PHILIPPE BARRAUD
Dans un monde en perte de repères, les Réformés ont quelque chose à dire. Encore faut-il qu’ils retrouvent la fierté de s’affirmer, et de ne pas céder sur l’essentiel: tout n’est pas égal à tout. Tel est le message des pasteurs Eric Fuchs et Pierre Glardon, dans un formidable livre de combat*.
Savez-vous ce qu’est l’acédie ? Cette disposition se caractérise par la paresse spirituelle, le renoncement à un minimum d’ascèse, le refus de l’effort inscrit dans la durée, le consentement irréfléchi à l’activisme, l’éternel désir d’un ailleurs. L’acédie, c’est un mal qui ronge clairement l’Eglise réformée.
Comme celle-ci serait utile, pourtant, en ces temps d’acédie généralisée, pour apporter aux femmes et aux hommes de ce temps les réponses spirituelles qui leur font tant défaut – à leur insu souvent, d’ailleurs !
Le constat posé par les pasteurs et professeurs Eric Fuchs et Pierre Glardon, dans leur livre est impitoyable. Impitoyable, mais hélas juste. Voici quelques jalons posés par les deux auteurs.
L’Eglise réformée se demande désespérément pourquoi son message paraît de plus en plus récusé, pourquoi elle peine à ce point à séduire et à rassembler, pourquoi tant de fidèles ont déserté. Mais elle cherche les réponses ailleurs que là où il le faudrait, de peur peut-être de devoir se poser les vraies questions; bref, elle tourne autour du pot, et cherche des solutions auprès de spécialistes de la gestion RH ou de la communication, de juristes, de sondeurs d’opinion. Et les auteurs d’ironiser: «Puisqu’une église est un fournisseur de prestations, que peut-on faire pour améliorer le produit et, si l’on ose dire, sa «commercialisation»? Cette approche ne peut apporter aucune solution durable et sera, quoi que l’on pense, vouée à l’échec tant que l’on ne prendra pas la peine de s’interroger spirituellement.»
Le déni et le deuil
Pour Fuchs et Glardon, nos Eglises souffrent non seulement d’acédie, mais encore de déni et de deuil. Qu’entendent-ils par là? Le déni, c’est le refus de se confronter à une réalité pénible: «Nous pensons que (…) nos Eglises sont dans le déni lorsqu’elles refusent de prendre acte de la pauvreté, voire de l’insuffisance, d’un certain nombre de leurs prestations, dans les domaines prédicatifs, catéchétiques, formatifs, liturgiques, etc…»
C’est que les communautés et les pasteurs se dispersent et s’égarent dans des «activités» innombrables, jonglent avec l’agenda, délaissent la prière pour les plannings et les rapports… Surchargés et dépassés par la tâche, ils n’ont plus le temps de se nourrir spirituellement, de se remettre en question et d’évoluer.
Le deuil dont parlent les auteurs, et auquel sont confrontés les Protestants, c’est celui d’un passé réformé structuré, dont l’influence s’est aujourd’hui effondrée; c’est aussi le deuil d’une certaine crédibilité, qui débouche parfois sur une mésestime de soi; c’est enfin la perte d’une vie communautaire engageante, face à un avenir incertain.
A quoi sert une théologie post-libérale et agnostique ?
Les pasteurs Fuchs et Glardon sont particulièrement sévères à l’égard de la décision du professeur Pierre Gisel de couper la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne de ses racines chrétiennes – en quoi on est libre de voir une authentique trahison des clercs. En effet, depuis 2010, elle «n’est plus une Faculté organisée en fonction du christianisme». C’est une énormité, mais qui ne suscita guère de réactions dans la société vaudoise et au ministère des cultes – un accès d’acédie, sans doute… Analysant la démarche du doyen Gisel, le pasteur Shafique Keshafjee (cité par les auteurs), remarquait que la théologie de Gisel, «à la suite de Platon, est devenue philosophique et ne se veut plus chrétienne.» Or, une telle démarche ne peut que générer une perte d’identité, analysait-il: Si une théologie post-libérale et agnostique devait «sans autre être reproduite dans une Eglise (…), la perte de l’identité chrétienne de cette Eglise n’en serait qu’accélérée.»
Une des conséquences de la «déchristianisation» de la Faculté de théologie est une formation insuffisante des pasteurs, dont les diplômes pourraient n’être plus reconnus dans d’autres cantons. Et là, Fuchs et Glardon tirent le signal d’alarme, surtout lorsque une faculté accueille des gens qui visent à détruire l’institution: «Face à ce que nous considérons comme des dérives par rapport à la foi et à la théologie réformée, nous réagissons comme Luther, invoquons la clause de conscience: «Non possumus».Dans ce sens, si la Faculté – ou tel enseignant de la faculté – n’est plus en état d’apporter ni aide, ni exemple, ni lumières à un ministre en ces domaines, l’Eglise se doit d’autant plus de prendre le relais que la formation professionnelle de douze mois qu’elle dispense ne pèse pas lourd face aux cinq à six années passés sur les bancs de l’Académie.»
