ico Suisse Charles Beer et les Ouménés de Bonnada

21 septembre 2005 | Catégorie: suisse

« Les Ouménés de Bonnada ont pour désagréables voisins les Nippos de Pommédé. Les Nibbonis de Bonnaris s’entendent soit avec les Nippos de Pommédé, soit avec les Rijabons de Carabule pour amorcer une menace contre les Ouménés de Bonnada après naturellement s’être alliés avec les Bitules de Rotrarque, ou après avoir momentanément, par engagements secrets, neutralisé les Rijobettes de Biliguettes qui sont situés sur le flanc des Kolvites de Beulet qui couvrent le pays des Ouménés de Bonnada et la partie nord-ouest du territoire des Nippos de Pommédé au-delà des Prochus d’Osteboule.
La situation naturellement ne se présente pas toujours d’une façon aussi simple : car les Ouménés de Bonnada sont traversés eux-mêmes par quatre courants, ceux des Dohommédés de Bonnada, des Odobommédés de Bonnada, des Orodommédés de Bonnada, et enfin des Dovobodémonnédés de Bonnada […] ». Tel est le mémorable début de l’écrit de Henri Michaux, intitulé « Soyons enfin clairs ».
Enfin claire ! C’est un peu ce qu’on attend de l’école primaire genevoise aujourd’hui. Or la lecture du règlement édicté par Charles Beer pour tenter de faire pièce à l’initiative de l’Arle, nous plonge dans la plus totale confusion, à côté de laquelle ce texte de Michaux est de la roupie de sansonnet. Avec ce nouveau règlement, les fausses notes, inventées pour l’occasion parce qu’on ne veut pas de sales notes, claires et distinctes, que chacun connaît, sont en fait la traduction aléatoire des appréciations sur la progression de l’élève. On met des appréciations sur les progrès mais on donne aux parents des notes pour qu’ils comprennent mieux !
Les moyennes sont supprimées et les tests ne sont pas notés, ou alors ils peuvent l’être provisoirement, à bien plaire, dans certaines écoles. En effet, considérant que certaines écoles ont maintenu les notes jusqu’en juin dernier, Charles Beer a fait une concession de dernière minute: il laisse la liberté de mettre ou non des notes sur tous les travaux, à côté des appréciations sur la progression de l’élève. Cela signifie qu’il y aura toujours des écoles qui évalueront grâce à des notes d’après un nombre de points et un barème précis, et d’autres écoles qui ne mettront jamais de notes. En revanche, les épreuves cantonales, elles, ne sont pas notées puisque les programmes sont bisannuels. La certification des acquis n’est pas établie à chaque test, ni chaque trimestre ni même chaque année comme on pourrait le penser, mais une fois tous les deux ans. Originellement, il s’agissait de cycles de quatre années, cependant les signatures de l’Arle ont fait reculer les pédagogistes, et l’ineptie a été réduite à deux ans, sans être supprimée.
Bref, ce qui est clair pour tous est l’initiative de l’Arle, tranchante et pleine de bon sens : des notes certificatives et des cycles annuels.

* * * * ½ 144 votes




Commentaire de Pascal Perret le 21 septembre 2005 à 4:59

Tests d’aptitude pour apprentis
 
Et c’est grâce à ce genre de décision courageuse que les ex-écoliers, pourtant au bénéfice d’un diplôle officiel, doivent passer un test d’aptitude avant d’être engagés comme apprentis dans certaines grandes entreprises…

En effet, on n’accorde plus aucun crédit à l’école “officielle” !

*
*


* Ces champs sont obligatoires ! Veuillez entrer votre nom complet, les commentaires ayant un pseudonymes ne seront pas pris en considération.