La bataille pour le fauteuil libéré bientôt par Pascal Couchepin suscite de nombreux commentaires affligés, avec notamment ce leitmotiv: parler de personnes n’a aucun intérêt, il faut des “débats de fond”. Or, c’est le comble de l’hypocrisie.
Président du Parti socialiste, Christian Levrat est le hérault de cette tendance légèrement jésuite – ou franchement hypocrite, affirmant qu’il faut discuter des thèmes de fond plutôt que de personnes ou de partis. Lorsqu’un politicien roublard joue les ingénus, cela sonne terriblement faux. Et on met Christian Levrat au défi de tenir le même discours, lorsqu’il s’agira de remplacer Moritz Leuenberger et Micheline Calmy-Rey: va-t-il nous dire que la personne et la couleur politique importent peu? Voire soutenir à cette fin un PDC, un Vert, ou un radical de la tendance centriste? Chiche!
Actuellement, tout le monde tombe à bras raccourcis sur Fulvio Pelli, président du parti libéral-radical, que les médias n’aiment guère et qui leur leur rend bien: le seul peut-être, il ose remettre en place les journalistes arrogants, vous savez, ceux qui s’intéressent surtout aux questions qu’ils posent, mais pas beaucoup aux réponses qu’on leur donne, “très vite s’il vous plaît l’heure tourne”.
Pelli, pourtant, pourrait bien tirer son épingle du jeu à la fin des fins, lui qui joue beaucoup plus habilement que ses homologues des autres partis. Et on ne comprend guère qu’on lui reproche de poursuivre ses propres ambitions: qu’on nous montre l’aspirant au Conseil fédéral qui n’a pas d’ambitions personnelles! Il a aussi l’avantage d’être davantage passe-partout, surtout en Suisse alémanique, que des candidats comme Pascal Broulis, Didier Burckhalter ou Pierre Maudet, qui ne sont pas des locomotives mais d’honnêtes voitures hybrides.
Ah! Pierre Maudet! Encore un qui s’est trompé de parti. Avec son programme, qui aligne l’adhésion immédiate à l’UE, l’abandon de la neutralité et la soumission de l’armée à une organisation étrangère, il constituerait un candidat de choix pour l’aile gauche du PS.
Ces jeux politiques sont normaux dans une démocratie vivante, même s’ils énervent sans doute le grand public. Et chaque parti a le droit de pousser ses pions, mais en retour, on a le droit de les critiquer. Curieusement, ceux qui lorgnent le moins sur le fauteuil de Pascal Couchepin sont les seuls qui pourraient légitimement revendiquer un deuxième siège au gouvernement: l’UDC, premier parti de Suisse, n’a qu’un représentant au Conseil fédéral. Mais ce parti a, parfois, le sens de la famille (politique), et ne tirera pas dans les pattes des radicaux-libéraux sur ce coup-là.
Le PDC, lui, n’a pas le sens de la famille. Il se range même plutôt dans la catégorie de ceux et celles qui couchent avec n’importe qui pourvu qu’on arrive à ses fins – ce qui n’est pas très chrétien, quand on y pense.
Quant aux Verts, ils jouent admirablement le rôle du ver dans le fruit socialiste, une chair juteuse qu’ils adoreraient parasiter. Mais malheureusement pour eux, la cause est entendue: il y a déjà deux socialistes au Conseil fédéral, il n’y a pas besoin d’en mettre un troisième.
Peut-on impunément insulter et blesser les femmes de Suisse romande, un lundi matin aux petites heures, sous prétexte de faire de l’humour ? M. Pascal Bernheim, chroniqueur sur La Première, s’est acharné avec une incroyable grossièreté, ce 8 février, sur Brigitte Bardot, en s’en prenant non pas à ses idées ou à son discours, mais à son âge, à sa peau défraîchie, au désir qu’elle ne suscite plus. On peut parier que les auditrices de La Première qui n’ont plus vingt ont pris ces insultes immondes en pleine figure.
Ce petit monsieur n’est pas porté sur les femmes, c’est son problème. De là à les insulter collectivement sur les ondes du service public, il y a un pas qu’il ne fallait pas franchir. Si elle a un brin de respect d’elle-même et de ses auditeurs, La Première doit virer séance tenante cet humoriste dépourvu non seulement d’humour, mais de l’élémentaire respect de l’autre sans quoi la vie en société n’est plus possible.
Ce qui serait épatant, c’est qu’il y ait un conseiller en communication francophone au département de Mme Widmer-Schlumpf. L’entendre sans cesse parler de dates lorsqu’elle veut dire données est exaspérant, et malheureusement les journalistes de radio ne se donnent pas la peine de rectifier.
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Bravo pour votre article très pertinent M. Barrraud. Ce qui mine le plus la Suisse c’est le jeu médiatique des petits partis. Petite taille – grande gueule. Levrat et U. Leuenberger existent parce qu’à l’étranger, il y a Obama. Même combat. Obama a été financé par Wall Street et mis en scéne par Hollywood. L’ironie c’est que les couches populaires ne votent plus à gauche. En fait , les populistes de gauche sont la traduction politique de la mauvaise conscience de la finance mondiale alliée aux intellos de gauche. L’incarnation la plus navrante à Genève de ce phénomène est le sympathique M. Maudet dont la naïveté nous touche. Certes, il est encore en âge de progresser.