Du secret bancaire au pape, en passant par le zizi sexuel, les minarets ou les errances du féminisme, l’avocat genevois Marc Bonnant tonne et détonne. En homme libre au verbe haut. Interview.
Parmi toutes ces controverses interminables dont Genève a le secret, commençons par «Le Zizi sexuel.» Une oeuvre de salubrité publique?
Le sexe n’est pas une histoire de zizi ou de béance, c’est une histoire de tête. Ce n’est que si la tête aime, que si la tête veut, qu’éventuellement, nos sexes s’érigent. Voulez-vous parler de sexe aux enfants? Parlez-leur de tête. Voulez-vous parler d’amour aux enfants? Parlez-leur des trouvères, des ménestrels. Ne leur parlez pas de la mécanique érectile et des tampons des jeunes filles.
Cette exposition, l’avez-vous vue?
Non, mais je me suis procuré le livre, que je trouve consternant. La connaissance de la sexualité n’ajoute rien à la sexualité. Ma génération ne savait rien des femmes techniquement. Elles étaient terra incognita, sujets de convoitise, de peur, de mystère, d’embrasement, et je ne crois pas que nous étions de moins bons amants que la génération qui sait tout de la tuyauterie. Je ne me sens pas la vocation d’un plombier. La sexualité n’est pas une question de savoir. Elle est une question de pratique, de sentiments, de raffinement, de rêve et de poésie. Tout ce qui la réduit à une technicité, à une mécanique, l’appauvrit.
Par exemple…
Sur le baiser, il y a mille choses poétiques à dire, une iconographie superbe à montrer. Pourquoi, alors, le figurer comme une investigation dentaire? En quoi cette représentation clinique dit-elle ce qu’est un baiser? Ce qui fait la saveur, l’intensité du sexe, c’est bien cette part mystérieuse d’ignorance, cette progression hasardée, cet affolement et cette stupeur. Chamfort disait déjà, «l’amour, c’est le contact de deux épidermes» et il était encore à la superficialité des choses. Ici, on n’en est plus au contact de deux épidermes, mais de deux muqueuses. Je préférais mon ignorance.
Mais descendre de leur piédestal, c’était bien la volonté et le choix des femmes…
De la part des femmes, c’est une démarche totalement suicidaire. La femme avait des fonctions sacrales, et de dire que ces fonctions étaient la maternité, les figures du lien, les dieux lares, les vestales, qu’elle était la gardienne du bonheur, l’ordonnatrice de la vie, ce n’est pas la réduire, c’est l’exalter. La femme était notre passion transitive. On convoitait une femme, on aimait une femme. La femme au fond était notre complément d’objet direct. Elle a voulu être sujet, ce qui a créé un grand désordre dans notre grammaire. A mon sens, les femmes ont tout perdu. Elles ont perdu notre admiration fébrile, elles nous ont proposé une sorte de camaraderie de chambrée, mais pour cela nous avons déjà le service militaire.
L’égalité n’est pas une conquête légitime pour vous?
Il n’y a aucune raison que mon coeur s’embrase pour un autre moi-même. Les femmes ont basculé dans un psittacisme (n.d.l.r.: répétition machinale) dérisoire du masculin. Elles ont fait la démonstration rapide qu’elles savent faire ce que nous faisons. Quel grand avènement pour l’humanité que d’avoir des sapeuses-pompières, des procureuses atrabilaires, de bouffonnes candidates présidentielles et autres cheffes humorales… Elles ont voulu se dépouiller de ce qui faisait d’elles ces êtres infiniment éthérés, supérieurs. Nous convenons tous, nous les hommes, qu’elles nous sont mille fois supérieures. Pourquoi veulent-elles absurdement se contenter d’être nos égales?
Comment les traiter alors? De chevaliers servants à reines?
J’aime que l’on ait avec une femme un rapport cultuel. Il faut l’honorer, au sens multiple, comme on fait monter l’encens. Lorsque, cessant d’être objet de tout, la femme a voulu être sujet de rien, je crois qu’elle a brisé nos rêves en même temps qu’elle a abandonné son empire et son emprise. La conséquence de tout cela, c’est que nous regardons, désormais, les femmes avec indifférence. Face à la femme moderne, nous n’avons plus que quelques parades: le sport et l’onanisme pour la plupart, la littérature et la pédérastie pour les plus raffinés d’entre nous. Les femmes ont cessé d’être aimables en voulant nous ressembler, avec des brutalités, des vulgarités, des ambitions subalternes, des fatigues inesthétiques. Comme c’est dommage.