Oser s’affirmer, car tout n’est pas égal à tout
Pour Fuchs et Glardon, l’avenir des Réformés est dans un retour aux sources, aux valeurs spirituelles, à l’Evangile, et à l’affirmation de soi. «Après des années de silence et de tolérance molle, le temps est venu pour les réformés de s’interroger sur ce qu’ils défendent et ce dont ils se distancent désormais, sur les conférenciers qu’ils invitent, et sur ceux au services desquels il n’est plus nécessairement pertinent de recourir régulièrement pour contribuer à l’édification du peuple de l’Eglise. Sur les fondements qu’ils entendent se donner et ceux qu’ils récusent désormais. Le postmodernisme implique aussi – soyons cohérents – dans un monde à ce point multiculturel et multireligieux, la volonté, le droit et la capacité de s’affirmer face à d’autres, voire les contester si besoin est.»
Ce besoin d’affirmation de soi, qui n’est jamais que la manifestation courageuse d’une Foi, doit aussi se traduire dans les rapports à l’Autre, et aux autres religions. Les pasteurs Fuchs et Glardon osent le dire, et on les en remercie: «Le christianisme réformé de demain, s’il veut perdurer, ne peut ainsi que redevenir plus apologétique et plus polémique qu’il ne l’est aujourd’hui. Il est des compréhensions de la théologie, du pluralisme, du multitudinisme, de la déontologie et de l’éthique, voire de l’oeucuménisme, et du dialogue interreligieux auxquels il convient désormais de s’opposer en toute charité: tout n’est pas égal à tout.»
Les réformés, porteurs d’un message «spécifique et irremplaçable», selon André Gounelle, doivent absolument «retrouver une réelle fierté à le communiquer dans un monde en totale perte de repères. Ils peuvent parfaitement le faire, non de manière déguisée (en évoquant des «valeurs chrétiennes à portée universelle»), mais bien comme disciples de Jésus de Nazareth (reconnu comme Christ), et comme membres d’Eglises qui se savent responsables de partager – à temps et parfois à contretemps – une Parole interpellante de remise en cause et de libération face à toutes les idoles et à tous les asservissements du temps. Paroles débouchant immanquablement sur une éthique.»
Une immense soif de repères
Cette affirmation d’un «message spécifique et irremplaçable» est fondamentale en effet, puisque, comme le soulignent les pasteurs Fuchs et Glardon, notre société souffre d’une dramatique pertes de repères. Nous sommes dans une société «hyperpermissive, dont les modèles structurants (véhiculés par la télévision, les affiches et les magazines) ne sont plus de patriarches bibliques, des héros grecs ou des saint(e)s, mais des people, des traders, des actrices et acteurs de cinéma, des animateurs TV, des footballeurs, idoles d’un moment.»
L’absence de repères n’est pas une libération, car l’individu sans repères et sans valeurs est mûr pour toutes les manipulations. Beaucoup de nos contemporains souffrent profondément de cette perte de repères, preuve en soi l’engouement dont jouissent les mouvements évangéliques, qui précisément proposent des repères – ou le choix du Général Guisan comme Romand du XXe siècle.
C’est à cette soif de sens et de valeurs que les Eglises réformées doivent répondre. Certes, elles se préoccupent beaucoup de la faim dans le monde, et multiplient les oeuvres caritatives; mais la faim de spiritualité de nos concitoyens est au moins aussi dramatique que la pénurie alimentaire en Afrique, et demande des réponses fortes, qui hélas ne viennent pas.
* Editions Ouverture, 2011.
Prochain article: Mariage, homosexualité… L’Eglise a-t-elle trop concédé ?
Les nostalgiques du nucléaire avaient cru voir renaître l’espoir: selon la SonntagsZeitung, Mme Doris Leuthard envisagerait de retarder la fermeture de la centrale de Leibstadt. Or il apparaît que cette information était totalement fausse, une manipulation lancée par on ne sait qui (mais on devine!). Il va devenir de plus en plus difficile de trier le vrai du faux, puisque manifestement les journalistes, dont c’est le métier, ne le font plus.
Ajoutons qu’ils font des choix surprenants parfois: il y a quelques jours, le plus grand chantier jamais entrepris par l’humanité a commencé en Ukraine. Il s’agit d’un chantier colossal à 1,54 milliards d’euros, le nouveau sarcophage de la centrale de Tchernobyl, appelé “L’Arche de Tchernobyl” – on a les symboles qu’on peut. Or, les médias n’en ont parlé que du bout des lèvres, voire pas du tout. Etonnant,non? Commentaires.com y reviendra quand même…
J’aime beaucoup cette phrase de Joseph Conrad dans Victory – un auteur qu’il faut lire et relire absolument si on aime bourlinguer par l’imaginaire dans les ports du Sud-Est asiatique d’il y a cent ans: “L’Orchestre Zangiacomo ne jouait pas de la musique; il assassinait tout simplement le silence, avec une énergie vulgaire et féroce.”
Comme cela reste vrai! Un siècle plus tard, le silence est à l’agonie, et les Zangiacomo sévissent plus que jamais...
SCOOP
Quand on sait qu’à Sao Paulo (plus grande ville du Brésil où j’habite en partie avec Montreux) le 1er janvier de cette année et encore ce week-end une église évangélique la désormais célèbre Igreja Mundial do Poder de Deus (église mondiale du pouvoir de Dieu), avec son célèbre grand pasteur M. Vladimir (ami du gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, 40 millions de personnes) a réuni tenez-vous bien 140’000 (cent quarante mille) personnes dans son culte et que chaque dimanche il peut rassembler ce nombre de personnes, j’ai vu à la TV (car forcément cette église a probablement bientôt autant d’argent que l’Etat Suisse et donc a une TV 24h sur 24 plus rachète en prime time sur d’autres grandes chaînes de TV à environ 4 millions de francs suisses par mois un prime time sur une TV nationale) une marrée humaine. De très très loin la plus grande église au monde (on considérait la Lakewood Church au Texas mais avec seulement 20’000, pas 140’000). Sans compter qu’à Sao Paulo vous avez la plus grande église catholique au monde et d’autres mega-church évangéliques comme l’église universelle avec la puissante chaîne de TV Record (qu’on compte en Suisse sur Swisscom TV), là aussi ils vont reconstruire à Sao Paulo le célèbre temple de Salomon, place pour 10’000 personnes.
