ico Société Le climat change tout le temps. Et vite!

23 novembre 2009 | Catégorie: société

PHILIPPE BARRAUD

Si vous aimez les films catastrophe, vous n’aurez pas manqué The Day After Tomorrow, de Roland Emmerich, sorti en 2004. Pour faire court, rappelons que le réalisateur tablait sur un brusque arrêt du Gulf Stream, entraînant un phénomène de glaciation quasi instantané en Europe et en Amérique du Nord.

A l’époque, les scientifiques avaient levé un sourcil sceptique, disant qu’un tel phénomène, qui est certes de l’ordre du possible, prendrait au minimum des dizaines d’années, voire des siècles. Or il semble que finalement, l’auteur de 2012 (eh non ! ça ne s’arrange pas…) n’était pas si loin de la réalité.

Il y a 12′800 ans, l’hémisphère nord était frappé par un mini âge glaciaire – qui dura tout de même 1′300 ans –, le Dryas récent. La cause en a été établie:  le ralentissement du Gulf Stream et du Courant nord-atlantique qui le continue, ces courants océaniques tempérés qui remontent l’Atlantique du Sud au Nord. La conséquence la plus spectaculaire de ce mini âge glaciaire fut le déclin de la civilisation des Clovis, une peuplade de chasseurs qui furent parmi les premiers habitants de l’Amérique du Nord.

Ce qu’on ignorait jusqu’à aujourd’hui, c’est que le Dryas récent s’est installé non pas en 50 ou 100 ans, mais en quelques mois. C’est en tout cas les conclusions auxquelles arrivent William Patterson et ses collègues, de l’Université du Saskatchewan, au Canada. Les scientifiques ont analysé les sédiments d’un ancien lac irlandais, le Lough Monreagh, dans le Clare County, en prélevant des tranches de matériau épaisses de 0,5 mm à 1 mm, chacune représentant approximativement une durée de trois mois, soit une précision inconnue à ce jour pour cette période de la préhistoire. Dans chaque tranche, ils ont mesuré les isotopes du carbone, qui révèlent la productivité du lac, et les isotopes d’oxygène, qui renseignent sur la température et les précipitations. Les analyses ont révélé qu’au début de la glaciation, en quelques mois seulement, la température avait chuté, tandis que la productivité du lac tombait à zéro. Ce n’est qu’au bout de deux siècles que le climat s’est réchauffé, et que le lac a retrouvé une activité.
Ces résultats n’ont pas surpris Hans Renssen, climatologue à la Vrije University d’Amsterdam, selon qui des découvertes faites récemment dans des carottes glaciaires au Groenland indiquent que le Dryas récent s’est installé dans un laps de temps de un à trois ans.
Selon Patterson, de tels basculements du climat n’ont rien d’exceptionnel dans l’histoire géologique. Mais comment celui-là est-il arrivé? Le coupable est un vaste lac glaciaire, recouvrant la plus grande partie du nord-ouest canadien, qui a rompu ses côtes et s’est déversé dans l’Atlantique nord et l’Océan arctique. Cet énorme flux glacé d’eau douce a dilué les grands courants nord atlantiques, mus par leur salinité, et en particulier le Gulf Stream, qui s’est ralenti. Deux études publiées en 2006 ont montré que le phénomène s’était reproduit il y a 8′200 ans, lorsque l’hémisphère nord connut un nouveau coup de froid. En cause cette fois: le lac Agassiz, un volume de 100′000 kilomètres cubes d’eau résultant de la fonte de la calotte des Laurentides, et qui s’est vidé en quelques mois.

Certains scientifiques ont émis l’hypothèse qu’un tel phénomène pourrait se reproduire, avec le glissement de la calotte glaciaire du Groenland dans l’Atlantique. Toutefois, le rapport 2007 du GIEC conclut qu’un tel événement est peu probable au cours de ce siècle.

Tibert, N.E., Patterson, W.P., Diefendorf, A.F.*, Stanton, C.*, and Martini, A. 2008. Late Glacial and early Holocene atmospheric temperature change in western Ireland: Evidence from limnic Ostracode paleoecology and stable isotope values. Micropaleontology (in press).

Voir aussi l’article du New Scientist

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Commentaire de Paul Bär le 23 novembre 2009 à 21:12

http://fortune.fdesouche.com/6862-vers-un-climategate

Commentaire de Patrick Dupont le 24 novembre 2009 à 20:35

l’Homme n’est pas responsable du changement du climat

de Ludovic Monnerat:

“La chute d’une citadelle idéologique ?
Le piratage d’un millier de courriels et de documents provenant du serveur d’un institut de recherche sur la climatologie situé en Grande-Bretagne, et qui joue un rôle de premier plan dans la polémique sur le rôle de l’homme dans le réchauffement planétaire, jette une lumière particulièrement crue sur les dessous politiques et claniques de cette croisade. La quantité des données et leur caractère a priori vérifiable vont fournir une ample matière pour ceux qui sont choqués par le comportement discutable d’une partie de la communauté scientifique, et à qui la technologie moderne offre des capacités d’action sans précédent. C’est toute une citadelle idéologique qui, suite à la brèche ouverte par les pirates (dont il serait intéressant de connaître l’identité et les motifs), est maintenant prise d’assaut.