Vous n’auriez donc pas aimé naître un peu plus tard…
Je n’ai pas un goût particulier pour la modernité, je la trouve incroyablement vulgaire, insignifiante. Les siècles à venir, s’il y a encore des historiens, ne retiendront rien de notre temps. Il n’aura été ni le temps de la littérature, ni le temps des cathédrales, ni celui des systèmes philosophiques, ni celui des grandes espérances, ni celui des grandes idéologies. Il aura été celui des masses, de l’oisiveté festive, et de l’outrance de l’innovation technologique. Je suis de ceux qui considèrent qu’il y a plus de génie dans un vers de Mallarmé que dans un ordinateur de la dernière génération.
Et le pape, qui ne peut plus ouvrir la bouche sans déclencher chaque fois un tollé planétaire, qu’en pensez-vous?
Je suis athée mais je trouve le message du pape superbe, ne méritant ni les ricanements ni les brocards. Que dit-il? Que dans une hiérarchie des valeurs religieuses, d’abord vient la vie, puis la liberté et, très à la fin, la liberté sexuelle. Il propose un corps de doctrine cohérent: contre l’avortement, contre la pilule, contre le préservatif devenu, dans cette logique-là, un instrument de mort puisqu’il empêche la fécondation de la vie. Bien sûr, nous pouvons ricaner, nous qui sommes des jouisseurs, ne voir là que d’inanes calembredaines. Mais il ne faut surtout pas demander à celui qui est le gardien de cet idéal d’en professer un différent. Dans la vision chrétienne, Dieu s’occupe des hommes et il s’en occupe au point d’être consubstantiel à la naissance de chaque enfant. Ce n’est pas simplement votre petite secousse et le bonheur de mon étreinte: le pape rappelle que Dieu veille et que Dieu veut et que nous n’avons pas à contrarier cette volonté-là au titre de plaisirs au demeurant dérisoires.
Une Suisse sans secret bancaire, qu’est-ce que cela vous fait?
Les circonstances de notre abandon sont calamiteuses. Il a suffi des rodomontades d’un Gaulois et des diktats d’un kapo germain pour que le Conseil fédéral se baisse et s’abaisse. Cela m’a précipité dans une réflexion incroyablement amère sur notre souveraineté. Les troupes allemandes auraient franchi la frontière, les Français auraient déboulé d’Annemasse, avec leurs faibles armées, que je ne l’aurais pas vécu différemment.
Comment expliquer cette déroute?
Le bonheur est débilitant. Notre classe politique est admirable pour avoir des opinions sur la 42e révision de l’AVS, exceptionnelle pour ouvrir des tronçons d’autoroute. Mais dès que le vent se lève, elle est étonnement peu testiculée. Nous avons abandonné en rase campagne avant d’avoir tiré le moindre coup. Il a suffi qu’on parle de liste noire pour que nous hissions aussitôt le drapeau blanc, minés de l’intérieur par une sorte de honte de notre condition heureuse. Honteux d’être ce que nous sommes, honteux d’être un peu moins pauvres que les autres, d’être un peu plus apaisés que les autres, un peu plus industrieux que les autres. C’est pour cela que je dis malheur à la paix qui fait des âmes molles, malheur au bonheur qui fait des politiques lâches.
Les exigences des Européens et des Etats-Unis envers la Suisse n’étaient-elles pas justifiées? Il s’agissait quand même d’évasion fiscale…
La première question que devrait se poser un pays avant de donner des leçons urbi et orbi est la suivante: qu’est-ce qui fait que malgré mon climat de douce France ou la beauté de mes fleuves allemands, les gens vont voir ailleurs? La tolérance psychologique aux ponctions étatiques a un seuil. Au-delà de ce seuil, l’impôt c’est le vol. Si les talents et les énergies s’expatrient, c’est en raison d’une fiscalité injuste et frustratoire. Qui peut se résigner à travailler huit, dix mois par an pour les autres? Je suis très favorable au secret, notamment fiscal. Je n’ai aucune dilection pour la société d’exhibition et de transparence.
Une Suisse sans secret bancaire mais avec minarets?