Tout cela pour montrer la puissance phénoménale qui fait presque peur de ces méga-churchs évangéliques, et au Nigéra il y en a aussi et bien sûr aux USA.
Moi je suis plus Calviniste, plus Protestant, car tout évangélique suisse comme moi est protestant en fait. Nous faisons dans le petit on dira.
Mais ces mega-church brésiliennes qui font les politiciens brésiliens et les défont sont tous néo-pentecotistes, donc la fameuse théorie de la prospérité, je voyais à la TV des Evangéliques membres de ces églises, ils gagnent 50’000 Reais par mois, soit presque 28’000 CHF, et il y en a des milliers (on estime que 20% des Brésiliens sont évangéliques selon des sources très sérieuses). Ces églises ont leur propre MBA si on veut, ils ont des cultes pour devenir son propre patron, pour devenir plus riche,… et parfois cela marche, cela génère une véritable cash-machine vu que chaque évangélique doit reverser 10% de son salaire, la superstar de football Neymar qui gagne plusieurs millions de francs suisses par mois est évangélique et reverse 10%, il devrait être transféré à Barcelone ou Real Madrid ces prochains mois.
Cette information est selon moi un SCOOP et je suis très surpris qu’aucun média (bien sûr Globo au Brésil en a parlé) n’ait relevé que les 2 plus grandes et de loin églises au monde (catholique et évangélique) sont à Sao Paulo avec plus de 100’000 places.
J’ai l’impression qu’on parle beaucoup des USA et trop peu du Brésil (pourtant 200 millions d’habitants). Pour moi c’est une info et je vous la communique. Cela questionne aussi justement le protestantisme classique qui ne fait pas de miracle visibles en tout cas, qui ne promet pas que demain sera meilleur (plus riche, plus de succès,…). Cela explique bien entendu pourquoi les églises en Suisse sont vide, car notre théologie est peut-être trop suisse, trop calme. Après on a peut-être raison, la sagesse est parfois ennuyeuse mais c’est la vie. Dieu jugera !
J’ai récemment suivi sur les ondes de la RSR une émission (j’ai oublié laquelle) où une femme-pasteur disait de Jésus qu’il était pour elle “juste un guide” et que des éléments comme la Trinité, la résurrection (1) et le caractère divin du Christ étaient secondaires, des sortes de reliquats d’éléments de culture.
Si les éléments centraux de la foi chrétienne sont ainsi secondaires pour quelqu’un chargé d’affirmer cette foi (2), alors on peut légitimement se demander à quoi sert vraiment la fonction de pasteur, si elle est assurée de cette manière, façon animateur de quartier supplétif ?
(1) rappelons ce que disait Saint-Paul :
“Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ” ( 1 Co, 15, 14)
(2) pas plus brillant du côté catholique : plus l’Eglise “s’ouvre”, moins ses églises sont pleines, marrant, non !
Une photo de ces 140’000 personnes et un texte (en portugais) pour illustrer mon message (no 1 en haut):
http://revistaecoturismo.com.br/turismo-sustentabilidade/igreja-inaugura-em-guarulhos-templo-para-140-mil-pessoas/
(comme on dit une photo vaut mille mots et montre que je ne suis pas “mytho”, car certains auront de la peine à me croire, 140’000 personnes)
“la faim de spiritualité de nos concitoyens est au moins aussi dramatique que la pénurie alimentaire en Afrique, et demande des réponses fortes, qui hélas ne viennent pas.”
Ceci résume bien le malaise, qui n’est pas que celui des réformés.
Tout comme les enfants ont besoin de repères forts, posés normalement par les parents, les pasteurs, l’école et la société, les parents, l’école et la socitété ont aussi besoin de repères pour accomplir efficacement leurs missions.
Simplement être fiers de nos croyances, nos valeurs et nos différences, et les affirmer avec détermination, clarté et sans honte. Comme beaucoup d’autres le font aussi.
M Bär, j’ai aussi entendu une partie de cette émission -une partie seulement car ça m’a tellement agacée que j’ai éteint la radio-(je n’écoute la RSR qu’en voiture ..pour inforoute.. ou à 16 h..)
J’ai entendu parler cette pasteure (ou pasteuse?) de son mari catho doté d’une maman très, très catho..qui prie, qui prie , à la maison …(qui récite peut-être le chapelet ?) Oh..choking, certainement une dangereuse intégriste, fermée à l’Autre…
M. Barraud, vous pourriez très bien remplacer “Eglise Réformée” par “Eglise catholique”, certains ministres du culte de cette dernière n’ont rien à envier à certains pasteurs de la première !
