ico Société Médias: la sortie de crise a commencé

1 août 2017 | Catégorie: société

PHILIPPE BARRAUD

La crise que traversent les médias est profonde. Mais elle peut être salutaire à terme, pour peu que les journalistes sortent de la neurasthénie dans laquelle les ont jetés aussi bien les violentes critiques liées à la montée des populismes, que la concurrence des réseaux sociaux. La société réalisera assez vite que l’information assurée par des professionnels est plus nécessaire que la propagande et la désinformation.

Au reste, les chiffres nous donnent raison: aux Etats-Unis, les grands médias nationaux connus pour leur professionnalisme, comme le New York Times et le Washington Post, ont gagné des centaines de milliers d’abonnés à leurs différentes éditions, numériques et imprimées. En Europe, des journaux en ligne comme Mediapart gagnent leur vie, échappant ainsi à l’emprise de la tyrannie publicitaire et des grands groupes financiers qui, dans le monde entier comme en Suisse, ont contribué à l’affaiblissement du métier de journaliste et à la disparition de nombreux titres – mais il faudrait sans doute parler de produits…

Aujourd’hui, les médias entament lentement une remontée, mais tout reste à faire. Et si les vocations de journalistes continuent, envers et contre tout, à fleurir, les débouchés sont rares ou sans intérêt, entre médias en crise financière et presse gratuite de bas-de-gamme. En somme, l’information crédible est à réinventer, dans un univers pollué par la propagande et la désinformation paranoïaque, et c’est une excellente chose, un bon test de motivation pour les plus obstinés.

Malgré tous les obstacles, des médias de qualité ne peuvent qu’émerger, parce qu’en démocratie, on ne peut pas se contenter des fausses informations conçues dans d’obscures officines de désinformation, ou de sites obsessionnels a priori dépourvus de crédibilité. La presse exigeante renaît, qui apportera aux citoyens soucieux l’information crédible dont ils ont besoin, et pour laquelle ils n’hésiteront pas à ouvrir leur porte-monnaie.

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Commentaire de Patrick Gianini le 1 août 2017 à 15:33

“La presse exigeante renaît, qui apportera aux citoyens soucieux l’information crédible dont ils ont besoin, et pour laquelle ils n’hésiteront pas à ouvrir leur porte-monnaie.”

Comme Le Monde (inventeur du Decodex qui traque les fakes news) ou Marianne, pris tous deux en flagrant délit de publication de…..fakes news !
Hélas M.Barraud, la presse dont vous rêvez n’existe plus (pas ?) et alimentera encore – pour le bien et pour le pire – les sites de réinformation.
Il vaut la peine d’écouter cette interview d’un chroniqueur canadien qui démontre comment ces journaux français pratiquent – cette-fois seulement, il est permis d’en douter – ce qu’ils condamnent avec la plus grande sévérité chez d’autres.
P.Gianini
https://eurocalifat.wordpress.com/2017/08/01/excision-fake-news-martineau-repond-au-monde/

Commentaire de Xavier Gruffat le 1 août 2017 à 15:47

C’est peut-être vrai pour les Etats-Unis et ses 330 millions d’habitants (sans compter que des gens d’autres pays lisent des news US), voire la France et ses 67 millions d’habitants. Pour la Suisse romande et ses 2 millions d’habitants (1,5 millions d’habitants sans les étrangers peu intéressés par les news locales) je ne vois pas comment c’est viable, à part à perte comme ce site qui vit de dons et de la passion de son auteur. Parlant de “fake news” elles apparaissent aussi sur la RTS, exemple une émission radio de juillet sur “Médialogue” affirmant qu’il y a plus d’évangéliques (ils disent à tort évangélistes) que de catholiques au Brésil. “Fake news” vu que c’est le contraire (sources comme The Pew ou Folha), l’arroseur arrosé… Il manque sur le site rts.ch une page Erratum pour corriger toutes les fautes dites par les journalistes et surtout les personnes interviewées sur “Forum” par exemple. D’ailleurs la radio alémanique travaille de façon très différente avec très peu de direct pour justement et probablement éviter les fautes, ex. “Echo der Zeit”.
Ps. Dommage et peut-être par provocation que M. Barraud cite toujours le New York Times et le Washington Post et jamais le plus grand journal conservateur au monde, bien sûr le Wall Street Journal.

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