Je pense que, quelle que soit notre opinion sur notre identité, il n’y a aucune manière de la conserver intacte et sans altération. Le temps est au métissage, inévitablement, l’histoire au mouvement, aux migrations. Les frontières ont vocation à être abolies. La mondialisation ne suppose pas simplement la libre circulation des marchandises, mais aussi des personnes, donc des idées, donc des cultures. L’inévitable est que nous serons demain un peu moins occidentaux qu’aujourd’hui, un peu moins blancs, un peu moins chrétiens. Comme nous sommes dans l’irréversible, le mouvement de l’Histoire, il ne sert à rien de livrer des batailles symboliques d’arrière-garde. La paix sociale suppose que nous acceptions dans une large mesure la différence, avec quelques exigences. Non pas exiger que cette différence ne se voie pas – abolition du voile, destruction des minarets – mais que cette différence s’intègre dans les valeurs que nous avons mis quelques millénaires à édifier. Il ne s’agit donc pas d’interdire la construction des minarets, il s’agit peut-être d’être vigilant sur ce qui s’y prêche.
L’affaire du fils Kadhafi, comment l’avocat que vous êtes l’a-t-il ressentie?
Je trouve juste que le juge d’instruction ait traité M. Kadhafi comme n’importe quel citoyen. Le comportement qu’il avait eu, d’après les témoignages, était parfaitement inacceptable. C’était l’importation sous nos latitudes de rapports humains et de force que nous ne connaissons pas, que nous avons justement bannis et abolis. C’est un des honneurs de notre justice de s’appliquer de manière égale aux puissants comme à la menuaille. Et d’être indifférente aux foucades d’un bédouin irascible.
Propos recueillis par Laurent Nicolet – Article paru dans Migros Magazine
L’historien romain Ammien Marcellin, qui était par ailleurs un haut gradé de l’armée impériale, était clairvoiyant, réfléchi et, selon les spécialistes, étonnnamment impartial. Il a ainsi pressenti l’imminence de la chute de l’Empire, en décrivant un monde ployant sous le poids des impôts, et victime de la paupérisation de vastes segments de la population.
Tiens tiens! Serions-nous donc à la veille de la chute d’un empire?
Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges.
Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le montre cette vidéo effarante, on se dit que la vignette à 50 francs a du bon !
Quel bonheur de lire (et parfois d’entendre) ces traits de Marc Bonnant. J’en reste pantois. Inimité et inimitable. Du grand art. Il devrait, de temps à autre, prendre la place des articles de Madame la Baronne de R., au reste au style charmant.
Belle résistance de Monsieur Bonnant à l’esprit du temps; mais résistance qui s’exerce uniquement dans les domaines anecdotiques des comportements individuels où les relâchements, pour regrettables qu’il soient, peuvent toujours être corrigés par un sursaut de volonté, sans surtout entraîner de dommages irréparables aux collectivités concrètes. Car, sur ce qui est perdu à jamais, sans espoir de retour, quand la cité relâche sa vigilance politique (je parle là de ce qu’Aristote et Platon disaient des conditions qui fondent les cités durables), là, Monsieur Bonnant, à l’instar de sa génération qui a toujours vécu dans la sécurité, tant matérielle qu’identitaire, n’est pas disposé à échanger son très bourgeois confort moral contre le courage tragique qu’il faudra déployer, lorsque il s’agira de défendre nos patries charnelles. Car nous, qui sommes encore jeunes et qui n’avons pas encore abandonné à une histoire définitivement écrite notre vieille mais si belle Europe (la réaction peut aussi s’exercer au-delà de la posture esthétique), c’est ceci que nous devrons affronter, parce que ce qui devait être gardé ne l’a pas été : “déclaration du président Houari Boumédienne à l’ONU en avril 1974 : Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire.” Et non, Monsieur Bonnant, il n’y a rien d’inévitable, quand subsiste une volonté, volonté qui tracera un chemin !
