Surprise: le directeur de l’information de la RTS, la radio-télévision fusionnée, est déjà connu. On aurait pu imaginer que le poste serait mis au concours, mais les choses ne se passent pas ainsi dans la république autonome de la SSR.
A vrai dire, les postes étaient repourvus avant même que la décision de fusionner la RSR et la TSR ne fût formellement prise – sans considération aucune pour les réserves de la société civile, faut-il le dire. C’est ainsi que, tout naturellement, celui qui a voulu et mis en place cette fusion, Gilles Marchand, en devient le patron, sans même que la question d’une mise au concours ne se pose un seul instant: le poste est son bien personnel, du sur mesure, pas touche. C’est ainsi aussi que Patrick Nussbaum, actuel rédacteur en chef de La Première, devient tout naturellement direction de l’information de la RTS.
On ne connaît pas encore officiellement le nom des deux futurs rédacteurs en chefs, mais toute surprise est exclue puisque tout est verrouillé d’avance. A vrai dire, tout indique que le nouvel organigramme comportait déjà les noms des titulaires, jusqu’au nettoyeur-remplaçant de la cafétéria, ce qui est assez spécial, quand on y pense. Cela signifie que cette institution de service public, financée par le contribuable, chapeautée par des instances politiques suffisamment bien payées pour être inopérantes, ne rend de comptes à personne, mais s’organise selon son bon plaisir, ou plus exactement au gré des ambitions de ceux qui ont su écraser les autres.
On ne veut pas faire de procès d’intentions à M. Nussbaum, mais on se demande bien à quoi il va servir. Pourquoi, en effet, nommer un directeur de l’information qui coûte cher, alors qu’il y a déjà deux rédacteurs en chef ? De deux choses l’une: ou bien il s’agit d’un placard doré comme il y en a tant à la SSR (on a les moyens), et dans cette hypothèse M. Nussbaum se contente de faire des séances où on tient des paroles verbales – bref, son job ne sert à rien; ou bien on place en dessous de lui des rédacteurs en chef-lavettes, qui ne prendront jamais de décisions sans l’autorisation du chef, et dans ce cas, M. Nussbaum sera le commissaire politique de la RTS. Ce qui n’est pas pour nous rassurer, car dans le genre politiquement correct, il risque bien d’imposer une uniformité d’alignement bien-pensant dans les deux médias.
En clair, la RTS a raté une belle occasion d’apporter de l’oxygène et du sang neuf parmi ses cadres et ses acteurs. C’est dommage, car ce sont eux qui définiront les nouvelles chaînes, pas les structures.
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
A quand la grève des taxes Bilag?
A quand le grand nettoyage des écuries ?
Nussbaum:grand chef de la désinformation et sa valetaille dehors!!!
[...] This post was mentioned on Twitter by Romanding, Un swissroll. Un swissroll said: RTS: le soviet suprême est déjà en place http://ff.im/-cnfDp [...]
Il est depuis longtemps acquis que la direction de la RSR est composée d’incapables grassements payés, la politique des “petits copains” faisant le lit de la médiocrité, celà se répercute sur la qualité des programmes. En effet, que penser d’un directeur qui préfère virer un homme mettant en évidence un gros problème de comportement plutôt que de s’attaquer au dit problème? Pire, il se pare du drap de Justicier en établissant lui-même un trio de “juges”, dont un issu de la même veine, afin de blanchir un homme qui sera reconnu plus tard coupable?
La place et le temps me manquent ici pour développer, simplement, il y a beaucoup à faire, à commencer par certains animateurs qui feraient mieux de prendre leur retraite, payée par des auditeurs qui, eux, ne sont pas écoutés.
Vous avez dit les petits copains?