Dans notre pays, la Suisse, le président de la Banque nationale est soupçonné de délit d’initié. C’est énorme. Et, vu sa fonction, c’est gravissime, si les reproches se voient confirmés. Or, depuis que l’affaire a éclaté, dans nos médias, que voit-on, qu’entend-on ? Qu’il y aurait en Suisse un immonde personnage. Et que ce dernier ne serait pas M. Hildebrand, mais un conseiller national nommé Christoph Blocher. Parce que révélant l’affaire, il aurait trahi un «secret de fonction».
Cette inversion des responsabilités – la mise en avant de l’une (dont je ne prétends pas qu’elle soit inexistante) pour mieux camoufler l’autre, ou l’alléger, ou l’esquiver, est incroyablement révélatrice de la pensée unique de l’immense majorité de la presse suisse face à tout ce qui concerne Christoph Blocher. Il faut qu’il soit le diable, il le faut rhétoriquement, sémantiquement, presque littérairement. Même lorsque le diable, hélas pour sa légende noire, ça n’est pas lui.
Car enfin, cette surexcitation des éditorialistes sur la « violation » dont serait coupable l’ignoble Blocher en rappelle une autre: l’antienne, mille fois ramenée, lorsqu’il était aux affaires (2003-2007) de ne point respecter la loi, «l’Etat de droit». Argument qui servit de prétexte, le 12 décembre 2007, pour avoir sa peau. Et qui a tant réjoui son rival, Pascal Couchepin.
Et personne, ou si peu, ne se pose la question suivante: entre la «violation» du secret de fonction, et un président de Banque nationale qui aurait profité de ses informations pour spéculer sur des monnaies, où se situe l’échelle de gravité ? Réponse : de façon écrasante, elle se situe à la charge de M. Hildebrand.
Mais nos oies blanches, soudain puristes de la forme juridique, préfèrent inverser. Et ainsi, selon les journaux, on nous parle «d’affaire Blocher-Hildebrand», voire «d’affaire Blocher». Pour conclure, une question: ces cris effarouchés, nos belles âmes les auraient-elles poussés si la révélation de l’affaire n’émanait pas de leur pire ennemi, leur absolue bête noire, mais d’un conseiller national lambda, venant d’un gentil parti ? Allez, disons comme ça, à tout hasard, un élu propre sur soi, bien rasé, convenable, bien silencieux et bien discret, du PDC ?
Les nostalgiques du nucléaire avaient cru voir renaître l’espoir: selon la SonntagsZeitung, Mme Doris Leuthard envisagerait de retarder la fermeture de la centrale de Leibstadt. Or il apparaît que cette information était totalement fausse, une manipulation lancée par on ne sait qui (mais on devine!). Il va devenir de plus en plus difficile de trier le vrai du faux, puisque manifestement les journalistes, dont c’est le métier, ne le font plus.
Ajoutons qu’ils font des choix surprenants parfois: il y a quelques jours, le plus grand chantier jamais entrepris par l’humanité a commencé en Ukraine. Il s’agit d’un chantier colossal à 1,54 milliards d’euros, le nouveau sarcophage de la centrale de Tchernobyl, appelé “L’Arche de Tchernobyl” – on a les symboles qu’on peut. Or, les médias n’en ont parlé que du bout des lèvres, voire pas du tout. Etonnant,non? Commentaires.com y reviendra quand même…
J’aime beaucoup cette phrase de Joseph Conrad dans Victory – un auteur qu’il faut lire et relire absolument si on aime bourlinguer par l’imaginaire dans les ports du Sud-Est asiatique d’il y a cent ans: “L’Orchestre Zangiacomo ne jouait pas de la musique; il assassinait tout simplement le silence, avec une énergie vulgaire et féroce.”
Comme cela reste vrai! Un siècle plus tard, le silence est à l’agonie, et les Zangiacomo sévissent plus que jamais...
La presse est toujours prompte à la critique mais n’accepte pas d’être critiquée. On l’a encore entendu ce matin dans Médialogues à la RSR. C’est dire que la juste indignation de Pascal Décaillet ne servira à rien, hélas.