Aussi agréable à lire qu’à entendre dans ses saillies contre les tares de l’époque, Monsieur Bonnant illustre néanmoins à la perfection la différence fondamentale qu’il y a entre le conservatisme et la réaction (j’utilise ici le terme “réaction” dans un sens positif, puisque réagit ce qui n’est pas encore mort et qui n’est pas disposé à se laisser absorber). Monsieur Bonnant se veut ainsi anti-moderne, rétif au nivellement par les masses, opposé aux diktats de la transparence, soucieux des souverainetés, même seulement bancaires. Donc, partisan, comme tout réactionnaire qui se veut cohérent, de ce qui distingue, de ce qui sépare, de ce qui fonde les différences, les hiérarchies quelquefois injustes, mais la vie n’est pas juste, de tout ce qui génère, au final, la beauté du monde, dans sa diversité réelle. Or, on voit ici Monsieur Bonnant acquiescer sans guère de résistance, sans “réaction” pourrait-on dire, au déferlement massif et organisé du métissage, à l’abolition funeste des frontières, à la disparition des patries charnelles prélude au grand magasin global, aux ectoplasmes républicains que sont la paix sociale à tout prix et le maintien de valeurs abstraites, sans substrat concret et défini pour les actuer; bref à tout ce qui se présente, depuis les blafardes “Lumières”, comme l’antithèse même de la distinction. Et c’est cela, précisemment, qui sépare le conservateur du réactionnaire authentique. Car le conservateur regrette, mais ne fait rien, tandis que le réactionnaire agit, non pas par nostalgie esthétique d’un passé révolu, mais pour garantir la transmission d’un héritage intact et vivant.
Bravo Maître !
Excellent, vous devriez faire de la politique, c’est un politicien comme vous que Genève a besoin !
Vous avez raison, l’Occident n’est qu’un tissu de vulgarité, porno à tous les étages, regardez la une du 20 minutes d’aujourd’hui ! Porno-land !
“L’inévitable est que nous serons demain un peu moins occidentaux qu’aujourd’hui, un peu moins blancs, un peu moins chrétiens. Comme nous sommes dans l’irréversible, le mouvement de l’Histoire, il ne sert à rien de livrer des batailles symboliques d’arrière-garde.”
Sauf votre repect Monsieur Bonnant, cette phrase reflète la recul de votre esprit devant ce qu’il y a de plus difficile et de plus vital: se rendre à l’évidence que les peuples européens seront demain encore obligés de livrer bataille pour défendre leur souveraineté, indissociable de leur dignité. Ces batailles se feront autrement que par des postulats appaisants de la part de nos nobles penseurs.
Excellent commentaire. Malheureusement, comme disait le renard du petit Prince, décidément, rien n’est parfait..
Oui, excellente analyse…jusqu’au sujet sur les minarets..Analyse qui vient contredire tout le reste…
Après toute une tirade sur la nécessité de se battre pour notre souveraineté, notre identité..voilà que face “au mouvement de l’Histoire” qu’est l’immigration massive de communautés musulmanes, M. Bonnant baisse les bras…
Je souscris aux commentaires de MM. Bär et Grandjean..
“Il n’y a pas de fatalité, il n’y a qu’un manque de volonté” dixit un illustre inconnu dont j’ai oublié le nom.
Je signale la sortie d’un livre , aujourd’hui à Paris:
“La mosquée Notre Dame de Paris”, an 2045″. de l’écrivain russe Helena Tchudinova aux éditions Tatamis
Ce livre est paru en 2005 en Russie.Bien qu’il ait été traduit en Français, aucun éditeur n’a voulu jusqu’à présent se charger de sa diffusion..Tatamis s’y risque.
A cause justement des éditeurs qui boudaient son livre, l’auteur a permis qu’il soit téléchargeable sur le net…
C’est un roman de fiction dont certain se moqueront..
Mais je me souviens d’un livre paru en 1975 , réédité 3 fois depuis, et dont l’action se passait à la veille de l’an 2000…sur nos côtes méditerranéennes…C’était “Le camp des saints” de jean Raspail et dont un politicien à qui l’auteur avait fait parvenir un exemplaire s’était gaussé des “prédictions” que laissaient sous entendre le roman..Aujourd’hui, la fiction est devenue réalité…
Concernant le fameux discours du Président Boumediene de 1974 à l’ONU, qui est repris plus souvent qu’à son tour (par de sinistres personnages parfois; je pense ici à M. Le Pen p.ex.), il me semble essentiel de mentionner ses premières phrases qui sont très souvent (sciemment ????) occultées :
« Nous pourrions chercher ENSEMBLE un nouveau style de vie qui rendrait possible la subsistance de 8 milliards d’êtres humains sur la Terre. Sinon, aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz-de-marée constitué par les milliards d’être humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional en quête de survie… »
Il me semble que la description du problème faite par Boumediene (les pauvres du Sud qui cherchent à rejoindre l’Occident riche) colle à la réalité et que l’ébauche de solution qu’il propose (chercher ENSEMBLE des solutions) est la seule qui tienne, au risque effectivement de voir le Nord submergé par les miséreux du Sud qui cherchent de meilleures conditions de vie.