Les extraits publiés montrent sans conteste des manipulations et des dissimulations conscientes dans la démarche consistant à montrer et à dénoncer, selon l’image bien connue de la « crosse de hockey », d’une part une hausse brutale et sans précédent des températures globales de la planète, et d’autre part une corrélation étroite entre cette hausse et l’accroissement des activités humaines. On sait que ces théories ont eu un succès retentissant et sont au cœur de nombreuses entreprises visant à promouvoir – sinon imposer – le « développement durable » dans nos existences. Même si la Terre était tout aussi chaude à une époque où l’homme ne polluait guère, même si le réchauffement planétaire est en panne depuis 10 ans, et même si les modèles informatiques utilisés ne sont, précisément, que des modèles.

Lorsque les scientifiques placent leurs convictions politiques au-dessus de l’éthique consubstantielle à leur activité, ils courent le plus souvent au désastre. Sélectionner les faits pour confirmer une opinion est apparemment devenu excusable dans les médias, au vu de ce que j’ai constaté ces dernières années (les archives de ce blog sont éclairantes, tout comme le manque de conséquences des manquements décrits), mais la communauté scientifique est tenue de suivre des pratiques irréprochables, en vertu de la nécessité de vérifier les travaux rendus publics et d’en reproduire ou d’en valider les résultats. Or, toute l’affaire du réchauffement climatique montre exactement l’inverse : des affirmations fracassantes érigées en vérités absolues, malgré des recherches fragmentaires et biaisées, et une lutte acharnée contre toute contestation.

Le fameux « consensus » prêté à la communauté scientifique au sujet du réchauffement planétaire et du rôle de l’homme, alors que l’unanimité n’a aucune place dans la science et lui est même contraire, est aujourd’hui démasqué par ces révélations. Il y a bien eu une collusion entre scientifiques, journalistes et politiques pour forger une nouvelle cause planétaire, les premiers fournissant les « faits », les seconds les assénant au public et les troisièmes orientant les décisions en conséquences (tout en finançant les premiers afin qu’ils poursuivent leurs recherchent dans ce sens, et tout en bénéficiant du soutien des seconds pour leurs orientations). Alors que la science est faite de doutes permanents, de théories provisoires, et d’errements sans cesse corrigés, on a tenté d’en faire un argument imparable pour nous clouer le bec. Quelle misère !

Ce qui est à la fois désastreux et scandaleux, alors même que l’homme a effectivement un impact majeur sur l’environnement et qu’il peut détruire par son ignorance des écosystèmes locaux, c’est qu’aujourd’hui l’on se retrouve avec sur les bras une idéologie collectiviste et autocratique qui n’a aucune chance de mieux fonctionner que toutes celles qui l’ont précédée au siècle dernier. Alors qu’une approche rationnelle et honnête aurait permis de conjuguer écologie et économie, respect de l’individu et respect de l’environnement, les croisés du réchauffement par la faute de l’homme ont pollué – c’est le mot – tellement d’esprits qu’il faudra longtemps pour atténuer la polarisation du débat et retrouver une vision plus juste, plus saine et surtout plus humble des problèmes climatiques, et donc de leur perception comme de leurs implications politiques.”

Posté par Ludovic Monnerat à 22:18

http://www.ludovicmonnerat.com

rien à ajouter

Commentaire de Patrick Dupont le 25 novembre 2009 à 9:26

et si il faut encore en ajouter

le juteux business du réchauffement climatique !

La notion d’un climat statique et immobile est étrangère à l’histoire de la Terre et de toute autre planète entourée d’une enveloppe fluide. Que le monde avancé ait donc pu succomber à l’hystérie à propos de changements de quelques dixièmes d’un degré déviant de la température globale moyenne ne manquera sans doute pas d’étonner les futures générations. Une telle hystérie reflète surtout l’illettrisme scientifique d’une grande partie du public, sa vulnérabilité à la répétition se substituant à la vérité, et l’exploitation de ces faiblesses par les politiciens, les environnementalistes et, après 20 ans de battage médiatique, par bien d’autres groupes d’intérêts.

Or, depuis 14 ans, il n’y a pas eu de réchauffement global net statistiquement significatif. Les alarmistes maintiennent que certaines des années les plus chaudes jamais observées ont eu lieu durant la dernière décennie. Étant donné que nous nous trouvons effectivement dans une période relativement chaude, cela ne saurait surprendre. Cela ne permet pas, néanmoins, de tirer des conclusions sur les tendances futures.