Au delà de la faute de M. Hildebrand, gravissime si les faits sont confirmés, il faudrait également se poser la question du cadre légal et de son application. Les délits d’initiés doivent être punis sévèrement.
Absolument d’accord. Et que dire de tous les médias francophones (suisses romands et français) qui décrivent le parti Républicain comme ultra-conservateur ? Que veut dire ultra-conservateur ? Pourquoi pas ultra-mega-ultra-mega-ultra-mega-super conservateur. Rien (cela ne signifie rien), manipulation des journalistes athées anti-chrétiens qui ont en horreur les évangéliques et catholiques. Par exemple dans ces groupes on est souvent contre l’avortement (je rappelle qu’on est entre 500 et 800 millions d’évangéliques dans le monde et probablement 1.3 milliards de catholiques, donc cela fait du monde…). Et où est le problème ? Je suis contre l’avortement comme une majorité de l’Amérique latine (600 millions d’habitants) et tous les pays musulmans d’ailleurs, allons dire que les Colombiens sont ultra-conservateurs car en majorité contre l’avortement ? Beaucoup trop de manipulation médiatique et réthorique face à Blocher, aux catholiques, aux évangéliques, à George Bush, aux Républicains…
Ou alors on doit clairement donner une définition du mot ultra-conservateur ? Être contre des impôts trop hauts (alors Zoug en Suisse est ultra-conservateur), être contre l’avortement (alors l’Irlande est ultra-conservatrice),…
ps. j’en veux à un journaliste de la RSR qui traite les politiciens républicains aux USA de nom d’oiseau dans une de ses interventions, pourquoi ? Ce n’est pas du journalisme mais de la manipulation de la RSR, une nouvelle fois…
Que le patron de la BNS spécule et que sa femme soit une “trader” est un scandale. Les voyous de la classe politique et leurs copains mondialistes se tiennent les coudes et se moquent de la classe laborieuse. Hildebrand : démission
http://www.commentaires.com débute vraiment mal l’année: coup sur coup, Pascal Décaillet, homme de coeur et de culture, se laisse mener par ses vieux démons et nous assène deux “commentaires” (celui sur M. Leuba était tout simplement incompréhensible…) purement émotionnels et sans recul.
M. Décaillet, réveillez-vous! Ne voyez-vous pas que la soi-disante “affaire Hildebrand” est montée de toutes pièces par certains milieux qui veulent la peau de M. Hildebrand?
Ne réalisez-vous pas que ces mileux sont prêts à tout, y compris à la crasse violation des règles de droit les plus élémentaires et dont je vous croyais le défenseur?Préférez-vous stigmatiser la presse “traditionnelle” qui, pour une fois n’en est pas dupe en vous voilant la face sur ces menées pour le moins illicites que de les dénoncer avec courage et fermeté? Ne soyez pas par trop aveuglé par votre haine de l’intelligenzia médiatique.
N’avez-vous donc pas conscience que ce faisant vous cautionnez ces manoeuvres dignes des plus sombres pages de la montée des totalitarismes de siècle passé?
M. Hidebrand ne s’est rendu coupable d’aucune violation du droit suisse ou des règlements interne de son employeur. Il a droit au respect de sa vie privée. Il a toujours été, est et reste un digne serviteur de l’Etat de droit et de nos plus hautes institutions. C’est cela qu’il faut rappeler plutôt que de japper avec les loups.
Monsieur Wilheim, je suis 100% d’accord avec vous, mais dans le sens contraire de votre logique.
Il est vrai maintenant en suisse que plus l’on est malhonnête, plus on est béni des Dieux: Hildebrand, à la porte!!!
1) M. Hildebrand n’ a pas nié avoir acheté massivement des devises pour son compte personnel (au moins 1.1 millions $) alors que par sa fonction, il agit sur le levier du franc suisse. Peut-on encore avoir confiance en un directeur de la BNS qui interprète les règlements de déontologie de manière pour le moins tendancieuse ?
