories de délinquants. La première, qui s’illustre dans les attaques de kiosques ou de petits commerces, est le fait de malfrats locaux, notamment des toxicomanes qui ont besoin d’argent tout de suite. «Ils peuvent être dangereux, parce qu’ils ne se maîtrisent pas toujours.»
Mme de Quattro dénonce au passage une évolution sociale pour le moins préoccupante: «Les jeunes veulent des marques tout de suite, consommer avant même d’être entrés sur le marché du travail et d’avoir produit de la richesse. Désolée d’être un peu crue, mais il y a des jeunes filles qui se prostituent pour un sac Vuitton. C’est ça la réalité aujourd’hui. Braquer un fleuriste ou un kiosque, ça leur semble plus facile que de se mettre à travailler.»
La deuxième catégorie de criminels, ce sont les bandes venues des Balkans, de l’ex-Yougoslavie: «Des gens organisés, qui se préparent, visent à faire un gros coup qui leur permette d’empocher une belle somme, en minimisant les risques qu’ils prennent. Des pros.»
Et puis il y a la criminalité transfrontalière, «perpétrée notamment par des Maghrébins originaires des banlieues françaises – Lyon, Grenoble et Marseille. La Suisse, plus particulièrement l’axe Genève-Vaud-Valais, est le supermarché dans lequel ils viennent se servir. Ce sont des gens sans aucun scrupule, allant jusqu’à maltraiter une octogénaire si elle se trouve sur leur chemin. Ils sont souvent dangereux et nous n’encourageons pas les gens à intervenir, au contraire: mieux vaut ne pas leur résister.»
Si on se résume, on voit que l’essentiel des délits – 9 braquages en janvier, 534 cambriolages au dernier trimestre 2011, en hausse de 137% – sont le fait de la criminalité étrangère, en particulier les délits les plus graves. Pas étonnant dès lors que la ministre vaudoise remette en cause les Accords de Schengen: «Il faut bien admettre que Schengen pose problème: les contrôles sont devenus totalement insuffisants pour lutter contre cette criminalité transfrontalière. C’est un point qu’il va falloir renégocier.»
Comme il va falloir remettre sur le métier le Code pénal et le Code de procédure pénale, totalement inadaptés à la situation qui, en quelques années, a fait de la Suisse un pays aussi peu sûr, voire moins sûr, que ses voisins. Et Mme de Quattro de citer l’exemple éclairant des Gitans, qui ont vite compris les failles béantes du nouveau Code pénal: «Autrefois, ils aiguisaient des couteaux et faisaient de la vannerie. Aujourd’hui, on constate qu’ils roulent dans de grosses voitures. Certains commettent des cambriolages, en se glissant discrètement par les fenêtres. Trop souvent, la justice est obligée de les relâcher pour des raisons de procédure. D’autant plus qu’ils envoient des mineurs. Le cas le plus spectaculaire est celui d’une fillette de 11 ans appréhendée plusieurs fois de suite. A chaque fois, elle a dû être relâchée à cause de son jeune âge. Et elle recommence. Drôle de départ dans la vie…»
Il faut être reconnaissants à Mme de Quattro d’oser appeler un chat un chat – on connaît peu de ministres de la justice et de la police qui s’expriment aussi clairement. Bien entendu, elle sera vertement critiquée par la bien-pensance officielle. Qu’importe. L’essentiel est maintenant de savoir ce que l’on va faire, puisque les choses sont claires. Il faut davantage de police, bien sûr, mais aussi davantage de frontières: la situation intenable où nous sommes a largement démontré qu’on a un peu trop rêvé avec l’ouverture complète des frontières. Il n’y a pas de honte à protéger sa population, comme le font la plupart des pays du monde: on n’entre pas aux Etats-Unis, en Inde ou en Nouvelle-Zélande comme dans un moulin – ou comme en Suisse. Mais il faut aussi, et vite, un code pénal en phase avec la réalité, plutôt qu’avec des fantasmes d’éducateurs en Birkenstock. Les chantiers sont grands ouverts. On se réjouit de voir les ouvriers à l’œuvre: la population attend!
