Comme c’est pénible, chaque matin au saut du lit, de subir le catéchisme gauchiste des chroniqueurs de La Première !
Comme les journalistes de «notre radio» sont désormais relégués à des tâches subalternes – ils ne sont plus assez tendance sans doute –, on les a remplacés à l’antenne par des «chroniqueurs» extérieurs, choisis selon des critères inconnus mais manifestement précis: entre les positions politiquement correctes à mourir d’une Anne Bisang, et le gauchisme poisseux de démagogie d’André Langaney, les petits matins d’automne sont particulièrement blêmes.
Et comme si cela ne suffisait pas, on nous ressert les mêmes le soir à Forums – sans doute pour être bien sûr que cet imbécile d’auditeur a compris le message, que le libéralisme et le capitalisme ont fait la cupesse et que demain, tout sera changé, beau, «citoyen» et solidaire. Car évidemment, la crise financière les propulse dans une jubilation orgasmique, et voilà qu’ils rêvent déjà au Grand Soir: on va pendre Ospel par les pieds, payer les banquiers au lance-pierre, et instituer un contrôle populaire sur les banques!
Tout cela est terriblement dérisoire, mais très agaçant aussi. D’abord parce que l’auditeur mérite mieux que ces coups de gueule sommaires, qu’il subit déjà à longueur de journée au bistro, dans le tram et à l’atelier – oui, c’est du même niveau. Ensuite parce qu’une crise économique majeure, comme celle que nous vivons, mériterait un traitement vraiment plus professionnel de la part du service public.
En particulier, ce n’est pas en ouvrant le micro à des idéologues de tout poil qu’on éclaire le citoyen, mais en expliquant ce monde compliqué qu’est la finance à des gens qui n’en sont pas familiers, mais qui vont subir de plein fouet les effets de la crise: il n’y a pas de quoi faire de la radio bling-bling. Mais certes, expliquer, ce n’est pas très «fun». Voilà pourquoi on préfère laisser pérorer les manipulateurs, quitte à exciter les plus bas sentiments dans la population, qui étale ses récriminations en d’innombrables micro-trottoirs – la boucle est bouclée. Le fait que la presse dite populaire fasse exactement la même chose n’est bien entendu pas une excuse, mais au contraire une circonstance aggravante pour le service public: lui n’a pas besoin de racoler dans les abris-bus et les cours d’école, il est grassement payé par nous.
Quitte à mettre ses meilleurs journalistes au chômage technique, que La Première manifeste au moins un semblant d’équilibre dans le choix des chroniqueurs, si vraiment elle persiste à se délester de sa mission sur des intervenants extérieurs.
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
N’écoutez plus
Faites comme moi: passez sur une chaîne musicale; ça nous épargne leurs épanchements de liquides céphalo-rachidiens usés et ça nous repose le coeur et l’esprit!
On dirait du Rembarre
A vous lire je me croirais revenu dans les années 70 au temps d’André Luisier ou de Rembarre (un brave prêtre d’Orsières je crois) dans le Nouvelliste. Du même niveau que leurs attaques contre la télé romande, notamment Temps Présent et ses excellents journalistes comme Dumur et Torracinta.
Si vous partez de l’idée que “les gauchistes” ne disent que des inepties vous reproduisez en négatif leur pire fonctionnement sectaire.
Certes, les micros-trottoir et les commentaires “politiquement corrects” des matins de la Radio romande m’atterrent, mais à cause de leur indigence intellectuelle plutôt que de leur tendance politique.
Un bon contre-exemple de lundi à jeudi à 6h50 sur France-Inter: la chronique “l’autre économie” du professeur d’économie Bernard Maris, auteur d’un excellent “antimanuel d’économie” et d’autres ouvrages de vulgarisation économique sérieux.
