ico Suisse Comment ils ont tué la presse romande

6 janvier 2011 | Catégorie: suisse

PHILIPPE BARRAUD

En somme ils ont de la chance, les ados qui feuillettent paresseusement les journaux gratuits dans leur train du matin, et oublient aussitôt ce qu’ils ont vu, voire lu. Ils ne savant pas qu’avant, la presse avait autre chose à offrir que des people, du sport à outrance, des faits divers et un peu de cul. Ils ne savent pas qu’avant, les journaux s’efforçaient d’expliquer le monde, de mettre de l’ordre dans le torrent de l’information, de hiérarchiser ce fatras où se mêlent l’essentiel et le futile. Ils ne savent qu’avant, les journalistes avaient un rôle à jouer dans la conception des journaux, que leur voix avait un certain poids, qu’on les respectait, et qu’ils défendaient une certaine éthique.

Donc, les ados qui feuillettent les gratuits ne savent pas que ce qu’ils ont entre les mains est le fruit honteux d’une longue descente aux enfers de la presse, ravalée par des éditeurs incompétents et sans éthique au rang de prospectus publicitaire, dont le seul objectif est d’offrir aux lecteurs un divertissement suffisant pour qu’ils acceptent docilement de consommer du matin au soir,  y compris bien sûr les produits et services dont les éditeurs sont devenus eux-même les marchands.

Désormais la publicité dicte le contenu des journaux, impose aux rédactions des mises en page humiliantes, exige des articles de complaisance – mais on ne parle plus de complaisance, on parle d’«opérations win-win», c’est beaucoup plus joli, et cela soulage peut-être la conscience du journaliste de service chargé de ces basses œuvres. Même s’il se demande s’il valait bien la peine de faire un master pour en arriver là, aller lécher les bottes d’un annonceur. Mais il ne résistera pas un instant, car il connaît la réponse rituelle des rédacteurs en chef: «Tu fais comme tu veux, mais j’en ai dix derrière la porte qui attendent de prendre ta place.» Variante plus cynique encore, révélée par le livre dont on parle ci-dessous: «Fais comme moi, fais la pute», dit le rédacteur en chef d’un gratuit romand à un adjoint qui manifestait quelque honorable scrupule.

Ce livre qui vient de paraître décrit et décortique avec une tranchante lucidité l’agonie de la presse écrite en Suisse, et en Suisse romande en particulier. Sous le titre «Info popcorn»1 Christian Campiche et Richard Achinger déroulent avec précision l’histoire mouvementée des médias suisses, et fournissent ainsi une vue d’ensemble jamais établie à ce jour. Le constat n’en est que plus accablant. D’une région romande qui s’enorgueillissait d’une diversité de titres probablement unique au monde, on est arrivé à une zone sinistrée, pas très éloignée de la misère journalistique des provinces françaises – d’ailleurs, on retrouve à l’oeuvre le même éditeur ici et là, le Français Philippe Hersant.

De ce livre ressort l’impression que tout cela n’était pas inévitable, et que c’est largement à cause de l’incompétence et de la mégalomanie des éditeurs que la richesse journalistique romande a été vilipendée. La volatilisation soudaine de l’empire Edipresse, vendu dès ce printemps à Tamedia, est exemplaire en ce domaine. Tout comme la disparition de la Gazette de Lausanne, et tout comme celle du Journal de Genève, victimes de l’absence dramatique de professionnalisme des décideurs, et de la petitesse ambiante qui, dans ce coin de pays, sait si bien ruiner les plus beaux projets, juste pour le plaisir de les avoir descendus.

Un autre mérite de ce livre-réquisitoire est de confirmer que les médias, qui exigent sans cesse la transparence chez les autres, sont les champions de l’opacité, de la manipulation et de la dissimulation pour ce qui les concerne. Leur grande chance, c’est qu’aucun journaliste ne serait assez fou pour soulever le tapis et révéler ce qu’il y a dessous – mis à part ceux qui ont gagné chèrement leur liberté en sortant du système, comme les auteurs de ce livre, ou… Commentaires.com.