Les nostalgiques du nucléaire avaient cru voir renaître l’espoir: selon la SonntagsZeitung, Mme Doris Leuthard envisagerait de retarder la fermeture de la centrale de Leibstadt. Or il apparaît que cette information était totalement fausse, une manipulation lancée par on ne sait qui (mais on devine!). Il va devenir de plus en plus difficile de trier le vrai du faux, puisque manifestement les journalistes, dont c’est le métier, ne le font plus.
Ajoutons qu’ils font des choix surprenants parfois: il y a quelques jours, le plus grand chantier jamais entrepris par l’humanité a commencé en Ukraine. Il s’agit d’un chantier colossal à 1,54 milliards d’euros, le nouveau sarcophage de la centrale de Tchernobyl, appelé “L’Arche de Tchernobyl” – on a les symboles qu’on peut. Or, les médias n’en ont parlé que du bout des lèvres, voire pas du tout. Etonnant,non? Commentaires.com y reviendra quand même…
J’aime beaucoup cette phrase de Joseph Conrad dans Victory – un auteur qu’il faut lire et relire absolument si on aime bourlinguer par l’imaginaire dans les ports du Sud-Est asiatique d’il y a cent ans: “L’Orchestre Zangiacomo ne jouait pas de la musique; il assassinait tout simplement le silence, avec une énergie vulgaire et féroce.”
Comme cela reste vrai! Un siècle plus tard, le silence est à l’agonie, et les Zangiacomo sévissent plus que jamais...
Ceux qui ont révisé le Code pénal et le Code de procédure pénale sont des “élus” censés être “intelligents”…
Mais il ne faut pas confondre érudition et intelligence!
On peut être bardé de diplômes, être élu au Conseil National ou au Conseil des Etats et faire preuve d’un manque de bon sens flagrant…!
Les décisions que ces Messieurs-Dames ont pises, au sujet de la Justice (!) sont un échec flagrant dont le bon peuple est en train de faire les frais.
Les mêmes personnes s’inquiètent souvent de l’”image de la Suisse” à l’étranger…
Ont-ils conscience du fait que nous passons pour des “poires” ?
Un grand bravo à Mme Jacqueline de Quattro pour son courage et la transparence !
Nous espérons vivement qu’elle sera entendue jusqu’aux “décideurs” de Berne.
Et que ces “décideurs” élus par le peuple écoutent aussi les gens du peuple sur le terrain (en particulier policiers vaudois et genevois en prise avec les problèmes sur le terrain).
Et que ces “décideurs” décident rapidement, il y a vraie urgence!
«Il faut bien admettre que Schengen pose problème (…)”:
Tiens donc ?! Mme Quattro découvre la roue.
Pourtant, chaque fois que des personnalités d’un certain parti honni par les médias et l’ensemble de la classe politique , dénoncent les problèmes créés par les accords de schengen ,on répond que Schengen donne des résultats positifs car
“Il rend plus efficace la lutte contre la criminalité grace à la collaboration internationale dans les domaines de la police et de la justice..”
Alors, il est peut-être vrai que cette collaboration permet d’arrêter des délinquants de la finance ou de je ne sais quel domaine dont le citoyen lambda n’ a rien à cirer; mais n’y a-t-il pas Interpol déjà ?
Ce qu’il veut, lui, le citoyen, c’est pouvoir sortir de chez lui , prendre le train, aller au kiosque ou chez n’importe quel commerçant ,sans courir le risque de se voir violenté, braqué. Le citoyen lambda a envie d’être en sécurité chez lui, à son domicile, et s’il le quitte pour un moment ou pour des vacances, il n’a pas envie à son retour de le retrouver sans dessus-dessous vidé de ses biens ,comme c’est le cas , entre autres exemples, lorsqu’une famille s’absente pour les obsèques d’un membre de la famille!
