Un reportage saisissant de 24 Heures en Gruyère révèle la destruction incroyablement rapide des forêts, du fait que faute d’argent, on a abandonné la lutte contre le bostryche, en pleine sécheresse de 2003. Les cantons dans tout ça? Inexistants!
L’excellent article de notre confrère Laurent Aubert apportait la réponse à la question que nous nous posions trois jours plus tôt, dans la région du Jaun, côté bernois: des pans entiers de forêts d’épiceas, autrefois si verts, ont viré au gris, et ces plaques, laides et inquiétantes, s’étendent à une vitesse fulgurante.
Ce véritable désastre silencieux, qui ravage des siècles de travail sylvicole, serait la conséquence de la nouvelle Politique forestière suisse. Mais à entendre les forestiers interviewés par le journal, c’est plutôt les cantons qu’il faut montrer du doigt.
Car comme toujours, lorsqu’ils négligent leurs devoirs (et l’entretien d’un patrimoine vital est un devoir), nos élus cantonaux invoquent les coupures de crédits de la Confédération. «C’est pas nous, c’est eux!» Attitude à la fois infantile et indigne, mais devenue hélas monnaie courante parce que les cantons, qui se disent souverains dans les discours de cantine, ne sont plus que des sortes de préfets du Conseil fédéral, qui font ce que Berne dit, un point c’est tout.
Le fédéralisme tel qu’il est pratiqué aujourd’hui devient une coquille vide. C’est un fédéralisme d’exécution, qui reçoit ses ordres et ses moyens financiers d’ailleurs. Dans cette optique, la notion d’Etat ne fait plus sens, avec tout ce que cela suppose de spécificités propres, de quant-à-soi, de conscience du pouvoir, voire d’une certaine fierté «nationale», si on ose ce terme brûlant.
Nos Conseillers d’Etat sont des sortes de préfets de Corse, qui n’ont même plus l’idée de penser que la disparition des forêts de leur canton, avec tous les frais que cela impliquera plus tard, pourrait les concerner.
Le patrimoine forestier, le maintien de la forêt protectrice sont des biens qui méritent une politique prioritaire de la part des cantons, quels que soient les caprices d’une Confédération toujours plus inconstante. Et si Berne ne veut plus donner d’argent, et si elle ne veut plus assumer ses responsabilités, alors qu’elle les restitue aux cantons, et que ceux-ci se mobilisent pour suppléer à cette démission.
Car lorsqu’il s’agira de rendre des comptes devant nos paysages érodés, il ne suffira pas de dire: «C’est la faute à Berne.»
Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges.
Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le montre cette vidéo effarante, on se dit que la vignette à 50 francs a du bon !
Pour les épargnants européens, le moment est peut-être venu de vider leur compte-épargne, d’acheter une maison, un cheval, ou de prendre une retraite largement anticipée. Bref, mieux vaut tout dépenser avant la Grande Confiscation. Selon le patron d’UniCredit, l’une des grandes banques italiennes, cité par Le Temps, il est “acceptable de confisquer les comptes d’épargne pour sauver les banques pour autant qu’il s’agisse d’une solution européenne commune.”
Quand on vous disait que le précédent de Chypre allait faire des petits! Les Suisses sont-ils à l’abri? Bien sûr que non, puisque notre gouvernement veut tout faire comme les Européens.
Cantons-Confédération, même combat!
Cette situation navrante est en effet à combattre d’urgence, et je suis convaincu qu’il y a déjà des communes dont la survie dépend de la forêt au.dessus d’elles (p. ex. Liddes, Andermatt..) qui prennent déjà le bostryche par les cornes…
Certes, l’effet de la sécheresse 2003, exceptionnelle, est probablement très important, mais rien ne nous dit que ce sera la dernière.
L’Etat a bien plus de sous (sa part au PNB a plus que doublé en 50 ans) qu’avant, mais on en fait apparemment moins avec…
Ce n’est peut-être pas une question de répartition entre Confédération – cantons – communes mais plutôt l’effet de la dégradation incroyable de la proportion entre administrateurs-décideurs et exécutants, au détriment des seconds évidemment. On devrait un jour rechercher scientifiquement comment, malgré les améliorations fabuleuses de productivité (motorisation, informatique, communications…) les prestations de l’Etat par employé ne croissent pas, ou même semblent diminuer.
Je crois que le gros potentiel d’économies est dans une meilleure proportion décideurs – exécutants, et cela pourrait même se faire en améliorant la condition des exécutants.
Et ce n’est pas qu’à l’Etat, mais parfois aussi dans le privé.
Si quelqu’un a envie de fouiller dans ce but 50 ans d’archives, de budgets et autres, je suis prêt à aider un petit peu…
Abolissons l’impôt fédéral direct
Votre article et son développement constituent un argument supplémentaire en faveur de la suppression de l’impôt fédéral direct.
En diminuant la manne fiscale de la Confédération tout en augmentant d’autant celle des cantons, on donnerait à ceux-ci la possibilité de gouverner un peu plus librement et de ne plus devenir ces “préfets corses” que vous évoquez.