Le choix qui s’offre à nous est simple :
A. Travailler ensemble afin que les différences de niveau de vie diminuent entre les pays riches et les plus pauvres. Ceci afin que les gens desdits pays pauvres aient moins de raisons de quitter leur patrie.
B. Refuser cette vision globale de la réalité et s’enfermer derrière de gigantesques murs, voire se préparer à parquer ou éliminer physiquement le flux d’émigrants qui convergerait vers l’Europe. N’est-ce pas d’ailleurs ce que Raspail laisse entendre comme solution dans son roman Le Camp de Saints Mme Oberson ?
Il me semble que la seule solution qui nous verrait ne pas perdre notre âme est évidente et qu’elle consiste à considérer le problème de l’émigration comme une question globale. Cela revient à envisager la pauvreté des pays du Sud comme une réalité qui nous concerne directement et tout autant que les immigrés qui arrivent dans notre pays…
Ok M.Glaisen, la pauvreté du Sud, ça nous concerne…Cependant, à toujours vouloir mettre sur le dos des occidentaux la pauvreté du Sud, serait-ce trop vous demander de poser la question: pourquoi sont-ils si pauvres alors que leurs pays regorgent de richesses?
L’exemple le plus frappant est celui d’Israel. Voilà un pays créé il y a à peine 60 ans sur une terre où ne poussaient que des cailloux ( Mme Golda Meir ne disait-elle pas que Moïse les avait promenés 4o ans dans le désert et les avait laissé à la seule place oì il n’y a pas de pétrole) ..Les juifs en ont fait un Eden..Il faut dire qu’ils ont retroussé leurs manches! A côté , des pays qui regorgent de pétrole et de gaz et qui se débarrassent d eleurs pauvres en les envoyant chez nous. Mais est-ce la pauvreté qui les fait venir chez nous?La pauvreté mise en avant ne serait-elle pas un leurre, un arbre qui cache la forêt? En réalité, sous le prétexte de les envoyer chercher l’Eldorado, n”y sont-ils pas poussés à des fins politico-religieuses comme le révèle le discours de Kaddafi?
Non, M. Glaisen vous n’arriverez pas à me donner , en tant qu’occidentale, mauvaise conscience.
Votre référence à Boumédienne pour donner des leçons aux pays riches est assez cocasse: ne voilà-t-il pas – l’Algérie- un pays qui regorge de richesses naturelles ; pourtant le pays reste pauvre.. Et je ne parle pas de tout ce qu’ont laissé les vilains méchants colons en partant!
Et je ne parle pas du Zimbabew, grenier à blé de l’Afrique et qui crie famine depuis qu’e les méchants colons ont été chassés…
La plupart des clandestins qui traversent la Méditerranée proviennent de Lybie..Quand on sait la richesse de ce pays.. et le fanfaron qu’il a à sa tête, excusez-moi, mais si je trouve la situation bien triste pour ces pauvres clandestins, je ne bats pas ma coulpe. Car en réalité, tant que ces pays n’auront pas admis que leur religion et la façon dont ils traitent les femmes sont la cause principale de leur pauvreté, ils resteront à la traine.. et ce n’est pas le discours béni-oui-oui des “saints” comme vous, M. Glaisen qui changeront les choses.C’est à eux, aux pays pauvres à se prendre en main. Un grand nombre de pays asiatiques y sont parvenus, eux..
