ico Suisse Conseil fédéral: panique à bord

27 octobre 2014 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

La virulence inouïe des attaques des conseillers fédéraux envers l’initiative Ecopop montre que les chances de celle-ci devant le peuple sont bien réelles. C’est qu’il y a là un enjeu démocratique qui dépasse cet objet.
Jamais les Suisses n’ont entendu leurs ministres déraper à ce point dans une campagne électorale. Mme Sommaruga, MM. Berset et Schneider-Ammann se sont comportés en chefs de bande, dépassant dans l’outrance les dirigeants de leurs partis respectifs. On comprend bien qu’ils sont sous forte pression de l’économie, et qu’ils doivent bien obéir. Mais cela ne les autorise en aucun cas à mépriser et à insulter les partisans de l’initiative – ne serait-ce que pas prudence politicienne: il se peut bien que ces partisans soient, demain, une majorité ! Seront-ils encore crédibles face à une majorité de la population qu’ils ont traitée de raciste ?
L’initiative Ecopop pose deux questions fondamentales à la société helvétique, l’une de manière directe, l’autre de manière indirecte. La première est de savoir si la Suisse doit mettre en place une véritable politique migratoire, ou non. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. La politique migratoire de la Suisse, ou ce qui en tient lieu, est décidée et imposée par l’Union européenne, notre gouvernement et notre parlement ne sont rien d’autre que les exécutants d’une politique décidée ailleurs. Notre marge de manœuvre est nulle, à l’image des autres États européens qui eux, étant membres de l’Union, n’ont plus le choix.
Et c’est là qu’Ecopop pose, sottovoce, une deuxième question essentielle: la Suisse peut-elle encore être considérée comme un État souverain ? Est-elle encore en mesure de décider de son destin, puisque de toute évidence, la politique démographique est un enjeu fondamental pour l’avenir à long terme ?
En cela, Ecopop va au devant de l’initiative que vient de lancer l’UDC pour affirmer, dans la Constitution, la primauté du droit national sur le droit imposé par l’étranger. Notons au passage que cela devrait aller de soi ! Mais dans l’Europe d’aujourd’hui, avec la classe politique qui est la nôtre, jouet complaisant des lobbies, veule et prompte à tous les abandons, il vaut mieux que tout soit écrit noir sur blanc. En ce sens, il est inimaginable que les dirigeants de l’UDC fassent encore mine de s’opposer à Ecopop. On voit bien que ce n’est rien d’autre qu’une posture tactique, mais elle ne fait pas le poids face à la fronde de la base du parti qui, elle, est clairement favorable à l’initiative. Et pour cause: elle va exactement dans le sens de la votation du 9 février, avec l’avantage de fixer des objectifs précis.

«Foutre la trouille au peuple»

Cela aussi, le Conseil fédéral l’a bien senti. Et c’est pourquoi, armé de la documentation de campagne fournie par économiesuisse (ceux qui commandent, quoi…), les ministres socialistes eux-mêmes entonnent la chanson du catastrophisme économique et social – chanson mensongère évidemment, mais lorsqu’on est à court d’arguments, la tactique qui consiste à «foutre la trouille au peuple» s’avère parfois payante. Elle peut aussi faire long feu, comme l’éprouva Charles de Gaulle…
Et pourtant ! Les salariés suisses trouveraient leur intérêt dans un cadre législatif où la préférence nationale ne serait pas réservée aux étrangers, comme c’est le cas en Suisse romande, où les responsables RH des grandes entreprises sont souvent français, et donnent la priorité à leurs compatriotes. Formidable renversement des choses ! Les chômeurs de Suisse retrouveraient une petite chance de décrocher un job, alors qu’aujourd’hui, la concurrence bon marché des jeunes frontaliers ou immigrés est imbattable. Vous dites ? Le chômage est au plus bas ? Forcément, lorsqu’on sort des statistiques les personnes en fin de droit, échouées à l’aide sociale! Impeccables, les statistiques ! Or il y en a beaucoup, de ces salariés tombés de Charybde en Sylla alors qu’ils se croyaient bien en selle, comme l’a montré une récente émission de la RSR: au-delà de 45 ou 50 ans, vous êtes cuit… Trop vieux, trop cher.
La conclusion provisoire de tout ceci est que d’une part, il est plus que jamais essentiel que le peuple garde le dernier mot, et reste le dépositaire de la souveraineté nationale, puisque ses élus sont prêts à la bazarder. D’autre part, il est évident que la Suisse trouvera les solutions adéquates pour mettre en œuvre cette initiative, comme toujours car la Suisse est armée pour faire face à toutes les situations – elle a même un certain génie pour cela. Souvenons-nous de la votation sur l’EEE, et du bénéfice que notre pays en a tiré…

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Commentaire de charles galtier le 27 octobre 2014 à 10:09

d’accord à 100%

Commentaire de Gabrielle Mudry le 27 octobre 2014 à 11:34

Egalement d’accord à 100%!

