ico Suisse «Riz au pesticide»: merci le Cassis de Dijon !

12 décembre 2011 | Catégorie: suisse

YVES PELLAUX*

Migros a récemment commercialisé et vendu 26 tonnes de riz provenant d’Uruguay, présentant une teneur en pesticide dépassant les normes suisses. Le tébuconazole, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un produit phytosanitaire catalogué comme nocif, dangereux pour l’environnement, en particulier pour le milieu aquatique, sensibilisant, mutagène, cancérogène et reprotoxique.
Comment le distributeur «triple M» s’y est-il pris pour réaliser ce tour de force, alors que ses 26 tonnes de riz auraient dû être renvoyées au producteur ou détruites? Invoquant le principe du Cassis de Dijon, Migros a demandé à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) l’autorisation de les mettre en vente. Comme ledit principe a force de loi dans son application, l’OFSP a donné son blanc-seing, considérant que la dose de pesticide ne dépassait pas la limite admise en Europe (2 mg, alors que la tolérance suisse est de 0,05 mg).
Le cas de ce «riz au pesticide» est plus pernicieux qu’il n’y paraît. Auprès de l’OFSP, Migros n’a pas manqué de relever le caractère spécial et unique de sa démarche. Or, dès que l’OFSP a autorisé une fois la commercialisation d’un produit conforme aux limites maximales admises dans l’UE, sa décision se mue en autorisation de portée générale. C’est désormais la norme de l’UE qui s’appliquera en Suisse, au mépris de notre législation, du travail des parlementaires, des commissions, des associations et des spécialistes qui y ont œuvré, et, en définitive, de nos institutions.
Prométerre a été la première à s’élever contre l’introduction du Cassis de Dijon et milite aujourd’hui pour que les denrées alimentaires soient exclues de son cadre d’application. Ses arguments se vérifient totalement dans ce cas de «riz au pesticide» et à la lumière des autorisations délivrées par l’OFSP. Elles induisent en effet:
– un appauvrissement de la qualité du produit, désormais acquis par des «autorisations de portée générale», assimilables à une forme de jurisprudence;
– une information lacunaire à l’endroit des consommateurs (les acheteurs du «riz au pesticide» n’ont pas été informés par Migros de sa teneur excessive en tébuconazole);
– une concurrence déloyale pour les producteurs suisses;
– une menace accrue pour la santé de la population (on n’a jamais vu un médecin prescrire la consommation de pesticides).
Pour stopper cette politique du fait accompli, il est impératif de sortir les denrées alimentaires du principe du Cassis de Dijon, comme le réclame l’initiative parlementaire de Jacques Bourgeois. Cela évitera que de grands distributeurs comme Migros se retrouvent subitement avec 26 tonnes de riz impropre à la consommation sur les bras, et que l’OFSP, confronté à une situation d’urgence, baisse facilement la garde au mépris de sa mission première: veiller sur la santé publique.

* Président de Prométerre. Article paru dans 24 Heures du 12 décembre 2011

* * * *   45 votes




Commentaire de Heidi Staub le 12 décembre 2011 à 21:38

Un site incontournable qui défend la santé et dit la Vérité. En réalité, on vit mieux sans chimie, avec une bonne nourriture et les OGM ne vont pas arranger le schmilblick. Les médicaments servent à soulager, à sauver souvent. mais ne guérissent pas.

http://lesmoutonsenrages.fr

Commentaire de Sabine Muller le 12 décembre 2011 à 22:09

Rien sur l’immigration, pa un mot sur l’Islam, encore moins sur la gauche… Décidemment, un article qui ne mérite pas de commentaire de la part des lecteurs/suiveurs assidus de ce site.

*
*


* Ces champs sont obligatoires ! Veuillez entrer votre nom complet, les commentaires ayant un pseudonymes ne seront pas pris en considération.