Il apparaît évident aujourd’hui que la presse écrite ne se relèvera pas de son déclin, mis à part les prospectus publicitaires déguisés en journaux que sont les gratuits. Imprimer et distribuer un journal est devenu trop lourd, trop cher, trop compliqué, trop dépendant de la publicité, comme le drogué dépend de son dealer s’il ne veut pas mourir. Mais où se retranchera donc un journalisme digne de ce nom, c’est-à-dire voué à l’explication du monde et la libre formation de l’opinion, plutôt que vendu à la publicité? Pour Campiche et Aschinger, c’est du côté d’internet que viendra un sursaut. Ils ont probablement raison, mais là aussi, les publicitaires sont à l’affût, et ne manqueront pas d’imposer les mêmes liens de dépendance qu’avec la presse écrite. On le voit déjà: sur certains sites, il est impossible de lire un article sans être importuné par une publicité qui vient se mettre devant – procédé emblématique du sans-gêne d’une industrie totalement dépourvue d’éthique.

Dans leur conclusion, les auteurs écrivent: «Remplis de fonctionnaires qui ne pensent qu’à toucher leur paie à la fin du mois, les états-majors des maisons d’édition gèrent le présent à la manière du brave soldat Schweik. Pas une minute il ne leur viendrait à l’idée de créer les conditions d’une renaissance intellectuelle, un climat propice à l’analyse, à l’enquête, au reportage, au débat d’idées. Le terreau d’un journal qui fait la fierté d’une civilisation. Conditionnés par les roulements des tambours de la grande économie alliée au populisme, ils abdiquent devant l’information facile et le divertissement creux. Les mirages destinés à endormir la capacité de discernement et l’esprit critique. Pendant ce temps, un monde s’écroule. Celui de la presse écrite, tuée par ses comptables.»

De nouvelles plateformes internet vont voir le jour en Suisse romande, comme il en existe déjà d’excellentes en Suisse alémanique, telles Politik.ch. Mais ne rêvons pas: même sur le net, un «vrai journal» coûte cher, et le problème du financement reste entièrement ouvert,  si l’on veut échapper à l’emprise mortelle de la publicité.

1) “Info popcorn”, de Christian Campiche et Richard Aschinger.  Editions Eclectica, Genève.

**** 50votes




Commentaire de David Rouzeau le 6 janvier 2011 à 11:21

Pour ma part, je ne m’achète jamais cette presse. Je suis abonné à La Nation (avec qui je ne suis pas non plus toujours d’accord…) et je m’informe sinon sur internet en particulier avec un site comme commentaires.com

Désabonnez-vous, boycottez ces médias! Faites-leur mal pour qu’ils comprennent… Tant qu’ils auront beaucoup d’incultes lecteurs, que voulez-vous, cela continuera. Les gens ont la presse qu’ils méritent… Il faut simplement des voix pour les réveiller, c’est ce que ce livre fait et M. Barraud également. Bravo à vous!

Commentaire de badoux christiane le 6 janvier 2011 à 11:45

Bravo – Excellent article !

votre commentaire

Commentaire de Martin Leu le 6 janvier 2011 à 12:43

M. Rouzeau a raison: les gens ont la presse qu’ils méritent, hélas. J’ai travaillé dans la presse à une époque ou les mentions publicitaires étaient bannies, ou sévèrement cadrées (2 x dans le texte et pas dans le titre). Dans cette presse, il y avait toutes les vertus que rappelle Philippe Barraud et le journaliste avait la fierté de son métier, non la vanité d’aujourd’hui. Pendant un temps j’ai regretté d’en être parti mais, depuis plus de 20 ans, je me félicite d’avoir quitté ce chaudron de la médiocrité.

Commentaire de Myriam Rais-Liechti le 6 janvier 2011 à 13:27

Bravo pour ces excellentes lignes. On pourrait ajouter qu’il faudrait de toute urgence (ré)introduire dans l’enseignement l’ouverture à l’analyse, à l’esprit critique, peut-être un peu plus d’approche philosophique des contenus et surtout reprendre ce que l’on appelait il y a encore 15 ans le “séminaire d’éducation civique” (terme pompeux) qui permettait en 3 leçons hebdomaires (un luxe) de travailler l’histoire du 20ème siècle, des notions politiques, la compréhension de ce monde après 1945, la notion d’Etat de droit et de développer le sens et l’esprit critique en parcourant et en triant l’information sous toutes ses formes. Un pur bonheur que j’ai pu exercer avec des classes de 9ème (même pas forcément prégymnasiales!) et qui reste le meilleur souvenir de mes années d’enseignement. Et pour mes anciens élèves aussi, quand ils me croisent et qu’ils m’en parlent encore!

Commentaire de Marie-France Oberson le 6 janvier 2011 à 14:33

Exycellent commentaire M. Barraud.