Pour ce qui est des églises qui se sont vidées au cours des précédentes décennies, M. Bär, il parait que ce n’est pas grave, c’est même très bien car à défaut de quantité il y a la qualité..Si, si, j’ai entendu ce genre de propos dans la bouche d’une personne “consacrée à Dieu” . L’Eglise fait ainsi le tri….Les fidèles qui continuent à aller à l’église sont des gens de qualité, les autres, qui l’ont désertée – je dirais , qui l’ont abandonnée – sont d’une qualité peu recommandable ..
On peut observer que les églises ont commencé à se vider à partir de Vatican II..à partir duquel l’attitude de l’Eglise catholique ressemble fort à celle de l’Eglise Réformée dénoncée dans votre commentaire Monsieur Barreau.
La religion (en particulier le monothéisme) a ceci d’avantageux sur tous les autres grands courants philosophiques (platonisme, stoïcisme, épicurisme, etc.) qu’elle donne des réponses aux question les plus fondamentales de l’homme (d’où viens-je ? où vais-je ?). C’est pour cette raison que la religion a très vite éclipsé les autres courants philosophiques.
Depuis que chacun a un accès direct et illimité à la culture (ce qui est le cas dans notre société), la religion a toutefois du plomb dans l’aile et peine à s’imposer en tant que vérité absolue. La quête philosophique et la remise en question sont le propre de l’homme «moderne» (et peut-être la maladie de notre société ?). De nos jours, s’en remettre à la foi sans remettre celle-ci en question n’est pas si facile; j’admire sincèrement les gens qui y parviennent !*
Car il faut quand même une solide dose de foi (c’est-à-dire un renoncement doublé d’un engagement personnel) pour arriver à se dire que notre «religion de culture» est LA vérité absolue**. Le verset de l’Apocalypse (sauf erreur) «Heureux les simples en esprit, car le royaume des cieux leur appartient» ne signifie évidemment pas que les croyants sont bêtes ou qu’il faut être stupide pour croire. Mais ce verset a tout de même un caractère très exclusif puisqu’il signifie qu’il faut renoncer à toutes les autres philosophies; il invite à ne pas se poser trop de questions, ce qui est contraire à la nature de l’homme…
Voilà peut-être pourquoi la foi est (malheureusement ?) moins solide sous nos latitudes… Et voilà peut-être pourquoi mon cousin, pasteur, m’a dit texto: «Je me considère avant tout comme un psychologue. Lorsque les gens sont en deuil ou ont besoin d’être écoutés, je suis là pour eux. Par contre, je serais malhonnête de leur promettre la vie éternelle, car je n’en sais rien. Je ne peux qu’espérer. Et encourager les gens à partager cet espoir.»
A mon humble avis – je ne suis ni croyant ni athée, sans doute agnostique -, la foi est un thème très personnel. La religion peut certes donner des réponses, mais je m’en méfie dès lors qu’elle donne «les» réponses…
*Je me souviens d’un dialogue avec un curé qui venait de m’expliquer que je devais remercier Dieu de tout ce que j’avais. Je lui ai alors répondu qu’en remerciant Dieu, je considérais implicitement que ce dernier était responsable des choses que j’ai et, a contrario, qu’il porte la responsabilité de ce que d’autres n’ont pas. (Par analogie, je lui ai parlé d’un père qui aurait sept enfants et en laisserait mourir quatre de faim, lui demandant s’il était vraiment juste de remercier ce père.) Et le curé, inébranlable dans sa certitude, m’a répondu avec un aplomb posé: «Ne vous inquiétez pas pour ça. Dieu est amour». Ce curé, je l’admire: il sait d’où il vient et il sait où il va; pas de place au doute.
**Comme le catholique romain, le darbyste, le juif, le protestant, le musulman, l’évangélique et le témoin de Jéhovah, le néo-apostolique est persuadé que c’est lui qui détient la vraie foi. Il est clair que le darbyste moyen concèdera à demi-mot que le réformé moyen ne se trompe pas sur toute la ligne; mais quand même…
Eglise évangélique libre, mais oui, c’est le dieu de cette église qui a ordonné à Mr Busch d’aller attaquer l’Irak afin de voler le pétrole de ce pays.
Eglise évangélique libre = secte!!!
Eglise évangélique libre, cette église n’est pas reconnue.
Eglise évangélique libre, cette église ne paie pas d’impôts ecclésiastique, le gourou de chaque circonscription, prélève 10 %, si ce n’est plus, sur le revenu de chaque imbécile qui fait partie de cette soi-disant église.
Que pensez de ces adeptes qui s’agenouillent aveuglément devant ces gourous et ignorent les Eglises légales, de plus ils se croient des saints…
Mais non, M. Muller. George Bush n’a pas du tout attaqué l’Irak pour voler son pétrole. Il est “parti en croisade pour propager le modèle démocratique au Moyen-Orient”. La preuve ? La voici: http://www.commentaires.com/etranger/Le_souffle_de_la_liberte
Mais non, M. Muller, je rigole. Mais j’ai néanmoins besoin de repos, je ne vous le fais pas dire.
@Schälchli, en effet vous avez besoin de repos, dans un post précédent, Madame Oberson vous avait faiit un diagnostic médical accompagné d’une posologie médicamenteuse à base de cachets d’aspirine.
Je constate, avec regrets que cette posologie n’est pas assez conséquente, je vous suggère d’augmenter la dose et de prendre deux fois par jour, matin et soir deux cachets d’aspirine, je pense que cela devrait suffire amplement, et encore !!!