Et en plus, il est interdit de se défendre , voire même de maîtriser le malfrat, en attendant la police.. c’est vous qui serez devant le juge. pour peu que vous ayez asséné un rouleau à pâte à patisserie sur la tête de votre agresseur..et que dire si le voleur que vous avez ceinturé est un mineur! Bourreau d’enfants!
A ce propos , lire l’excellent article dans ce même Matin- Dimanche de Claude-Inga Barbey :
“Découvre l’animal qui est en toi!”
Peut-être va-t-on enfin prendre en compte les inquiétudes des citoyens sans prétendre que l’insécurité, c’est dans leurs têtes!
Tout à fait d’accord avec vous!
Bonne semaine
Mme Oberson a partiellement raison, mais elle pourrait observer que l’Etat se préoccupe assez peu de poursuivre les “délinquants de la finance”: ceux-ci sont assistés juridiquement et fiscalement par la bureaucratie étatique, de façon qu’ils puissent continuer à donner le bon exemple d’une éthique de haut niveau, notamment par leur goût du partage équitable, dont s’inspirent inconsciemment (?) les petits braqueurs.
En effet, quand on parle de la criminalité de ces derniers, on oublie de parler de celle que favorisent et soutiennent les “autorités” étatiques qui détournent l’administration publique de sa fonction primordiale (défendre les petits) pour favoriser les “banksters” et autres assistés milliardaires, et ceci grâce aux armes combien plus sournoises (et de destruction massive) que sont les lois faites sur mesure pour les enrichir : forfaits fiscaux, arrêts de progression, appel de multinationales sans foi ni loi au nom d’une “croissance” infinie dans un monde inextensible, avec les dégâts que l’on voit. Les “citoyens lambda” en ont donc aussi “à cirer”, ne serait-ce qu’indirectement, puisqu’ils récoltent les retombées de cette éthique de haut niveau…, et aussi parce qu’ils payent les impôts à la place des “élites alpha”.
Ce n’est certes pas amusant d’être attaqué et cambriolé. C’est très traumatisant (au propre et au figuré) pour les victimes. On pourrait dès lors se demander s’il ne faut pas restituer partiellement aux citoyens la puissance publique dont abuse manifestement l’Etat, et former intelligemment, puis assermenter, les gens qui ont besoin d’une arme pour assurer leur sécurité. Mais il faut évidemment aussi revaloriser le serment et surtout son esprit…
@Pierre Santschi: votre manière de sortir du débat qui est celui de l’insécurité en attirant l’attention sur nos cols blancs, tous pervers, et sur les méchants riches est irritante. On ne parle pas de cela mais bel et bien des problèmes liés à Schengen et à la criminalité transfrontalière. Personne ne conteste que la criminalité économique existe, mais il n’en est pas question aujourd’hui. Donc, trêve de bisounoursisme !
@ M. Spurley. Excusez-moi de vous avoir irrité en tentant de chercher quelques origines aux débordements actuels de terrain ou de bureau. Mais on peut bien évidemment vivre dans le déni… C’est plus confortable… Bonne semaine.
M. Santschi, le citoyen lambda peut très bien vivre avec des malfrats en col blancs,même s’il trouve leur agissement immoral ,il n’en ressent aucune insécurité dans sa vie de tous les jours..
Vous comparez ce qui n’est pas comparable.
@ M. Santschi
Ce qui est CONFORTABLE, c’est votre propos qui consiste en fait à dire “il y a des malheurs (ou des méfaits) plus grands” et donc à minimiser sinon à occulter ceux, bien réels (si le PLR le dit!) dont il est question ici.
C’est étonnamment (venant de vous) un mode de pensée très français années septante (*) qui consistait à taxer de “faux ” problème celui qui était posé, afin de s’épancher sur celui qui était le “vrai” problème ou… (tiens? tiens?) la “cause profonde” du “faux” problème.
(*) Relire Raymond Aron, un voltigeur en la matière. Ou, en plus gauche, Jean-Paul Sartre au sujet des méfaits des Gardes Rouges .