Quant à se désabonner, comme nous le suggère M. Rouzeau, c’est plusieurs fois par année que l’envie nous démange!

Malheureusement, il y a des journaux qui , dans certaines régions, sont en même temps des feuilles d’avis. ( je connais beaucoup de lecteurs qui n’achètent le journal ,que pour la page nécrologique..)
Et si l’on veut être au courant de ce qui se passe dans son canton, sur le plan économique, politique, le journal est un passage obligé. Et ça, les rédacteurs en chef le savent bien! Ils peuvent donc tout se permettre… leur journal se vend, surtout s’il n’a pas de concurrent!

Merci à Mme Rais de nous faire savoir qu’il existe encore des enseignants qui ont le soucis de l’esprit critique des élèves, futurs adultes citoyens capables de ne pas se laisser influencer…par les médias!!.
On en aimerait beaucoup de cette trempe pour nos enfants !

Commentaire de Pierre Bonnard le 6 janvier 2011 à 16:46

Merci M. Barraud, on voit que vous savez de quoi vous parlez. J’aimerais ajouter deux choses à votre excellent et hélas si noir tableau:
1) Il existe encore deux quotidiens méritant encore le nom de journaux en suisse Romande, le Courrier et le Temps. Abonné au premier et fréquent lecteur du second, je crois encore au journalisme de qualité et accepte volontiers d’en payer le juste prix. En particulier, le Courrier, malgré son nombre ridicule d’abonnés, se maintient juste à flot parce qu’il est le moins dépendant de la publicité. On a encore un certain choix.profitons-en et surtout parlons-en autour de nous! Pas besoin d’être 100% d’accord avec la ligne éditoriale, de faire la fine bouche lorsque c’est d’une liberté fondamentale qu’il s’agit!

2) Le nivellement par le bas de la presse (pour ne pas parler de la télé, devenue une grande machine à enconnarder, dixit Michel Piccoli), ne s’explique pas uniquement par les “stupides comptables” et les journalistes-putains. En 1928 (!), une personne peu connue était fort impliquée derrière l’industrie de la presse aux USA, il s’appelait Edward Bernays. En gros, il explique que puisque le pays est devenu démocratique, on doit contrôler ce que les gens pensent pour pouvoir continuer à exercer le pouvoir. Et surtout montre comment le faire… Aujourd’hui cela se voit aussi dans la bien-pensanse actuelle, ses anathèmes et amalgames, mais je n’ai nulle part trouvé ailleurs de meilleure synthèse théorique. Cet ouvrage peut être librement téléchargé en anglais sous: http://www.historyisaweapon.com/defcon1/bernprop.html , et une traduction française a paru en livre, sauf erreur sous le titre “La fabrique du consentement”

3) Le mode de financement de Wikileaks, Wikipedia et tant d’autres sites intelligents c’est les dons. Pourquoi pas commentaires.com lorsqu’il deviendra davantage qu’un blog, mais un journal en ligne d’investigations, de tri et d’analyse? La transition reste à étudier, mais ça vaut le coup.

Commentaire de Richard Golay le 6 janvier 2011 à 16:57

Merci pour cet article et votre constat lucide et important. Je garde par contre espoir que dans un proche avenir des journalistes de qualité, comme vous, se réunissent pour lancer une sorte de “Mediapart” ici. Business plan impossible vu le faible potentiel de lecteurs comparé à la France ? Mais la Suisse romande a prouvé par le passé que justement elle recelait un potentiel supérieur par habitants. Le secret réside peut-être dans une rédaction rassemblant des journalistes de toutes tendances politiques, prêts à abordé les sujets qui dérangent. Campiche, Barraud & Co même combat ! La richesse réside dans la diversité.

Commentaire de Karine Aubin le 6 janvier 2011 à 18:03

Je vais me balader, j’y réfléchis, et je reviens vers vous, Monsieur Golay.

Commentaire de Christophe Schaelchli le 6 janvier 2011 à 18:44

Perso, la question que je me pose est la suivante: qu’est-ce qu’une «bonne» presse ?

Est-ce une presse parfaitement impartiale et objective ou est-ce, au contraire, une presse s’efforçant «d’expliquer le monde, de mettre de l’ordre dans le torrent de l’information, de hiérarchiser ce fatras où se mêlent l’essentiel et le futile» ?