De l’abstraction sélective et de la mauvaise foi
Vos a priori relèvent en tout cas de l’abstraction sélective (se concentrer sur un détail au lieu de prendre en compte l’ensemble), voire de la mauvaise foi. En effet, vous affirmez que les chroniqueurs de La Première sont essentiellement des gauchistes alors que je tombe régulièrement sur des libéraux “pur sucre”. Qui oserait prétendre que les voix, devenues familières à force de les entendre sur La Première, de Charles Poncet, Claude Frey et autre Stephane Garelli sont celles de gauchistes?
Il en est de même de l’intervention de M. Nydegger en réaction à votre article sur les journaux gratuits. Ce dernier s’en est effectivement pris au journal Le Temps, l’accusant d’être unilatéral dans sa couverture des élections américaines, soit de ne mettre en avant que les avis des pro-Obama. Le lendemain même de la mise en ligne du délire de M. Nydegger, Le Temps offrait une pleine page à un républicain convaincu qui nous expliquait les raisons de son choix !!!! Cette opération du journal romand s’est d’ailleurs répétée quelques jours plus tard …..
Moralité : la plupart des gens ne voient et n’entendent que ce qu’ils désirent et ce qui confirme leur opinion. L’objectivité aurait-elle disparu ?
Changer de chaîne radio
Comme M. Nüssli, il y a longtemps que je n’écoute plus cette radio si ce n’est le titre des infos à une certaine heure, pour être sûre que le ciel ne nous est pas tombé sur la tête à mon insu et, quand je le peux “aqua concert”…
Un regard lucide
C’est un regard particulièrement lucide que pose Philippe Barraud sur la Première.
Et comme il a raison…
Sous prétexte de donner la parole à des leaders d’opinion, on permet à n’importe qui de dire n’importe quoi. Mme Bisang a certainement un avis éclairé dans le domaine de la culture (j’ose l’espérer à tout le moins) mais bon Dieu pour quelle raison se croit-on obligé de lui demander son avis sur la crise…
Cette vision unilatérale des choses s’est propagée dans nombres d’émissions de la Radio publique. Un exemple: un récent reportage diffusé l’après-midi sur un journaliste colombien soi-disant persécuté par son gouvernement donnait la parole exclusivement au-dit journaliste. La déontologie ne demande-t-elle pas de donner la parole à des officiels colombiens pour écouter leur avis?
Connaissant ce pays pour y avoir séjourné plusieurs fois, je peux vous assurer que la vision manichéenne de ce reportage ne reflète pas du tout une réalité plus complexe. D’un journaliste, on est en droit d’attendre un traitement plus professionnel du sujet.
Et le sermon écolo-tiers-mondiste du samedi matin ?
Et que dire du sermon écolo-tiers-mondiste du samedi matin que nous réserve l’émission “Atlas” ? A part nous abrutir les oreilles à cadence hebdomadaire sur le réchauffement climatique (c’est vrai qu’il a fait horriblement chaud ces derniers jours en Suisse, pour fin octobre c’est inquiétant !), voilà encore une émission qui peine à donner la parole à celles et ceux qui ne se situent pas à gauche du parti socialiste.
Bon, il faut rester positif, cette émission a le grand mérite de ne pas traiter les sujets purement économiques, ce qui nous laisse quelques minutes de répit dans le matraquage systématique des Levrat & Berset, frères siamois partis en croisade contre les sales riches déchus (mais qui paieront dorénavant beaucoup moins d’impôt pour la survie du peuple de gauche).
J’ai aussi le sentiment que nos pseudos journalistes, tous médias confondus, sont en train de développer “la pensée unique” et plutôt gauchisante. Il est de bon ton de culpabiliser notre suissitude, de dénigrer la clope et la bagnole(pourtant toutes deux en vente libre), de casser du flic plutôt que du dealer! Le laxisme semble être chez eux le maître mot car il est plus facile d’être cool que d’avoir des principes. Heureusement de temps à autres il y a des hommes comme Me Marc Bonnant ou Jean Romain qui sont capables de montrer avec brio que l’on peut encore penser et parler librement !