ico Société Philippe Barraud publie deux livres sur les extraterrestres

14 juin 2011 | Catégorie: société

ALINE CARRUPT*

Sommes-nous seuls dans l’univers? Depuis des millénaires, prêtres, philosophes et scientifiques se posent la question. Le journaliste Philippe Barraud apporte sa pierre à l’édifice. Un essai et un roman** pour un voyage sidérant dans l’immensité de l’espace, avec une halte dans le val d’Hérens et le val d’Anniviers. Prêts pour le décollage?
ll aurait pu rester sur les sentiers battus valaisans, Philippe Barraud. Mais non, il a fallu que cet amateur astronome éclairé rejoigne le club des Galilée, Démocrite et Epicure. Autant de savants qui se sont avancés sur le terrain glissant du débat extraterrestre, au risque de passer eux-mêmes pour de petits bonshommes verts. C’est qu’elles sont nombreuses, les idées reçues sur l’exobiologie, la quête d’intelligences venues d’ailleurs. Imaginés sous toutes les formes, des plus sympathiques aux plus effrayantes dans la littérature et au cinéma, les extraterrestres ne se sont toujours pas manifestés. Et jusqu’en 1995, c’est encore la théorie d’Aristote qui prévalait. Une théorie qui réfutait l’existence d’autres mondes dans l’infinité du cosmos. Et qui s’est révélée tout à fait fausse lorsque les Suisses Michel Mayor et Didier Quéloz ont découvert la première exoplanète. Définition, une planète qui tourne autour d’un autre soleil que le nôtre.
La preuve d’une vie extraterrestre? «Parmi les milliards d’étoiles qui nous entourent», explique Philippe Barraud, «il est absurde de penser que seule la Terre puisse accueillir la vie». Un raisonnement incontestable qu’il transpose dans Les sphères silencieuses, un court roman où il raconte la découverte d’un mystérieux matériau dans le vallon de Réchy. Si vous pensez au sabre laser d’un Jedi ou à la panne d’essence d’une machine à remonter le temps, vous êtes bien loin du compte. Philippe Barraud a certes la tête dans les étoiles mais ses pieds sont bien sur terre. Un vrai scientifique. Qui défend avec véhémence une science-fiction dure, dans laquelle aucune technologie décrite ne peut être en contradiction avec les connaissances actuelles sur le sujet. «Oui, j’ai poussé les lois de la physique à l’extrême mais toutes les hypothèses développées sont plausibles», affirme l’auteur, revendiquant toutefois le droit au rêve et à l’imagination. Un droit qu’il écarte dans son essai «Comment se comporter face aux extraterrestres?», dans lequel il fait le tour de cette épineuse question. Des théories fumeuses aux années-lumière, tout y est disséqué de façon scientifique. Un ouvrage passionnant, très bien documenté mais d’une surprenante simplicité, qui permet de mieux se situer dans l’univers. Et de tordre le coup à un paradoxe largement répandu. Si les extraterrestres existent, nous devrions les voir. Or nous ne les voyons pas, d’où la conclusion qu’ils n’existent pas.
«C’est comme si nous regardions par le trou d’une serrure. Ce n’est pas parce que nous ne voyons rien qu’il n’y a rien»
, lance Philippe Barraud. «Nous commençons seulement à entrevoir ce qu’il y a de l’autre côté de la porte.» C’est peu dire qu’il regrette l’arrêt du programme SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), lancé dans les années soixante aux Etats-Unis pour tenter de détecter des signaux venus d’ailleurs. Et mis en hibernation le 22 avril dernier, par manque de moyens financiers. «C’est une immense frustration que de devoir s’arrêter si tôt.» Imaginez: si nous étions le 31 décembre à minuit et que le Big Bang ait eu lieu il y a précisément un an, jour pour jour, heure pour heure. Sur le calendrier cosmique, le soleil serait apparu le 14 septembre, l’homo-sapiens serait né le 31 décembre à 22 h 30. Quant à la recherche d’une vie extraterrestre, elle aurait débuté il n’y a même pas une seconde. A peine un claquement de doigt. Alors que le téléphone a peut-être sonné il y a 10 minutes, 10 jours ou 10 ans. Et que nous n’étions pas en mesure d’y répondre.
Et si les extraterrestres nous trouvaient avant qu’on les trouve? «C’est possible qu’ils soient là et que nous ne les voyions pas», avance Philippe Barraud. «Ils pourraient prendre une forme totalement inconnue.» Une question se pose pour cet esprit purement rationnel. Pourquoi entreprendrait-on un tel voyage à travers l’univers? Pour porter la bonne parole à des Terriens? Le journaliste en doute fort. «Il est clair que la civilisation capable d’arriver ici aurait une avance technologique de milliers ou de millions d’années. S’ils viennent, ils auront une bonne raison. Et ma foi, il y a peu de chances que leurs intentions soient bienveillantes.»
D’ici là, Philippe Barraud continuera de courir les montagnes valaisannes. Sûrement pour y voir les étoiles d’un peu plus près.