Votre sollicitude à mon endroit me revigore, M. Muller. Mais êtes-vous bien certain que l’aspirine pallie le manque de repos ? Sur ce coup-là, je vous soupçonne de flirter avec le charlatanisme !
En cas d’attaque de paupières, testez aussi le paracétamol: il semblerait qu’il soit moins nocif pour l’estomac…
Lors d’une interview de la pasteure Hélène Küng, dans “24 heures” du 13.7.2011, cette directrice du Centre Social Protestant affirmait:
“Pour que le CSP puisse accomplir sa mission d’ouverture à tous, il vaut mieux que Dieu reste en dehors”.
Même si, comme complète cette dame, “Dieu fait partie intrinsèquement des racines” etc. du CSP, l’aveu de laisser “Dieu en dehors” prouve à quel point certains n’osent plus même prononcer son nom, ni avoir le courage de faire son “coming out” de chrétien!
On laisse Dieu derrière la porte. Il y reste.
Il ne s’impose pas.
Si tant de gens meurent de faim ou de violences, n’est-ce pas l’Homme qui en est la cause?
S’il suivait les conseils de Jésus-Christ: “Aimez-vous les uns les autres” , le monde serait différent.
Est-ce Dieu qui est coupable? Ou est-ce l’être humain qui l’a “laissé dehors”?
“Pour que le CSP puisse accomplir sa mission d’ouverture à tous, il vaut mieux que Dieu reste en dehors”.
Juste par curiosité, est-ce-que la lecture des Evangiles fait encore partie du cursus de formation des pasteurs ?
“”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”
Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.
Luc 9/26
“”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"
Un formidable livre… bof.
Le propos est agressif et peu clair: quelles sont réellement les propositions?
Plus de spiritualité? C’est exactement le mot valise qui ne veut rien dire. C’est une non affirmation absolue, tant chacun y met ce qu’il veut. Et c’est céder à l’air du temps que les auteurs détestent.
D’ailleurs, les auteurs, si critique envers les Églises et l’université, posent problème. Le désastre actuel (si l’on accepte de considérer que c’en est un) n’est il pas leur fait? Éric Fuchs est retraité de l’université depuis peu et Pierre Glardon dans un poste à responsabilité dans le canton de Vaud!! N’ont-ils rien vu? rien fait?
Enfin, ils ne font que taper sur le libéralisme et citent positivement à plusieurs reprises (et vous aussi) André Gounelle, libéral par excellence. Ainsi que Gilles Bourquin. De qui se moque-t-on?
Ça ne vaut pas la peine d’être lu, parce que trop bordélique. Au font, si le bouquin faisait 80 pages, avec 10 ou 20 proposition pour les réformés, il pourrait y avoir un vrai débat. Mais là, les conditions du débat ne sont pas posées, par paresse rédactionnelle et synthétique…
Une nouvelle fois, merci M.Barraud.
Comment aurai je appris la parution de l’ouvrage des pasteurs Eric Fuchs et Pierre Glardon?
Pendant une trentaine d’années j’ai
suivi, quant il prêchait, le pasteur Babel à la cathédrale St Pierre Ses prédications attiraient les foules.
Pour entendre encore, une belle prédication, mettez vous sur France 2 émissions religieuse culte du 25 septembre “Culte de l’Assemblée du désert” Prédicateur le pasteur Laurent Schlumberger,Président du Conseil nationalle de l’Eglise”
Adressé à l’EERV
Ceux qui, chez nous, font encore partie de notre Eglise, que leur offrez vous ? Vous vous dispersez tellement à vouloir toucher à tout qu’il ne vous reste plus rien à offrir aux gens de chez nous. Ce qui vous importe, c’est votre confort. La faillite partout ne vous inquiète pas. Les robes blanches font encore partir le peu de fidèles qui vous restent !
L’oeucuménisme vous conduit, sans que vous vous en rendiez compte, à l’effacement du protestantisme. Rome gagne sur toute la ligne.
Une belle prédication qui faisait la différence comparée aux gesticulations d’une messe catholique, vous ne l’encouragez plus ? Les paresseux ont la vie belle !
Avec votre prise de position sur les minarets c’est encore le peu de fidèles qui s’en vont !
@M. Muller.
je vous conseille de faire attention avec vos attaques contre les Evangéliques, je vais peut-être déposer plainte pénale contre vous pour racisme et attaque envers 800 millions de personne (la liberté d’expression a ses limites), je connais d’ailleurs de bons avocats en Suisse, vous pourriez souffrir de plaintes contre racisme.
Bon cette fois je laisse passer, mais la prochaine fois que je vois un message de haine contre les Evangéliques, je vais envoyer plusieurs plaintes pénales à Lausanne (où se trouve ce site) pour atteinte à une communauté religieuses (M. Barraud doit surveiller chaque message).
M. Barraud, c’est scandaleux de laisser ce genre de propos, votre site dégénre. C’est la dernière fois que j’interviens sur ce site. Après l’anti-américanisme primaire, la haine des Evangéliques, etc. Vous êtes finalement pire que La Première. Très dommage, mais nous les Evangéliques avons bien assez de pouvoir médiatique au niveau mondial et n’avons ni besoin de Commentaires.com, ni de la TSR ou la RSR. Vous verrez d’ici quelques années…
Xavier Gruffat, Sao Paulo, Brésil
Dipl. EPFZ en sciences pharmaceutiques – Dipl. MBA (pour montrer que les Evangéliques ne sont pas des bobets de service).