La première se contenterait de révéler des faits et laisserait au lecteur le soin de se former une opinion. Il va sans dire que l’objectif de l’impartialité est impossible à atteindre parfaitement. Dès lors que vous écrivez, vous optez pour des mots et êtes par conséquent partial. En voici une démonstration par l’absurde: Pour laquelle des trois formules suivantes le journaliste soucieux d’être objectif devrait-il opter:
-«Lundi matin, un jeune homme a volé un presse-agrumes.»
-«Lundi matin, un Suisse a volé un presse-agrumes.»
-«Lundi matin, un Suisse dont l’arrière-grand-père maternel était portugais a volé un presse-agrumes de facture italienne.»
Dans cet exemple, le journaliste aurait-il dû préciser que le voleur est rouquin ? S’il ne l’a pas fait, peut-on lui reprocher d’être subjectif ? Où d’être un gauchiste sirupeux ? S’il l’a fait, peut-on lui reprocher de stigmatiser les rouquins ?

La seconde, celle qui a pour vocation d’expliquer le monde, m’inspire deux questions:

-Peut-elle encore être objective ? A mon avis, non… En effet, dès que le journaliste explique, il exprime son opinion (par la structure du texte, l’agencement des idées, les mises en relief ou –au contraire– les omissions, etc.). Du coup, il n’y aurait pas une seule bonne presse, mais une bonne presse pour chaque courant politique (c’est alors la pluralité des publications qui ferait la qualité du paysage médiatique)… Perso, j’ai choisi le Diplo et, pour essayer de comprendre l’autre bord, le présent site.

-Cette presse de qualité a-t-elle encore une chance d’être vendue ? Car, comme M. Rouzeau l’écrit, «les gens ont la presse qu’ils méritent». Les gens, après le travail, ont envie de s’amuser et de se divertir. Ils n’ont pas envie de se prendre le chou avec un article élitiste sur les ravages du multi-ethnisme où un documentaire sur l’impact de l’islam sur les radiateurs. Ils préfèrent regarder le dernier épisode des Experts… Et, s’ils ont la force de regarder le journal télévisé, ils ont surtout envie d’être divertis. C’est ça, la démocratie. Et, comme à l’issue d’une votation, on n’a pas le droit d’écrire que la majorité se trompe. N’écrivez surtout pas ça ! «La démocratie, c’est aussi la victoire de Belmondo sur Fellini», comme disait le regretté Desproges.

En d’autres termes, le peuple voulant se divertir et ayant horreur des élites, quelle presse lui proposer ?

Pour terminer, voici une réflexion intéressante, bien qu’ancienne, sur le sujet…
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/RAMONET/11796

Commentaire de Paul Daniel le 7 janvier 2011 à 0:22

Tour à fait d’accord avec votre article Monsieur Barraud. J’aimerais préciser que la plupart des quotidiens romands n’ont pas attendu l’arrivée des “gratuits” pour tomber dans la médiocrité. Que dire aussi des journalistes du “service public” ? Ils n’ont pas l’excuse de la survie par la publicité et pourtant la futilité, le people, le sensationnel, la polémique sont les tons dominants de l’information qu’ils diffusent !

Commentaire de Dominique Truffaut le 7 janvier 2011 à 12:30

Le problème de l’approche exclusivement économique de propriétaires ou d’actionnaires de journaux ne visant rien d’autre que la rentabilité à court terme constitue effectivement un problème et une cause de l’effondrement de la presse écrite, mais il y en a d’autres, telles la concurrence d’un internet qui semble synonyme d’omniscience voire d’omnipotence, ou encore la généralisation croissante et comme organisée de l’inculture et de la bêtise. Mais il y a aussi la presse elle-même : quand « Le Temps », au lendemain de la votation sur les minarets, se permet de titrer « La victoire de la peur et de l’ignorance », ce n’est pas de l’information, c’est une insulte adressée à 57,5% des électeurs. En l’occurrence, l’équation est simple : morgue + refus du réel = désaffection des lecteurs. D’autant qu’il y a tant à lire…

Commentaire de Marie-France Oberson le 7 janvier 2011 à 14:25

C’est exactement cela, Monsieur Truffaut!
C’est le mépris, voire l’insulte, envers une large frange de leurs lecteurs que les médias se sont vus abandonnés.. Et ma foi, je ne vais pas pleurer sur leur sort!

Commentaire de michael wyler le 7 janvier 2011 à 23:59

merci Philippe
merci Christian

Commentaire de Stéphane Montabert le 10 janvier 2011 à 13:46

“Ils ne savant pas qu’avant, la presse avait autre chose à offrir que des people, du sport à outrance, des faits divers et un peu de cul.”