On n’a pas l’air très content de ma remarque sur la responsabilité des “élites” (auto-proclamées telles) dans la dégringolade de la sécurité sur le terrain, responsabilité d’autant plus grande, à mes yeux, que ces “élites” sont plus puissantes; c’est vrai que je crois encore que “noblesse oblige”, ce qui ne me paraît pas très sartrien. Aurais-je touché un point sensible chez mes contempteurs/trices en émettant l’hypothèse de quelques causes (parmi d’autres) que je crois réelles? Si oui, je les prie de m’excuser si je les ai blessé/e/s.
Où a-t-on lu (même entre les lignes) que l’insécurité de terrain était un faux problème à mes yeux? Si on avait lu jusqu’au bout mon texte initial, peut-être aurait-on pu critiquer mes propositions à propos de l’insécurité de terrain, ce qui eût permis de les améliorer. C’est toujours possible, mais il est vrai qu’il ne s’agit que d’un remède, alors que mieux vaudrait prendre le mal à la racine…
Si je vous ai bien compris Monsieur Santchi, le mal (cette insécurité de tous les jours) viendrait de la délinquance en cols blancs? C’est ça? J’ai bien compris?
Ce qui revient à dédouaner ces délinquants qui nous viennent d’au delà de nos frontières et nous pourrissent notre quotidien,-puisque parait-il ce sont les plus nombreux à commettre des actes de violence – ces chers petits qui sont victimes de la société…en cols blancs évidemment..
Evidemment on risquerait l’embastillement si l’on osait prétendre que certaines communautés ont une culture de la violence…
Pourtant je me souviens très bien d’une émission TV sur une chaine française peu après la fin de la guerre en Yougoslavi: un albanais du Kosovo avouait que la violence,” c’est dans nos veines”.Et il en était fier !
..
On ne risque heureusement pas l’embastillement. En revanche, on risque de se faire remonter les bretelles par le père Schälchli. Car citer le premier blaireau venu pour affirmer que les Albanais ont une «culture de la violence», c’est un peu comme citer Michel Peiry pour affirmer que les Suisses ont une culture du meurtre en série. Ou de rappeler le malheur de Daniel Nivel pour prouver que les Allemands sont violents. C’est un raccourci pô très bien.
Les Albanais n’ont évidemment pas une culture de la violence mais on constate qu’ils sont sur-représentés dans les statistiques de la délinquance. De même que les Africains de sont pas tous des dealers, mais des dix-sept que j’ai pu voir depuis la fenêtre d’un immeuble du Petit-Rocher à Lausanne, tous étaient noirs. Sans doute des Américains… ?
J’ajoute à l’excellent commentaire de M. Espéret la formule de langage gauchiste de style actuel consistant à affirmer qu’il s’agit d’une “bonne question” avec une “mauvaise réponse”.
@ M. Schälchli
Il ne s’agit pas de remonter les bretelles de qui que se soit. Il s’agit de remonter la pente funeste sur laquelle les accords de Dublin et de Schengen nous ont conduits. Soit en renégociant ces accords (pour des raison différentes Mme J. de Quattro du PLR et M. C.Levrat du PS sont arrivés, quoique bien tard, à la même conclusion) . Soit en les dénonçant et en en sortant, ce qui me semblerait sage.
@M. Esperet. La criminalité de passage est en effet un problème dû en partie aux accords sur la libre circulation. Je suis d’accord avec vous sur ce point. A titre personnel, j’ai d’ailleurs toujours trouvé étonnant de voir les douanes désertées; je trouvais plutôt sympa de présenter ma carte d’identité au douanier. Contrairement à vous, je ne suis cependant pas favorable à la dénonciation de ces accords. Mais je suis ouvert à leur révision.
Et j’ajouterai que le fait de remonter une pente n’exclut pas que l’on remonte aussi les bretelles à ceux qui sont tombés trop bas; voilà pourquoi la commission d’éthique du Limousin me surnomme le «Pléco royal du net» ou, plus rarement, «le nettoyeur du net».
