ico Suisse Cassis de Dijon ou bouillon de onze heures ?

11 juin 2009 | Catégorie: suisse

FABIENNE DESPOT

Le climat des relations helvético-européennes est gris, tendance orage. L’Union européenne, à mesure qu’elle accumule les dysfonctionnements, devient de plus en plus irritable, et notre indépendance têtue mais prospère l’indispose comme un désaveu public. Les pressions auxquelles elles nous soumet sont, du coup, de moins en moins voilées. Cette situation a le mérite de crever un abcès que nombre de nos concitoyens euronostalgiques ne voulaient pas voir. Elle invite nos dirigeants à adopter un langage clair et décidé. Ceux d’en face veulent nous voir à terre et ils le clament sans équivoque : face aux vociférations, les courbettes ne sont plus de mise.

Après la place bancaire, voici le commerce international qui est bousculé par une révision de la loi sur les entraves techniques au commerce. Cette révision plus communément appelée « Cassis de Dijon » n’est que la première des couleuvres que l’UE entend nous faire avaler. Elle demande ni plus ni moins que la Suisse accepte d’importer des produits non conformes à nos normes du moment qu’ils respectent celle d’un membre quelconque de l’Union européenne. Sans contrepartie, il va de soi.

Les produits agroalimentaires seront particulièrement touchés par cette révolution. L’agriculture suisse consent de grands efforts pour nous fournir des aliments de haute qualité, obtenus par des méthodes plus respectueuses de l’environnement que celles de nos voisins. Ouvrir la porte à des produits étrangers répondant à des normes inférieures conduira inéluctablement à la disparition de cette exigence et à une baisse de la qualité : moins d’hygiène, moins de respect des animaux et de la terre, et la traçabilité est oubliée…
La gauche socialiste espère ingénument que cette nouvelle concurrence permettra d’alléger les dépenses du consommateur suisse. Or l’expérience montre que la réduction des coûts d’approvisionnement bénéficie avant tout aux grands distributeurs en leur permettant d’accroître leurs marges, et très marginalement aux consommateurs.

Si cette baisse des prix devient effective, l’agriculture suisse va disparaître. Alors que le Conseil fédéral vient de casser inconsidérément le prix du lait, nos paysans se retrouvent sans réserves pour faire face à une nouvelle chute de leur revenus. En appuyant de telles décisions, le PDC, pourtant soutenu par les milieux paysans dans nombre de cantons, a planté dans le dos de nos agriculteurs un couteau qui risque leur être fatal.

A l’heure où l’UE adopte une attitude de maître chanteur, nous n’avons pas à lui complaire. Exiger la réciprocité est la condition première et indispensable de toute négociation digne. Le Cassis de Dijon que nos lèche-bottes brandissent comme un trophée n’est déjà qu’un purgatif. Recrachons-le avant qu’il devienne notre bouillon de onze heures…

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Commentaire de Francis-Michel Meyrat le 11 juin 2009 à 18:28

Nos gouvernants(???)bastent devant tout le monde.Ils prennent leurs ordres à Davos et sont incapables de défendre les intérêts du peuple,applaventris qu’ils sont devant le rouleau compresseur du mondialisme.Le parti socialiste est le fer lance de celui-ci,les idiots utiles qui le composent étant malléables à souhait ,vivant dans l’espérance d’un siège européen.Nous nous souvenons du délire post-votation au sujet de l’Onu.La descente de l’escalier de la salle newyorkaise par la sage-femme genevoise fut un spectacle délirant donnant la mesure de ce qui allait suivre.
En temps de guerre,tous nos gouvernants seraient passés par les armes pour collaboration avec l’ennemi et haute trahison.Ils nous démontrent que les décisions prises dans les urnes ne servent à rien.Trahision,concussion,perversion,collaboration,prévarication,pollution intellectuelle,corruption sont désormais les mamelles de la démocratie.
On vit une époque de mort programmée des peuples et des états!

Commentaire de Marie-France Oberson le 12 juin 2009 à 13:50

Le “cassis de Dijoin” ou la corde pour nous faire pendre”ou le bâton pour nous faire battre. Il n’y a pas que Couchepin qui devrait démissionner…

Commentaire de chappuis milko le 12 juin 2009 à 19:35

Ce qui est inquiétant, c’est le libre marché .agricole( AELA) qui va bientôt entrer en vigueur. Des tonnes de patates, de fruits, de légumes,, à des prix trés bas… Ca vaire faire couler pas mal de boites.

Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 12 juin 2009 à 23:03

Excellent état des lieux de M. Meyrat. Nos gouvernants ne sont plus que les “commissaires politiques” du “Nouvel Ordre Mondial” (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_ordre_mondial). Et gare à ceux qui ne s’y résigent pas (un certain CB p. ex.)…

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Georges Frêche, franc-tireur magnifique

Le combat du socialiste Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, contre les énarques glacés de la direction nationale du PS, est délectable. Voici un homme très populaire, prof de droit romain, qui ose parler librement avec sa faconde méridionale, faire des blagues un peu grasses, et refuse de “se mettre un boeuf sur la langue”. Impardonnable pour les Parisiens, évidemment, qui ont juré de le descendre. Oui mais! Encore faudrait-il que l’électeur soit d’accord, et là, Mme Aubry et ses complices peuvent toujours courir…
On trouvera de délicieux extraits de son livre-règlement de comptes dans Marianne No 670 du 20 février.

Discrimination positive

Un ancien footballeur français de couleur publie un livre intitulé “Mes étoiles noires, de Lucy à Barack Obama”. Curieusement, personne ne s’est demandé si cette démarche n’avait pas un petit côté raciste, quelque part. Absurde? Imaginez alors qu’un sportif blanc publie un livre qui s’appellerait, par exemple: “Mes étoiles blanches, de Socrate à Winston Churchill”. Vous imaginez le tollé? Les dénonciations et les manifs? Mme Manon Schick plein pot sur La Première, et une mise au point de la Fédération des Eglises protestantes?
Dans certains cas précis, les minorités ont manifestement davantage de droits que les autres. Au moins, cela fait réfléchir.



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