2) Une enquête pénale pourrait mettre en lumière d’autres transactions que les deux qui ont filtré.
3) Il est permis de mettre en doute l’indépendance de l’audit semi-interne/semi-privé qui a eu lieu.
Le piquant de l’affaire, c’est de constater que Christoph Blocher sait aussi se montrer flexible en matière de secret bancaire, lorsque ça l’arrange.
Pour le reste, d’accord pour dire que M. Hildebrand n’est pas très malin de spéculer, compte tenu de sa fonction… L’amour de l’argent rendrait-il aveugle?
Certes,il serait intéressant qu’une enquête approfondie ait lieu, au moins pour savoir dans quelle mesure M. Hildebrand aurait profité de ce qu’il savait avant tout le monde.
J’aimerais aussi bien savoir pourquoi M. Blocher s’en prend à lui juste maintenant.
Hasardons tout de même ces quelques considérations:
1) Si M. Hildebrand avait vraiment voulu utiliser ses informations d’initié, il aurait de toute évidence agi sur le marché des options, avec un énorme effet de levier et aurait (lui ou ses proches) gagné bien plus que les misérables 60’000.- empochés sur le FOREX. Ce genre d’opérations, surtout à contre-courant, peut être extrêmement lucratif et discret, et tout banquier sérieux sait comment utiliser ce marché des options.
2) La plupart des multimillardaires comme M. Blocher agissent légalement sur ce marché à terme, et souvent de telles manoeuvres rapportent bien davantage qu’un investissement ordinaire. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les entreprises financières anglaises, spécialisées dans ce genre de marché, constituent depuis plus de 10 ans la majeure partie de la dette totale du pays (achats à découvert). voir p. ex. http://www.businessinsider.com/everyone-is-starting-to-realize-the-size-of-britains-debt-crisis-2012-1
(excellent site avec un max de faits et un minimum de bavardages).Une dette de 9 PIB ne sera jamais remboursée, faut être naïf pour le croire…
3)La politique de cours plancher de la BNS a pris par surprise tous ceux qui spéculaient sur la hausse du cours CHF/EUR et a leur fait perdre des millards. Elle revend aujourd’hui des EUR achetés à plus bas prix et encaisse quelques bénéfices, sans compter que ce cours plancher est bénéfique à toute l’économie nationale.
4) Une enquête (parlementaire?) devrait aussi établir combien cette politique de la BNS a fait perdre à M. Blocher et à ses amis….
Une fois de plus, la polarisation détestable du débat politique (pro vs contra Blocher) agit comme un écran de fumée, auquel je regrette que M. Décaillet participe…
M. Décaillet, relisez le code pénal suisse. Le délit d’initié ne concerne pas les opérations sur devises.
Par contre s’il y a bien un délit présent dans le CP suisse c’est celui qui concerne la violation du secret bancaire. Violation dont s’est rendu complice un certain Christophe B. si celui-ci avait connaissance de la provenance illégitime des informations sur les transactions bancaires de M. Hildebrand.
A moins que M. Hildebrand ait étourdiment dispersé ses relevés bancaires devant la demeure de Christophe B., je vois mal ce dernier pouvoir justifier d’une origine légitime des relevés qu’il a transmis à des tiers et qui étaient frappés du secret bancaire.
Commentaires très intéressants de personnes compétentes, notamment les apports économiques de M. Bonnard.
Pour ma part, je relèverai le fait qu’on indique très rarement dans ce débat le revenu de M. Hildebrand qui est conséquent (2 millions par année je crois, entre 100 et 200’000 Frs par mois) comme directeur de la BNS, pas plus que sa fortune dont le montant doit être en partie public (la déclaration d’impôt l’est, n’est-ce pas?). Les 60’000 Frs gagnés par l’opération incriminée sont donc marginaux par rapport au revenu de M. Hildebrand. La petitesse du gain relativement à ses revenus interroge l’intérêt qu’il aurait eu à prendre un tel risque volontairement. Les journalistes, à ma connaissance, ne présentent pas cette information cruciale. A Forum par exemple, c’est un blogueur indépendant et un journaliste étranger (du Financial Times) qui relèvent ces éléments, mais ils ne sont en rien repris par M. Revaz ou un de ses collègues, qui font ainsi montre de manque de rigueur, de superficialité. Par ailleurs, les politiciens suisses interrogés n’indiquent jamais cet élément. C’est parfaitement hypocrite et cela revient à désinformer la population. L’ouvrier qui gagne 4’000 Frs par mois a le droit de savoir que le président de la BNS a un salaire quatre fois plus important qu’un conseiller fédéral (50’000).