La violence des propos d’une certaine classe politique est contre-productive.
C’est déjà arrivé… mais ils n’ont pas encore compris.
Cela prouve, en tout cas, un manque d’arguments valables.

Commentaire de Christian Paul le 27 octobre 2014 à 13:55

“… la préférence nationale ne serait pas réservée aux étrangers… donnent la priorité à leurs compatriotes”

Absolument ! Vérifié partout !

Commentaire de B. Brunner le 27 octobre 2014 à 15:22

D’accord à 100%. Ecopop a beaucoup de sens, et il faut continuer à marteler que c’est 2% du solde migratoire (émigrations comprises), et pas 2% d’immigration dont on parle!!! C’est là qu’il est simple de prouver les mensonges.

“les responsables RH des grandes entreprises sont souvent français, et donnent la priorité à leurs compatriotes”: Oui, c’est effectivement, hélas, par méconnaissance des formations Suisses, par croyances d’une prétendue supériorité des formations françaises, ou simplement par sympathies, très souvent le cas!

Commentaire de P.M. Vergères le 27 octobre 2014 à 18:44

Cette fois, pas de doute. On est bien tout à fait sur la même longueur d’onde !

Pourquoi on continuerait à supporter une immigration aussi soutenue, avec tous les désagréments qui vont avec, pour enrichir une seule caste d”élus” qui se foutent pas mal de nous?

Commentaire de edmond pflug le 27 octobre 2014 à 18:56

Le risque est bien réel de voir l’initiative ECOPOP acceptée par le peuple suisse, exaspéré qu’il est par le dédain manifesté à son égard par ses conseillers fédéraux et son parlement. Refuser la mise en œuvre des deux initiatives plébiscitées par la majorité de la population suisse, à savoir celle demandant l’expulsion des criminels étrangers et celle voulant lutter contre l’immigration de masse, est scandaleux, inacceptable et irrespectueux de notre démocratie directe. Bafouer la volonté populaire est un jeu dangereux qui risque bien d’avoir un effet boomerang pour nos élites. Ce qui serait compréhensible. Si nos représentants refusent de respecter la volonté du souverain, ils doivent alors s’éclipser plutôt que de s’opposer à ceux et à celles qui les ont élus pour être leurs représentants.

Commentaire de Pierre Bonnard le 31 octobre 2014 à 19:10

Il faut absolument lire le tout-ménages d’Economiesuisse intitulé “Décryptage” mieux comprendre Ecopop.
Dégoulinant de mensonges pour effrayer le bon peuple et surtout mettre sous le tapis les difficultés d’une Suisse à 10+ mio d’habitants
La prestation de P.-Y- Maillard (dit PYM-il-Sung) y est éclatante de clarté: “Le régime de protection sociale, l’AVS en particulier, est soutenu par deux piliers: la croissance économique et la croissance démographique”.
Un gros mensonge: le système de retraites par répartition n’est justement pas un système de Ponzi, et le relèvement de l’âge de la retraite sera inévitable à moyen terme.

Faudra ressortir ce torchon pour biffer les bons noms aux prochaines Fédérales!

Commentaire de M.Chappuis le 31 octobre 2014 à 19:22

Les opposant à Ecopop disent qu’en cas de oui à l’initiative il y aura en Suisse une grave pénurie de main d’œuvre. Alors qu’on m’explique pourquoi pour une seule offre d’emploi,c’est des centaines de lettres de candidatures que les RH reçoivent. Et ceci en grande majorité dans le secteur secondaire.

Commentaire de KANDEL le 1 novembre 2014 à 16:22

« Panique à bord »
OUI, mais il ne faut pas oublier que le CF a plus d’un tour (malhonnête) dans ses (SIC) sacs !
La cohorte moutonnière des journalistes, esclaves volontaires, empressés du politiquement correct, constitue certainement l’écueil principal pour la victoire du bon sens (il s’agit en effet de bon sens si l’on ne se borne qu’à constater les trains bondés et les autoroutes surchargées) !
Si ECOPOP passe, rien ne sera encore gagné, il faudra encore veiller à sa mise en œuvre et là tous les coups bas vont fleurir.

Commentaire de Jacob Derenoud le 10 novembre 2014 à 0:42

“On comprend bien qu’ils sont sous forte pression de l’économie, et qu’ils doivent bien obéir”

Oui, et c’est bien le problème, vous croyez qu’une grande corporation “X” admettrait qu’un de ses cadre siège chez une corporation concurrente “Y” qui le payerait grassement pour qu’il défende les intérêts “Y” chez “X” ? Évidemment NON et pourtant c’est ce qui se passe au sein de l’État! Et c’est autorisé et légal ! Donc on élit et paye des gens pour qu’ils travaillent pour NOUS et d’autres personnes les font travailler pour EUX! Comment peut-on avoir mis en place un tel système ? C’est un conflit d’intérêt majeur!

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