Par ailleurs, d’autres facteurs exercent un impact beaucoup plus important que le réchauffement planétaire sur toute situation spécifique. Les catastrophes naturelles ont toujours eu lieu et rien ne permet d’affirmer que cela sera plus ou moins souvent le cas à l’avenir. Combattre le réchauffement planétaire avec des gestes symboliques ne va rien changer à cette réalité. L’Histoire nous enseigne plutôt que la prospérité et le développement économique augmentent sensiblement la capacité d’adaptation et de résistance de l’humanité à de telles catastrophes.

On peut raisonnablement s’interroger sur les raisons de la préoccupation du public à ce sujet – et en particulier de la montée de l’alarmisme ces dernières années. Or, lorsqu’une question comme le réchauffement planétaire est thématisée si longtemps, il faut s’attendre à ce que de nombreux groupes d’intérêts tentent de l’exploiter.

L’intérêt du mouvement environnementaliste à acquérir davantage de pouvoir, d’influence et de donations semble évident. Les politiciens, eux, perçoivent la possibilité d’augmentations d’impôts largement acceptées parce que celles-ci seraient nécessaires pour « sauver » la Terre. Différents États s’efforcent également d’exploiter ce thème dans l’espoir d’en tirer des avantages compétitifs. Cependant, les choses prennent des allures encore plus absurdes.

Le cas de l’ancienne entreprise énergétique texane Enron, avant qu’elle ne fasse faillite, est emblématique. Avant de se désintégrer en un feu d’artifice de manipulations comptables peu scrupuleuses, Enron était l’une des lobbyistes les plus actives en faveur de la ratification du protocole de Kyoto. L’entreprise espérait pouvoir ainsi négocier les certificats d’émissions de CO2. Et ce n’était pas un mince espoir. Les certificats pouvaient dépasser un billion de dollars et les commissions représenter plusieurs milliards.

Les hedge funds examinent désormais activement les possibilités de participer à ce négoce, tout comme le fit la banque Lehman Brothers, entre-temps défunte elle aussi. Goldman Sachs s’est tout autant engagée en faveur de la limitation légale d’émissions de CO2 par le négoce de certificats ; elle semble bien positionnée pour en bénéficier à hauteur de milliards de dollars. Le célèbre activiste Al Gore lui-même est associé à de telles activités.

La vente de certificats est en plein essor ; plusieurs organisations ont commencé à vendre des compensations d’émissions de CO2, tout en reconnaissant parfois sa futilité pour le climat. Le potentiel de corruption est immense. Archer Daniels Midland, la plus grande entreprise d’agrobusiness des USA, s’est par exemple engagée avec succès en faveur des exigences légales d’éthanol pour l’essence. La demande d’éthanol en résultant a contribué à une forte augmentation du prix du maïs, et en conséquence à un accroissement de la misère des consommateurs dans les pays en développement.

Avec tous ces enjeux, il est compréhensible que la possibilité que le réchauffement puisse, dans les faits, ne pas être significatif provoque un nouveau sens de l’urgence, voire une panique. Pire encore, la perspective que l’homme n’ait pas d’influence perceptible sur le climat paraît impensable.

Pour ceux dont les intérêts sont les plus matériels, la nécessité d’agir sans tarder, avant que le public ne se rende compte de la réalité, est bien réelle. Le gaspillage de ressources pour combattre symboliquement l’évolution d’un climat qui a toujours été en mouvement n’est pas une marque de prudence. La notion que le climat de la Terre ait atteint son niveau de perfection vers le milieu du vingtième siècle n’est pas davantage un signe d’intelligence.

Richard S. Lintzen

sur http://www.claudereichman.com

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Griffures



Georges Frêche, franc-tireur magnifique

Le combat du socialiste Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, contre les énarques glacés de la direction nationale du PS, est délectable. Voici un homme très populaire, prof de droit romain, qui ose parler librement avec sa faconde méridionale, faire des blagues un peu grasses, et refuse de “se mettre un boeuf sur la langue”. Impardonnable pour les Parisiens, évidemment, qui ont juré de le descendre. Oui mais! Encore faudrait-il que l’électeur soit d’accord, et là, Mme Aubry et ses complices peuvent toujours courir…
On trouvera de délicieux extraits de son livre-règlement de comptes dans Marianne No 670 du 20 février.

Discrimination positive

Un ancien footballeur français de couleur publie un livre intitulé “Mes étoiles noires, de Lucy à Barack Obama”. Curieusement, personne ne s’est demandé si cette démarche n’avait pas un petit côté raciste, quelque part. Absurde? Imaginez alors qu’un sportif blanc publie un livre qui s’appellerait, par exemple: “Mes étoiles blanches, de Socrate à Winston Churchill”. Vous imaginez le tollé? Les dénonciations et les manifs? Mme Manon Schick plein pot sur La Première, et une mise au point de la Fédération des Eglises protestantes?
Dans certains cas précis, les minorités ont manifestement davantage de droits que les autres. Au moins, cela fait réfléchir.



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