A certains égards, ces journalistes de la RSR, réalisant pourtant une émission qui pourrait être sérieuse, informative, argumentée, d’un bon niveau intellectuel, se laissent très souvent aller à des analyses superficielles, gentillettes, où on fait des sourires à tout le monde. C’est de l’analyse-divertissement. On fait croire qu’on analyse, mais en fait, on reste bien-pensant et on gave les braves auditeurs d’une bouillie de bas ou moyen niveau plutôt que de chercher à expliquer les choses le plus profondément possible, avec des dialogues constructifs, argumentés, logiques, rigoureux, informés. C’est le rôle du journaliste, comme du philosophe platonicien, de hausser le niveau du raisonnement.
C’est pitoyable quand on voit l’auto-satisfaction dégoulinante qui trop souvent appert. En cela, je partage avec M. Décaillet, et je sais que beaucoup de gens ont les mêmes sentiments, une certaine nausée face à cette mauvaise soupe journalistique. Que ces journalistes fassent mieux. Qu’ils se bougent. Leur métier pourrait être noble, mais cela demande plus d’efforts de leur part pour qu’ils soient à la hauteur de cette noblesse. En l’état, le compte n’y est pas ou trop souvent pas.
J’ai lu C. Wilhelm M. Bonnard avec bcp de curiosité et d’intérêt. Je ne mordrai donc pas à l’hameçon de celui qui se prend tout-à-coup pour Mister Proper. Il n’est en effet pas interdit de penser que le Sieur Blocher ne se soit pas méchamment sali les mains en allant rechercher cette information… Parfois de petites et braves gens cautionnent naïvement de grands saligots.
Spéculer n’est pas interdit. Puisque en français cela veut dire miser sur qqe chose en pensant en tirer avantage, après avoir pesé le pour et le contre . Un peu comme jouer à la roulette en misant sur un No en espérant qu’il sortira.
Mais jouer en sachant que le No choisi va sortir parce que le croupier vous a mis dans la combine et va faire en sorte qu’il sorte, c’est de la tricheri; pire, si c’est le directeur du Casino qui a trafiqué lui-même le mécanisme d ela roulette!
Lorsque je lis comme auj. dans le Matin que Mme Hildebrand a agit en femme indépendante et que pour cela elle est applaudie, je me dis qu’on prend les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages!
Ainsi donc, cette femme au caractère bien trempé, indépendante, moderne, n’aurait pas de compte à son propre nom pour y faire les transactions qu’elle voudrait?
La malheureuse qui n’a qu’une procuration sur le compte de son mari!
Comment Mme Hildebrand a-t-elle pu risquer de perdre dans cette opération sans en parler à son mari? Ne fallait-il pas être sûre et certaine de l’issue de cette opération?
Non, je crois que M. Hildebrand n’est défendable que par les adversaires de M. Blocher .
Quant au secrer bancaire, il n’a absolument rien à voir avec les agissements du plus grand responsable de notre banque nationale qui, ne l’oublions pas, décide la politique monétaire de notre pays, et donc de notre politique en général…
Soutenir Hildebrand pour mieux tomber à bras raccourcis sur Blocher.
La réaction si rapide- un peu trop rapide- du CF et surtout de Mme EWS à soutenir M. Hildebrand en est une preuve flagrante.
Comme le dit si bien Ariane Dayer: “Si l’affaire n’avait pas été rendue publique par l’UDC, assisterait-on à une telle unanimité? Pas sûr.”
Pour une fois que je suis d’accord avec elle, faut le souligner!