ico Suisse Migration illégale: un rapport accablant

30 juin 2004 | Catégorie: suisse

Les médias, on n’en est guère étonné, ont fait la fine bouche devant le rapport sur la migration illégale publié mardi par le département de justice et police, document prétendument «sans surprises». On y apprend pourtant des choses bien intéressantes.

Ainsi une approche chiffrée du phénomène, tout approximative qu’elle soit, permet de savoir de quoi on parle. Selon le rapport de l’Office fédéral de l’immigration, il y aurait en Suisse entre 50’000 et 300’000 clandestins, une fourchette énorme qui témoigne bien du laxisme avec lequel ce problème a été géré (si l’on peut dire) jusqu’ici.

On apprend aussi que 90% des requérants d’asile arrivent clandestinement en Suisse, que 80% d’entre eux ne présentent pas de documents d’identité ni ne veulent révéler leur pays d’origine, et que dans la même proportion, ils n’ont pas pu faire état de persécutions dans leur pays! C’est un véritable constat de faillite, la démonstration par A + B que le droit d’asile tel qu’il est actuellement conçu et appliqué est complètement à côté de la plaque, mais que sa bienveillance, connue loin dans le monde, agit comme un aimant: les Suisses sont de gros naïfs, profitons-en!

On lit dans le rapport de l’OFI des phrases légèrement surréalistes, comme celle-ci : «On ignore le lieu de séjour d’environ 60% des personnes qui ne figurent plus dans la statistique sur l’asile. Nombre de requérants disparaissent durant la procédure d’asile ou suite à une décision négative ou sont enregistrés comme départs non contrôlés; en 2003, ce furent quelque 10’500 personnes.» 10’500 personnes, soit la population d’une petite ville… Il est étonnant que cela n’étonne personne.

Les lacunes de la législation, le rapport fédéral les énumère en un inventaire accablant:
« — Longs séjours: Le droit en vigueur prescrit le traitement des demandes d’asile même lorsque le requérant dissimule son identité et sa provenance. La recherche fastidieuse de l’identité et l’exécution difficile des renvois prolongent de beaucoup les séjours des requérants. Pendant ce temps, les requérants peuvent bénéficier de l’aide de l’Etat. Depuis le 1er avril 2004, seule une aide d’urgence est accordée après une décision de non-entrée en matière ayant force de loi.
— Des mesures incitant les requérants à collaborer avec les autorités compétentes en matière d’asile font défaut.
— Coûts sociaux élevés: Portant sur un milliard de francs environ, le budget de l’asile est trop important par rapport au nombre de réfugiés effectivement reconnus.
— Comportement difficile: Dans les centres d’accueil de la Confédération et dans les centres d’hébergement des cantons et des communes, le comportement récalcitrant et parfois violent de certains requérants d’asile est un poids considérable pour le personnel d’encadrement. n’y a pas de sanctions adéquates.»

Un dernier chiffre? Les quelque 90’000 personnes qui travaillent au noir dans notre pays font perdre près de 10 milliards de francs par année aux assurances sociales et aux impôts.

S’il était aussi anodin qu’on a bien voulu le dire, ce rapport n’aurait pas déclenché un formidable flot de jérémiades de la part du puissant lobby de l’asile prompt à dénoncer, dans les tribunes qui lui sont ouvertes en permanence (presse écrite et radio TV), un «tour de vis» en la matière.

Un tour de vis? Mais on espère bien! Et une bonne partie de la population le souhaite, qui en a marre de l’insécurité que suscite non seulement la criminalité imputable aux étrangers (55,3%), mais aussi le laxisme de nos autorités en matière d’application des lois en vigueur. Sous la pression des lobbies cités plus haut, les exécutifs cantonaux se défilent, prennent des poses humanitaires avantageuses et se moquent de la population — et du droit fédéral! Dans d’autres domaines, les beaux esprits de gauche et d’ailleurs sont davantage attachés au respect des lois.

Tout être sensé, au vu des chiffres avancés dans le rapport fédéral, ne peut qu’admettre qu’il y a quelque chose qui ne joue pas, que le droit d’asile est systématiquement détourné de ses objectifs initiaux. Malheureusement, l’approche exclusivement idéologique avec laquelle les milieux de l’asile abordent la question les conduit à nier l’évidence. Ce faisant, ils trahissent ceux qu’ils prétendent défendre, les vrais réfugiés dont la vie est réellement menacée.

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Commentaire de Claude Daenzer le 20 juillet 2004 à 4:48

Migration illégale
 
” Nos détenus étrangers commettent des délits comme tout le monde ” Catherine Martin dans Le Matin(18.07.04 ).
Mme Martin a-t-elle reçu l’autorisation, en tant que fonctionnaire, de donner son avis sur un problème qui n’est pas de sa compétence ? Est-elle en droit et en situation de considérer un délit comme un acte qui relève du quotidien ?
Est-elle chargée du ” service après-vente ” des EPO ?

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