A propos des clandestins lybien, voici une déclaration que fit le grand Kaddafi en avril 2006 à Tombouctou:
“Tout le monde doit devenir musulman. Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans fusils, sans conquête. les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’UE. Il y aura 100 millions de musulmans en Europe : l’Europe a le choix de devenir musulmane ou de déclarer la guerre aux musulmans”
Et bien moi, je suis pour déclarer la guerre. Parceq u’avec une Europe musulmane, c’est des siècles d’évolution culturelle et économique qui s’écroulent. C’est la pauvreté importée et imposée par leur incompétence . Et oui, M. Glaisen, vous jouez le rôle du saint décrit par Jean Raspail, et bien moi, voyez-vous je me verrais très bien dans le rôle du vieux professeur…
Mme Oberson j’admire votre à propos. Quant à M. Glaisen, il est en pleine évolution, tout intéressé qu’il est par les problèmes migratoires de la planète. J’avais plutôt le sentiment que toute personne avouant cette préoccupation était nécessairement un (ou une) méchant(e) raciste, dans sa vision des choses…
Revenant d’un tournoi de foot en France voisine, je peux vous dire que le monde est véritablement en pleine mutation, et cela à une allure beaucoup plus impressionnante que ce que l’homme blanc continue à espérer en cachette.
Si nous réfléchissons aux modèles historiques qui s’offrent à nous, on peut raisonnablement parier sur de prochaines mutations politiques, à commencer par nos frontières. On sait bien que les frontières sont des reliques (sensées être utiles) héritées du passé. Loin d’être immuables elles s’adaptent aux rapports de forces du présent. Dans le cas présent, les nouveaux rappports de forces s’imposent avec une telle rapidité qu’il est fort à parier que nous allons subir des changements politiques violents. Pourvu que je me trompe ! Plutôt que de citer Boumediene, j’aime à me rappeler la pensée de Helmut Schmidt qui affirmait que seul les régimes autoritaires réussisent à tenir des populations différentes cohabitant sur un même territoire (la Suisse étant l’exception qui confirme la règle). C’est le cas des empires coloniaux comme la France et les autres “démocraties parlementaires” où le contrôle de l’élite échappe au peuple et où l’idéologie permet de sélectionner les sujets mis en délibération.
Chez nous en Suisse, nous avons le journal Le Temps que notre démocratie directe répugne et qui souhaiterait ardemment importer un tel système. Du reste, même notre démocratie directe n’est pas la panacée. Elle ne fonctionne qu’avec un certain concensus au sein de la polulation. Avec les migrations massives, ce concensus tend a prendre fin. Décidément, ce n’est de loin pas la fin de l’histoire…
Non, M. Grandjean, je suis d’accord, ce n’est pas la fin de l’Histoire. Mais l’Histoire à venir risque bien de provoquer des grincements de dents. La réalisation d’un monde globalisé, d’un monde “nouveau” ( tiens il me semble avoir entendu ça déjà, il y a qqs 60 ans..) n’ai-je pas enentendu parler récemment d’une monnaie “commune” mondiale ? Attali ne parle-t-il pas d’un gouvernement mondial ? ..cette réalisation, dis-je ,ne se fera certainement pas dans la dentelle.. Les peuples ne seront pas tous d’accord, alors, on les mettra au pas..ce sera pour leur bien parait-il !
Quant à la pensée d’Helmut Schmidt, nous avons un exemple des plus marquants, proche de nous géographiquement et proche dans le temps: la Yougoslavie..Tito tenait ce pays d’une main de fer; une fois disparu, le pays éclata en une véritable boucherie. On pourrait parler du Liban aussi..
Quant à la Suisse, il y a quand même une différence : “ses peuples” avaient une origine culturelle commune: le christianisme. Ces peuples, parce qu’ils étaient chrétiens ont su faire la part des choses et instaurer des lois, des découpages administratifs pour chaque communauté chrétienne ( catholique et protestante), dans leur différence y trouve son compte.
Aujourd’hui, sont venues s’installer , au milieu de ce rouage assez bien huilé, des communautés avec lesquelles , malheureusement, il est diffcile voire impossible de cohabiter: la différence culturelle est trop importante. Et si ces communautés deviennent très importantes – elles le sont de plus en plus- leurs exigeances le seront aussi….
Il est d’ailleurs assez curieux que les élites et autres maitres à penser du monde globalisé en marche , qui nous serinent les bien-faits du multiculturalisme et du multiethnisme, nous y conduisant à marche forcée, se soient battus pour que naisse au milieu de notre Europe un Etat – le Kosovo- ethniquement pur..Ce qui est bien pour les autres ne semble pas l’être pour nous…
Voilà un article fort intéressant, paru dans le Temps de ce mardi 21 avril. Il donne effectivement la parole à deux visions de la réalité différentes. Mme Mireille Vallette d’un côté, avec son ouvrage récemment paru sur la question de l’Islam: “Islamophobie ou légitime défiance?” (Ed. Favre). Et Mme Patricia Roux, sociologue spécialisée dans les questions de genre.