Ah bon? Quand? En 1950? Parce que votre description, c’est le programme du Matin aujourd’hui encore. Et pourquoi payer pour ce genre de truc quand 20 minutes en donne quasiment le même contenu gratuitement?

Alors, c’est vrai, il y a d’autres journaux: les gauchistes du Courrier, les moralistes du Temps, le gloubiboulga régional de la Tribune et de 24Heures… Mais vous m’excuserez, aucune publication dont la qualité justifie le tarif.

Le gros problème de la presse c’est qu’elle ne plaît pas à ses lecteurs. L’offre et la demande, ça fait mal quand on se prend pour la queue de la poire.

Et c’est peut-être très bien ainsi.

Commentaire de benoit falquet le 13 janvier 2011 à 23:43

“Le gros problème de la presse c’est qu’elle ne plaît pas à ses lecteurs.”

Il est clair que l’on ne va que rarement acheter un journal dont les opinions sont systématiquement différente des siennes mais il serait dommage de faire un journal exclusivement en caressant les gens dans le sens du poil.
Dire se que veulent les gens n’est pas forcement leur rendre service.

Commentaire de Stéphane Montabert le 14 janvier 2011 à 12:44

“Il serait dommage de faire un journal exclusivement en caressant les gens dans le sens du poil.”

Pourquoi utiliser le conditionnel? C’est exactement ce que nous avons aujourd’hui – si vos opinions évoluent quelque part entre l’extrême gauche et le centre gauche.

Une pléthore de titres pour une frange de l’électorat, dont je ne suis même pas sûr qu’elle lise plus que les autres.

Le journalisme objectif reste à inventer. En son absence, il serait bon que les dirigeants de la presse aient une petite réflexion sur la saturation de certaines opinions politiques et l’absence de contrepoints. Selon moi, le succès de la Weltwoche ne s’explique pas autrement, ainsi que le succès d’un site comme Commentaires.com .

Mais je crois que demander à des éditorialistes et des rédacteurs en chef “engagés” de mettre de l’eau dans leur vin est une hérésie pour qui prétend guider les masses – ils préfèreront couler avec le navire.

Et ils coulent.

Commentaire de benoit falquet le 17 janvier 2011 à 0:42

Je n’ai pas franchement l’impression que la gauche soit sur-représentée dans la presse.

Les deux journaux à plus fort tirage (je parle de genève) sont le Matin et la tribune, hors ces derniers sont plus prompts à relayer les thèses simplistes de l’UDC qu’à autre chose.

Le Temps est peut-être pro-européen mais économiquement, il garde un point de vue quasi néolibéral.
Quant aux gratuits, pour autant que l’on puisse appeler ça de la presse, ils sont assez enclins à monter en épingle des faits divers pour que les partis populistes leur confie leur publicité.

Quand je lis tous ces journaux, je ne cesse d’y retrouver le programme du parti libéral ou de l’UDC mais c’est peut-être une vue de l’esprit

Vous avez peut être l’impression que la droite conservatrice n’a pas de bon quotidien mais à gauche, on est pas mieux lotis.

Commentaire de Frédéric Yerly le 17 janvier 2011 à 13:44

Il suffit de voir l’édition du Temps d’aujourd’hui… Après avoir augmenté l’abonnement annuel d’env. CHF 40.- (!), ils nous envoient de plus en plus une édition ressemblant à un gratuit (la une remplacée par de la pub – aujourd’hui ce ne sont que 2 x 1/2 page (1/2 page par une de cahier) – un total de 32 pages pour le prix de CHF 3.20 pour avoir comme accroche l’impression de se trouver sur un téléski de Cran…

Commentaire de Stéphane Montabert le 25 janvier 2011 à 13:11

“Les deux journaux à plus fort tirage (je parle de genève) sont le Matin et la tribune, hors ces derniers sont plus prompts à relayer les thèses simplistes de l’UDC qu’à autre chose.”

Non, ils relayent l’actualité, ce n’est pas pareil. Désolé, mais rendre compte des crimes et délits commis fait encore partie de l’information. Que faudra-t-il censurer de peur de donner des arguments à l’UDC?

Et, hormis ces informations, dès qu’un article ou qu’un éditorial évoque la politique, les journalistes affichent clairement la couleur – une nuance entre le rose et le rouge.

Le Matin et la Tribune, à la solde de l’UDC? Pas super crédible.

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Griffures



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