M. Barraud ne semble pas prendre très au sérieux mes menaces de plaintes pénales, mais un jour vous verrez, je n’ai rien contre M. Barraud mais je ne peux pas laisser passer cela, soit de traiter les Evangéliques d’imbéciles par M. Muller (que fait-il comme métier, qui est-il d’ailleurs ? est-il si intelligent, il fait beaucoup de fautes d’orthographe dans ces post), croyez-vous vraiment que 10% de notre monde est à ce point stupide ? Savez-vous que dans les 3 pays les plus puissants au monde, on a chaque fois plus de 10% d’Evangéliques, soit la Chine, les USA et le Brésil. Sans compte la Corée du Sud, le Mexique, le Nigéra, l’Australie qui cartonne avec Hillsong, l’Afrique du Sud,… oui que des petits pays. Sans compter toutes les stars évangéliques et des gens très hauts placés dans l’économie et la politique (même en Suisse il y a beaucoup beaucoup de politiciens évangéliques), mais je ne vais pas donner de noms (bref 10% du monde c’est beaucoup).
J’aimerais d’ailleurs bien voir un message de haine contre les Musulmans, impossible, M. Barraud aurait tellement peur qu’il supprimerait les messages dans la minute qui suit. Car le site Commentaires.com serait immédiatement hacké avec menaces de morts (avec la sécurité archi-nulle qu’on a en Suisse avec noms dans le botin, c’est risqué, au Brésil on a fil de fer barbelé, aucun nom dans le botin et garde du corps, cela est de la sécurité). Comme nous Evangéliques avons une stratégie différente, notre but c’est la puissance financière et médiatique, pas la violence, on laisse pour les autres ces actes.
Bonne chance à ce site et au nouveau site “conservateur” qui devra unir Catholiques et Protestants (bonne chance, mais nous Evangéliques on est out de ce club, et donc vive l’eocuménisme), mais je vous ai à l’oeil concernant les Evangéliques, mieux vaut ne plus trop nous embêter, petit conseil…sinon on se reverra devant les tribunaux (car jamais de violence).
Menaces, langage totalitaire… Calmez-vous, nous ne sommes plus en 1936.
Philippe Barraud
Rrro, M. Gruffat, si on vous frappe sur une joue, tendez l’autre joue
.
Non, mais sans rire, vous ne devriez pas vous fâcher de la sorte: dites-vous que Dieu est de votre côté, quoi qu’il advienne ! Avec son aide, les Evangéliques atteindront leur but (puissance financière et médiatique), coûte que coûte. Car ce but est des plus nobles et s’inscrit tout à fait dans l’esprit de l’enseignement des évangiles.
Et, après tout, tant pis pour les malheureux cloportes qui n’auront pas su prendre le train évangélique en marche !
Bref. Bonne chance à vous et… que vivent les Evangéliques !
Mr. Gruffat, pour répondre à votre questionnement à mon sujet sur votre post du 19.01 2012 à 12h59.
(Que fat-il comme métier, qui est-il d’ailleurs? est-il si intelligent, il fait beaucoup de fautes d’orthographes dans ces post)
Je suis retraité AVS, avec une petite rente.
Je suis tout simplement moi!
Intelligent, sûrement pas autant que vous!
Les fautes d’orthographe, je suis très content de ne pas en faire plus, car je n’ai pas été longtemps à l’école, j’ai du travailler dur ce qui m’a empêché de faire l’université.
En tant que personne âgée j’ai la sagesse de constater que vous en tant qu’ambassadeur de votre église, vos menaces, chantages et divers propos contenus dans vos derniers post ne font pas tellement de publicité pour votre église.
Je vous souhaite bonne route dans la paix du Seigneur.
Georges Muller, non diplômé, simple retraité.
@M. Muller. Franchement, vous n’êtes pas si mauvais en orthographe: entre nous*, je connais bien des universitaires qui ne sont pas meilleurs que vous ! Et puis: “Savoir que l’on ne sait pas est d’un esprit supérieur” (Lao Tseu). “Croire que l’on sait, c’est pô bien” (Christophe Schälchli).
Bon. Je vais aller me prendre deux ou trois aspirines et vous souhaite une excellente soirée.
*J’aime beaucoup la tournure “entre nous” sur un blog public.
@ M. Schälchli
“Je vais me prendre deux ou trois aspirines et vous souhaite une excellente soirée”.
Si … féminin et néanmoins conjugal propos de votre part, M. Schälchli
Pour répondre brièvement à Monsieur Pierre Henriot, il me semble important de préciser ce qui suit :
- L’ouvrage a été construit et rédigé pour autoriser un vrai débat. ce débat a lieu. Et, étonnamment, si l’on se réfère aux échos qui parviennent jusqu’à nous, il intéresse et implique autant de laïcs que de ministres.
- Contrairement à ce que remarque Mr. Henriot, Turbulences fait des propositions de remédiations ou de mises en oeuvre très précises, notamment dans le domaine de la spiritualité (voir la 3e partie de l’ouvrage).
- L’agressivité surprenante de quelques rares critiques publiques tendrait plutôt à nous faire croire que nous sommes plutôt trop clair; et effectivement ecclesially très peu correct…. par rapport à une pensée dominante qui a amené nos Eglises réformés là où elles en sont aujourd’hui.