Nul doute que Mme Oberson se reconnaîtra dans les propos de Mme Vallette. Quant à moi…. c’est Mme Roux qui me paraît défendre la vision la plus sensée…
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b8479e46-2def-11de-859d-6b1c31338d5c/Islamisme_et_islamophobie_où_est_le_vrai_danger
Gagné, M. Glaisen!Je me reconnais tout à fait dans les propos de Mme Valette.
Mme Roux, lance sa pique contre la Suisse parce que Madame, bien qu’en Suisse depuis l’âge de 7ans, n’a toujours pas le droit de vote ..(elle n’a pas eu encore certainement le temps de demander la nationalité helvétique…)Elle laisse sous entendre, de ce fait, que cette politique de naturalisation ne favorise pas l’intégration des étrangers…On s’étrangle ! Les immigrés ou enfants d’immigrés musulmans en France,qui reçoivent “automatiquement” la nationalité française sont-ils mieux intégrés? Mme Roux ne sait plus qu’inventer comme argument! Ce genre de propos me fait douter de l’honneteté de ses analyses .
Une Mme Roux qui nous ressert l’esprit néo-clonialiste , cette vieille lune,pour trouver des excuses aux immigrés musulmans incapables de s’intéger. Comme si l’Histoire ne commençait qu’à partir du colonialisme blanc!
Quant au sujet sur les femmes dans l’slam, on s’étrangle encore quand Mme Roux esquive le problème en nous focalisant sur le problème des femmes suisses..les tâches ménagères , les salaires inégaux avec celui des hommes…
Je m’étonne M. Glaisen que vous puissiez souscrire à un tel discours qui ne tient pas la route .Nul doute que le parti pris vous aveugle.
Mme Oberson, permettez-moi de revenir sur mon intervention du 18 avril et votre réponse du 20 avril:
- Loin de moi l’idée de “mettre sur le dos des Occidentaux la pauvreté du Sud” de “vous donner mauvaise conscience” ou encore de “donner des leçons aux pays riches”.
- Je pars du principe qu’il y a des différences de niveaux de vie extraordinaires entre les pays les plus riches et les plus pauvres de notre planète. C’est un fait avec lequel vous-même êtes d’accord et qui ne souffre aucune contestation.
- Pour ce qui est des causes de ces différences de niveau de vie, il s’agit sans nul doute d’une question complexe et multifactorielle qui ne peut se résumer au simple fait que certains “se retrousseraient les manche” et que d’autres seraient par conséquent des “fainéants” ou encore directement et uniquement lié à la religion (l’Islam) en vigueur dans les pays concernés. Je suis certain que vous en conviendrez…
- Concernant les motivations profondes de ceux qui quittent leur patrie en quête d’un asile dans les pays riches dont fait partie la Suisse, j’ose espérer que vous êtes disposée à admettre qu’il s’agit essentiellement de motivations économiques et/ou politiques, mais, concernant ce dernier point, dans le sens où les personnes en question désirent simplement un peu plus de démocratie…
- Imaginer que la majorité des étrangers (musulmans p.ex.) qui arrivent en Occident seraient une espèce de cinquième colonne poussée par les dirigeants de leurs pays respectifs pour islamiser nos contrées relèvent à mon sens d’une distorsion de la réalité inquiétante et d’un sentiment de persécution morbide. Il n’empêche que l’augmentation des musulmans en Occident soulève des questions importantes relatives au “vivre-ensemble”, mais c’est un autre sujet…
- Quant aux propos qu’aurait tenu Kadhafi, ce qui est dommage, c’est que vous-même ne puissiez imaginer d’autres alternatives que les deux options contenues dans son discours. Ce faisant, vous vous situez exactement à son niveau et faites son jeu ainsi que ceux des intégristes de toutes sortes…
- Je ne pense donc pas être le saint décrit par Raspail, mais bien habité par une conception, une représentation du monde qui considère les problèmes actuels comme étant complexes et de plus en plus interdépendants.