* Le Nouvelliste

** Les sphères silencieuses. Roman. Editions de L’Aire.
Comment se comporter face aux extraterrestres? Essai. Editions Georg.

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Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 14 juin 2011 à 23:49

Edgar Mitchell, Dr du MIT, 6ème homme à marcher sur la lune :
http://www.youtube.com/watch?v=UBWDDuAkLec

Commentaire de Christophe Schälchli le 15 juin 2011 à 8:36

M. Barraud, vous avez un esprit scientifique et vous revendiquez le droit au rêve. Génial ! Je me retrouve totalement dans cette définition. Alors oui, d’accord avec vous pour dire que la vie extraterrestre est possible ! Voire probable, vu la grandeur infinie de l’univers…

Par contre – sans vouloir être rabat-joie – je pense qu’il est tout à fait improbable que nous ayons l’occasion de la connaître un jour.

D’une part, parce que rien ne nous dit qu’elle est aussi «évoluée» que nous (peut-être est-elle simplement végétale ou bactérienne). Dans cette hypothèse, nous seuls pourrions théoriquement la découvrir. Or, pour l’instant, nous n’avons pas la possibilité technique de traverser simplement trois galaxies.

D’autre part, parce que même hyper évoluée («des millions d’années d’avance technologique»), cette vie ne pourrait se soustraire aux limites physiques de la matière (impossibilité, par exemple, de s’approcher de la vitesse de la lumière). Du coup, ces extraterrestres devraient compter des dizaines voire des centaines d’années de voyage intergalactique avant de venir nous importuner à Plan-les-Ouates ou aux Ponts-de-Martel.

Si l’on admet que les extraterrestres sont soumis au vieillissement cellulaire, il y a donc peu de chances (de risques ?) qu’ils se lancent dans un tel voyage. S’ils ne sont pas soumis au vieillissement, c’est qu’ils sont constitués d’un type de «cellules» que nous ne connaissons pas; c’est qu’ils sont TOTALEMENT différents et ne répondent pas aux lois de la chimie organique (dite du carbone). Dans ce cas, il y a peu de risques qu’ils s’intéressent aux ressource et aux conditions de vie que propose notre planète (eau, atmosphère, climat, …).

C’est pourquoi j’estime que les scientifiques devraient se consacrer à d’autres domaines. Au hasard et entre bien d’autres: le stockage de l’énergie électrique…

M’enfin, avant de déposer un commentaire, j’aurais peut-être dû lire votre essai; ce que je compte faire prochainement :-).

Commentaire de Bernard Stalder le 16 juin 2011 à 18:47

Pauvre Aristote! La science moderne n’a jamais supporté son finalisme, lui opposant le mécanisme des Galilée, Démocrite, Epicure, Darwin…
Qu’on lui permette de défendre son argumentation, livre II, chapitre VIII de la Physique http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/phys28.htm
sans oublier, en passant, sa magnifique analyse des rapports entre les mathématiques et la physique
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/phys22.htm

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