@M. Spurley. Bien sûr, les statistiques sont là. Mais il faut se méfier des extrapolations. De votre poste d’observation donnant sur la rue du Petit-Rocher, vous aurez certainement trouvé un autre dénominateur commun: presque tous les dealers sont de sexe masculin ! Qu’en avez-vous conclu ? Que la plupart des dealers sont des hommes ou que la plupart des hommes sont des dealers ?
Sans vouloir minimiser la portée de leurs actes (oui, la vente de cannabis est moins noble que la vente de gentiane distillée), je pense que celle-ci n’est pas dramatique. Je rejoins M. Santschi lorsqu’il souligne que les retombées économiques de la criminalité en col blanc sont pires (voire que la criminalité en col blanc peut être l’une des sources de la petite criminalité) ! Et je vois une différence de taille: la criminalité en col blanc est pratiquée par des gens qui n’ont strictement aucune raison de tricher ! Les vendeurs de drogue n’ont pas de raison valable non plus, certes, mais c’est à peu près leur seul moyen de gagner de l’argent. La plupart d’entre eux préféreraient sans doute travailler dans un bureau chauffé; ma foi, ils ne sont pas nés au bon endroit pour cela.
Quant aux «Albanais surreprésentés dans nos prisons», on peut aussi y voir des aspects positifs: cela prouve d’une part que l’on ne tolère pas la violence chez nous et, d’autre part, que les Albanais en liberté sur notre territoire ne sont a priori pas violents (sinon, ils seraient en prison). Et ils savent, comme tout le monde, qu’ils encourent une peine privative de liberté s’ils le deviennent.
Enfin, il ne faut pas tout mélanger: il n’y a aucun rapport entre les accords sur la libre circulation et l’immigration clandestine ! Où alors, il ne faudrait pas seulement revenir à des contrôles douaniers, mais surtout ériger un mur le long des frontières de la Suisse… Pour endiguer les flux migratoires, mieux vaudrait s’attaquer à leurs vraies causes. Par exemple en luttant contre les déséquilibres économiques, en informant les gens que l’Europe géographique n’est pas le Pays de Cocagne (des réfugiés déboutés pourraient être formés et payés pour faire ce travail). Se focaliser sur les statistiques des symptômes permet certes d’alimenter les plateformes de discussion, mais ne mène pas très loin: faisons confiance à l’Office fédéral des migrations et à la police (dont il s’agira probablement de renforcer les effectifs).
“Et mieux vaudrait s’attaquer à leurs vraies causes…”
Et c’est reparti !!!
L”immigration clandestine et la criminalité qui vient avec, reléguées au rang de “plateforme de discussion”… pour faire place à une “VRAIE CAUSE”, les déséquilibres économiques planétaires!!!
C’est exactement l’insidieuse imposture intelectuelle de “faux -problème-contre- vrai-problème (ou vraie cause)” sur laquelle je m’étais déjà exprimé.
Et l’on ne s’occupe pas des “faux ” problèmes parce qu’ils sont …faux (ou de simples “perceptions”, come dirait un socialo genevois).
Et pas des “vrais” non plus, parce qu’à l’évidence ils nous dépassent, qu’ils sont de nature fédérale, européenne, humanitaire, planétaire…
Bref, on ne s’occupe de rien.
Que les tenants de cette imposture sache qu’en cas d’agression hélas perpétrée à leur encontre ou à celle de leurs proches, le fautif sera acquitté pour cause de “déséquilibre économique”. Mieux, il faudra lui en demander pardon!
Si le discours de Mme de Quattro est rafraîchissant par sa liberté de ton, il s’avère rien de moins que consternant dès lors qu’on aborde le parent pauvre de l’entretien – les solutions à apporter.
La Conseillère d’Etat en charge de la sécurité – avec un bilan “magnifique” – est incapable de faire le lien entre libre-circulation et criminalité, n’évoque une “imperfection” des accords de Schengen que du bout des lèvres. Et elle réussit le tour de force de faire un entretien aussi long sans mentionner une seule fois la réforme des jours-amende!