- La seule solution pour notre monde consiste donc, à mon sens, à tenter d’aborder les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans leur complexité et leur interdépendance plutôt qu’à se replier sur soi en considérant ce qui se passe aux antipodes comme ne nous concernant pas. C’est tout simplement ce que je voulais dire…
Excusez-moi de revenir un peu tard peut-être sur le sujet ; le temps m’a manqué.
Permettez-moi donc, M. Glaisen de revenir sur votre dernier commentaire qui est la parfaite expression de la langue de bois.
Ainsi, lorsque vous écrivez que concernant “les causes de ces différences de niveau de vie, il s’agit sans nul doute d’une question complexe et multifactorielle”, vous ne faites pas avancer le Chmiblig. C’est une phrase fourre-tout qui ne veut abasolunment rien dire.Vous n’apportez aucun élément nouveau et vous ne vous mouillez guère.
Je persiste à dire que la pauvreté des pays dont il est question et d’où nous arrivent nos immigrés,est causée par leur culture, leurs coutumes, leur mode de vie inspirés, imposés par leur religion musulmane (la charia) ou par des croyances tribales d’un autre âge dont ils ne sont pas arrivées à se débarrasser.
Ensuite quand vous me prêtez “un sentiment de persécution morbide, d’un sens de la distorsion de la réalité inquiétante “( c’est la réalité qui est inquiétante?Je ne vous le fais pas dire!) sous prétexte que j’imagine, selon vous, que la majorité des étrangers (musulmans par ex.) qui arrivent chez nous sont poussés par les dirigeants de leurs pays, vous me faites un mauvais procès.
M. Glaisen, je ne fais qu’observer et tirer des conclusions logiques de mes observations.
Vous êtes d’accord avec moi pour dire que ceux qui viennent chez nous- surtout par mer ces dernières décennies) -sont d’une pauvreté, d’une misère extrème. Vous êtes-vous alors demandé comment font-ils pour payer des sommes astronomiques- pour eux- aux passeurs? Qui leur paie ces voyages pour lesquels un seul salaire de chez eux, d’une année – s’ils en ont un !- n’y suffirait pas? Et bien souvent, ils ont femmes et enfants avec eux..Mystère..
Non, M. Glaisen, je ne crois pas à un simple besoin de ces gens-là , de venir chercher un peu plus de démocratie. Oui, M. Glaisen, je crois en une certaine volonté d ela part de chefs d’Etats, comme Khaddafi et autres, d ‘utiliser leurs population comme cheval de Troie, tout en se débarrassant ainsi d’une frange de la population trop couteuse .
La démocratie, ils doivent se battre chez eux pour l’obtenir. L’Occident n’a pas toujours été démocratique. Il a fait sa révolution. Et si tout n’est pas parfait, si la pauvreté existe aussi , jusqu’à présent on n’a pas trouvé mieux. Alors, ces gens-là doivent rester chez eux pour y installer la démocratie..Mais pour cela, il faut qu’ils remettent en cause leur croyances d’un autre âge.
Et pour terminer, je ne vois pas en quoi me soucier de la pérennité de mon pays, de sa culture, de sa démocratie face à une culture rétrograde envahissante qui tente de s’imposer et à plus ou moins long terme de se substituer à la nôtre, serait synonyme de repli sur soi . Je suis réaliste, tout simplement et je ne prends pas à la légère les déclarations de certains chefs d’ Etats dont il a été question dans nos échanges de commentaires. Si l’on s’était un peu plus méfié de certaines déclarations d’un certain Hitler dans les années 30 peut-être que nos prédécesseurs se seraient évitée la catastrophe que l’on sait…
A propos de Kadhafi, et de la façon dont il utiliserait les ressortissants de son pays:
“Le rapatriement des étrangers a notamment été rendu possible par l’accord bilatérale entre Rome et Tripoli, signé en août dernier, qui aplanit le contentieux colonial (5 milliards de dollars seront versés par l’Etat italien sous forme d’indemnités) et qui, en contrepartie, prévoit une collaboration renforcée en matière d’immigration”. Le Temps du 14.05.09. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d52989aa-3ffd-11de-abd4-94e8daff9daa/LONU_rappelle_%C3%A0_lordre_Berlusconi_sur_la_question_des_immigr%C3%A9s
Il faut mettre cette information en lien avec les centaines de réfugiés libyens qui ont été renvoyés ces derniers jours par les autorités italiennes vers la Libye, et acceptés par Kadhafi…