ico Suisse Un droit de vote abusif

18 janvier 2004 | Catégorie: suisse

Avec une joie féroce parfois, les commentateurs ont salué l’échec de la demande d’initiative qui, dans le canton de Vaud, voulait soumettre au peuple le principe du droit de vote et d’éligibilité pour les étrangers. Celui-ci, on le rappelle, a été introduit à la sauvette, à la faveur du multipack de la nouvelle Constitution vaudoise.

Dans le passé, les Vaudois avaient refusé à plusieurs reprises cette mesure lorsqu’elle leur avait été soumise seule. C’était donc une bonne occasion de vérifier si le vote de la constitution avait été vraiment plein et sincère. En ce sens, et n’en déplaise aux moralistes excités qui voyaient là une manifestation de nationalisme (!), un tel vote aurait été un excellent exercice démocratique.

Mais les exercices démocratiques, les progressistes ne les aiment guère lorsqu’ils ne vont pas dans le sens de la pensée unique. À preuve cette déclaration étourdie du Conseiller d’Etat socialiste Pierre Chiffelle : ” C’est juste et sain, on ne peut pas toujours remettre en question des décisions du peuple. ” Pardon : combien de fois son parti s’est-il obstiné à ” remettre en question des décisions du peuple “, s’agissant du démantèlement de l’armée, ou…du droit de vote des étrangers ? Au palmarès des abus de démocratie, la gauche n’a de leçon à donner à personne.

Cette initiative aurait aussi pu être l’occasion d’un débat utile et nécessaire sur l’immigration et l’intégration. La participation à la politique locale est sans doute un bon moyen d’intégration, mais pour bien participer et bien s’intégrer, il faut être complètement partie prenante. Pour voter dans un club, il faut en être membre à part entière. Or les étrangers, par définition, ne font pas partie du club politique suisse à 100%, puisqu’ils ne sont pas suisses. En particulier, ils ne partagent pas les mêmes obligations (militaires par exemple), et pourraient arguer de leur statut pour échapper à la règle commune.

De la même manière, il est à prévoir que des tiraillements ne viennent compromettre la belle harmonie qu’on nous promet entre conseillers municipaux étrangers et administrés suisses. Ces derniers pourraient avoir de la peine à se soumettre à des décisions, de police par exemple, venant d’un syndic ou d’un municipal étranger.

Pour les étrangers résidant de longue date en Suisse, il n’y a qu’un moyen efficace et crédible de s’intégrer : c’est la naturalisation. Elle est le meilleur témoignage, et le plus sincère, d’une réelle volonté d’appartenance à une collectivité.

Aujourd’hui, elle est facilitée, elle est à la portée de tout étranger véritablement désireux de s’intégrer à la communauté nationale. On se demande donc bien pourquoi ceux qui prétendent si fort s’intégrer ne deviennent pas suisses, tout simplement, et pourquoi il faut leur octroyer des droits qui, à notre sens, doivent rester l’apanage des citoyens à part entière.

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Commentaire de Daniel Piloni le 22 janvier 2004 à 3:53

Des gens qui abusent, il y en a parmi nous comme parmi les étrangers
 
Si vraiment les étrangers ne méritaient pas de voter car, en choisissant de rester étrangers, ils jouent les opportunistes (concernant les obligations militaires par exemple), une deuxième remarque devrait alors être faite en même temps, pour rester objectifs et égalitaires.
C’est que parmi les Suisses (“citoyens à part entière”), il en existe aussi qui déshonorent leur pays par leur malhonnêteté, et qui ne mériteraient donc pas du tout de voter. Au contraire, parmi les étrangers, parmi lesquel il existe bien sûr aussi des malhonnêtes, il semblerait déshumanisant de pénaliser ceux qui apportent leur contribution quotidienne au pays, malgré le choix de ne pas se naturaliser suisses.
Pour ces étrangers qui contribuent au développement et au bien-être de la Suisse et de ses habitants, merci, et qu’ils votent.

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Griffures



Georges Frêche, franc-tireur magnifique

Le combat du socialiste Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, contre les énarques glacés de la direction nationale du PS, est délectable. Voici un homme très populaire, prof de droit romain, qui ose parler librement avec sa faconde méridionale, faire des blagues un peu grasses, et refuse de “se mettre un boeuf sur la langue”. Impardonnable pour les Parisiens, évidemment, qui ont juré de le descendre. Oui mais! Encore faudrait-il que l’électeur soit d’accord, et là, Mme Aubry et ses complices peuvent toujours courir…
On trouvera de délicieux extraits de son livre-règlement de comptes dans Marianne No 670 du 20 février.

Discrimination positive

Un ancien footballeur français de couleur publie un livre intitulé “Mes étoiles noires, de Lucy à Barack Obama”. Curieusement, personne ne s’est demandé si cette démarche n’avait pas un petit côté raciste, quelque part. Absurde? Imaginez alors qu’un sportif blanc publie un livre qui s’appellerait, par exemple: “Mes étoiles blanches, de Socrate à Winston Churchill”. Vous imaginez le tollé? Les dénonciations et les manifs? Mme Manon Schick plein pot sur La Première, et une mise au point de la Fédération des Eglises protestantes?
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