Bref, en terme de vision et de stratégie, c’est le désert. Je me suis permis de faire ma propre analyse de l’interview sur mon blog:
http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2012/02/07/insecurite-passivite-et-impuissance.html
Alors saluer un simple ton “politiquement incorrect” quant aux minorités responsables, c’est se réjouir de peu de choses.
Les «vraies» et les «fausses» causes, voilà un débat intéressant… Alors que je plaidais pour la levée du secret bancaire, plusieurs personnes m’ont répondu qu’il fallait protéger les fraudeurs du fisc glouton et tyrannique de leur pays.
En d’autres termes: un taux fiscal élevé est un préalable légitime à la fraude tandis que la pauvreté n’est pas un préalable légitime à l’émigration. Voilà qui ne me convainc pas.
Pour le reste, je n’ai rien contre les mesures coercitives, voire musclées. S’il se montre violent ou ne se plie pas aux règles de son pays d’accueil, l’immigré mérite également qu’on lui remonte les bretelles.
En somme, la différence entre vous et moi s’exprime par une simple virgule. Tandis que j’écrirais: «Il faut punir tous les immigrés qui sont criminels.», vous écririez: «Il faut punir tous les immigrés, qui sont criminels.»
@ M. Montabert
Evidemment d’accord avec vous et merci pour votre blog.
Ajouterais-je que j’ai trouvé affligeante (ou hilarante) la citation de Mme de Quattro: “J’ai organisé des assises de la violence” .
Passons…
La même “rafraîchissante” Mme de Quattro qui, invitée sur TSR1, à la suite de l’article du Matin cité plus haut et sans trop s’en distancier, est néanmoins fort élégamment parvenue à éluder le thème des solutions…
@Ph. Barraud
“…la situation intenable où nous sommes a largement démontré qu’on a un peu trop rêvé avec l’ouverture complète des frontières”.
C’est le Conseil fédéral qui a garanti au peuple, lors du référendum portant sur la libre-circulation des personnes et des accords de Schengen, qu’aucun risque (ou presque) d’insécurité ne se profilerait en acceptant ces accords puisque … bla-bla-bla…. La suite on la connaît. Forts de ces assurances + 67 % des votants ont accepté ces accords alors que 33 % d’opposants avaient dépeint fort justement le diable sur la muraille. Le diable, aujourd’hui, se rit de nous et s’encanaille à répandre une criminalité que la Suisse, pays pacifique, n’avait jamais connu historiquement jusqu’ici.
Ces problèmes de sécurité sont très perturbants, j’habite dans une zone très touchée (nombreux cambriolages) et c’est vrai que ça s’est dégradé depuis quelques années.
Je ne suis guère un spécialiste en la matière, mais des peines fermes et la possibilité de garder les coupables en détention plutôt que de les relâcher, faute de moyens légaux à disposition, permettrait probablement de dissuader certains. Je suis par contre nettement moins convaincu par la dénonciation des accords de Schengen: pour exemple, près d’où je vis, il y a un poste frontière , et je peux vous assurer que Schengen n’a pas changé grand chose, je n’ai personnellement jamais été controlé une seule fois à ce poste, même durant les années qui ont précédé Schengen, et je la traverse bien 3 fois par semaine, cette frontière… Bref une vraie passoire, et il n’est guère possible de faire autrement… dans la région genevoise les points de passage sont partout. Réintroduire des contrôles douaniers aux postes principaux (poste Bardonnex) par exemple, embêterait surtout les honnêtes gens, les autres, ils savent bien ou passer sans se faire contrôler.
Monsieur Schälschli, vous placez les virgules pour les autres, en fonction de ce que vous imaginez ce qu’ils pensent…Pas très honnête !
Avec le positionnement fantaisiste de ces virgules vous faites dire à vos adversaires ce que voûs voulez , en vous donnant le beau rôle! Celui du tout propre , bien net chargé du nettoyage..brrrr Vous n’avez pas travaillé à la Stasi par hasard? Vos méthodes y ressemblent.
A Mme Perret:
Exact, je vous suis absolument.
Et evidemment, les citoyens qui “s’indignent” contre cette violence importée sont mis à ban..