- Le soussigné assume effectivement des responsabilités formatives au sein d’une Eglise réformée cantonale; mais ses fonctions le situent tout au bas de l’échelle décisionnelle. Depuis 2003, les choix ultimes sont effectivement du ressort d’un aéropage romand restreint (Assemblée et Bureau de la CER: soit de la Conférence des Eglises réformées romandes) dont il ne fait pas partie.
- Les Eglises n’ont par ailleurs pas de réel pouvoir sur les décisions stratégique ou les nominations professorales, d’une Université ou d’une faculté de théologie, même si des consultations au plus haut niveau peuvent avoir lieu.
Le soussigné laisse à Mr. Henriot la responsabilité de ses appréciations quant à l’éventuelle “paresse rédactionnelle et synthétique” des auteurs. Il relève toutefois qu’elle ne correspond ni à la réputation du Professeur Fuchs, ni aux commentaires de la Presse au sujet e Turbulences.
Un grand merci à Mr. Barraud de son intérêt
C’est quand même triste : il y a dans ma paroisse trois pasteurs. Une d’entre eux a une drôle d’idéologie, ce qui ne semble pas être le cas des deux autres il me semble. En effet, au dernier culte on a eu droit de sa part à une apologie du sans-frontière etc… Et il se trouve que, comme par hasard (rires dépités), c’est cette dernière qui, parmi les trois, dirige la paroisse ! Je commence vraiment à ne plus supporter cette hégémonie idéologique, il est temps que ça change ! Merci aux auteurs, et admiration pour leur courage.
En effet, au dernier culte on a eu droit de sa part à une apologie du sans-frontière etc…
+++++++++++++++++++++++++++
C’est parce qu’aujourd’hui, au sein des diverses officialités chrétienne, l’amour du prochain a été remplacé par le culte de l’Autre ; un “Autre” politique et non plus religieux ou métaphysique, mais une sorte de néo-entité moderne inscrite dans le NOM, qui n’est après tout qu’un “projet Babel” bis.
Oui, et comment, bon sang, peut-il y avoir de l’amour du prochain si on refuse de se définir soi-même? Quand j’entend le mot “sans-frontières” je pense immédiatement à l’impérialisme. Je suis jeune et ne veux pas que mes futurs enfants grandissent dans cette soupe indistincte et sotte
Merci à Monsieur Glardon de me faire l’honneur de sa réponse. C’est bien signe qu’il veut débattre avec sérieux.
J’admets volontiers que ce livre ait été écrit pour lancer le débat. Je continue à penser que sa construction ne le permet pas aussi bien que les contenus le mériteraient. Je persiste à penser qu’il manque un travail de relecture, de syntèse, pour favoriser un meilleur débat.
J’admets aussi volontiers qu’il y a des propositions, mais je les trouve sans commune mesure avec la crise que vivent les réfomés. Proposer comme réponse à la crise majeure que les auteurs décrivent (avec une certaine justesse) des groupes bibliques en paroisse me semble léger. Que l’on me comprenne bien, je trouve cette proposition de groupes bibliques existentiels et spiriuels très bonne, mais je ne vois pas en quoi c’est une réponse à tous les éléments de crise décrits avant.
De même, je ne vois que mal ce que fait le sujet de l’homosexualité des pasteurs dans ce bouquin. Est-ce réellement en lien avec la crise des réformés? Sinon, probablement, parce que c’est un dada de Fuchs…
L’agressivité des critiques n’a rien à voir avec la qualité des propositions. L’agressivité n’est une preuve de rien, sinon de l’incapacité des critiques au débat.
Concernant les responsabilités ecclésiales. Je constate qu’aucune Église romande n’a formulé la moindre remarque construite au moment des mutations des facultés de théologie il y a plus de 10 ans. Tous les responsables ecclésiaux (formation et RH) sont restés muets alors que des étudiants et assistants s’indignaient de la médiocrité de la fédération proposée…
Évidemment, les Églises n’ont pas de pouvoir sur les facultés (et c’est heureux). Mais Fuchs était bien professeur à Genève à l’époque, non? De plus, des propositions construites des Églises auraient sans aucun doûte empêché un tel désastre académique, même si elles n’avaient que force de proposition!
Vous ne m’avez malheureusement pas répondu sur le côté flou et consensuel du terme spiritualité, ni sur votre rapport ambigu au libéralisme… Malheureusement
J’arrive un peu tard dans ce débat… d’ailleurs pour démêler tout ce qui est dit il faudrait un autre livre… Je suis d’accord sur le constat de crise institutionnelle des églises réformées historiques, par contre les solutions sont très problématiques à trouver. J’ai connus des gens qui se sont distanciés de l’église réformée car elle n’offre plus les repères d’antan, j’en connais d’autres qui l’ont quittée car trop fermée à leur goût, d’autres qui reviennent car le pasteur ou les laïcs engagés sont sympa et ouverts…. Les gens s’en vont et reviennent au grès de leur bon plaisir. Peut-être que nous n’avons pas songé à la raison principale de la désaffection: à la différence des siècles passés ni les ordonnances politiques, ni les traditions familiales, ni la pression sociale n’oblige les gens à aller à l’église. De ce moment-là ceux qui encore s’engagent ce sont des “convaincus”, d’une manière ou d’une autre. Les protestants ont néanmoins un trait commun: tous affirment la primauté de la conscience, le “non possumus” de Luther. C’est le trait prophétique de tout protestant. Il y en a qui prennent leur conscience pour la voix du Saint Esprit, d’autres qui en font une tour solitaire, solide et imprenable. Le premier sont les fondamentalistes et les néo-orthodoxes protestants, qui semblent avoir du succès, les autres les chrétiens sans églises, des libéraux peu soucieux de la communauté et des dogmes, qui sont désignés comme étant la cause de tous les maux (mais ces deux constats sont loin d’être à mon avis certains…). Et l’évangile dans tout ça? Il est très simple l’évangile: “aimez-vous les uns et les autres, faites aux autres ce que vous aimeriez que les autres fassent pour vous, ne vous opposez pas aux mauvais, ne vous inquiétez pas du lendemain, tendez l’autre joue, ne jugez pas, car vous serez jugés avec la mesure avec laquelle vous avez jugé, vous ne pouvez pas servir à deux maîtres, Dieu ou Mamon(L’argent, le succès), quand vous priez dites Notre Père…pardonne-nous… comme nous pardonnons…. etc etc etc” ! La moisson du chrétien est le monde, l’église est sa famille, sa maison, avec laquelle il se réunit pour se fortifier. Les ministres fortifient l’église et en même temps agissent dans le monde, comme tout chrétien. Dans l’église doit régner le principe de la fraternité, qui permet d’oser dire à un frère ou à un ministre qu’il “déconne”, mais qui permet à tous de partager le même pain et de boire à la même coupe. Ma conscience m’oblige à vivre la foi d’une certaine manière, mais ma conscience n’est ni la voix du saint Esprit, ni une tour solide, mais quelque chose qui est appelée à évoluer, à entrer en interaction avec l’autre, à se laisser convaincre ou à convaincre. Mais jamais je ne pourrais tâcher l’autre d’être moins chrétien que moi ou plus stupide ou que sais-je. A la fin de la dispute, bien volontiers je partage le pain avec lui en souvenir de Jésus et bien volontiers je lui porte un regard d’approbation humaine et d’amour. Dès que le respect, la fraternité, l’amour est vécu en église et témoigné dans le monde et pour le monde, je m’en fiche de savoir si demain mon église “charnelle” est encore là… Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je serai aux milieux d’eux, nous dis Jésus. Voici l’église spirituelle… Etre plus exigeants en matière d’engagement matrimonial? Avoir une discipline ecclésiastique plus sévère? Nous avons l’évangile, cela devrait nous suffire. Et une méthode d’analyse et de débat emprunté à l’évangile. Si cela est une occasion pour d’autres d’abuser de la liberté évangélique, ils en répondront à leur conscience et à Dieu !
Précisions: l’esprit fraternel oblige également le ministre ou le frère qui n’est plus capable d’être un témoin crédible de l’évangile, d’en tirer toutes les conséquences. Mais constater chez quelqu’un un comportement “scandaleux”, demande beaucoup de prudence et un travail de longue haleine. Ce constat doit être partagé par la presque totalité des dirigeants d’églises ou des paroissiens et le comportement doit entraver de manière sérieuse le bon fonctionnement de l’instance sous sa responsabilité. Un pasteur avec des problèmes aigus d’alcoolisme est un cas assez parlant. On pourra en toute douceur l’aider à résoudre ses problèmes et en même temps, en toute honnêteté l’inviter à donner sa démission ou à se mettre en congé maladie. Un pasteur divorcé posera problème selon la gravité de la rupture, les raisons de la rupture, l’ancienneté de la rupture. Dans une paroisse de campagne le divorce d’un pasteur n’a pas le même impact que dans une paroisse de ville ou dans un ministère spécialisé. L’évangile relativise la loi sur la répudiation en invitant les couples à fonder leur union sur la loi d’un amour profond et indivisible. Mais cela reste un objectif qui n’est parfois pas réalisé. En cas de rupture, à cause de la dureté de notre esprit, la loi Mosaïque permet la dissolution des liens du mariage. L’évangile prêché invite les couples à tout faire pour que ce soit la loi d’évangile qui triomphe. Dès lors un divorce reste un acte grave (Jésus arrive à dire qu’on expose ainsi les deux ex mariés à l’adultère), mais qui entraine de facto la dissolution du couple. Et en suivant le principe « le sabbat est pour l’homme et non l’homme pour le sabbat », un remariage reste possible, tant pour le fidèle que pour son ministre. L’homosexualité est aujourd’hui un thème en débat autour de l’appréciation théologique de cette orientation sexuelle. Il n’y a pas de consensus autour de ce thème. L’église de Berne a d’ailleurs admis la bénédiction des couples homosexuelles. C’est une prise de position claire, sans équivoques et qui positionne l’église réformée de Berne de manière précise. On ne pourra pas dire qu’il y a une perte d’identité, dès lors qu’on affirme une identité libérale précise! Donc, là aussi, un ministre homosexuel devra procéder avec beaucoup de tact en accomplissant son ministère dans un lieu où sa condition pose le moins de scandale possible. Il y a après des cas plus pernicieux: qu’est-ce qu’on fait des pasteurs avares, pessimistes, tristes, rudes, prophétiques à l’excès, inscrits dans un parti? Souvent ce genre de pasteurs posent problème (à tort, ou à raison) à un bon nombre de paroissiens… C’est pour cela que je disais tout à l’heure que nous avons l’évangile et cela doit nous suffire pour être honnêtes envers nous-mêmes et les autres, ou patients si les autres ne sont pas si lucides ou honnêtes que cela!!!