Je me souviens d’un récent “Temps présent” où l’un des délinquants interrogés dans la banlieue lyonnaise,déclarait qu’il est facile de venir braquer en Suisse , car les Suisses sont naïfs; ils ne ferment rien à clé, ils ne mettent pas d’alarme dans les commerces ou à leurs domiciles..
En fait , les Suisses pensent que ce qu’ils ne feraient pas, personne ne peut le faire , parce que tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil.Faut faire confiance…
Bons et bêtes…
Mais bon, grâce à l’Autre à qui elle s’ouvre ,la Suisse découvre enfin le monde de la laideur , de l’insécurité; enfin la Suisse n’est plus une forteresse où il fait bon vivre! Enfin la Suisse existe!
Voilà qui doit faire plaisir à Bernard Crettaz!
( “Etre suisse en 1994″ : journal français L’Express du 17 février 1994)
@Mme Oberson. Non, je n’ai jamais travaillé pour la Stasi… À sa dissolution, je n’étais qu’un ado prépubère boutonneux.
Votre interprétation du positionnement de la virgule me fait très plaisir: vous avez remarqué que la phrase sans virgule est plus nette d’un point de vue sémantique. Cela prouve que nous partageons au fond les mêmes valeurs! Mais vous avez raison: je joue le beau rôle. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que je me suis érigé en Pléco royal du net dans un post récent. Mais vous devriez m’en remercier: mes interventions politiquement correctes donnent davantage de relief aux vôtres! Si personne ne nageait à contre courant, ce serait moins amusant, non? Perso, je m’ennuierais dans un forum de gens pensant comme moi.
Amicalement vôtre
“Je n’ai jamais travaillé pour la Stasi… à sa dissolution, je n’étais qu’un ado prépubère boutonneux”.
Les anciens de la Stasi ne disent rien d’autre aux enquêteurs de l’Allemagne réunifiée!
Sauf quand il s’agit de “toucher” une retraite de cette Allemagne réunifiée (un VRAI sujet ethico-social , à propos) . Ils se déclarent alors vétérans de la Stasi . Eteints plus que prépubéres. Goitreux plus que boutonneux.
Bonne retraitre!
Vos souhaits de bonne retraite ne sont que des mots, M. Esperet, que des mots.
Je ne me contente pas de vous souhaiter une bonne retraite, moi. J’y contribue en cotisant à l’AVS ! Mais c’est de bon coeur; ne m’en remerciez pas !
N, Schälchli, vous êtes le seul à cotiser ? N’allez-vous pas vous aussi bénéficier des cotisations de la génération qui vous suit ?
Je ne comprends guère votre sarcasme envers M. Esperet….chaque génération contribue à la retraire de celle qui la précède…
En garde? : J’ai contribué à l’AVS pendant 34 ans (y compris durant 16 ans passés à l’étranger) cher M. Schälchli. Et je reste encore un peu trop jeune (sourire) pour la percevoir.
Mes souhaits n’étaient donc pas que des mots.
Bon Dimanche
@M. Oberson: C’était une simple réponse du berger à M. Esperet, qui me souhaitait une bonne retrait(r)e. Le «r» qui s’y est glissé me faisait penser à un sarcasme de sa part. Sur le fond, vous avez cependant mille fois raison.
@M. Esperet. J’aurai mal estimé votre âge, dans ce cas. Mea culpa.
Le “r ” de trop n’était qu’un inadvertent lapsus tastierae.
Lapsus: du latin. Tastierae: du neo-latin “fait maison” pour dire clavier, clavier se disant “tastiera” en italien.
“Estimé [mon] âge” C’est fort respectueux de votre part de lui accorder quelque estime.
(Je suis né en 1949)
Sourire! JME
“Inadvertent” ne serait pas dans le dico français???!
Sorry
Pas grave. Si le lapsus était involontaire, c’était vraiment un lapsus
Notez tout de même que je ne suis pas si mauvais philologue: je ne me suis trompé que de quelques années. Bref. Bon dimanche!